Lever le bras pour attraper un ballon te semble d’une simplicité déconcertante. Pourtant, entre l’intention et la contraction du muscle, ton système nerveux vient d’enchaîner une planification, une commande, une prédiction et une série d’ajustements, le tout en une fraction de seconde. C’est exactement ce que la neurophysiologie appelle le contrôle moteur.

Dans cette fiche, tu vas découvrir quelles structures nerveuses commandent quoi, pourquoi ton cerveau anticipe le geste au lieu de simplement le corriger, comment un mouvement appris finit par s’automatiser, et pourquoi la moelle épinière est bien plus qu’un simple câble. Un socle solide pour tes cours de STAPS comme pour ta pratique sportive. C’est parti !

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Qu’est-ce que le contrôle moteur ? 🧠

Le contrôle moteur désigne l’ensemble des processus nerveux qui planifient, déclenchent et ajustent le mouvement. Ce n’est pas une commande unique partie d’un centre unique : plusieurs structures du système nerveux se partagent le travail, chacune avec une spécialité, et c’est leur coopération qui produit un geste fluide.

Selon l’Institut du Cerveau, la commande du mouvement se répartit entre des structures complémentaires. Le cortex préfrontal et le cortex pariétal intègrent les informations disponibles pour planifier le geste en fonction de l’environnement : où se trouve la cible, quels obstacles se présentent, quelle trajectoire choisir. Le cortex moteur, lui, envoie la commande aux muscles pour exécuter le mouvement. Le cervelet, situé à l’arrière du tronc cérébral, assure la coordination et l’adaptation du geste à l’aide des informations sensorimotrices. Les ganglions de la base, aussi appelés noyaux gris centraux, extraient les informations du cortex pour qu’elles soient sélectionnées, renforcées, apprises et automatisées.

La liaison physique entre la décision et l’action passe par la voie pyramidale, qui relie le cortex moteur à la moelle épinière, puis la moelle aux muscles. Retiens cette architecture : elle explique pourquoi une lésion à un étage donné ne produit jamais les mêmes symptômes qu’à un autre étage.

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Le bon réflexe pour ne plus confondre les structures

Associe chaque structure à un verbe d’action plutôt qu’à une définition : le cortex préfrontal et pariétal planifient, le cortex moteur commande, le cervelet coordonne, les noyaux gris centraux automatisent, la moelle épinière transmet.

En contrôle continu, une question sur le contrôle moteur se traite presque toujours en repartant de cette répartition des rôles.

🗂️ Quelles structures commandent quoi ?

Voici la répartition des rôles telle que la décrit l’Institut du Cerveau, condensée en un tableau que tu peux réviser directement :

StructureRôle dans le mouvement
Cortex préfrontal et cortex pariétalIntègrent les informations et planifient le mouvement en fonction de l’environnement
Cortex moteurEnvoie la commande aux muscles pour exécuter le geste
CerveletCoordonne et adapte le mouvement à partir des informations sensorimotrices
Noyaux gris centraux (ganglions de la base)Sélectionnent, renforcent, apprennent et automatisent les informations issues du cortex
Moelle épinièreTransmet la commande aux muscles et abrite ses propres circuits autonomes

🔀 Pourquoi ton côté gauche obéit-il à ton hémisphère droit ?

Parce qu’il existe un cortex moteur dans chaque hémisphère, et que chacun contrôle la moitié opposée du corps. C’est ce croisement qui explique qu’un accident vasculaire touchant l’hémisphère droit se traduise par une faiblesse du côté gauche, et inversement.

Ce croisement n’est pas une bizarrerie anatomique isolée : il s’inscrit dans une organisation où chaque étage du système nerveux dispose d’une carte du corps. Le cervelet, de son côté, impressionne par sa densité neuronale.

Le cervelet concentre à lui seul

50

% environ des neurones du cerveau, alors qu’il n’en occupe qu’une petite partie du volume (Source : Institut du Cerveau)

Près de la moitié des neurones du cerveau logent donc dans le cervelet. Cette concentration en dit long sur la charge de calcul qu’exige la coordination d’un geste : ajuster en continu la force, la vitesse et la trajectoire d’un mouvement mobilise davantage de ressources nerveuses que de décider de le faire.

