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La Savate : késaco ?

De Philippe, publié le 31/10/2017 Blog > Sport > Boxe > Qu’est-ce que la Boxe Française ?

« La boxe française est un jeu hardi, imprévu, étincelant, plein d’illuminations romantiques. »

André Dumas

Avec cette belle citation d’un bon vieux boxeur professionnel français, en activité de 1911 à 1920 pour 25 combats pros, on ne peut qu’avoir envie de goûter aux joies incomparables que nous promet la savate !

Mais force est de constater que ce sport né dans l’Hexagone est nettement moins connu que son homologue d’outre-Manche, la boxe anglaise, mais aussi que la plupart des autres styles de boxe ou des arts martiaux – karaté, judo, viet vo dao, ju-jitsu, aïkido…

Pied-main interdit ! Peut-être est-ce dû au goût particulier que les Français entretiennent vis-à-vis de l’exotique en général et du so British en particulier ?

Eh bien, quant à nous, nous préférons nous la jouer chauvin pour quelques instants, en ne parlant ici que de la boxe française, un sport dont on a de quoi être fier !

De plus, nul besoin de porter béret, marinière, fines moustaches, litron de pinard et baguettes de pain : seuls des chaussures de boxe, des gants de boxe et autres protections boxe (protège-dents, protège-tibias, bandage, tenue intégrale homologuée, coquille ou plastron) vous seront nécessaires, les « illuminations romantiques » pouvant dans les cas extrêmes passer par les 36 chandelles du KO…

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La boxe française dans ses grandes lignes

Comme toute boxe, la boxe française – également appelée « savate » – est un sport de combat dit « de percussion », sous-tendant une certaine violence et des coups bien réels. Les amateurs parlent aussi de « sport de combat pieds-poings », même s’il arrive la plupart du temps que les pieds soient beaucoup plus employés que les mains (jusqu’à 99% pour les touches).

Il s’agit toujours de duels, opposant donc deux adversaires sur un ring de boxe (4,5 × 6 m) ou enceinte au sein d’une salle de boxe. Ceux-ci doivent porter des gants de sac, mais aussi des chaussons. Oui, car l’usage des pieds est aussi bien permis que celui des avant-bras.

La possibilité du coup de pied rend cette activité sportive éminemment technique : de fait, les gardes seront très variées et le jeu de jambes particulièrement important, dans la mesure où il permet aussi bien la défensive que l’offensive (dans la préparation d’une attaque surprise notamment).

Si les pieds sont au cœur de la partie (comme la seule dénomination de savate suffit à le démontrer !), les coups de tibias et de genoux sont absolument prohibés. On parle techniquement, pour les offensives pédestres, de « coups armés » (les autres sont interdits), procédé vraiment spécifique à la boxe française.

Pour le haut du corps, les quatre coups de base sont le direct, le crochet, l’uppercut et le swing.

Ils viennent clairement du boxing anglais. Les revers sont bannis, de même que les saisies.

La savate s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes ; aux enfants qu’aux adultes. Il y faut beaucoup d’agilité et de dynamisme, ce qui l’apparente à une forme de gymnastique, mais dans laquelle on apprendrait à se battre.

La rencontre spécifique de la savate, c’est l’assaut, dans lequel il est interdit de rechercher la confrontation violente à proprement parler (il y a disqualification au bout de trois avertissements pour velléité de « hors-combat » – de KO).Les arbitres/juges (ou officiels) évaluent le style, la tactique et la technique déployés par les adversaires.

On procède généralement par trois rounds (ou « reprises ») de deux minutes chacun, avec un temps de récupération entre souvent fixé à une minute et demie (chaque combattant près des cordes, dans un coin du ring).

Il faut toucher le plus possible son opposant et se prémunir de ses coups, dans un temps limité.

Pour le vrai combat, il faut être majeur et posséder (au moins) le niveau gant jaune. La puissance est au rendez-vous, et on privilégie en règle générale cinq reprises de deux minutes chacune.

