Cours particuliers Langues Musique Soutien scolaire Sport Art et Loisirs
Partager

Les grands mythes de la religion shintoïste

De Mathieu, publié le 18/12/2018 Blog > Langues > Japonais > Découvrez les Bases de la Mythologie Japonaise !

Lorsque l’on parle de mythologie, la Grèce et Rome sont souvent les civilisations qui nous viennent en tête. Et pourtant : le Japon, de par sa religion traditionnelle, le shintoïsme (ou shinto), possède un riche ensemble de mythes et légendes qui font aujourd’hui partie du folklore local.

Si le bouddhisme et le christianisme existent actuellement dans l’archipel nippon, les traditions ancestrales shintoïstes ont survécu et sont pratiquées toute l’année. La croyance en plusieurs dieux, elle, s’est éteinte en laissant derrière elle la symbolique des histoires fantastiques du Japon ancien.

Entre samouraï légendaire, monstre terrible et princesses à secourir, le corpus mythologique japonais regorge d’histoires passionnantes !

Découvrez un petit aperçu de ces croyances et pratiques nippones qui pourront vous servir si vous partez en voyage au Japon ou si vous allez vivre au Japon.

Le Shintō : la Voie du Divin au Japon

Histoire de la religion

Quelles sont les croyances et les récits principaux de la mythologie du pays du soleil levant ? Le shintoïsme et le bouddhisme ont longtemps été en conflit avant de devenir complémentaires dans la spiritualité japonaise

Les origines profondes de la religion shinto sont très floues, mais son histoire suit grossièrement l’histoire du Japon. On estime qu’elle fut fondée pendant la très longue période Jōmon (15000/10000 av J-C – 300 av J-C). Il existait alors plusieurs tribus ayant chacune leur panthéon et leurs légendes. Il est possible que lorsque les ancêtres de la famille impériale accédèrent au pouvoir, ils instituèrent leur panthéon et en firent la seule religion officielle.

Avec l’arrivée des bouddhistes au VIème siècle (venu de Chine), les japonais durent différencier les deux religions et donnèrent ainsi le nom de shinto à leurs croyances. Rapidement, les deux traditions se complétèrent, les kami du shintoïsme servant d’aide surnaturelle à l’accomplissement existentiel que promettait la doctrine bouddhique.

Cependant, le shinto devint religion d’État en 1868 au début de l’ère Meiji : on l’appela alors Kokka Shinto, « Shinto d’État ». Cela était dû au fait que l’empereur, de par son lignage, était le descendant direct de la déesse Amaterasu dont il recevait de facto son autorité impériale.

Enfin, après la seconde guerre mondiale, de nombreuses religions furent introduites ou se développèrent au Japon. Néanmoins, la façon de penser shinto subsiste encore aujourd’hui dans le culte des ancêtres et des kamis.

Grands principes shintoïstes

Le shinto est un ensemble de croyances et de rites qui visent à vénérer les kami (les dieux). On peut d’ailleurs le traduire littéralement par « la voie des kami« . C’est une religion polythéiste (plusieurs dieux) encore pratiquée dans la société japonaise par le biais des rituels et traditions, notamment pour les fêtes.

C’est la raison pour laquelle on compte encore aujourd’hui plus de cent millions de pratiquants au Japon !

Dans la mythologie japonaise, comme dans beaucoup d’autres, les dieux représentent des éléments naturels (feu, eau, foudre, vent, soleil, lune, etc). Dans chaque village, on élevait des sanctuaires aux esprits afin de les honorer, de les protéger et pour qu’ils nous protègent.

Il est important de les respecter, sans quoi on se risque à subir leur colère :

« Quiconque ne touche pas à un dieu n’est pas exposé à sa vengeance » – Proverbe Japonais

Ainsi furent mis en place des cultes, des rites, des institutions et des doctrines qui régissaient la vie en communauté partout dans le pays du soleil levant.

Les sources

Il existe quelques ouvrages de référence retraçant les grands mythes japonais. Voici un tableau non-exhaustif :

TitreTraductionDescription
KojikiRecueil de choses anciennesTexte semi-historique contant l'âge des Hommes après celui des kami. Il s'agit du plus ancien livre écrit en langue japonaise existant encore de nos jours
Nihon Shoki ou NihongiChroniques du JaponRécit historique du Japon et de ses origines légendaires, annales impériales
RikkokushiSix Histoires NationalesCorpus de textes compilant l'histoire nippone de ses origines mythiques jusqu'au IXème siècle, comprend le Nihon Shoki et 5 autres recueils
FudokiNotes sur le climat et le solMonographies régionales décrivant la géographie et les coutumes locales dans chaque province nippone
EngishikiProcédures de l'ère EngiRecueil de lois et de règlements, contient les règles d'application de la religion shinto
Kogo ShūiRécolte d'histoires anciennesRapport historique du clan Inbe, description de la mythologie japonaise et histoire nationale

Nous sommes donc très bien documentés sur le sujet !

