"C'est toujours sur une démission collective que les tyrans fondent leur puissance." Maurice Druon (1918-2009)

Quitter la fonction publique peut se faire de différentes façons. A la suite d’un licenciement pour faute grave par exemple (absence injustifiée, fin de contrat à la suite d’un contrat à durée déterminée), à la suite d'un abandon de poste...

Mais aussi pour motifs personnels (dépression, burn-out, refus des conditions du ministère de l'éducation nationale, etc.) : reconversion professionnelle, démission légitime, congé pour création d’entreprise, nouvel emploi…

Selon le rapport Carle, relayé par Le Café Pédagogique, nous serions passés de 1 % de démissions chez les enseignants stagiaires en 2012 à 3,2 % de démissions en 2015-2016 dans le premier degré.

Dans le second degré, les démissions auraient grimpé de 1,1 % à 2,5 %.

Quelles raisons peuvent pousser un professeur à démissionner de l’Education Nationale ? Comment doit-il procéder et à qui s’adresser ?

Superprof (spécialiste des cours particuliers) répond à toutes vos questions.

Pour quelles raisons démissionner de l’Éducation Nationale ?

De cette passion qui vous fait vous lever chaque jour avec un sourire béat, l’enseignement scolaire peut malheureusement vite se transformer en un véritable boulet à vos pieds.

Les pressions qui surviennent de tous bords peuvent occasionner des douleurs musculaires : lors, il est temps d'arrêter !

Loin de dresser un tableau cauchemardesque de la profession d’enseignant, Superprof (spécialiste des cours particuliers) se penche ici sur les différentes raisons de démissionner de l’Éducation Nationale.

Nombre de professeurs et enseignants déchantent sitôt leur prise de poste effectuée à la rentrée scolaire.

Première déconvenue : malgré l'obtention du concours académique, certains n'ont même pas de poste pour septembre.

D'autres sont nommés titulaires sur zone de remplacement (TZR), c'est-à-dire qu'ils errent dans leur académie de rattachement, au gré des remplacements lorsqu'un enseignant en poste fixe s'absente (maladie, dépression, etc.).

Cela peut être mal vécu puisqu'ils enseignent dans une ou plusieurs classes qui ne sont pas les leurs, et les élèves des établissements publics peuvent user, sur le long terme, un professeur déjà fragilisé par son statut : enseigner devient dès lors, un calvaire.

Outre le fait qu'ils peuvent être parachutés loin de leur académie d'origine (où ils ont passé le CAPES externe), ce qui est déjà difficile en soi, ils sont parfois considérés comme des élèves, ou des stagiaires, mais non comme des collègues enseignants par leurs pairs ou par le chef d'établissement.

En somme, on ne les consulte pas toujours pour réaliser les projets éducatifs - puisque les TZR ne sont que remplaçants -, et on leur confie même parfois les tâches les plus pénibles.

Deuxième déconvenue : on n'en parle jamais, mais peu de points s'accumulent par l'ancienneté, ce qui mène à des refus lors des demandes de mutation inter-académiques : le fait que l'État décide où doit vivre un professeur rajoute de la frustration à des conditions de travail déjà déplorables.

S'extirper d'une académie, à plusieurs centaines de kilomètres de son ou sa conjoint(e), de sa famille et de ses amis peut aussi prendre plusieurs années.

De ce fait, l'Éducation Nationale devient une machine à PACS : on se pacse pour accumuler des points et rentrer dans son académie d'origine.

Ce document doit être signé avant le 31 août d'une année N pour faire valoir un rapprochement de conjoint l'année scolaire suivante (N+1) et cumuler 150 points supplémentaires.

Troisième déconvenue : le salaire.

Comment ne pas parler premièrement de la précarité contre laquelle les enseignants se sont toujours insurgés ?

Si les salaires ne sont pas parmi les plus bas de France en comparaison avec d’autres professions, ils demeurent peu évolutifs.

Un enseignant certifié ou un professeur des écoles reçoit, l'année de sa titularisation, 2 067 € bruts en 2019. Après 10 ans d'ancienneté, il "grimpe" à 2 306 €, soit seulement 306 € de plus par mois après 10 ans d'expérience, c'est peu (et le taux d'inflation, lui, croît plus rapidement) !

