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Peut-on devenir professeur de russe sans que ce soit notre langue maternelle ?

De Alexia, publié le 07/01/2019 Blog > Langues > Russe > Faut-Il Être Natif Pour Enseigner la Langue Russe ?

« Un mot aimable est comme un jour de printemps. » Proverbe russe

Chaque 880 000 professeurs font leur rentrée. Entre excitation et stress, l’appréhension de ne pas être à la hauteur peut prendre le pas sur la passion d’enseigner.

Apprendre le russe à des élèves sans être locuteur natif peut être source de craintes pour le professeur de cours de russe.

Mais est-on un meilleur enseignant en étant de langue maternelle russe ?

Le point de vue de Superprof dans cet article !

Un bon professeur de russe n’est pas forcément un locuteur natif

Faut-il être natif pour enseigner le russe ? Souvenez-vous d’un prof de langues qui vous a donné l’envie d’apprendre !

Les russophones de naissance ne sont pas forcément de meilleurs professeurs de russe que les français ayant suivi des cours de grammaire russe, de littérature russe et de phonétique.

Certes, un professeur de nationalité russe sera plus à même de faire découvrir la culture russe à un apprenant et ne fera aucune erreur de prononciation.

Mais sa pédagogie ne sera pas forcément la bonne.

De plus, la culture russe et la culture française sont très différentes.

Pour enseigner une langue étrangère, il faut avoir une connaissance pointue des deux cultures et notamment de la culture des apprenants afin de comprendre les blocages qui peuvent exister.

En ayant été élève en cours de langue, un professeur français sera plus à même de comprendre les difficultés de compréhension de la déclinaison, de la prononciation ou encore de l’apprentissage de l’alphabet russe.

Certains apprenants livrent leur pensée quant à la préférence d’un professeur non natif dans l’enseignement des langues :

« Je pense sincèrement que le bon prof n’est pas celui « qui parle le mieux » mais c’est celui qui a « la meilleure pédagogie ». Un natif ne se rend pas toujours compte des difficultés de l’élève. L’idéal, à mon sens, serait de créer une sorte de tandem entre un professeur non natif et un assistant natif qui seconderait le professeur avec un meilleur accent et un vocabulaire actuel. Cet assistant, à peine plus âgé que les élèves les motiverait à pénétrer la culture de la langue. » Muriel

Un professeur de russe français aura bien évidemment effectué au moins un voyage en Russie pour se confronter à la culture et découvrir les villes russes de Saint Pétersbourg, de Moscou ou encore la Sibérie.

Même en poste, un professeur de russe se doit de voyager et d’être en contact avec des natifs pour se tenir à jour des mots russes à la mode et des évolutions culturelles.

Mais il est vrai que seul un natif pourra transmettre un accent parfait.

Charline témoigne également dans le sens de Muriel : « J’ai eu une prof d’allemand (non native) qui m’a donné le goût de la langue allemande et ça me dure depuis bientôt 40 ans. Je lisais allemand, j’écoutais les disques allemands et je passais toutes mes vacances en Allemagne. Ma soeur partageant ma passion, on se parlait même en allemand ! »

Avant toute chose, c’est la pédagogie du professeur qui fait que la langue sera bien enseignée et éveillera les passions de certains élèves.

Prof de russe français : qu’est-ce que l’insécurité linguistique ?

Comment apprendre le russe à des élèves ? Et si le professeur devenait un guide plus qu’un savant ?

Parler russe en tant que locuteur non natif peut renvoyer les professeurs à une insécurité linguistique.

Michel Francard définit l’insécurité linguistique comme « la quête non réussie de légitimité ».

Dans le cas d’un professeur de langue russe, il s’agirait d’un complexe entre la langue telle qu’il l’a apprise avec les imperfections des locuteurs non natifs et la perception d’un locuteur natif idéal.

Cele peut engendrer une perte de confiance en ses capacités à transmettre la langue.

Mais l’insécurité linguistique est un sentiment notamment inculqué par les représentations qui se dégagent d’une culture éducative stricte, imposant la perfection.

Cette insécurité linguistique se ressent surtout en dehors d’une salle de classe ou dès lors que le professeur est confronté à un locuteur natif. Bonjour la confiance en soi quand on est face à un assistant de russe natif…

Le professeur n’est plus en position de savant et se retrouve face à ses propres appréhensions.

Cela se manifeste par la peur, la honte, le malaise et le professeur se trouve alors totalement bloqué et dans l’incapacité de communiquer.

Mais être professeur de langue que ce soit en cours d’anglais, en cours d’espagnol, en cours d’allemand ou en cours de russe, ce n’est pas tout savoir.

C’est transmettre ses connaissances et surtout donner le goût aux apprenants de la langue. Leur apprendre à mobiliser leurs connaissances et leur donner envie d’apprendre.