Mythologie Japon : la Création du Monde d’après le Shintoïsme

Un univers créé à partir de rien

Quelles sont les légendes et traditions les plus importantes du shintoïsme ? Comme dans beaucoup de religions anciennes, le chaos ou le vide a engendré les premiers dieux de l’univers

A l’origine de toute chose, il n’y avait rien. Du moins, un rien que l’on pouvait qualifier de vide ou de plein. Cette matière étrange fut à la base de toute vie, de tout ce qui devait apparaître. C’est la base de la cosmogonie nippone.

Au centre de ce vide créateur se tenait Ame-no-Minaka-Nushi, « le dieu de l’auguste milieu du ciel », représentant aussi bien le temps, que l’espace et la nature. Il était donc omnipotent !

De ce premier kami naquirent deux autres divinités : Taka-mi-musubi (la naissance) et Kami-musubi (la croissance) qui créèrent la vie grâce au vide créateur. Une dizaine de kami apparurent alors, tous représentant le ciel, la terre et la vie.

De cette génération naquirent le couple le plus important du shintoïsme : Izanagi et Izanami !

Le premier couple divin : Izanagi et Izanami

Izanagi était un dieu créateur, tandis qu’Izanami était à la fois créatrice et déesse de la mort.

Les kami supérieurs confièrent une mission au couple : ils leur donnèrent la lance Amenonuhoko afin qu’ils se rendent sur le pont céleste à la limite entre le ciel et la terre pour y créer la Terre. Izanagi et Izanami s’exécutèrent et voici ce qu’il se passa :

  • Ils plongèrent la lance dans l’inconnu et finirent par créer de l’eau salée,
  • En remontant la lance, des gouttes perlèrent et tombèrent de la pointe : elles créèrent la première île, Onogoro,
  • Le couple de kami s’installa sur cette île,
  • Ils forgèrent un pilier céleste pour différencier le ciel et la terre,
  • Ils firent enfin connaissance, découvrant que le masculin et le féminin pouvaient procréer ensemble.

De très nombreux kami naquirent de cette union jusqu’au jour où le kami du feu (Kagutsuchi) brûla sa mère en naissant. Celle-ci s’en alla pour le monde des morts (Yomi) et son mari tenta de la ramener à la vie. Malheureusement, il n’y arriva pas et se souilla.

De retour sur Terre, pour se purifier, il se lava le visage et du contact de l’eau et de son visage naquirent les kami les plus importants après eux !

Mythologie japonaises : les Principaux Kami de la religion nippone

Le terme de kami signifie « celui qui est placé en haut » ou tout simplement « divin ». Nous parlons donc ici des dieux et déesses, à l’image des dieux de la mythologie grecque. Il en existe une infinité mais certains se dégagent par leur place dans les mythes et leur fonction existentielle pour les Hommes.

Amaterasu

Amaterasu était le kami féminin qui naquit de l’œil gauche d’Izanagi au contact de l’eau. Elle était la déesse du Soleil, comme le suggère son appellation de « Grand Kami Impérial Illuminant le Ciel ». Elle reçu de son père la fonction de diriger le ciel, ce qui lui valut un autre de ses surnoms : « Altesse de la Plaine des Hauts Cieux ». De plus, elle reçu le collier Yasakani no magatama, faisant aujourd’hui partie du trésor impérial japonais.

Cette kami est essentielle aux Hommes comme en témoigne un mythe dans lequel elle se cacha pendant plusieurs jours suite à un affront de son frère, Susanoo. Le monde n’avait alors plus aucune lumière. Heureusement, la coalition des kami arriva à la faire sortir et ainsi la Terre fut éclairée de nouveau.

Tsuki-Yomi

Tsuki-Yomi, aussi appelé Tsukuyomi, était le kami masculin qui naquit de l’oeil droit d’Izanagi au contact de l’eau. Il était le dieu de la Lune ainsi que de la nuit. Lui et sa sœur Amaterasu vivaient au ciel. Il reçut de son père le Royaume de la Nuit.

Susanoo

Qui sont les dieux et déesses des mythes japonais ? Susanoo combattant le terrible Yamata-no-Orochi !

Susanoo (pouvant aussi s’écrire Susano-wo) était le kami masculin qui naquit du nez d’Izanagi au contact de l’eau. Il était le dieu de l’orage et des tempêtes, seigneur de la force et de la fougue. Dès sa naissance, il était adulte et possédait une longue barbe. D’un naturel bougon et capricieux, il montra vite qu’il avait mauvais caractère. Il reçut de son père de diriger les mers et donc les terres qui étaient sur l’eau (îles, continents, etc).

Déçu de ne pas être au ciel, il jalouse son frère et sa sœur. Comme dit le proverbe japonais :

« L’oiseau en cage rêvera des nuages »

Guerrier colérique et très viril, Susanoo fut impliqué dans de nombreuses histoires dans lesquelles il combattit des créatures, des démons et sauva les Hommes. Ce fut sa descendance qui engendra les premiers empereurs du Japon.