Bon, le salaire n'est pas le grief principal car même avec 2 067 € bruts par mois, on peut encore largement subvenir à ses besoins (donner cours particuliers paris).

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D'autres raisons de quitter l'Éducation Nationale !

Les enseignants démissionnaires se plaignent également souvent du manque de reconnaissance global auquel ils doivent faire face.

"Avant, ma compagne était joviale, souriante, dynamique. Après 5 ans d'enseignement, elle est devenue aigrie, acariâtre, renfermée sur elle-même."

Les moyens et le matériel mis à leur disposition sont assez rudimentaires.

Il y a de quoi leur mettre des bâtons dans les roues et en démotiver certains, qui finissent par présenter leur lettre de démission à l’Education Nationale.

N’oublions pas non plus le manque de reconnaissance de la part des élèves et des parents.

Il arrive que les enseignants dits "néo-titulaires" soient affectés dans des établissements scolaires classés "zone d'éducation prioritaire", ou l'ayant été.

Du coup, les élèves sont difficiles à gérer et même les autres services (CPE, vie scolaire, administration, professeurs principaux, chef d'établissement) peuvent être infectes avec la nouvelle recrue.

C'est le cas de Marie, 27 ans, enseignante de français et TZR dans l'académie de Grenoble.

Elle n'apprend que le jour de chaque rentrée scolaire (Septembre, Toussaint, Noël, vacances d'hiver, de printemps) qu'elle est reconduite à son poste de remplaçante.

De plus, l'équipe pédagogique l'éconduit lorsqu'elle se plaint du mauvais comportement des élèves : pas de mise en retenue, pas de punitions, pas d'action suite à des injures et des moqueries de la part des élèves.

C'est avec peine qu'elle couvre le programme scolaire du français au collège.

Jusqu'à recevoir des emails de la part des parents lui demandant des comptes pour les mauvaises notes de leur enfant, ou des rendez-vous privés pour la sermonner...

Si cette personne - par ailleurs passionnée de littérature et mue du goût pour l'enseignement - n'a pas encore fait les démarches pour démissionner, elle est dégoûtée, et pense bien un jour opérer une reconversion professionnelle.

67 % des professeurs estiment que le stress est plus important dans leur profession que dans d’autres.

Que ce soit vrai ou faux, c'est une preuve, s’il en est, de mauvaises conditions de travail. Cela peut ensuite mener à un véritable épuisement émotionnel. Et c’est d’ailleurs dans ces cas que les démarches sont entamées, avec demande de démission et période de préavis.

Enfin, difficile de ne pas évoquer le manque de mobilité propre au métier d’enseignant.

Le système de mutation est basé sur un barème de points.

Ainsi, si de nombreux professeurs commencent dans des écoles parfois difficiles, ils doivent attendre un certain nombre de points avant de pouvoir être mutés dans de belles villes et écoles.

Or on comprend qu'il soit jugé impossible de devoir attendre 5, 7 ou 10 ans avant de voir une demande de mutation acceptée, d'où les envies de démission !

Surcharge de travail, frustrations liées au manque de mobilité, intrusion des parents d'élèves, mauvaises relations avec la hiérarchie des collèges et lycées, blocage de l'inspection générale, heures supplémentaires non-payées, déviances des élèves, faibles perspectives d'évolution, sentiment d'être larbin, classes d'enseignement surchargées, manque d'attributions, etc.

Les raisons de démissionner de l'éducation nationale française sont nombreuses et légitimes !

A cela, ajoutons que les frustrations liées à l'institution scolaire forment le ciment de l'épuisement émotionnel (burn-out), et mènent de nombreux enseignants à la dépression.

Professeur titulaire, un beau métier ?

Si de plus en plus d'enseignants démissionnent de leur fonction, c'est que le métier se trouve entaché d'un certain nombre de griefs qui font qu'il ne leur est plus possible, à moins d'y laisser la santé, d'enseigner.

Un motif de démission de l'Éducation Nationale que l'on occulte souvent, est le surmenage infligé aux jeunes enseignants.

Les critiques pleuvent à longueur d'article-fleuves et d'éditoriaux dans la presse contre les enseignants fonctionnaires, qui ne seraient pas assez volontaires, et insuffisamment formés.

