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Les pratiques asiatiques en matière d’instruments à cordes

De Hélène, publié le 08/08/2018 Blog > Musique > Violon > La Pratique Du Violon En Asie

« Nous sommes bien conscients que l’avenir de la musique classique se trouve en Asie », Didier Schnorhk, président de la Fédération mondiale des concours internationaux de musique 

C’est un fait établi pour beaucoup : la pratique du violon en Asie est très répandue. En témoigne l’excellence des candidats asiatiques aux concours de musique prestigieux, comme le concours Tchaïkovski ou bien le concours Menuhin de Genève : en moyenne, les candidats d’origine asiatique représentent 47% des inscrits, et 35% des gagnants !

Pour autant, le violon, le violoncelle ou les autres instruments à cordes ne sont pas nécessairement vus ou considérés de la même manière dans toute l’Asie. Retour sur les pratiques ancestrales autour de ces instruments, sur les spécificités du violon selon la zone géographique, et sur les formations de violon suivies en Asie.

Les instruments à cordes frottées pratiqués en Asie

Comment se pratique le violon asiatique ? Les instruments à cordes typiques de Chine : une grande diversité !

Le violon fait partie d’une longue tradition d’instruments anciens, voire même ancestraux. Le violon a eu sa première appellation moderne aux alentours du XVème siècle, mais déjà en Chine ou en Inde, cet instrument à cordes frottées existait sous d’autres noms, depuis plusieurs centaines d’années.

D’ailleurs, certains pays pratiquent plutôt un dérivé du violon, que ce soit pour de la musique traditionnelle ou de la musique contemporaine :

  • En Chine, c’est l’erhu qui est réputé : il comprend une caisse de résonance en bois ouverte, généralement recouverte d’une peau de serpent. La table de résonance est faite d’une planche de bois et les cordes sont faites de crins, l’archet permet alors de les faire vibrer,
  • En Inde, c’est la Vînâ, un des principaux instruments de musique de la musique indienne traditionnelle,
  • Au Moyen-Orient, l’équivalent du violon s’appelle la vièle et elle diffère dans sa fabrication selon les pays,
  • Au Japon, c’est le kokyu, une vièle entre le violon occidental classique et l’erhu de Chine, le seul instrument qui se joue avec un archet dans le pays.

Il est à noter que le métier de luthier subit aussi ces dissonances. Si la lutherie était l’apanage de grands musiciens européens, la Chine est aujourd’hui une sérieuse concurrente. Pinggu, une ville à quelques kilomètres de Pékin, abrite l’un des centres les plus attractifs au monde en matière de lutherie : les violons (à l’occidental) qui y sont fabriqués sont des gammes moyennes, et se vendent surtout à l’étranger (cela représente 70% des ventes du luthier Geng Guosheng). Eh oui, le Stradivarius n’est pas le seul sur le marché des violons de marque.

De fait, un soliste d’un concerto pour violon en Asie n’aura pas la même formation ni la même notion symphonique qu’en Europe. De même, les références musicales sont différentes, les instrumentistes enseignants aussi. C’est pareil aussi pour les sonorités. Cela est lié aux spécificités du violon dans les différentes régions d’Asie.

Les spécificités du violon selon la zone géographique d’Asie

Quelles sont les spécificités de la pratique asiatique des instruments à cordes ? Chaque pays d’Asie a sa propre vision du violon en termes de pratique, de jeu et de musicalité. Ici, un jeune Mongol apprend le violon en pleine nature

Il est vrai que parler d’Asie, c’est très large et ça recouvre un grand nombre de pays : 47 au total, plus une partie de la Russie ! Difficile de généraliser la question de la pratique du violon. 

L’Asie du Sud-Est et le violon ancien

On retrouve ici les influences musicales des pays suivants :

  • Indonésie,
  • Malaisie,
  • Philippines.

Ces pays ayant subi le colonialisme, on retrouve quelques apparitions du violon dans leur culture, mais dans l’ensemble, c’est relativement épisodique. Les habitants de ces pays ne sont pas très familiers avec la musique de chambre et l’orchestre symphonique, mais plutôt du biola, la variante locale du violon, amenée par les Portugais et les Espagnols dès le XVIème siècle.

Le violon au Moyen-Orient

Dans cette région d’Asie, le violon est tout à fait réputé, et fait même partie de la tradition musicale locale propre à chaque pays. On parlera surtout ici des pays suivants :

  • Iran,
  • Irak,
  • Turquie,
  • Israël.

On y trouve des influences de musique tzigane ou de jazz manouche, tout comme en Afrique du nord. Le violon, qui se nomme aussi respectivement vièle kamanche, vièle djoza, vièle kemence (avec la viole d’amour) et vièle folk, se joue posé sur les jambes ou les genou, et non avec une épaulière et une mentonnière.

Le violon est très présent dans la musique savante turque, mais aussi dans la musique populaire de ces différents pays. Il se pratique donc couramment, et s’enseigne à l’école de musique comme en Europe. En musique savante arabe, on reste encore friand du keman, l’équivalent du violon occidental.

Mais comment joue-t-on du violon en Amérique ?

