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Quelles sont les évolutions historiques de l’État de l’Église catholique romaine ?

De Samuel, publié le 27/09/2019 Blog > Langues > Italien > Italie : Découvrez l’Histoire de la Cité du Vatican !

Benedetto Croce (1866-1952) a dit : « Toute histoire est contemporaine. »

L’histoire de la Cité du Vatican est souvent passée sous silence, dans l’ombre de l’histoire de Rome et de l’Empire Romain. Pourtant, l’histoire du Vatican est indissociable de celle de la ville de Rome.

Aujourd’hui chef-lieu de la chrétienté et Saint-Siège de l’Église catholique, le Vatican est en effet connu des Romains depuis l’Antiquité.

Le Vatican emploie près de 2 000 salariés laïcs, soit deux fois plus que la population totale de l’État. Toutes les activités sont la propriété du Saint-Siège et il est impossible d’acquérir des biens fonciers au Vatican.

Ce dernier jouirait d’un patrimoine immobilier estimé à 1,35 milliards de dollars !

Comment le plus petit pays du monde a pu devenir si riche ? La rédac’ de Superprof s’est penchée sur l’histoire du Vatican !

Le Vatican, une histoire aux racines antiques

Si le Vatican ne fut institué en Cité-État que le 11 février 1929 par les accords du Latran, son histoire remonte aux premières années de l’Empire Romain.

La cité vaticane : quel historique ? L’Etat de l’Eglise catholique remonte au temps des Romains, plus de 2 000 ans d’histoire !

A la fin de la République Romaine (qui débute en -509 et prend fin en -27 avec le couronnement impérial d’Auguste), le Vatican était connu comme une petite plaine aux bord du Tibre, constituée d’une colline de faible relief : la colline vaticane, ou ager Vaticanus.

L’ager Vaticanus se trouvait entre le mont Janicule – l’une des sept collines de Rome – et l’actuel mont Mario.

Le nom de Vaticanus puiserait son étymologie dans le mot vaticinium, signifiant « oracle » : de nombreux devins auraient occupé les lieux durant la Haute Antiquité romaine.

Pour d’autres historiens, le Vatican serait une cité étrusque intitulée Vaticum. Ce dont on est certain, c’est que la plaine vaticane ne fut jamais comprise dans les murs de la ville de Rome.

La colline vaticane servait de villégiature où les nobles de l’empire venaient construire des palais et des demeures luxueuses pour s’installer à proximité des jardins impériaux installés par l’empereur Caligula.

Ce fut notamment le lieu où Agrippine l’Aînée, mère de Caligula et grand-mère de Néron, aurait fait construire quelques villas.

Caligula (12-41) y fera, pendant sont court règne (37-41) réaliser le Circus Vaticanus dont l’obélisque actuel qui trône sur la Place Saint-Pierre, en constitue un des seuls vestiges.

Sous le règne de Néron (37-68), de nombreux martyres de chrétiens furent perpétrés dans ce cirque romain.

Saint Pierre lui-même y aurait été inhumé, dans une nécropole longeant la via Cornelia : l’emplacement où l’empereur Constantin (272-337) allait, 300 ans plus tard, construire une première basilique sur les ruines du cirque romain.

Vous nous voyez venir ? Il s’agit de l’emplacement de l’actuelle Basilique Saint-Pierre, édifiée entre 1506 et 1626.

La colline vaticane demeure pendant plusieurs siècles un foyer de résistance au paganisme (nom employé dès le VIe siècle par les chrétiens pour désigner/stigmatiser les non-chrétiens).

Le Vatican après l’Empire Romain : le Moyen-Âge

Après la chute de l’Empire Romain d’Occident en 476, la colline devient un lieu de résidence des papes.

Comment le pape est-il devenu puissant ? Les Etats Pontificaux, 1 100 ans d’histoire, crées à l’aide des Carolingiens !

Le pape Symmaque fit construire un palais à la fin du 5ème siècle, dans lequel plusieurs responsables politiques et religieux iraient séjourner – bien plus tard -, parmi lesquels Charlemagne (vers 742 ou 748-814), Célestin II (XIIe siècle) et Innocent III (1160-1216).

De l’époque de Constantin à la monarchie du Royaume Lombard, les papes se voient recevoir de nombreuses donations, notamment des terres et des cités : au fil des siècles, le pape devient le propriétaire d’un vaste domaine foncier.

C’est le patrimoine de Saint-Pierre, qui allait servir de levier pour justifier et légitimer le pouvoir temporel de l’Église catholique romaine sur le territoire du Vatican.

L’empereur Constantin Ier aurait par exemple donné au pape Sylvestre la souveraineté sur l’Église d’Orient ainsi que le pouvoir impérial sur l’Occident.

Sylvestre devenait donc, en théorie, l’heureux propriétaire de toutes les provinces de l’Empire Romain d’Occident.

On s’apercevrait par la suite, en 1440, que cette donation n’était qu’un faux document.

Au VIIIe siècle, les donations de Pépin le Bref (traité de Quierzy) en 754 et de Charlemagne en 774 contribuent à créer les États Pontificaux : ce sont les États qui furent placés, entre 752 et 1870, sous l’autorité temporelle du pape.

Les donations résultèrent en la cession de terres pauvres et agricoles, anciennement occupées par les Lombards, en signe de reconnaissance envers le pape d’avoir légitimé le renversement des Mérovingiens.

La religion est également une affaire géopolitique et politique !

Ce faux document – la donation de Constantin – servait à asseoir la légitimité des États Pontificaux, lequel servait les intérêts des Carolingiens.

Lors de la paix de Venise en 1177, à l’issue d’une lutte entre les partisans du pape (guelfes) et ceux de l’empereur (gibelins), les États Pontificaux deviennent indépendants vis-à-vis du Saint-Empire Romain Germanique.

