L’histoire doit maintenir vivante la vie- Americo Castro

L'Algérie est un pays plein de richesses, dont chacun doit savoir se saisir. Si, en 2013, il était la quatrième destination touristique en Afrique, aujourd'hui, sa côte de popularité augmente et montre que le Maghreb a des atouts à revendre.

Il faut dire que le peuple algérien est un peuple marqué par une histoire palpitante, qui a fondé son identité actuelle. Différentes étapes l'ont rythmées, parfois même en relation avec la France. Différentes étapes qui correspondent à différentes périodes, entre indépendantistes et indépendance algérienne globale.

Et pour mieux appréhender la grande Histoire des algériens et l'état actuel du pays, il convient de faire un petit tour d'horizon des événements passés, entre colonialisme et guerre de libération.

Histoire de l'Algérie : la Numidie

Qu'est-ce que la Numidie dans l'histoire d'Algérie ?
Avec ce cours d'histoire de l'Algérie, entre colonisation, décolonisation et nationalisme, vous voici prêt à être historien !

Pendant l'Antiquité, la Numidie était un royaume qui se trouvait dans l'est du territoire algérien, en Afrique du Nord donc. Les tribus berbères y vivaient, mais elles ont longtemps été en lutte contre les Romains. En 46 avant JC, la Numidie disparaît, pour laisser place à la province romaine d'Africa Nova.

Plus concrètement, le royaume de Numidie avait la place de tout le nord de l'Algérie que l'on connaît aujourd'hui. Deux royaumes se partageaient le territoire :

  • À l'est, le royaume des Massyles (près de l'actuelle Constantine),
  • À l'ouest, le royaume des Massaesyles (entre l'Oued el kébir et la Moulouya).

On appelaient les citoyens du royaume de Numidie les Numides. Ces derniers montaient très bien à cheval, c'est la raison pour laquelle Rome et Carthage les désiraient et se battaient pour les avoir.

Après que Massinissa, le prince des massyles, perdit son royaume, ce dernier s'allia aux Romains, qui faisaient en ce moment même la guerre à Carthage. En 203 avant JC, la Numidie est unifiée.

En 148 av JC, Massinissa meurt et les Romains réussissent à obtenir le partage du royaume de Numidie entre les trois fils du roi. Le temps passe, et un des fils meurt. Le royaume est alors divisé entre les deux fils et Jugurtha, le fils illégitime d'un frère de Micipsa.

Jugurtha, souhaitant régner seul, se débarrasse des deux autres fils, et unifie à nouveau la Numidie. Au fil des années, il est emprisonné à Rome, et meurt (de faim) en 105.

Histoire de l'Algérie : la période Ottomane

Quand l'Algérie est-elle devenue indépendante ?
Boumediene, répression, colonisation française, tout ceci ne vous dit rien ? Vous n'avez pas encore lu ce cours sur l'histoire algérienne !

Au Moyen-Âge, les musulmans commencent à arriver sur le territoire, entre 670 et 702, modifiant ainsi le pouvoir. Puis, la période ottomane s'entame. Ce moment de l'histoire algérienne commence avec la prise de la ville d'Oran par le peuple espagnol en 1509. Cette prise dure jusqu'en 1792, et menace grandement les musulmans.

Dès 1515, l'Algérie tombe sous la domination ottomane, et en devient une province à part entière. La Régence d'Alger la rendra autonome, à quelques détails près.

Les premiers à diriger l'Algérie furent les frères Barberousse, juste avant Hassan Agha. Ce dernier ravagea les îles vassales de l'empereur Charles Quint, qui assiégea la capitale en guise de vengeance. Les tribus algériennes se rallièrent à Hassan Agha, mais en 1543, ce dernier tombe malade.

Hassan Barberousse prend alors difficilement le pouvoir, puisqu'il eût la lourde tâche de repousser les marocains et les espagnols de son territoire. Cette épreuve le contraint à abandonner le pouvoir en 1551. Par la suite, Hassan Corso en prit la régence, avec l'ambition de rendre l'Algérie indépendante.

