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Chronologie de l’idiome de Cicéron de l’Antiquité à nos jours

De Samuel, publié le 28/09/2017 Blog > Soutien scolaire > Latin > La Grande Histoire de la Langue Latine

« Sans le latin, inutile de chercher à comprendre les 3000 ans d’histoire qui ont vu naître l’empire romain, triompher le christianisme, s’affirmer l’identité de l’Occident. » Jürgen Leonhardt, auteur de La grande histoire du latin, des origines à nos jours.

La langue latine fut la première de toutes les langues européennes à jouir d’une aura internationale et du statut de langue universelle.

Aujourd’hui déclarée éteinte, le latin était la langue officielle de la Rome antique, puis de tout l’Empire Romain d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci, l’un des empires les plus puissants – et l’un des plus fascinants – de l’Histoire.

Bien souvent, celles et ceux qui ne sont ni historiens ni archéologues, savent que le latin était la langue de la civilisation romaine.

Sinon, ils/elles savent au moins que la langue française s’écrit avec l’alphabet latin.

Ou encore, il est généralement admis par tout le monde que le Portugal, l’Espagne, la France et l’Italie font partie des pays latins.

Connaît-on pour autant la véritable histoire de la langue latine depuis sa genèse jusqu’à aujourd’hui ?

Pour certains, le latin a cessé d’exister lorsque le dernier latinophone de langue maternelle latine s’est éteint sans l’avoir transmis à d’autres personnes.

Pour d’autres, le latin est bel et bien une langue vivante puisque la latinité, en 2017, concerne tout le continent américain et latino américain, toute l’Europe occidentale, centrale et orientale (pour les pays n’utilisant pas l’alphabet cyrillique), la majorité de l’Afrique et l’Océanie.

Même les pays d’Asie qui n’utilisent pas l’alphabet latin, traduisent souvent en anglais – langage très imprégné par le latin – leurs inscriptions.

Quelle est donc l’histoire du latin ?

C’est la question à laquelle la rédaction de Superprof tente de répondre dans cet article.

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A l’origine des Romains, le latin archaïque

A l’origine, il n’y avait rien, et puis…

C’est sur les rives du Tibre dans la région du Latium, au niveau de Rome, que la première forme de ce que l’on a appelé le latin était parlé.

Origines difficiles à déterminer de la langue latine. « Rome ne s’est pas faite en un jour »… Et fut fondée en 753 av. J-C : Rémus et Romulus parlaient-ils le latin ?

Il s’agissait d’un dialecte italique parmi d’autres tels que le samnite, l’osque ou l’ombrien. De près ou de loin, ces dialectes comportaient certaines dissemblances, mais avaient pour point commun d’être des dérivés de l’alphabet grec et étrusque.

Les origines de la langue latine sont cependant très obscures et difficiles à certifier. En effet, les locuteurs d’un latin archaïque (prisca latinitas en latin), antérieur à l’Empire Romain avaient une langue de tradition orale.

De fait, leur art pour l’éloquence – à l’instar des Grecs antiques avec Socrate – n’ont laissé que peu de traces écrites.

Le plus ancien écrit est attesté par une découverte archéologique en 1887, figurant sur le Fibule de Préneste, et date du 7ème siècle avant J-C.

On pense que la langue latine évolua pendant quatre à cinq siècles avant de s’unifier en tant que langue de tous les Romains, et avant qu’elle ne soit adoptée comme langue écrite des actes juridiques, comme langue véhiculaire de la civilisation romaine.

Pourtant, la légende veut que la ville de Rome eut été fondée par Romulus et Rémus en 753 avant notre ère, et que ce fut à l’issue d’un duel fratricide gagné par Romulus, que la ville prit le nom de Rome.

Du 3ème siècle avant J-C, sous l’époque royale et la République romaine, à l’apogée de l’empire romain, de nombreux auteurs savants serviront de vecteur de diffusion du latin parlé : comédies de Plaute (-254;-184), Térence (-185;-159), lettres de Cicéron (-106;-43), les Satires et Épîtres d’Horace (-65;-8) et le Satiricon de Pétrone (27-66).

Dès les premiers siècles de la latinité archaïque, les emprunts à l’alphabet grec – déjà présent sur le sol italien, notamment en Sicile et en Tarente – sont nombreux : beaucoup de mots de koinè grecque seront présents dans le latin, puis dans la langue française plus d’un millénaire plus tard.

L’époque du latin archaïque s’achève aux alentours de l’an 100 avant J-C.

Les époques du latin classique ancien

On appelle le latin classique celui qui prévalu dans les textes littéraires rédigés par les Romains, usant d’une sémantique considérée comme « classique ».

C’est l’âge d’or de la littérature latine : le latin littéraire, qui s’étend sur le premier siècle avant Jésus-Christ.

L’âge d’or du latin (-100;14)

La terminaison des mots latins change par rapport au latin archaïque, et de nombreuses productions littéraires voient le jour. Les historiens ont mis en effet à jour d’innombrables écrits d’auteurs historiques et mondialement connus :

  • Jules César,
  • Cicéron,
  • Tite Live,
  • Catulle,
  • Lucrèce,
  • Virgile,
  • Horace,
  • Ovide.

La prose et la poésie se développent au sein des dernières décades de la République romaine, aussi parle-t-on d’un passage de la langue latine à tradition orale vers une langue littéraire noble, dite classique.

Cette phase se caractérise par une souplesse et une liberté de la syntaxe comme il n’y en avait pas eu auparavant.

L’âge d’argent (14-130)

Cette époque fut nommé l’âge « post-augustinien », pour évoquer une littérature de latin classique moins riche que celle de l’âge d’or.

Les prouesses architecturales des latins. C’est l’empereur romain Vespasien (9-79) qui fit construire le Colisée, inauguré en 80 par Titus.

