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La pratique du Sumo au Pays du Soleil Levant

De Mathieu, publié le 08/08/2019 Blog > Langues > Japonais > Japon : Tout Savoir sur les Sumos !

La culture japonaise est un ensemble très diversifié, des mangas aux geishas en passant par les ramens et les suhis. Nombreux sont ceux qui réalisent chaque année un voyage au Japon pour s’immerger dans le monde nippon, ses coutumes, ses rites et bien entendu ses plats délicieux.

Au sein du folklore japonais, le Sumo est un art martial dans lequel des combattants ayant un gabarit impressionnant pratiquent la lutte lors de combats rituels. Il s’agit de l’un des sports les plus populaires au Japon et du sport de combat national : vieux de plusieurs siècles, il bénéficie d’une longue histoire et d’un fort lien avec le shintoïsme.

Superprof vous propose de découvrir ce sport ancestral nippon qu’est le Sumo, l’un des arts martiaux les plus connus lorsque l’on évoque la culture japonaise. Du combattant, appelé Sumotori, au combat de Sumo entouré de multiples cérémonies, vous allez tout savoir de cette discipline populaire au Japon et de ses grands champions !

Qu’es-ce qu’un Sumotori ?

Quels sont les plus grands sumotoris de l'histoire japonaise ? Le Sumo est si populaire au Japon que des mangas existent sur le sujet pour nous faire vivre la passion du combat de façon épique ! (source : Glénat)

« Ce n’est pas si facile de manger vingt œufs par jour si on s’y prend comme tout le monde…Pour moi, c’était sous forme d’œufs durs que j’arrivais le mieux à les faire passer » – Kazumi Yoshinaga

Cette citation illustre bien ce à quoi un Sumotori doit ressembler : un très fort gabarit afin d’être capable de vaincre son adversaire lors d’une lutte acharnée. Au Japon, on utilise peu le terme Sumotori qui est assez irrespectueux : on utilise plus le terme Rikishi, qui signifie « monsieur » et « force », de quoi afficher son respect pour ce combattant sacré.

Les Rikishi sont entraînés dès leur plus jeune âge dans les « écuries » de Sumo, appelées Heya par d’anciens champions. Ils sont habitués à consommer de la nourriture extrêmement riche afin de prendre du poids. La plupart des Rikishi atteignent ainsi les 140 kilos, mais ils peuvent aller jusqu’à 220 kilos, ce qui diminue fortement leur espérance de vie.

Ces lutteurs combattent sur le Dohyô (le ring) pieds nus, ne portant pour seul vêtement qu’un cache-sexe, le Mae-tate-mitsu accompagné d’une ceinture appelée Mawashi. Chaque Rikishi est coiffé selon la tradition d’un chignon qui diffère selon le rang. De plus, chaque Rikishi possède son propre nom de combat, son Shikona.

Il existe une logique de rang parmi les Sumotoris, allant d’apprenti (Uchi-Deshi) aux professionnels (Sekitori). Toutefois, il existe des rangs supérieurs accordés aux grands vainqueurs. Les rangs les plus importants de la discipline sont Sekiwake, Ozeki et enfin Yokozuna, le grand champion.

Voici une liste de quelques uns des plus grands Yokozuna de l’histoire :

  • Akashi Shiganosuke (1600-1649),
  • Shiranui Dakuemon (1801-1854),
  • Shiranui Kôemon (1825-1879),
  • Jinmaku Kyûgorô (1829-1903),
  • Kimenzan Tanigorô (1826-1871),
  • Umegatani I Tôtarô (1845-1928),
  • Tachiyama Mineemon (1877-1941),
  • Tochigiyama Moriya (1892-1959),
  • Tsunenohana Kan’ichi (1896-1960),
  • Futabayama Sadaji (1912-1968),
  • Tochinishiki Kiyotaka (1925-1990),
  • Taihô Kôki (1940-2013),
  • Wajima Hiroshi (1948-2018),
  • Kitanoumi Toshimitsu (1953-2015),
  • Chiyonofuji Mitsugu (1955-2016),
  • Takanohana Kôji (1972-vivant),
  • Asashôryû Akinori (1980-vivant),
  • Hakuhô Shô (1985-vivant),
  • Kisenosato Yutaka (1986-vivant).