Qu'est-ce que le contrôle moteur ?
Quels rôles jouent les systèmes nerveux central et périphérique dans la commande du geste ?

Cette répartition centre/périphérie structure toute la discipline. Le système nerveux central élabore les comportements et abrite les structures de programmation, tandis que le système nerveux périphérique fait le lien entre le sujet et son environnement : ses récepteurs sensoriels remontent les informations afférentes par les neurones sensitifs, et ses voies efférentes acheminent les commandes jusqu’aux muscles. Si tu prépares une carrière dans l’encadrement sportif, ce socle te servira autant que le terrain : beaucoup d’étudiants le consolident en parallèle d’un accompagnement avec un coach sportif.

Comment le cerveau anticipe-t-il le mouvement ? ⏱️

Le contrôle du mouvement repose d’abord sur l’anticipation, et pas seulement sur la correction après coup. Ton système nerveux ne se contente pas d’attendre le retour sensoriel pour rectifier le tir : il prédit les conséquences du geste avant même qu’elles ne se produisent.

C’est le point le plus contre-intuitif de la neurophysiologie du mouvement, et sans doute le plus utile à comprendre quand on s’intéresse à la performance. Une conception purement réactive du geste, où le muscle attendrait un signal d’erreur pour s’ajuster, ne permettrait jamais la vitesse et la précision qu’on observe chez un gymnaste ou un pianiste. L’Inserm, dans son Expertise collective consacrée au trouble développemental de la coordination, place cette capacité prédictive au cœur du dispositif.

Le cervelet est une structure clé pour le contrôle moteur et les apprentissages sensorimoteurs puisqu’il permettrait de générer les modèles internes prédictifs.

Inserm, Expertise collective « Trouble développemental de la coordination », chapitre 9 « Contrôle sensorimoteur » (2019)

Un modèle interne, c’est une simulation que ton cerveau entretient de ton propre corps et de ses interactions avec le monde. Il sait, avant que tu bouges, ce que devrait produire telle commande envoyée à tel muscle. Le cervelet en est le principal générateur.

🚀 Feedforward : agir avant d’avoir l’information

Le mécanisme de copie d’efférence prédit et corrige les conséquences du mouvement volontaire avant que les réafférences sensorielles ne soient disponibles. Autrement dit, quand le cortex moteur envoie une commande, une copie de cette commande part en parallèle vers les structures prédictives, qui en simulent immédiatement le résultat.

C’est ce qu’on appelle le contrôle feedforward, ou contrôle en anticipation, par opposition au feedback, la simple correction en retour. Les deux coexistent, mais ils n’interviennent pas au même moment :

  • le feedforward agit en amont : la commande motrice part avec sa prédiction, ce qui permet des gestes rapides sans attendre le retour sensoriel,
  • le feedback agit pendant et après : les informations visuelles et proprioceptives remontent et permettent de moduler le geste en cours d’exécution,
  • la copie d’efférence fait le lien entre les deux : elle fournit la référence à laquelle le retour réel sera comparé.

Cette architecture hybride explique pourquoi un débutant s’appuie surtout sur le retour sensoriel, avec des gestes lents et contrôlés visuellement, alors qu’un pratiquant expérimenté dispose d’une gamme de mécanismes de contrôle et choisit le plus adapté à la situation. Le contrôle en boucle fermée, guidé par le feedback, coexiste avec le contrôle en boucle ouverte, entièrement programmé à l’avance.

Cette boucle sensorimotrice repose sur deux sens de circulation qu’il te faut distinguer proprement, parce que la confusion entre les deux coûte cher en examen. L’afférence monte : les capteurs sensoriels logés dans la peau, les muscles, les tendons et les articulations envoient leur influx nerveux vers les centres, en passant de synapse en synapse. L’efférence descend : la commande motrice élaborée par le cortex emprunte la voie pyramidale, gagne la moelle épinière, puis le motoneurone, et se termine sur la fibre musculaire. Un geste, c’est la mise en boucle permanente de ces deux flux.