Parmi les grands auteurs de l’Histoire de la littérature romaine, figurent Phèdre, Sénèque, Pline l’Ancien (mort à Pompéi en 79), Pétrone, Quintilien, Tacite, Pline le Jeune, Juvénal.

Ce « latin impérial » – correspondant à l’apogée de l’Empire sous l’empereur romain Néron, Domitien ou Flavien – se caractérise par un raffinement et une complexification de l’art de la rhétorique.

Aussi, l’influence du stoïcisme de la Grèce antique fait reculer l’importance accordée aux dieux, dans une Rome où la mythologie est encore polythéiste et pré-chrétienne.

Le latin « tardif »

Du 2nd siècle au 8ème siècle de l’ère chrétienne, les invasions Barbares précipitent la chute de l’Empire Romain, et provoquent sa dissolution politique.

Cette époque marque une mutation de la langue latine, car celle-ci n’est plus la langue officielle de l’État le plus puissant.

Bien que l’Empire Romain d’Orient, ou Empire Byzantin conserve ses frontières jusqu’à la chute de Constantinople en 1453, celui-ci usa toujours de la langue grecque.

Lors, de nombreux mots étrangers font leur apparition dans le lexique latin : c’est l’époque du « bas latin ».

On notera d’ailleurs que le latin parlé par la classe élitiste (dit sermo cotidianus) de Rome diffère de celui parlé par les classes populaires de l’empire (nommé sermo plebeius).

C’est le langage de la plèbe, du peuple, qui a donné naissance aux langues romanes : dans les territoires où le latin vulgaire – aussi nommé lingua romana – se répandait, s’opérait une compénétration de la langue impériale dans les espaces régionaux et les dialectes des provinces soumises à l’empire de Rome.

Du latin médiéval au latin humaniste

Une longue phase de mutation de la langue latine s’opère du Bas Moyen-Âge à la Renaissance européenne (9ème siècle – 16ème siècle).

Pour la chrétienté, on parle la même langue depuis l'Antiquité... Après avoir été à Avignon, le Saint Siège de l’Église catholique se trouve au Vatican : elle a conservé la langue latine.

Le latin de l’époque féodale représente la langue littéraire employée dans toute l’Europe occidentale. C’est surtout à cette époque que la chrétienté et l’Église catholique conservent le latin comme langage d’écriture.

Les gens lettrés de l’époque faisant partie soit de la noblesse, soit du Clergé, on assiste à une production colossale de documents de type liturgique cependant que la littérature ecclésiastique s’ouvre aussi vers l’art de la scansion de textes anciens.

La langue latine est profondément remaniée : réformée en 800 par Charlemagne, sa composition syntaxique se trouve simplifiée et de nombreux néologismes sont incorporés au langage courant.

Après des siècles d’obscurantisme chrétien en Europe, vient un âge nouveau, où l’art, la raison et la science émergent par-dessus le culte de la divinité : la Renaissance.

En France, les ordonnances de Villers-Cotterêts en 1539, (non, ce ne sont pas celles de Mr. Macron…) décidées par le roi François 1er, scellent l’unification et l’usage de la langue d’oïl comme langue officielle du royaume de France : un grand déclin pour le latin, qui désormais, ne sera plus employé que par l’Église.

Subséquemment et paradoxalement, le latin demeure l’idiome noble des sciences savantes.

Ainsi, les philosophes et les scientifiques « humanistes » des 15ème et 16ème siècles, seront nombreux à conserver le latin pour leur production littéraire – notamment pour les ouvrages scientifiques, philosophiques et religieux -, à l’instar d’Érasme (1467-1536), de René Descartes (1596-1650), Francis Bacon (1561-1626) ou encore Isaac Newton (1643-1727).

Le latin demeure la langue véhiculaire des savoirs, comprise par tous les lettrés d’Europe où s’est jadis appliqué le droit romain.

Durant tout l’Ancien-Régime, l’Europe regroupe une myriade de dialectes, les langues romanes n’étant pas encore toutes établies.

Conséquemment, le latin est aussi le meilleur des outils langagiers des rois et des empereurs dans les relations diplomatiques internationales.

Du « néolatin » au latin contemporain

Encore aujourd’hui, le latin est une des langues officielles du Vatican. Étonnant, non ? Les États pontificaux et l’Église catholique n’ont jamais abandonné leur idiome historique.

Termes vernaculaires des plantes et des animaux en traduction romaine. La langue latine est demeurée LA langue des savants : en botanique, par exemple, pour désigner l’hibiscus.

Linguistes et scientifiques des lettres classiques emploient cette terminaison de « néolatin » pour désigner l’usage de l’idiome latin depuis la Renaissance italienne.

Un an après la chute de l’Empire Romain d’Orient (Empire Byzantin), Gutenberg inventa l’imprimerie en 1454. Cette innovation va rendre les textes latins disponibles à grande échelle.

Pourtant, deux à trois siècles plus tard, cependant que les langues romanes s’unifient sous l’Ancien-Régime, le latin tombe peu à peu en désuétude.

Le latin, à partir du 18ème siècle, ne sera plus utilisé que pour les productions scientifiques et littéraires, surtout en poésie.

Depuis la fin du 19ème siècle, le latin demeure avant tout une langue liturgique et religieuse, revendiquée par un nombre de plus en plus réduit de cardinaux et théologiens de l’Église catholique romaine.

Toutefois, les termes vernaculaires en sciences ont conservé dans une grande partie leur appellation latine, notamment en médecine, en botanique, en biologie ou en pharmacie.

De nos jours, le débat est encore vif, alors que le latin est considéré comme une langue morte, sur l’utilité du maintien ou de la suppression de l’option latin dans les classes d’enseignement secondaire.

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