Le lutteur de forte corpulence n’est pas non plus le sportif le plus répandu au Japon : on compte environ 800 Sumotoris dans l’archipel, ce qui est déjà une statistique de poids !

Les règles de base et les rites du Sumo

Quelles sont les règles du Sumo nippon ? Le Sumo, ce n’est pas qu’un sport : c’est aussi un art traditionnel avec des cérémonies dont les Japonais sont très friands !

Les Sumotoris se combattent sur le Dohyô qui symbolise le ciel et qui mesure 6m². La lutte en elle-même se déroule dans le cercle de 4m de diamètre au centre du Dohyô. Au dessus de ce ring se tient un toit suspendu, rappelant un temple shinto et faisant de l’arène un sanctuaire : le combat est donc dédié aux dieux.

Avant même de commencer le combat, il existe plusieurs rites : pour nettoyer son corps et son esprit, le Rikishi rince sa bouche avec de l’eau et essuie son corps avec une serviette de papier ; pour se protéger contre les blessures, le Rikishi lance du sel pour purifier le ring (seuls les hauts rangs le font).

On gagne un combat de Sumo en poussant l’adversaire hors du cercle intérieur ou en le faisant tomber sur le Dohyô (seuls ses pieds doivent toucher le sol, si une autre partie du corps touche le sol, le Rikishi a perdu). Même chose si le Rikishi touche les sacs de paille qui entourent le cercle de combat.

Au Sumo, il est interdit de donner des coups de poings, des coups de pieds au dessus des hanches, d’étrangler et de tirer les cheveux. Il ne faut pas non plus saisir le Mae-tate-mitsu de l’adversaire. On se bat donc par prises, par coups de paumes déstabilisants et par utilisation de son poids ou de celui du Rikishi adverse.

Voici un petit lexique des termes principaux du monde du Sumo :

  • Basho : tournoi de Sumo (6 par an au Japon),
  • Chiri-Chôzu : geste rituel avant le combat (on frappe dans ses mains, puis on tend les bras),
  • Danpatsu-Shiki : cérémonie d’adieu durant laquelle le chignon est coupé par les amis du Sumotori,
  • Dohyô : ring du combat en paille et argile,
  • Fusenpai : défaite pour le Sumotori qui ne se présente pas au combat,
  • Gaijin : sumotori étranger, plus généralement toute personne n’étant pas né au Japon,
  • Gunbai  éventail en bois laqué utilisé par l’arbitre,
  • Gyôji : arbitre principal du combat, présent sur le Dohyô,
  • Hanamichi : allées Est-Ouest empruntées par les lutteurs pour aller du vestiaire au Dohyô,
  • Heya : organisation de sumo et également habitation/salle d’entraînement des sumotoris,
  • Hiiki : supporters et mécènes,
  • Intai : retraite d’un Sumotori,
  • Jungyô : tournoi d’exhibition hors tournois permettant de recruter de nouveaux lutteurs et de se montrer au public,
  • Keiko : entraînement du sumotori dans la Heya,
  • Kimarite : liste des 82 prises officielles du Sumo,
  • Kokugi : « sport national », les japonais utilisent ce terme pour parler du Sumo,
  • Kokugikan : stade principal de Sumo à Tokyo, abrite les bureaux de la Fédération Nationale de Sumo,
  • Kyôkai : Fédération Nationale de Sumo, aussi appelée Nihon Sumô Kyôkai,
  • Mae-tate-mitsu : vêtement cache-sexe du Rikishi,
  • Oshi-Zumô : style de combat visant à l’expulsion du Dohyô en utilisant le poids du corps,
  • Ôzeki : grand champion venant après le Yokuzuna et avant le Sekiwake,
  • Rikishi : lutteur de Sumo,
  • Sekiwake : grand champion venant après le Ôzeki,
  • Shingitai : cœur, art et corps, les trois éléments principaux de la voie du Sumo,
  • Tachi-Ai : début du combat,
  • Tsuppari : coups frappés avec le plat de la main sur le torse ou le visage,
  • Yokozuna : rang suprême d’un Sumotori, porté jusqu’à la mort,
  • Yûshô : vainqueur d’un tournoi de Sumo,
  • Zenshô-Yushô : tournoi gagné sans aucune défaite.