Le choix entre boucle ouverte et boucle fermée dépend directement de ce que tu demandes au geste. Un mouvement très rapide, comme un smash ou une frappe, se joue en boucle ouverte : la commande part entièrement programmée et se déroule jusqu’au bout, parce que la régulation en cours d’exécution arriverait trop tard pour servir. Un mouvement lent et précis, comme un équilibre tenu ou un geste technique décomposé, fonctionne en boucle fermée : l’écart entre la trajectoire prévue et la trajectoire réelle est mesuré en continu, et l’ajustement se fait au fil du mouvement. La progression technique consiste largement à basculer d’un mode vers l’autre à mesure que l’habileté se construit.

Cette régulation ne concerne pas que les gestes spectaculaires. Le maintien de la posture et de l’équilibre mobilise la même mécanique, en permanence et sans que tu y penses : le tonus musculaire ajuste seconde après seconde la contraction des muscles qui te tiennent debout, à partir des informations proprioceptives qui remontent de tes appuis. C’est le même principe de comparaison entre une position cible et une position réelle, appliqué à une tâche que tu n’as pas conscience d’exécuter.

beenhere
Pourquoi ne peux-tu pas te chatouiller toi-même ?

C’est l’illustration la plus parlante de la copie d’efférence. Quand tu déclenches le geste, ton système nerveux en prédit les conséquences sensorielles : la sensation arrive « attendue », donc atténuée.

Quand quelqu’un d’autre te chatouille, aucune commande motrice n’est partie de ton cortex, donc aucune prédiction ne vient amortir la sensation. Le même principe explique pourquoi le monde ne te paraît pas bouger quand tu tournes la tête.

🎯 Le signal d’erreur, moteur de l’apprentissage

L’apprentissage moteur procède de la comparaison entre prédiction et réalité. L’écart entre les conséquences prédites de l’action et ses conséquences sensorielles réelles constitue un signal d’erreur, et c’est lui qui permet de réactualiser les représentations internes.

Concrètement, chaque fois que ton geste ne produit pas exactement l’effet attendu, ton système nerveux dispose d’une information exploitable pour affiner son modèle. Un tir qui part trop à droite, une réception mal amortie, une note jouée trop fort : autant d’erreurs qui alimentent la correction du modèle interne pour l’essai suivant. C’est pour cette raison qu’une répétition attentive, où tu perçois l’écart entre ce que tu visais et ce que tu as fait, vaut mieux qu’une répétition mécanique.

Dans cette boucle, la proprioception joue un rôle prédominant : c’est elle qui alimente le schéma corporel, cette représentation permanente de la position et du mouvement de tes segments. Sans elle, tu devrais regarder ta main pour savoir où elle se trouve. Les récepteurs proprioceptifs logés dans les muscles, les tendons et les articulations remontent en continu cette information au système nerveux central.

💪 Du motoneurone au muscle : le réflexe myotatique

Le réflexe myotatique est la boucle proprioceptive la plus élémentaire du contrôle moteur : un muscle étiré se contracte en réponse à son propre étirement, sans que le cerveau ait besoin d’intervenir.

Le détail physiologique, décrit par Plantier et Brocard dans médecine/sciences, mérite d’être connu. Lors de l’étirement, l’activation des fuseaux neuromusculaires génère une décharge des fibres sensorielles Ia. Cette décharge est transmise de façon monosynaptique aux motoneurones alpha qui innervent le muscle étiré : une seule synapse sépare le capteur de l’effecteur, ce qui fait de ce circuit l’un des plus directs de l’organisme. Ces motoneurones libèrent alors l’acétylcholine, ce qui déclenche la contraction.

Décompose la chaîne pour la retenir : un récepteur détecte l’étirement, une fibre sensorielle transporte l’influx nerveux jusqu’à la moelle, une synapse unique le transmet au motoneurone, et la contraction suit. Capteur, transmission, effecteur : la boucle la plus courte du contrôle moteur tient en trois temps, et elle se referme au niveau médullaire sans que la décision remonte jusqu’au cortex. C’est ce raccourci anatomique qui rend le réflexe si rapide.