Mais il ne faut surtout jamais oublier qu'en plus du service à temps plein de 18 heures en présentiel, un professeur titulaire passe 50 % à 60 % de son temps de travail à préparer ses cours à la maison.

Or cela prend énormément de temps de préparer des séquences, réunir des documents, créer ou trouver des exercices, créer des activités-élèves intéressantes et monter un plan de progression.

Pour certains, nous en sommes déjà à près de 35 heures en 3 ou 4 jours dans la semaine. Cela fait qu'à 17 heures, l'enseignant doit encore travailler jusque tard dans la nuit - et/ou même le weekend - pour préparer les cours suivants.

Cela ne fait plus rêver grand monde de passer ses soirées à travailler à la maison dans le stress du lendemain.

A cela, s'ajoute la correction des copies.

Cela prend du temps, surtout pour les matières littéraires (langues vivantes, français, histoire-géographie, sciences économiques et sociales, etc.).

Imaginez les heures passées à lire chaque copie (sur une pile de 35 copies), évaluer au cas par cas les connaissances des élèves, et parfois décrypter leurs hiéroglyphes (l'écriture des collégiens et lycéens offre parfois un véritable travail d'interprétation...).

La correction de copies, à la maison, est souvent perçue comme une corvée.

Autour du service de l'enseignant et de son travail à domicile, s'ajoute un nombre d'heures qu'il doit à l'administration : il s'agit d'une disponibilité qu'il doit en dehors de sa quotité de service.

Les réunions pédagogiques, les conseils de classe, les conseils de discipline, les réunions parents-professeurs, remplir les bulletins de notes et les appréciations, remplir les fiches-élèves, etc.

On ajoutera le fait qu'en dépit d'u système de points et de mutation archaïques et peu évolutifs, l'Éducation Nationale décide de l'endroit où un jeune enseignant va vivre ses 10 ou 15 prochaines années : souvent, en région parisienne et/ou dans les zones difficiles.

Un(e) enseignant(e) accumule en effet davantage de points en concluant un Pacs ou un mariage et en faisant un ou plusieurs enfants qu'avec sa propre ancienneté.

Cela est perçu comme une aberration pour celles et ceux qui espèrent pouvoir changer d'académie. Et dès lors, on s'aperçoit que l'Éducation Nationale n'est autre qu'une prison dorée.

On rajoute à tous ces griefs le manque de reconnaissance et la précarisation du métier de professeur titulaire : de plus en plus, le recours aux postes contractuels se généralise, ce qui fait que les professeurs sans concours (contractuels) passent prioritaires devant les enseignants titulaires dans les attributions de postes.

En août 2019, le gouvernement a soumis l'idée d'instaurer un contrat à durée déterminée pour les administrations publiques (dont l'Éducation Nationale) : le contrat de projet. un CDD de 1 à 6 ans, sans perspective de prime de précarité ni de CDI en tant que fonctionnaire à l'issue.

Ou comment préparer la privatisation de la fonction publique.

Démission Education Nationale : comment procéder ?

Après s’être dit "je veux démissionner", il est temps de s’intéresser à une autre problématique : comment démissionner de l’éducation Nationale ?

Changer de métier : et si on travaillait à la ferme après l'enseignement ?

Quelle est la procédure à suivre pour arriver à une rupture de contrat, une durée de prévis et enfin une reconversion professionnelle (pourquoi ne pas prendre congé pour création d’entreprise par exemple ?) ?

Il convient tout d’abord de s’intéresser au principe même de démission de l'Éducation Nationale.

Quelle définition donne la fonction publique à cette démarche et pour quelles conséquences ?

Voici ce que dit le site le l'Education Nationale : "la démission est un mode de cessation définitive des fonctions du fonctionnaire de l'État. Elle constitue pour le fonctionnaire un moyen de rompre, de sa propre initiative, le lien qui l'unit à son administration."

La procédure indique ensuite que la demande de démission et l'intention doivent être clairement exposés dans une lettre de démission adressée à l’inspecteur de l’académie ou au recteur.

Néanmoins, ces derniers ont tout pouvoir de refuser ce désir de rupture de contrat. Il existe alors un recours, à faire auprès de la commission administrative paritaire.

