Cours particuliers Langues Musique Soutien scolaire Sport Art et Loisirs
Partager

La culture de « l’empire du milieu » : arts, histoire et traditions ancestrales !

De Samuel, publié le 05/02/2018 Blog > Langues > Chinois > Questions et Réponses sur la Chine !

Un anonyme a écrit : « l’écriture, en Chine, est la manifestation la plus élevée de la conscience. Écrire sur un objet, c’est lui accorder toute son âme, le dédier à soi-même. »

Apprendre une langue est toujours pourvoyeur de culture générale et d’externalités positives : pour apprendre le chinois par exemple, on souhaite d’abord apprendre les caractères chinois – peut-être pour préparer un voyage en Chine ou à Taïwan -, puis on étend les ramifications de ses compétences linguistiques en étudiant le vocabulaire chinois, l’intonation des mots chinois, on apprend éventuellement l’Histoire de la Chine, la cuisine chinoise, les fêtes traditionnelles (nouvel an chinois par exemple), etc.

La langue chinoise et l’écriture chinoise sont si vastes et si complexes – sauf pour un natif dont c’est la langue maternelle -, qu’il ne suffit pas de maîtriser la transcription phonétique (Pinyin) de chaque mot et des sinogrammes chinois, il faut aussi comprendre leur portée symbolique.

Ainsi, nous proposons aux lecteurs un regard distancié sur la Chine dans cet article, à travers le prisme des arts, des traditions ancestrales et de l’Histoire de la Chine : le nouvel an chinois, les caractères chinois, la calligraphie chinoise et l’art du tatouage.

Voici par Superprof (et non Toutatis) nos questions et réponses sur la Chine !

Idéogrammes chinois : comment apprendre à écrire ?

Les caractères chinois sont le plus ancien système d’écriture connu à ce jour qui ait perduré depuis la Préhistoire, et qui soit encore usité aujourd’hui.

Et oui, lire et écrire le chinois mandarin nous fait nous frotter à une langue vieille de plus de 4500 ans : selon la légende, c’est Cang Jie, un ministre de l’Empereur Jaune qui aurait inventé les caractères chinois, vers les années 2750 avant notre ère en observant les empruntes laissées au sol par les animaux.

Etudier le système d'écriture de la Chine pour apprendre à lire le mandarin, tout un art ! Mémoriser les caractères chinois : la base pour être un bon calligraphe !

Il aurait ainsi imagé la réalité par un code idéographique associant à chaque forme un mot : on n’est pas loin de la mémorisation par image mentale !

Les plus anciennes traces d’idéogrammes chinois furent excavées et aperçues sur des ossements et des écailles de tortues, dont les inscriptions, datées du 14ème siècle avant J-C,  furent gravées à la pointe.

Des archéologues révélèrent par ailleurs un lexique déjà enrichi et cohérent de 4 672 graphies parmi un corpus de 40 000 documents datant du 14ème siècle au 11ème siècle avant notre ère !

Il y a près de 5000 ans, en 2750 avant notre ère, notre alphabet latin n’était même pas encore créé, pas même celui des Grecs, ni des Araméens, ni des Phéniciens…

Tout au long du 1er millénaire avant J-C, le système d’écriture chinois devient de plus en plus complexe et d’innombrables graphies différentes peuvent représenter un même objet.

C’est sous l’empereur Qin Shihuang (221-210), alors qu’il mène une politique d’unification de la Chine, qu’une liste de 3 000 caractères chinois est établie. Celle-ci continuera de s’accroître au fil des siècles :

  • A la fin du 1er siècle après J-C : 8 000,
  • Au 3ème siècle : 18 000,
  • Au 11ème siècle : 30 000,
  • Au 18ème siècle : 47 000,
  • Il y en aurait environ 55 000 aujourd’hui.

De nos jours cependant, seuls 3 000 signes signes chinois seraient d’usage courant, et suffiraient à parler couramment. Chaque caractère chinois représente non pas une lettre, mais une idée, une représentation imagée de la réalité.

Pour bien apprendre à parler et écrire en chinois, il est primordial évidemment d’apprendre son système d’écriture, c’est-à-dire qu’il faut aussi savoir comment un caractère chinois est-il constitué.

Dans la langue de l’empire du milieu – Zhōnghuá, 中華 –, un même signe chinois comporte une dimension graphique, sémantique et phonétique. Chaque caractère chinois comporte une syllabe et il existe quatre tons pour une même graphie.

Autant dire que c’est une langue difficile à prononcer pour un européen !

Il importe de mémoriser chaque trait pour les tracer dans l’ordre et ce de façon de plus en plus rapide. Que faire sitôt que l’on sait écrire en chinois ?

L’ultime étape de l’apprentissage de l’écriture chinoise est d’apprendre l’art de la calligraphie chinoise.

L’art d’écrire – shūfa en alphabet pinyin, 书法 en chinois simplifié -, est ancestral.