Un geste réel ne se réduit évidemment jamais à un seul muscle qui se contracte. La coordination suppose que le muscle agoniste, celui qui produit le mouvement, et le muscle antagoniste, celui qui s’oppose à lui, soient dosés l’un par rapport à l’autre. Fléchir le coude demande que le fléchisseur se contracte pendant que l’extenseur relâche sa tension : si les deux tiraient à pleine puissance en même temps, le segment resterait bloqué. Cet équilibre agoniste/antagoniste se règle au niveau médullaire, et c’est en partie lui qui se raffine quand un geste devient plus propre et plus économique.

Le motoneurone possède par ailleurs une propriété de décharge non linéaire nommée potentiel de plateau, qui lui permet d’émettre des potentiels d’action de façon continue après une brève dépolarisation. Tu retiendras surtout ceci : le neurone moteur n’est pas un simple relais passif qui répercuterait fidèlement ce qu’il reçoit, il possède ses propres propriétés électriques qui transforment le signal.

C’est là qu’intervient la notion d’unité motrice, centrale en STAPS : un motoneurone et l’ensemble des fibres musculaires qu’il innerve forment une unité fonctionnelle indissociable. Quand ce motoneurone décharge, toutes ses fibres se contractent ensemble. Moduler la force d’une contraction revient donc à jouer sur deux leviers, le nombre d’unités motrices recrutées et leur fréquence de décharge. Les unités les plus petites, les plus endurantes, entrent en jeu les premières ; les plus puissantes se joignent à elles quand l’effort demandé augmente. Ce séquençage explique pourquoi un geste léger et un geste explosif ne mobilisent pas le même profil musculaire.

Tu peux te représenter ce mécanisme comme un dosage progressif plutôt que comme un interrupteur. Comprendre ce dosage, c’est comprendre pourquoi un travail de force et un travail d’endurance ne sollicitent pas le système neuromusculaire de la même manière, une distinction qu’un coach sportif a domicile exploite au quotidien dans la construction de ses séances.

Comment un geste s’automatise-t-il ? 🔁

L’automatisation d’un geste appris correspond à une réorganisation mesurable des circuits cérébraux. Le mouvement ne devient pas « plus facile » par magie : sa commande change littéralement d’adresse dans le système nerveux, et l’imagerie cérébrale permet de suivre ce déménagement.

📍 Où se déplace la trace d’un geste appris ?

Elle migre vers des structures sous-corticales. D’après les travaux de Julien Doyon, Pierre Orban, Marc Barakat et leurs collègues publiés dans médecine/sciences (Inserm, 2011), le striatum, le cervelet et les régions corticales motrices associées forment les circuits essentiels de l’apprentissage moteur.

Ces chercheurs ont suivi en imagerie un apprentissage sur 28 jours, avec des mesures au jour 1, au jour 14 et au jour 28. Résultat : l’activité de la région ventrale sensorimotrice du putamen, une composante du striatum, est toujours présente aux jours 14 et 28. La trace de l’apprentissage se déplace donc vers des structures sous-corticales et, surtout, elle persiste dans le temps.

Cette persistance a une conséquence pratique que tout sportif connaît intuitivement : un geste vraiment automatisé se perd beaucoup plus lentement qu’un geste simplement mémorisé. La plasticité du système nerveux, cette capacité à modifier son architecture au fil de l’expérience, travaille dans les deux sens : elle installe l’apprentissage, puis elle le conserve.

PhaseCe qui domineCe que tu observes
Découverte du gesteContrôle en boucle fermée, guidé par le feedback sensorielMouvement lent, attention concentrée sur l’exécution
ConsolidationRéactualisation des modèles internes par le signal d’erreurGains de précision entre les séances, y compris après une nuit de sommeil
AutomatisationActivité déplacée vers les structures sous-corticales, dont le putamenGeste rapide et stable, attention disponible pour l’environnement

😴 Pourquoi le sommeil consolide-t-il l’apprentissage ?

Parce qu’une partie des gains de performance sont dépendants du sommeil. La même équipe met en évidence un lien avec les fuseaux du stade 2, ces bouffées d’activité électrique comprises entre 11 et 15 Hz que l’on enregistre pendant le sommeil lent léger.

Autrement dit, la progression ne se joue pas uniquement pendant la séance d’entraînement : une part du travail de consolidation s’effectue hors de la pratique, pendant que tu dors. Cette donnée déplace le regard qu’on porte sur la planification d’un entraînement, où le temps de récupération cesse d’être un simple temps mort pour devenir une phase active de l’apprentissage.