Il ne tient qu’à vous d’être les savateuses et les savateurs de demain, venant grossir le chiffre de nos 44 000 licenciés actuels en France !

Histoire de la savate

Si la boxe anglaise porte le surnom fort envié de « noble art », c’est surtout parce qu’elle bénéficie d’une antériorité. Cela explique sans doute sa popularité et son universalité de nos jours.

De fait, elle est la première de toutes les boxes à avoir été codifiée, au XVIIIe siècle, sous l’égide des bookmakers d’Angleterre qui semblaient se lasser des courses de chevaux… Un premier champion sort du lot dès 1719, mais il faut attendre 1857 pour que les règles modernes de cette discipline commencent à être mises en vigueur.

Parallèlement, en 1899, un certain Louis Lerda revient des États-Unis d’Amérique et se pique d’introduire la boxe anglaise en France, avec un premier combat à Paris (salle Wagram) tandis qu’un semblant de fédération sportive est créé par des passionnés en 1903.

Cependant, peu avant, la boxe française – née dans la rue – avait été codifiée dans le sillage de pratiques déjà courantes dans plusieurs régions de France (en premier lieu la capitale) : Charles Lecour (1808-1894) est considéré par les historiens comme étant le père de la BF.

Vient ensuite un disciple de ce dernier, Joseph Charlemont, pour le volet professionnel, puis son propre fils Charles.

Au championnat d'Europe, misez sur la confiance en soi à mains nues et la maîtrise de soi plutôt que sur le dopage : un club de savate sera un cadre propice à un bon cours de savate au sein d'un circuit training/monitorat plus vaste. Sports de contact | Des cours collectifs peuvent déboucher sur un passage de grade | source : i.vimeocdn.com

Ces deux grands noms de la boxe française ont codifié le sport que nous pratiquons actuellement à partir des différentes variantes qui existaient à leur époque.

On considère que la savate est entrée dans l’ère « moderne » à la génération suivante, avec un élève de ces derniers : le comte Pierre Baruzy, champion de France à 11 reprises, avant, pendant et après la Grande Guerre ! En 1924, il participe aux JO.

Pour la petite histoire, Georges Clemenceau a préconisé dès la création des brigades mobiles de polices (dites « du Tigre ») en 1907 qu’elles s’entraînent régulièrement à la savate !

Les premiers championnats d’Europe de savate ont lieu au cours de la décennie 1970.

C’est sans surprise que ce sport typiquement hexagonal a été inscrit en 2015 au patrimoine culturel immatériel de notre pays.

Découvrez également l’art de la muay thai. Rien à voir avec la boxe américaine !

Les subtilités du boxing à la française

Les principaux clubs de savate du pays aiment à répéter que l’esprit de la boxe française réside en quatre maîtres-mots : « éthique, éducatif, esthétique, efficace ».

Dans le boxing français, il est impossible de mentir et de se mentir : il faut tout donner et savoir se dévoiler si l’on veut rendre le spectacle intéressant et faire mouche.

La force brute, la recherche du KD, est loin d’être la clef de tout match : l’intelligence et la subtilité président en réalité à l’issue des combats, ces derniers requérant une coordination psychomotrice parfaite.

Vous allez nécessairement développer votre souplesse et votre équilibre, sans quoi vous vous mettriez au tapis tout seul, sans même que votre challenger intervienne…

 la pratique de diverses disciplines tel que la savate (Boxe Française), le Muay Thaï (Boxe Thaïlandaise) et le Pancrase (Ultimate Fighting). Les techniques en dessin de boxe française.

Il faut savoir être persévérant et courageux tout à la fois, avec ce « je-ne-sais-quoi » de plus qui plaisait à Jankélévitch ainsi que cette furia francese qui fait la différence entre les grands d’un côté et les médiocres de l’autre.