Mais, considéré comme un art supérieur et noble, il est demeuré très prégnant en République populaire de Chine – par extension dans tout le monde chinois – et a essaimé dans tout le monde occidental.

Pourquoi ?

Parce que les courbes et les formes calligraphiques des sinogrammes invitent à un voyage esthétique de l’apprenant.

Autrefois réservé aux savants et aux bouddhistes, il est désormais enseigné en cours chinois de calligraphie comme un thème majeur de l’apprentissage des langues chinoises.

Qu’est-ce que la Fête du Printemps en Chine ?

Apprendre une langue étrangère implique très souvent de découvrir sa culture et ses traditions.

Pour se familiariser avec langue et culture chinoises, on ne doit pas faire l’impasse sur un événement érigé au rang d’institution dans le monde chinois : le passage à la nouvelle année.

La traditionnelle lanterne rouge enluminera prochainement les villes du monde : c'est bientôt la Fête du Printemps ! Dans le monde chinois, l’approche de la nouvelle année fait se barioler les rues de vives couleurs !

Symbolisé par une réunion familiale traditionnelle, le réveillon du nouvel an – Chunjie en pinyin, 春节 en chinois simplifié – est le rendez-vous à ne pas manquer : c’est la Fête du Printemps.

Il est fêté presque partout dans le monde chinois – République populaire de Chine, Taïwan, Hong-Kong et Macao –, dans les pays et régions où la communauté Chinoise établie est importante – Singapour, Philippines, Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Vietnam, Corée du Sud – et dans les grandes métropoles du monde occidental (Paris, Londres, Berlin, New-York, Sydney, etc.).

La Fête du Printemps marque le coup d’envoi du nouvel an lunaire, qui a lieu à partir de la deuxième lune après le solstice d’hiver. 

Selon le calendrier chinois, on observe un cycle de douze années (correspondant à douze rameaux terrestres), chacune correspondant à un signe astrologique chinois, représenté sous la forme d’un animal : rat, bœuf, tigre, lièvre, dragon, serpent, cheval, bélier, singe, coq, chien et porc.

Chaque année représente donc un signe du zodiaque chinois différent – avec une symbolique afférente à chaque signe -, associé à l’un des cinq éléments, chacun étant bisannuel : métal, eau, bois, feu, terre.

Ce jour-là – le 16 février pour 2018 -, on se souhaite la prospérité et la santé, faisant le vœu auprès de ses proches que la nouvelle année sera plus heureuse que la précédente.

C’est à peu de choses près relatif à notre réveillon du 31 décembre, sauf que ces festivités – qui s’étalent sur quinze jours jusqu’à la Fête des Lanternes – sont célébrées depuis l’an -104 avant J-C, date de création du calendrier chinois.

Durant cette fête, on a coutume de veiller jusqu’à l’aube du nouvel an chinois en profitant de repas copieux, symbolisant l’abondance de récoltes agricoles et la prospérité.

Au cours de ce repas, on mange :

  • Du poisson : qui signifie « abondance », « surplus »,
  • Des raviolis (jiaozi) au nord, en forme des anciens lingots d’or que l’on s’échangeait. Au sud, des gâteaux de riz glutineux,
  • Du poulet,
  • Du fromage de soja,
  • Le gâteau de l’An – Niangao – au dessert, qui symbolise la croissance.

Ainsi peut réellement commencer le Nouvel An chinois.

Tout savoir sur le Nouvel An Chinois

Le passage de la nouvelle année se situe toujours entre le 21 janvier et le 19 février dans notre calendrier grégorien pour les Chinois.

La date est fluctuante car nous n’avons pas le même calendrier : le monde traditionnel chinois utilise un calendrier lunaire et solaire, basé tant sur le cycle annuel du soleil que sur le cycle régulier des phases de la Lune autour de la Terre.

A Paris, Londres, Berlin ou New-York, le traditionnel défilé de la nouvelle année vaut le détour ! La Chine, deuxième puissance économique du monde : fascinante, entre tradition et modernité !

Or une année lunaire de douze mois dure 354 jours : à cela, la Chine ancestrale avait ajouté un treizième mois tous les trois ans pour combler le décalage avec le calendrier solaire rythmant les saisons.

Aujourd’hui, on fête le Nouvel An Chinois (农历新年) – Nongli Xinnian en hanyu pinyin – parce qu’il provient de légendes et d’histoire collective populaire. Dans la tradition chinoise, c’est le jour de la Fête du Printemps que les dieux montent au ciel pour honorer l’Empereur de Jade (Yuhuangdadi).

En outre, fêter la nouvelle année luni-solaire dans le monde chinois comporte une dimension légendaire, qui oeuvre à rester éveiller toute la nuit durant afin de chasser les esprits malveillants.

Être encore en vie au matin du jour de l’An signifie que l’on va vivre une année de plus, d’où les vœux prêchés de bonne santé, de bonheur et de vitalité.