Le prof peut cependant avoir peur de ne pas savoir répondre à une question en classe ou de ne pas trouver le mot juste. Pourtant il n’y a aucune honte à avoir…

Comment surmonter son insécurité linguistique de prof de russe non natif ?

Comment surmonter ses peurs en tant que prof russophone ? La pire appréhension d’un prof : bafouiller et ne pas savoir répondre.

Les professeurs de toutes langues font montre de nombreux stratagèmes pour surmonter leurs peurs et cacher leur « manque de connaissances ».

  • Une préparation exhaustive des leçons pour réduire les imprévus,
  • Ne pas attirer l’attention des élèves sur certaines de leurs erreurs,
  • Voyager très régulièrement pour rester en contact avec la langue enseignée,
  • Regarder la télé en russe pour se perfectionner sans cesse,
  • Lire en russe,
  • Faire des recherches Google en russe…

En bref, le but est d’être en immersion constante dans la langue enseignée.

Mais les imprévus peuvent arriver à tout moment dans des situations d’enseignement communicatif.

L’expérience permet de contourner les difficultés notamment pour les questions d’ordre grammatical, qui s’avèrent parfois périlleuses.

Encore une nouvelle stratégie d’évitement…

Mais un professeur n’est pas un savant absolu.

Comme chaque personne, il a toujours à apprendre. Il est grand temps de cesser de voir le professeur comme un tout-puissant dans la langue enseignée et de le replacer comme un accompagnateur dans la découverte de la langue russe et de sa culture.

Les professeurs ne s’en trouveront que valorisés et plus sûrs d’eux-mêmes. Car personne ne peut tout savoir et certainement pas en ce qui concerne une langue vivante qui continue d’évoluer sans cesse.

Des pistes pour enseigner le russe de la meilleure des manières

Un non natif peut devenir prof de russe ! L’enseignement culturel doit trouver sa place en classe de russe.

Les cours de langue russe devraient donc davantage être un laboratoire d’apprentissage horizontal qu’une transmission de savoirs verticale du professeur vers l’élève.

Chacun peut se transmettre des connaissances et l’important est avant tout d’apprendre une langue et d’aimer cette langue.

Cependant, il existe des techniques pour enseigner une langue de la plus juste des manières. Alors comment apprendre le russe à des élèves en étant non natif ?

Dès le niveau débutant et tout au long de l’apprentissage des langues, le cours doit se dérouler dans la langue cible.

Même si vous devrez peut-être prononcer quelques mots en français, notamment avant le niveau intermédiaire, essayez de garder le russe comme langue obligatoire de communication.

Les élèves gagneront peu à peu en confiance et en indépendance en enrichissant leur vocabulaire russe dans le même temps.

Invitez des natifs dans votre classe pour qu’ils parlent devant vos élèves. Les assistants de langue sont d’un grand soutien pour les professeurs de russe afin d’améliorer le niveau de langue des élèves.

Les échanges entre le prof et l’assistant en langue cible amène de la spontanéité dans le cours et le rende plus dynamique.

A défaut, privilégiez les documents audios et vidéos en langue cible par des natifs.

Faites faire des activités à vos élèves.

Rester assis 8 heures par jour sur une chaise n’est pas la meilleure façon de rester concentré et actif. En proposant des activités comme des quizz et autres compétitions, vous incitez vos élèves à progresser.

Le moindre exercice peut alors se transformer en concours : associations d’images et de mots, recherche de mots cachés… Si en plus, il y a un prix à la clé, vous verrez que la motivation de vos élèves ira crescendo (stylo, autocollant, bonbons…).

On réfléchit mieux en étant actif ! Par exemple, la dictée en courant : un élève lit dans sa tête une phrase affichée dans un coin de la salle et court la répéter à son camarade qui l’inscrit au tableau le plus rapidement possible et sans faute bien sûr.

Vous pouvez aussi leur proposer des jeux comme « qui suis-je ? ». Il faut deviner la personne célèbre (des russes de préférence ^^) dont le nom est collé sur son front. Les élèves posent seulement des questions en russe par lesquelles on peut répondre par oui ou non.

Faites leur apprendre la phonétique.

La prononciation demeure importante si on veut se rapprocher d’un bilinguisme et de l’aisance d’un natif. Apprendre la langue russe doit donc passer par l’apprentissage de l’alphabet cyrillique mais aussi de l’alphabet phonétique pour apprendre à prononcer correctement.

En cours collectifs ou en cours individuels, la grammaire a également son importance. Il faut essayer de l’apprendre aux élèves de façon progressive et ludique pour ne pas les dégoûter de la langue russe.

Professeurs de russe natif ou non, l’important est la pédagogie que vous mettez en place au sein de vos cours pour faire progresser vos élèves 😉 

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