La dimension stratégique de la savate boxe française est encore mise en lumière par les statistiques concernant la condition physique de ses pratiquants : les savateurs américains nous apprennent que la « boxe française […] compte proportionnellement un nombre de blessures inférieur que pour des sports comme le football américain, le hockey sur glace, le football, la gymnastique, le basket-ball, le base-ball et le patin à roulettes » – si, si ! Donc, amis bourrins, passez votre chemin, la savate est un sport de gentlemen ! Eh oui, ça se joue en chaussons s’il vous plaît, et les arbitres sont normalement tenus de porter un nœud papillon !

Dans un autre style, connaissez-vous la boxe chinoise ?

Le corps à corps français se passe de casque de boxe (contrairement à la boxe américaine), mais pas d'un échauffement avec renforcement musculaire, y compris quand on est champion olympique ! Équipement de boxe | Se défouler requiert d’avoir un certificat médical en bonne et due forme | source : upload.wikimedia.org

Du coup, il n’est pas étonnant que ce soit la boxe « la plus appréciée par la gent féminine », d’après le forum Auféminin.com.

La détente du corps étant au rendez-vous, de même que l’esquive et la tonicité, on comprend que la savate attire les personnes cherchant à conserver une silhouette longiligne et athlétique tout à la fois.

Il existe de plus une « savate forme » pour les adeptes de boxe fitness à la française.

De fait, on y retrouve un peu de l’escrime dans ce tact tout gentilhomme (Jean-François Loudcher estime que ce serait dans un premier temps une résurgence des duels interdits à partir de Louis XIII et Richelieu)…

On peut même imiter l’épée en comptabilisant simplement les touches. Michel Casseux parlait dès 1825 d’« escrime des pieds » !

Si les combats des championnats sont bien réels, l’entraînement de boxe française laisse une place plus importante aux assauts, où les coups ne sont pas vraiment portés puisque avortés au dernier moment, histoire de ne pas faire mal à son partenaire.

Il existe carrément des compétitions d’assauts : on voit que la finesse est au cœur des préoccupations des savateurs.

Autres gestes élégants : il est interdit de viser les parties intimes, mais aussi la poitrine pour les féminines. Les frappes par-derrière, jugées indignes, sont prohibées.

Et savez-vous ce qu’est le shadow boxing ?

Les grades et les champions de la savate boxe française

Avec plus d’un siècle d’existence selon ses règles actuelles, la boxe française jouit d’une riche histoire depuis les débuts professionnels des Charlemont et les 11 titres nationaux de Baruzy aux environs de la première guerre mondiale…

Les plus grands boxeurs français s’appellent ensuite Scheffler, Robin, Nandi, Berrou…

Mais, avant de gravir les hauts sommets, vous devrez faire votre apprentissage et vos preuves.

Si les martial arts sont dominés par les ceintures de couleur, la savate parle de son côté de « gants ».

Ceux-ci permettent d’attester de son niveau partout sur le territoire et de pouvoir en corrélation s’inscrire à telle ou telle compétition.

Un instructeur vous dira, à la fin d'un cours de boxe, que les étirements valent encore mieux que la corde à sauter et les sacs de frappe, foi de champion de boxe sorti de la meilleure école de boxe ! Boxe éducative | Ados adultes : le pugilat est vieux comme le monde | source : visualhunt.com

Du débutant au grand champion, nous trouvons :

  • bleu ;
  • vert ;
  • rouge ;
  • blanc ;
  • jaune ;
  • argent technique (GAT 1, 2 et 3) ;
  • bronze ;
  • argent-concours/compétition (de 1 à 5 – ou 2 à 6 en partant du bronze) ;
  • vermeil ;
  • or.

Que les choses soient claires : il est difficile de passer le cap des 5 premiers grades ! Mais votre motivation renversera ces limites et tous les obstacles !

La savate boxe française a bien des choses à nous apprendre encore !

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