L’Histoire du Nouvel An chinois tient à la légende de Nian selon laquelle un monstre – dénommé le Nian -, créature hybride entre lion et taureau, tyrannisait les populations chinoises au soir du réveillon du nouvel an.

Surgissant de la mer avec pugnacité et férocité, il venait sur la terre ferme pour dévorer les habitants sans distinction, toujours aux douze coups de minuit le dernier jour de l’année.

Un vieillard, venu là par hasard, serait parvenu à écarter le danger en faisant craquer des pétards, en placardant les murs de chiffons rouges, en brûlant des bambous secs et en tapant violemment sur des casseroles.

Ce stratagème aurait fait fuir la bête féroce, et les habitants, heureux d’être encore en vie au petit matin, se mirent à ritualiser cette stratégie répulsive devenue un folklore, pour fêter tous les ans cet heureux passage à la nouvelle année.

D’où le symbole, en Chine continentale, à l’île de Formose, au Vietnam et à Singapour, que le nouvel an est également un signe de longévité.

Tatouages chinois : faut-il oser ?

Dernier aspect des pratiques d’origine chinoise ou asiatique ayant disposé d’un rayonnement mondial : le tatouage.

Selon une enquête de l’Ifop (Institut Français d’opinion publique), entre 2010 et 2017, plus de deux millions de Français(es) sont passés sous le dermographe pour se faire tatouer sous la peau.

Parler chinois aura bien aidé à ne pas se faire n'importe quel tatouage... Mon voyage en Chine fut une révélation. Aujourd’hui bouddhiste, je veux m’encrer un mantra dans le dos !

De plus, un jeune sur cinq âgé de 25 à 34 ans déclare ainsi posséder un tatouage, et ce sont les femmes (17 %) qui sont les plus enclines à concrétiser leurs idées de tatouages par rapport aux hommes (11 %).

Le tatouage chinois consiste à encrer sous la peau des caractères chinois, des idéogrammes ou des motifs évoquant les aspects de la culture chinoise (proverbes chinois, phrases chinoises, son prénom chinois, des animaux ou des végétaux (dragon, fleur de lotus, poissons) ou des signes astrologiques chinois.

D’origine chinoise, l’Histoire du tatouage chinois remonte à 3 500 ans. Initialement, il s’agissait d’un châtiment corporel infligé aux prisonniers.

Selon F. Borel, une historienne de l’art et docteur en Philosophie et Lettres, « en Chine, le tatouage figurait parmi les cinq punitions aux côtés de la mort, de la castration, de l’amputation du nez et des pieds. Le tatouage […] est une marque humiliante et une indication publique et facilement discernable ; strictement codifié, il varie de région en région ».

Alors que le tatouage a toujours représenté la stigmatisation – voire la scarification – des personnes issues du crime organisé ou du banditisme, il s’est popularisé à l’aune des années 1990-2000, et connaît de nos jours un essor considérable partout dans le monde.

Cependant, se faire tatouer ne se fait pas sans risques : risques d’erreur d’abord, risques financiers ensuite, puis sanitaires.

Un tatoueur professionnel facturera en effet entre 80 € et 150 € de l’heure, soit quatre à cinq fois plus que les cours à domicile pour apprendre les langues vivantes comme des cours chinois par exemple !

L’erreur se paye donc cher, surtout que dans 50 % des cas, les personnes tatouées en viennent à regretter leur acte, et sollicitent un détatouage coûteux, difficile et douloureux.

Devant la complexité pour le grand public de chaque signe chinois – sa signification et ce qu’il représente -, on comprend bien la finalité d’apprendre le mandarin : principalement, à savoir ce que l’on porte.

De nombreuses célébrités ont fait les frais de se tatouer avec des fautes d’orthographe, ce à quoi nous répondons que des cours de langue avec des professeurs particuliers leur auraient certainement permis d’éviter de se faire railler partout sur le net !

La plupart des tatoueurs – si compétents soient-ils – se contentent de reproduire à l’identique les modèles de tatouages fournis par leurs clients ou leur catalogue de tatouages chinois, sans nécessairement passer par le cours de chinois.

En dernier lieu, le tatouage provoque aussi des lésions cutanées pouvant entraîner de sérieuses complications selon les personnes.

Et le débat fait rage parmi les médecins et les syndicats de tatoueurs pour évaluer les risques sanitaires éventuels liés à cette pratique d’ornement corporel.

Effets secondaires ou non, toujours veiller à désinfecter la peau tant que la cicatrisation n’est pas terminée !

Alors, la culture traditionnelle chinoise vous attire encore ? Rejoignez les rangs des élèves de la communauté de locuteurs sinophones apprentis chez Superprof !

Partager

Nos lecteurs apprécient cet article
Cet article vous a-t-il apporté les informations que vous cherchiez ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (Soyez le premier à voter)
Loading...

Commentez cet article

avatar