D’innombrables dieux

Il est impossible de lister tous les kami existants, sachant qu’il y en aurait près de 8 millions ! Cependant, voici un aperçu des dieux majeurs et mineurs du shinto :

NomFonction
HachimanDieu de la guerre et protecteur du peuple japonais
OmoikaneDieu de l'intelligence et de la réflexion
InariDieu du riz et de la fertilité
Saruta-HikoKami dirigeant les autres kami terrestres et gardien du pont du ciel
KagutsuchiKami du feu
RyujinDragon, dieu des mers
RaijinDieu de la foudre, du tonnerre et des éclairs
FujinDieu du vent
TenjinDieu de l'érudition
FutsunushiDieu des épées
Kikuri-HimeDéesse protectrice
Ame-no-UzumeDéesse de l'aurore et de la réjouissance
Kushinada-HimeDéesse du riz et femme de Susanoo
Toyotama-HimeMère du premier empereur, Jimmu
Uke-MochiDéesse de la nourriture
Amatsu-Mikaboshi(Un ou plusieurs) Kami qui représente(nt) le mal
Enma-ōRoi de l'Enfer

A ceux-là il faut ajouter les kami cités plus haut et d’innombrables autres entités personnifiant chaque chose du monde.

Entre rites et traditions : la survivance des croyances anciennes japonaises

Comme dit précédemment, le shintoïsme est encore très présent dans la tradition nippone. On le retrouve dans les fêtes, les évènements particuliers et la mentalité familiale des japonais. Ainsi, le mariage se base sur la doctrine shintoïste, tout autant que des rites spécifiques comme le Seijin Shiki (passage à l’âge adulte), le Setsubun (arrivée du Printemps) ou encore le Hina Matsuri (fête des poupées, consacré aux petites filles). Certains rituels de la culture japonaise rappellent encore plus les influences shintoïstes comme le Tanabata et le Hatsumōde.

Tanabata

Le Kimono ou le Yukata est le costume typique des célébrations japonaises, notamment l’été !

Aussi appelée la fête des étoiles, le Tanabata a lieu pendant les célébrations du Natsu Matsuri (les fêtes d’Été), généralement le 7 Juillet ou le 7 Août. On y honore la rencontre de deux étoiles : Orihime (ou Véga) et Hiko-Boshi (Altaïr) qui ne peuvent se retrouver qu’une fois par an, séparées le reste du temps par la voie lactée.

Ces festivités prennent leurs origines en Chine mais ont été transformées par les coutumes du shintoïsme. Selon la légende la plus répandue, il s’agirait d’une histoire d’amour entre une déesse tisserande et un paysan (bouvier) mortel. La déesse tomba amoureuse du mortel, descendit sur Terre et lui donna deux enfants. La mère de cette divinité finit par retrouver sa fille et la ramena au ciel. Les dieux séparèrent alors le ciel et la terre par une barrière infranchissable : la voie lactée. Toutefois, devant les pleurs des deux amants et de leurs enfants, les dieux accordèrent une permission d’un jour par an aux deux amoureux : le Tanabata.

Durant cette fête, plusieurs traditions sont pratiquées :

  • Le port du Yukata, un kimono léger,
  • La décoration des feuilles de bambou,
  • La rédaction de vœux sur des petits papiers, les tanzaku, que l’on accroche aux feuilles,
  • Pendant la rencontre des astres, Orihime et Hiko-Boshi sont censés réaliser les vœux des japonais,
  • Vers minuit ou le lendemain, on se débarrasse de l’arbre en le brûlant ou en le jetant dans le fleuve afin que les vœux se réalisent.

En conclusion : une bien belle histoire d’amour symbolisée par une fête à la belle étoile !

Hatsumōde

C’est lors du Nouvel An japonais que l’on célèbre le Hatsumōde, qui représente la première visite de l’année au temple shinto ou au temple bouddhiste. Cette visite rituelle doit respecter certains codes très précis :

  • Elle doit être effectuée dans les trois premiers jours de l’année,
  • On pratique une purification une première fois à l’encens,
  • On effectue une première prière, généralement pour la santé familiale ou la prospérité, les bonnes affaires,
  • On boit le premier saké de l’année (le toso) au sanctuaire ou chez soi,
  • On tire au sort une divination pour l’année : les Omikuji.

Devenu une pratique sociale importante, le Hatsumōde attire dans les temples la grande majorité de la population nippone pour un moment de convivialité, de partage et de folklore.

Ces informations sur la spiritualité au Japon vous ont-elles donné envie de faire un séjour au Japon ou d’apprendre la langue japonaise ? Superprof peut vous aider à concrétiser ces projets !

Partager

Nos lecteurs apprécient cet article
Cet article vous a-t-il apporté les informations que vous cherchiez ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (Soyez le premier à voter)
Loading...

Commentez cet article

avatar