On compte 6 grands tournois par an : 3 à Tokyo, 1 à Osaka, 1 à Nagoya et 1 à Fukuoka. Chaque Sumo combat une fois par jour pendant 15 jours et le grand gagnant du tournoi est celui ayant un meilleur ratio victoire/défaite. A la fin du tournoi, ce Rikishi reçoit le trophée de l’Empereur !

Les origines profondes du Sumo

Quelle est l'histoire de la discipline sportive du Sumo ? Avec plus de 1500 ans d’histoire à son actif, le Sumo est toujours très populaire !

L’histoire du Sumo est associée à l’histoire du Japon : la première mention du Sumo se trouve dans le Kojiki, une chronique sur l’histoire du Japon de 712, plus ancien exemplaire d’écriture japonaise. Selon la légende, le contrôle des îles japonaises se serait décidé à la suite d’un combat de Sumo.

En effet, les dieux Takemikazuchi et Takeminakata se seraient battus sur la plage de Shimane-ken et le premier des deux aurait gagné, offrant aux Japonais l’archipel. Mise à part ces légendes, il est difficile de définir à quelle date le Sumo se développa réellement au Japon.

Il semblerait que le Sumo ait été utilisé en tant que rituel agricole pour amener les bonnes récoltes. A l’origine, aucun coup n’était interdit au Sumo, ces combats allant généralement jusqu’à la mort.

Un autre ouvrage, le Nihon Shoki, racontant également l’histoire du Japon, raconte que le premier combat entre mortels eut lieu en 23 av J-C entre un potier et une brute. Le vainqueur fut le premier, Sukune, qui fut alors considéré comme le « père du Sumo » !

Le Sumo d’hier à aujourd’hui

Quelles sont les choses à savoir avant d'assister à un combat de Sumo au Japon ? « Le sumo est la représentation la plus pure de la lutte primitive mais sans force du mal à vaincre. C’est le symbole idéal du Bien aux prises avec le Bien » – Makoto Kubota

Durant la période de Nara (VIIIème siècle), le Sumo fut introduit à la cour impériale et l’on organisait un festival annuel de lutte. Plusieurs fêtes existaient alors comme le Sechie dans les jardins du palais impérial de l’empereur Shomu. Ainsi, le Sumo n’est plus un rituel agraire, mais un rituel global de paix et de prospérité.

Le Sumo fut ensuite adapté en art martial sous le règne de l’empereur Saga (IXème siècle) et la classe guerrière commença à pratiquer ce sport dès le XIIème siècle. Plusieurs grands chefs militaires du Japon étaient amateurs de Sumo, comme Minamoto no Yoritomo ou encore Nobunaga Oda.

Au cours du XVIIème siècle, les Rikishi se professionnalisèrent : ils deviennent des divertissements pour les classes bourgeoises de la population. C’est aussi à cette période que le cercle de combat est délimité par des sacs de paille On commença à enterrer ces faisceaux de paille à partir du XVIIIème siècle.

Ainsi, du XVIIème siècle à l’ère Edo, les grands daimyos deviennent des mécènes pour des grands champions de Sumo. En plus du salaire, les Rikishi avaient droit au titre de Samouraï !

Le Sumo moderne est né d’une forme de Sumo développée durant la période Edo : le Kanjin-Zumo, destiné à rassembler des fonds pour la construction de bâtiments et de sanctuaires, la réparation des temples et des ponts ou d’autres travaux publics majeurs.

C’est également durant la période Edo qu’un système de rang et une liste officielles furent introduits. Les organisations officielles virent le jour et fusionnèrent au XXème siècle pour donner le Sumo Kyôkai moderne !

Vous connaissez désormais les bases pour comprendre cette discipline nippone et pouvez rentrez à l’intérieur du cercle très fermé des amateurs de Sumo ! Il vous est également possible d’en découvrir plus sur la culture japonaise grâce à nos articles sur le sujet ou en prenant des cours particuliers de langue japonaise avec un professeur !

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