Une précision s’impose pour éviter un contresens fréquent : aucun nombre de répétitions ne garantit l’automatisation d’un geste. Les chiffres qui circulent à ce sujet relèvent du mythe de vulgarisation, aucune donnée institutionnelle ne les soutient. Ce qui compte, c’est la qualité du signal d’erreur exploité à chaque essai, la régularité de la pratique et le respect du sommeil.

La moelle épinière n’est-elle qu’un câble ? 🔌

Non : la moelle épinière n’est pas un simple câble de transmission entre le cerveau et les muscles, elle contient ses propres circuits de commande. C’est l’un des renversements les plus utiles à intégrer quand on étudie le contrôle du mouvement.

Des travaux menés à l’Inserm au sein de l’unité U1127, publiés dans Current Biology en 2015, l’établissent clairement. Il existe au sein de la moelle épinière des circuits autonomes générateurs de la marche, qui assurent le programme locomoteur sans qu’une commande descendante soit nécessaire à chaque pas. La locomotion possède ainsi son propre générateur de rythme, logé au niveau médullaire.

Ces mêmes travaux montrent que des neurones sensoriels situés dans la moelle épinière peuvent moduler le mouvement, et pas seulement le transmettre. Leur activation déclenche la locomotion lorsque l’animal est au repos et l’inhibe lorsqu’il est en mouvement, via une cascade qui finit par activer les neurones moteurs. Le même circuit produit donc deux effets opposés selon l’état de l’organisme, ce qui illustre à quel point la moelle traite l’information au lieu de la relayer passivement.

Une réserve méthodologique s’impose : ces recherches ont été conduites chez l’animal. Elles éclairent l’organisation générale des circuits médullaires chez les vertébrés, mais elles ne se transposent pas directement à l’humain. C’est le genre de nuance qui fait la différence dans une copie de STAPS, où citer une source suppose d’en préciser le modèle expérimental.

Cette autonomie médullaire achève de disqualifier la vieille conception behavioriste, longtemps dominante, selon laquelle le comportement se résumerait à une série rigide d’associations stimulus/réponse. Le système nerveux central est une structure de traitement de l’information, il se transforme au cours de l’apprentissage, et il organise les commandes motrices à partir de ce que lui apporte le système nerveux périphérique. Les débats historiques entre conceptions périphéralistes, qui accordent la place centrale aux informations sensorielles, et centralistes, qui la donnent à la commande motrice, se sont d’ailleurs résolus dans des modèles hybrides. Si tu veux approfondir ces notions à ton rythme, un coach sportif en ligne peut t’aider à relier la théorie à ta pratique.

Contrôle moteur : ce qu’il faut retenir 📌

Le contrôle moteur se résume à une idée forte : commander un mouvement, c’est répartir le travail entre des structures spécialisées qui prédisent autant qu’elles corrigent. Voici les points à garder en tête :

  • la commande du geste est distribuée : cortex préfrontal et pariétal pour la planification, cortex moteur pour l’exécution, cervelet pour la coordination, noyaux gris centraux pour l’automatisation,
  • le système nerveux anticipe avant de corriger : la copie d’efférence prédit les conséquences du mouvement avant l’arrivée des réafférences sensorielles,
  • l’apprentissage moteur se nourrit du signal d’erreur, l’écart entre les conséquences prédites et les conséquences réelles de l’action,
  • l’automatisation déplace la trace du geste vers des structures sous-corticales comme le putamen, où elle persiste dans le temps,
  • le sommeil participe à la consolidation, en lien avec les fuseaux du stade 2 entre 11 et 15 Hz,
  • la moelle épinière abrite ses propres circuits générateurs de la locomotion, elle ne se contente pas de transmettre.

Garde en tête que chaque geste que tu répètes remodèle un peu ces circuits. La plasticité du système nerveux fait de l’apprentissage moteur un chantier permanent, où la régularité et l’attention portée à l’écart entre l’intention et le résultat comptent davantage que le volume brut de répétitions.

Contrôle moteur : les questions fréquentes ❓

🧩 Comment le cerveau commande-t-il un muscle ?