En cas d'avis favorable, la démission ne prend effet que dans un délai de 4 mois après l'acceptation expresse par l'administration : il faut donc bien réfléchir à la portée de son acte.

Il est indispensable de bien peser le pour et le contre lors de l'envoi de sa démission à l’Éducation Nationale.

Notamment parce que lorsque celle-ci est acceptée, elle est irrévocable.

Le professeur perd immédiatement le bénéfice de son concours, son statut de fonctionnaire et peut même devenir prof à domicile pour donner des cours particuliers.

Un fait qui ne l’empêche en revanche pas de pouvoir réintégrer la fonction publique plus tard, s’il le souhaite. Il devra alors repasser ses concours.

L’indemnité de départ volontaire pour professeurs

Demander sa démission de l’Éducation Nationale peut aussi s’accompagner d’une indemnité de départ volontaire.

Comme son nom l’indique, cette prime concerne les fonctionnaires démissionnaires dont la démission a été régulièrement acceptée.

Mais dans les faits, son obtention reste quelque peu complexe, notamment parce qu’elle exige plusieurs critères à remplir.

Les bénéficiaires de ce dispositif, par exemple, sont "les fonctionnaires de l’État et les agents non-titulaires" selon la fonction publique.

Par ailleurs, il est indispensable d’être en contrat à durée indéterminée et non pas en contrat à durée déterminée.

Enfin, deux situations uniques sont retenues : les départs suite aux suppressions de postes ou aux restructurations de service, ou encore suite à la création ou au rachat d’une entreprise.

Parmi les agents qui réunissent ces conditions, l’État considère 3 cas d’exclusion, à découvrir sur notre article traitant de l’indemnité de départ volontaire Éducation Nationale.

En termes de procédure, le professeur doit demander son calcul d’IDV avant de présenter sa démission à la fonction publique.

Et pour obtenir une réponse, il devra patienter 2 mois maximum.

D’où la nécessité de s’y prendre le plus tôt possible et ainsi ne pas trop attendre. D'autant plus si vous ne vous lancez pas dans les cours à domicile tout de suite.

Le calcul de l’indemnité de départ volontaire fonctionnaire est quant à lui légèrement complexe.

Le montant ne peut dépasser 24 fois un douzième de la rémunération brute perçue lors de l’année précédant la demande.

A signaler qu’il est aussi calculé en fonction du grade du fonctionnaire et de son ancienneté.

Modèle de lettre de démission de l’Éducation Nationale

Au sein du corps enseignant, les démissions sont plus nombreuses qu’on ne pourrait le croire. On annonce ainsi officieusement dans les couloirs de l’Éducation Nationale près de 1 000 départs par an.

Vous n'en pouvez plus ? C'est le moment fatidique : la rédaction de ses motifs de départ à l'administration...

Vous n’êtes donc probablement pas la seule personne à penser actuellement à remettre une lettre de démission à la fonction publique !

Mais après tout, à qui remettre cette demande ? Pour trouver le bon interlocuteur, il vous faudra adresser votre lettre de démission de fonctionnaire à l’autorité hiérarchique de proximité, qui s’occupera ensuite de la transférer à l’inspecteur académique ou au recteur.

Avant de rédiger la vôtre, il est fort probable que vous cherchiez actuellement un modèle de lettre de démission de l’Éducation Nationale.

Vous n’en trouverez pas des dizaines.

C’est pour cela que Superprof (donner cours particuliers) vous propose un exemplaire émis par le site du service public français lui-même.

Il faut d'abord renseigner les éléments suivants, dans l'en-tête :

  • Prénom,
  • Nom,
  • Adresse personnelle,
  • Service d'affectation,
  • Grade,
  • Commune et date.

Ensuite, l'objet précédant le corps du texte : "A l'attention de (mentionner l'autorité ayant pouvoir de nomination : le rectorat ou les inspecteurs d'académie)".

Pensez à mentionner les responsables hiérarchiques intermédiaires, le cas échéant.

On passe ensuite au corps de texte :

"Madame, Monsieur, le/la (qualité),

J'ai l'honneur de vous informer de mon souhait de démissionner de mes fonctions d'enseignant (ou de professeur des écoles), poste que j'occupe depuis le (date), au sein de l'académie (ou service) ...