Les États Pontificaux, au XIVe siècle, règnent sur l’Italie Centrale : Rome, Ostie, le patrimoine de Saint Pierre, la Sabine, la marche d’Ancône et sur certaines enclaves dans le royaume de Naples, et sur Avignon.

Le Vatican à l’ère de la Renaissance italienne

La cité vaticane : un pays d'art et d'histoire ! Aux XVe et XVIe siècles, les papes deviennent de véritables mécènes : les Etats Pontificaux deviennent un musée à ciel ouvert !

Les papes devenus plus puissants que les rois et les empereurs au cours du Moyen-Âge, leur autorité sans faille est de plus en plus contestée dès le XIVe siècle en raison de multiples facteurs :

  • Les crises frumentaires et sociales,
  • La peste, qui ravage l’Europe,
  • Les crises politiques,
  • Les guerres de religion (entre protestants et catholiques),
  • Les prémices de la rationalisation du monde.

Cette époque marque les débuts de la Renaissance, c’est-à-dire une soif et une effusion de savoir où l’individu prime de plus en plus sur le groupe, où la raison prime sur le divin, où l’accomplissement de l’homme est de parvenir à maîtriser les sciences de l’homme (et non les sciences de Dieu).

C’est le mouvement humaniste, qui, outre la théologie, pousse les grands hommes a étudier toutes les humanités : sciences, lettres, langues, etc.

Le souverain pontife apparaît dès lors comme un monarque parmi les autres, mais non plus comme le représentant tout-puissant de Dieu sur Terre.

La souveraineté du pape sur les États Pontificaux et la croyance des fidèles permet à ce premier d’accumuler une immense richesse au fil des siècles : les papes de la Renaissance deviennent de puissants mécènes.

Ils reconstruisent la ville de Rome, tirent profit des Grandes Découvertes en Amérique, et le Vatican devient le théâtre de tous les excès (pour l’époque).

Dès lors, dans le souci d’asseoir leur hégémonie sur la Rome baroque, la papauté du XVIe siècle s’emmure dans un conservatisme radical, qui la pousse à refuser les progrès des Lumières, s’opposant au changement et à ce que le reste de l’Europe considère comme le progrès.

Il faut attendre l’élection du pape Nicolas V (1447-1455) pour que la papauté n’entre réellement dans la Renaissance italienne.

C’est d’ailleurs ce dernier qui fit construire le Palais du Vatican, une des résidences des papes (depuis leur retour d’Avignon en 1377), à partir de 1447.

Sixte IV (1471-1484) et Innocent VIII (1484-1492) sont les premiers papes de la Renaissance.

C’est aussi l’époque des querelles familiales qui pèsent sur le catholicisme : les Orsini, Colonna, Borgia, Médicis, etc.

Sous le règne de Jules II (1503-1513), le plafond de la Chapelle Sixtine est peint par Michel-Ange et Rome devient un haut-lieu d’art sacré.

La Basilique Saint-Pierre (actuelle) est édifiée, les Jardins du Vatican remodelés, la cour du Palais du Belvédère est construite par Jules II.

Aussi, les pièces d’art accumulées – notamment le Groupe du Laocoon et l’Apollon du Belvédère – forment une monumentale collection qui seront plus tard exposées dans les Musées du Vatican.

Les papes furent les premiers à rendre publiques leurs collections d’œuvres d’art.

Le Vatican durant l’époque contemporaine

Quelle est l'histoire de la papauté ? De nombreux détracteurs considèrent aujourd’hui que le Saint-Siège n’est autre qu’une multinationale aux instincts lucratifs…

Après la Révolution Française, les troupes de Napoléon Bonaparte entre dans Rome, pendant le Directoire, le 6 février 1798.

Le pape doit alors abandonner son pouvoir temporel tout en conservant le pouvoir spirituel : la république romaine est proclamée, le pape est contraint de quitter Rome et les États Pontificaux passent dans le giron du Directoire.

En 1808, Napoléon annexe les États Pontificaux à l’Empire français, mais ceux-ci furent restaurés lors du Congrès de Vienne et suite à l’abdication de Napoléon Ier, en 1815.

Dans les années 1860, les États Pontificaux ne se réduisent plus qu’à Rome et au Latium : annexés ensuite par le Piémont, et suite au retrait des troupes françaises de Napoléon III – suite à la défaite de 1870 face à la Prusse -, les États Pontificaux sont intégrés au royaume d’Italie.

Sous l’impulsion de Cavour, Rome est ensuite déclarée capitale de l’Italie unifiée.

En 1900, les États Pontificaux sont abolis par le pape Léon XIII : le pape séjourne désormais au palais apostolique.

Rome étant historiquement le siège du pouvoir temporel du pape et nouvellement la capitale de l’Italie unifiée, s’installe un différend politique entre le pape et le pouvoir italien : c’est le début de la « Question Romaine ».

Le pape Pie IX s’oppose en effet au Risorgimento, nom donné au mouvement d’unification de l’État italien entre 1848 et 1870.

L’annexion de Rome le 20 septembre 1870 par l’armée italienne contre les troupes françaises – suite à la chute de Napoléon III – marque la fin de la domination des États Pontificaux sur le Latium.

La Question Romaine est résolue avec la signature des accords du Latran le 11 février 1929 : signé entre l’Italie représentée par Mussolini et le Saint-Siège, la Cité du Vatican est alors reconnue comme un État souverain, une monarchie absolue de droit divin et élective.

Fort de son histoire, le Vatican dispose d’un patrimoine architectural et culturel unique en Europe, ce qui fait qu’il est fréquenté de nos jours par 6 millions de touristes chaque année !

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