Par une chaîne descendante à plusieurs étages. Le cortex préfrontal et le cortex pariétal planifient le geste en fonction de l’environnement, puis le cortex moteur émet la commande motrice proprement dite. Celle-ci emprunte la voie pyramidale jusqu’à la moelle épinière, où elle atteint le motoneurone. Ce dernier libère de l’acétylcholine au contact des fibres musculaires qu’il innerve, et la contraction se déclenche.

Retiens surtout que l’exécution n’est pas la seule étape : planification, commande, coordination et régulation se déroulent presque simultanément, et le geste que tu observes est le produit de cette coopération, pas d’un ordre unique.

🎽 Pourquoi un geste s’améliore-t-il avec la répétition ?

Parce que chaque essai fournit une erreur exploitable. L’écart entre les conséquences prédites de ton action et ses conséquences sensorielles réelles constitue un signal d’erreur, et c’est lui qui permet de réactualiser tes représentations internes, comme le décrit l’Expertise collective de l’Inserm. La répétition n’améliore donc pas le geste par accumulation mécanique : elle l’améliore parce qu’elle multiplie les occasions de mesurer un écart et de le corriger.

C’est aussi pourquoi la qualité de l’attention pèse plus lourd que le volume. Une répétition où tu perçois la différence entre la cible visée et le résultat obtenu nourrit la correction ; une répétition distraite en fournit beaucoup moins. Et rappelle-toi qu’aucun nombre magique de répétitions ne conditionne l’automatisation d’un geste.

🧠 À quoi sert le cervelet dans le mouvement ?

Il coordonne et il prédit. L’Institut du Cerveau lui attribue la coordination et l’adaptation du geste à partir des informations sensorimotrices, et l’Inserm en fait la structure clé de la génération des modèles internes prédictifs. Autrement dit, le cervelet ne décide pas du mouvement : il ajuste sa vitesse d’exécution, son amplitude et sa trajectoire, et il simule à l’avance ce que la commande devrait produire.

Cette double casquette explique son poids anatomique. Concentrer près de la moitié des neurones du cerveau n’a rien d’un luxe quand il faut recalculer en continu la précision d’un geste et comparer la prédiction au retour sensoriel réel.

🦴 Qu’est-ce que la proprioception ?

C’est le sens de la position et du mouvement de ton propre corps. Des récepteurs logés dans les muscles, les tendons et les articulations remontent en continu l’information vers le système nerveux central, ce qui alimente ton schéma corporel. Grâce à elle, tu sais où se trouve ta main les yeux fermés, et tu peux placer un appui sans le regarder.

L’Inserm lui reconnaît un rôle prédominant dans le contrôle sensorimoteur, et pour cause : c’est le canal d’afférence qui rend possible aussi bien l’équilibre que la correction fine d’un geste en cours. En pratique sportive, tout le travail sur surface instable ou en appui unipodal vise précisément à solliciter cette entrée sensorielle.

Sources 📚

  1. Institut du Cerveau (ICM). Motricité : comment le cerveau contrôle le mouvement. Fiche fonction du cerveau, https://institutducerveau.org/fiches-fonctions-cerveau/motricite.
  2. Inserm. « Contrôle sensorimoteur », chapitre 9 de l’Expertise collective Trouble développemental de la coordination. Inserm, 2019, https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/10239/Chapitre_9.html.
  3. Doyon, Julien, Pierre Orban, Marc Barakat et al. « Plasticité fonctionnelle du cerveau et apprentissage moteur. » médecine/sciences (Inserm), 27(4), p. 413-420, 2011, https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/7570/MS_2011_04_413.html.
  4. Inserm. « Un nouveau circuit neuronal impliqué dans le contrôle du mouvement. » Salle de presse, travaux de l’unité Inserm U1127 publiés dans Current Biology, 2015, https://presse.inserm.fr/un-nouveau-circuit-neuronal-implique-dans-le-controle-du-mouvement/21493/.
  5. Plantier, Vanessa et Frédéric Brocard. médecine/sciences (Inserm), 33(6-7), p. 629-636, 2017, https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/9226/MS_2017_06-07_629.html.

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Gaspard

Ancien étudiant de STAPS et passionné de Coaching Sportif. Je mets mes cours de sport à votre disposition !