En effet, je souhaite mettre un terme à ma carrière car : exposer les motifs et l'intention de démissionner.

Je vous prie de bien vouloir accepter ma demande de démission, à compter du (date) et de procéder à cette date à ma radiation des cadres de la fonction publique.

Je vous remercie de bien vouloir établir l'état de mes services.

Je vous prie d'agréer, madame/monsieur le/la (qualité), l'expression de mes salutations distinguées.

Signature."

Ce modèle offre le meilleur moyen de ne pas faire d’erreur.

Que faire après une démission de l'Éducation Nationale ?

Ce n'est pas parce qu'on n'est plus fonctionnaire que l'on ne peut plus exercer de mission éducative.

Ce n'est pas parce qu'on n'est plus fonctionnaire que l'on ne peut plus enseigner !

Certes, perdre le bénéfice du concours, le statut de fonctionnaire et la garantie de l'emploi à vie peut obscurcir les perspectives d'avenir pour rebondir après une mauvaise expérience dans l'enseignement secondaire.

Mais si l'on aime toutefois être au contact des lycéens et collégiens, les fonctionnaires démissionnaires peuvent viser les postes dans l'éducation en tant que contractuels.

Certes, ce n'est pas vraiment agir contre la loi de réforme des lycées visée par l'actuel ministre J. M. Blanquer, qui place les personnels enseignants et administratifs dans le collimateur d'une privatisation qui ne dit pas son nom.

On s'explique : de plus en plus, les contractuels sont prioritaires devant les enseignants sous le statut de titulaires sur zone de remplacement (TZR), et de moins en moins de postes d'enseignants sont offerts aux concours de l'éducation (CAPES et Agrégation).

A cela, s'ajoute la prochaine refonte de la politique éducative au profit d'une gestion managériale de l'institution scolaire : baisse du nombre d'enseignants, recrutement massif de contractuels, de chefs d'établissements managers, hausse du contrôle des profs, durcissement de la formation professionnelle des personnels, etc...

Les mesures sont contenues dans le projet de réforme nommé Cap 22, qui va encore plus loin que la très décriée Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) voulue à l'époque par le président N. Sarkozy.

En résultante, plusieurs académies sous-dotées ou défavorisées subissent la concurrence d'autres mieux loties (Créteil versus Paris, Grenoble versus Montpellier, par exemple), et les équipes pédagogiques sont nombreuses à s'alarmer contre l'incurie des décideurs politiques à ce niveau.

On peut donc devenir professeur contractuel, avec pour avantage celui de choisir son département, sans être contraint(e) aux barèmes à points du système éducatif : les recrutements sont de plus en plus nombreux, mais le salaire est moindre.

On peut également créer une micro-entreprise en qualité de professeur particulier pour donner des cours à domicile, notamment avec la plateforme Superprof.

Lorsque la démission a été acceptée par l'administration, les cours particuliers peuvent être également dispensés en tant que salarié chez un particulier-employeur (les parents d'élèves), rémunéré en chèques emploi service universels (CESU).

Une démission de l'Éducation Nationale n'est pas à prendre à la légère : tout le monde le dit, les premières années sont les plus difficiles.

Plusieurs alternatives existent pour se dissuader de démissionner, en premier ressort : le travail à temps partiel, la demande de détachement, le congé sans solde (pour les stagiaires) et le cumul d'activité.

On peut envisager une réduction du temps de travail, notamment pour se ressourcer en sollicitant une quotité de service à 50 % : demande soumise à l'accord de l'inspection académique.

Le congé sans solde (pour les stagiaires) dure un an maximum, renouvelable deux fois : pour donner des soins au conjoint (ou conjointe), pour élever un enfant de moins de 8 ans, ou pour suivre son conjoint ou partenaire de PACS.

Les fonctionnaires peuvent être autorisés à exercer une autre activité sous réserve que celle-ci n'empêche pas le fonctionnement, ni l'indépendance ou la neutralité du service.

Enfin, un enseignant ou professeur des écoles peut demander un détachement dans un corps de la fonction publique (de catégorie A), s'ils sont titulaires du diplôme requis pour exercer le poste.

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Alexandre

Amoureux des langues, j'aime baigner dans les langages français, anglais et espagnols. Par le voyage, le cinéma, la culture ou les rencontres.