Il fut toutefois tué par Takarli, venu d'Istanbul, et très impopulaire dans le pays. Ces années-ci connaissent une véritable épidémie de peste, ce qui constitua un terreau fertile pour les espagnole d'envahir le pays. Après diverses péripéties, Barberousse démissionne en 1567, jusqu'à l'arrivée de son successeur, Mohammed, qui ne régna qu'un an et demi.

Le successeur de Mohammed, le beylerbey Ochali, géra d'une main de maître l'armée algérienne, notamment grâce à sa grande stratégie et à son expérience de guerrier. Il régna ainsi de 1568 à 1572, et en 1587, le sultan algérien abolit le statut de beylerbey, le jugeant inutile.

Au fil du temps, le Maroc tenta encore de prendre l'Algérie, mais ce dernier le repoussa vaillamment, devenant ainsi de plus en plus puissant.

Histoire de l'Algérie : la conquête par la France

Quel est le lien entre France et Algérie ?
La France a eu un très grand rôle à jouer dans l'histoire de l'Algérie et dans son passé colonial.

La Révolution Française fut le moment où la France emprunta beaucoup d'argent à l'Algérie. De ce fait, en 1827, tout n'avait pas encore été remboursé. Devant ce fait, le dey Hussain, à l'époque, demande à recevoir le consul de France, Pierre Deval, pour lui demander un remboursement en bonne et due forme.

C'est ce qui déclencha la guerre ! Le dey algérien donna au consul français deux petits coups à l'épaule, et ce dernier le pris comme une déclaration de guerre.

Le Roi, Charles X, commanda un blocus contre le pays algérien, mais ce dernier se transforma très vite en guerre en 1829, au moment où un équipage entier de Français fut tué. Le 4 juillet 1830, les Français prennent Alger.

Les ports sont occupés en premier lieu, jusqu'à commencer à envahir l'intérieur du pays. En 1836, Constantine, qui avait déclaré son centre ville indépendant, est les Français tentent tant bien que mal de l'assiéger jusqu'à ce que la neige arrive, et décourage le peuple français.

L'année suivante, ils revinrent, mais les algériens avaient changé de chef : Abdel Kader. Sa volonté était que jamais l'Algérie ne serait française. Suite à divers combats, et à la défaite des alliés marocains, en 1847, la fin de l'Algérie indépendant est pourtant proclamée.

Le pays devient donc une colonie, un pays colonisé par la France dès 1830, et connaît de nombreuses transformations :

  • Des voies ferrées sont construites,
  • Des routes reliant les villes entre elles sont mises en place,
  • Des ports sont installés pour pouvoir exporter des marchandises,
  • Etc.

On compte donc de nombreux échanges, notamment commerciaux, entre la France et l'Algérie, qu'il s'agisse de vin, de mouton, de coton ou encore de céréales.

De grosses inégalités subsistent entre les colons, et les colonisés, sur le plan politique, scolaires mais aussi sociales. Du droit de vote en passant par les salaires, jusqu'au droit de scolarité (4% des algériens seulement son scolarisés à l'époque).

Histoire de l'Algérie : la guerre d'Algérie

Le guerre d'Algérie est un événement très marquant dans l'histoire du pays algérien. Elle se déroula de 1954 à 1962, opposant l'armée française et les insurgés nationalistes algériens. Ces derniers se regroupaient dans l'Armée de Libération Nationale (ALN), elle-même encadrée par le FLN (Front de Libération nationale).

Les Algériens occupés ne disposaient pas d'armée régulière, c'est donc le peuple algérien qui le mis à la tâche ! En bref, la guerre se déclenche principalement car les gouvernements français et les colons refusaient de modifier les inégalités qui rongeaient le pays.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, des nationalistes algériens mettent en place près de 70 attentats en Kabylie et dans les Aurès.