Passions pour le violon en Chine, Corée et au Japon

Si l’empire chinois semblait avoir intégré le violon classique dans ses festivités populaires dès le VIIIème siècle, le Japon et la Corée ne s’y sont intéressés que sur le tard, depuis une trentaine d’années. Cela est lié à l’intérêt de ces pays asiatiques pour la compétition musicale avec l’Europe et les autres continents.

En effet, l’apprentissage du violon en musique moderne requiert discipline et travail, deux choses auxquelles ces pays sont familiers, et même, dont ils sont passionnés. D’ailleurs, Didier Schnorhk le constate, en Corée du Sud : « il y a eu une volonté d’investir dans l’éducation en général et dans la culture en particulier. On a ouvert des écoles de musique formidables, invité les meilleurs professeurs de l’étranger et développé des structures de diffusion culturelle« . Une politique volontariste de ces pays, qui semble aujourd’hui porter ses fruits.

Mais alors, qu’en est-il des établissements d’enseignement du violon en Asie ? Où un étudiant peut-il espérer devenir un concertiste ou un soliste de renom ?

Les infrastructures d’apprentissage du violon

Où apprend-on le violon en Asie ? Beaucoup d’Asiatiques viennent se former en Europe, généralement en France ou en Suisse

Pour apprendre à jouer du violon ou de la viole de gambe, il faut une formation irréprochable, composée de cours de solfège et de cours de pratique instrumentale. Pour cela, quel que soit le pays d’Asie, une seule option possible : le conservatoire de musique. Les étudiants y apprennent à devenir violoniste ou violoncelliste, ils alternent violon baroque, violon électrique et violon alto à loisir, et intègrent un quatuor à cordes pour s’entraîner quotidiennement.

Le plus important, en Asie, est d’intégrer un établissement national supérieur de musique, qu’il s’agisse d’un conservatoire, d’une école de musique ou d’un institut spécialisé. Cela offre la reconnaissance du niveau permettant d’étudier à l’étranger ou de participer aux concours internationaux.

Les établissements les plus réputés d’Asie pour apprendre le violon sont :

  • En Corée du Sud, la Korean National School of Music,
  • En Inde, la Delhi School of Music,
  • En Iran, le conservatoire « Khoshnahad Peiman »,
  • À Israël, le Buchmann-Mehta School of Music,
  • Au Japon, la faculté de musique d’Aichi,
  • En Malaisie, l’International College of Music de Kuala Lumpur,
  • À Taïwan, la Taïwan Normal University College of Music,
  • En Turquie, le conservatoire « Mimar Sinan » d’Istanbul,
  • Au Viêt-Nam, le conservatoire d’Hanoï.

Le saviez-vous ? Parmi les violonistes virtuoses formés en Europe, 23% sont d’origine asiatique.

Chaque année, des violonistes issus d’une formation en Asie intègrent des établissements prestigieux en Europe, pour compléter leur formation, notamment à Genève ou à Paris. Cela permet à certains de se faire leur place, tout en apprenant les gammes de Beethoven, Brahms et les influences de Stravinsky ou Profokiev.

Comment jouer du violon en Afrique ?

La virtuosité des violonistes asiatiques : quelques grands noms

Quels sont les grands noms asiatiques du violon ? Ray Chen est l’un des violonistes les plus talentueux de sa génération : originaire de Taïwan, il parcourt aujourd’hui le monde pour faire entendre sa musique

Certains maîtrisent mieux l’archet de violon que d’autres, c’est bien connu. En jouant dans un orchestre philharmonique ou dans un orchestre national, les chances de devenir un virtuose des cordes frottées sont renforcées. Mais pour accéder à la notoriété, il est préférable de réussir un concours international, aujourd’hui largement dominé par les Asiatiques.

Parmi les personnalités provenant d’Asie et adeptes des partitions pour violon, on retrouve :

  • Ray Chen, un Taïwanais d’origine qui maîtrise parfaitement le violon des temps modernes,
  • Kyung Wha Chung, une violoniste moderne adepte de Brahms, bien connue en Corée du Sud, sa terre natale,
  • Vanessa-Mae, une violoniste classique chinoise et thaïlandaise maintes fois récompensée depuis son plus jeune âge pour sa virtuosité,
  • Nedim Nalbantoglu, un violoniste prodige venant tout droit de Turquie,
  • Lakshminarayana Subramaniam, un Indien prônant le violon multiculturel,
  • Kayhan Kalhor, le « violon des rois » iranien.

Combien de temps faut-il pour devenir un grand violoniste ? L’âge moyen des violonistes, en dehors des jeunes prodiges, est de 33 ans. 

Côté chef d’orchestre, on retrouve d’autres célébrités, comme :

  • Jing Huan, une jeune femme originaire de Pékin,
  • Myung-Whun Chung, un Coréen détenteur d’une prestigieuse récompense nationale, le Kumkuan, également pianiste en plus de sa passion pour les violons.

Il apparaît donc que la pratique du violon en Asie est assez similaire à l’Europe, malgré des différences sur le plan historique, social et culturel. Mieux encore : les pratiques se mêlent et s’échangent, autour de grandes compétitions musicales mondiales, accessibles à tous les pays. Après tout, la musique est transnationale et ne connaît pas de frontière, n’est-ce pas ?

Et vous, ça vous donne envie de faire du violon ou d’aller voir ces personnalités en représentation ? 

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