Les lieux publics, les individus civils, on recense plusieurs morts, et à cet instant, le FLN se créé. Il s'agissait tout simplement d'un mouvement politique pour l'indépendance du pays, avec, comme armée, l'ALN.

La guerre d'Algérie fut un véritable massacre : entre 1 00 000 et 1 500 000 morts ! En 1962, elle se termina avec l'indépendance de l'Algérie, et le remplacement de la quatrième par la cinquième République.

Cette conclusion est contraire à ce que le gouvernement français (dirigé par Pierre Mendès France et François Mitterand comme ministre de l'intérieur) souhaitait.

Histoire de l'Algérie : après la guerre

Comment définir l'histoire de l'Algérie ?
Aujourd'hui, l'Algérie figure parmi les belles destinations qui montent, mais son histoire est un véritable sujet.

En Algérie, l'après-guerre est un moment particulier, marqué par l'indépendance du pays, inévitablement. Ahmed Ben Bella est prôné à la tête du pays, et installe une pensée socialiste, non sans lien avec le communisme chinois. Le Sahara est rapidement disputé avec le Maroc : c'est la guerre des Sables.

Au fil des mois, Ahmed Ben Bella se montre bien plus dictatorial, et plaçait en exil le moindre contradicteur. Certains comme le colonel Boumédiène (que l'on surnommait le Dauphine de Ben Bella) ne l'entendait pas de cette oreille, et déploie un coup d'État en 1965, visant à chasser Ben Bella du pouvoir.

Boumédiène devient alors Président, et reste 13 années à la tête de l'Algérie, avec finalement, lui aussi, un vrai comportement de dictateur. Néanmoins, Boumédiène avait l'ambition véritable de faire grandir l'Algérie, et entama les Trois Révolutions :

  • Industrielle,
  • Agraire,
  • Culturelle.

Les algériens apprécient majoritairement leur Président, notamment en raison des tensions qui s'apaisent avec le Maroc. Il meurt en 1978 des suites d'une maladie, et Chadli Bendjedid est mis au pouvoir par l'armée.

Rapidement, il rend les relations entre l'Algérie et les États-Unis plus douces, et s'impose comme le premier président algérien à se rendre à l'Élysée en 1998.

Vers la fin des années 1980, le pays algérien souffre d'une crise financière lourde, qui se place comme un terreau fertile pour les contestations. Des tensions naissent dans le pays, et Bendjedid met en place différentes réformes libérales, comme une nouvelle constitution.

Peu à peu, des partis radicaux naissent, ce qui conduira à une guerre civile, à la faveur de musulmans fondamentalistes. Le démocrate Mohamed Boudiaf fut érigé en héros de la guerre d'indépendance, et placé à la Présidence.

Six mois après son arrivée au pouvoir, l'un de ses garde du corps l'assassine, et Ali Kafi lui succède (en 1994).

En 1999, c'est Abdelaziz Bouteflika qui prend le pouvoir présidentiel en main, s'engageant à mener à bien trois points principaux :

  • Le retour à la paix,
  • Une redynamisation de l'économie algérienne,
  • Une place de choix du pays sur la scène internationale.

Le Printemps noir survient toutefois dans ce joli programme en 2001, en Kabylie. Un lycéen est assassiné par un gendarme local, et une énorme manifestation retentit dans la région. Des bâtiments officiels sont brûlés, et Bouteflika réagit avec une violence extrême, ce qui mit malgré tout fin aux émeutes.

En 2004, il est largement réélu, et tente de relancer l'économie de l'Algérie. En 2009, il est à nouveau élu, même si, de plus en plus de personnes s'accordent à évoquer un certain truquage des élections.

Il n'en reste pas moins qu'entre Pieds-noirs, Algérie française, officiers et révolte, l'Algérie a une histoire riche en commémorations et en blessures. Une autodétermination qui pourrait suffire à rendre les historiens satisfaits le reste de leur carrière !

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Thomas

Parisien, je suis passionné d'écriture. Curieux dans l'âme, un rien m'intrigue et tout m'intéresse !