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Apprendre la langue romaine de la 5ème à la 3ème !

De Samuel, publié le 04/10/2017 Blog > Soutien scolaire > Latin > Comment se Déroule l’Apprentissage du Latin au Collège ?

« Les problèmes, c’est comme une pelote de laine emmêlée. Il ne faut pas vouloir tout dénouer d’un coup mais procéder par étapes, nœud après nœud. Calmement et au bon moment », Nadine Monfils, Le silence des canaux.

Selon les opposants à la récente réforme du Collège – qui transforme l’enseignement des langues anciennes -, celle-ci fait courir le risque que les contenus des cours de latin et de grec ancien soient vidés de leur substance, semblables à une pelote de laine que l’on débobine hâtivement.

Si le latin fut la langue véhiculaire des élites européennes jusqu’au 17ème siècle, l’enseignement de cette « langue morte » tombe petit à petit en désuétude et, en France, n’est plus envisagé que comme sésame irremplaçable permettant de mieux travailler sur la langue française.

A la rentrée scolaire de 2015 – soit avant la mutation de l’option latin en enseignement complémentaire interdisciplinaire (EPI) « Langues et Culture de l’Antiquité (LCA) -, les collèges comptaient 170 000 latinistes, soit 23 % des élèves.

Depuis quelques années, les débats se cristallisent sur l’utilité de l’enseignement du latin, accusé d’être un symbole de distinction sociale pour les élites, au détriment des classes sociales sous-dotées en capitaux culturels.

La réforme du Collège instillée par N. Vallaud Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale sous le gouvernement Valls en 2015 porterait un coup sévère à l’enseignement des lettres classiques.

La rédac’ de Superprof a donc décidé de se pencher sur ce débat, pour éclaircir comment l’apprentissage du latin se déroule-t-il.

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L’apprentissage du latin avant la réforme du Collège

Avec les mathématiques et le cours de français, le latin occupa une place prépondérante au collège et au lycée jusque dans les années 1960.

Apprendre la langue latine au collège, c'était avoir une vision d'ensemble sur l'Antiquité. L’option latin en cinquième avant : deux heures pour s’initier à la Rome antique.

Une option ouverte à tout apprenant

Avant la rentrée scolaire de 2016, les collégiens avaient la possibilité de choisir l’étude de la langue latine dès la classe de cinquième afin de découvrir cet enseignement d’exploration dans sa globalité :

  • Civilisation romaine,
  • Histoire de la littérature latine,
  • Découverte de la Rome antique,
  • Étude des textes anciens,
  • Mots latins et français selon leurs racines étymologiques,
  • Grammaire latine,
  • Vocabulaire latin, etc.

Cela leur permettait un apprentissage des langues anciennes approfondi jusqu’à la vie lycéenne.

En classe de cinquième, les cours de latin collège s’organisaient autour de deux heures par semaine, puis 3 heures hebdomadaires en 4ème et en 3ème.

Ces enseignements facultatifs étaient donc abordés au même titre que toutes les langues vivantes, et constituaient un cours de langue à part entière, autonome.

Leur libre accès à tous les élèves désireux d’apprendre cet idiome donnait à ce dernier une aura d’option non égalitariste, et non ségrégative, dans la mesure où les élèves ne sont pas regroupés dans une classe spécifique de latinistes ou d’hellénistes.

Découvrez aussi comment apprendre le latin en s’amusant !

Une option facultative d’importance cruciale

Cet apprentissage de la langue du Latium donnait l’occasion, à hauteur de deux heures hebdomadaires en 5ème, puis trois heures en 4ème et 3ème, de faire des allers-retours entre le latin et le français, entre le monde antique et celui d’aujourd’hui, pour objectiver la racine gréco-romaine des mots latins et leur syntaxe.

Savoir interpréter un écrit nécessite du temps de formation. Pouvoir traduire un texte implique aussi de comprendre le contexte dans lequel il fut rédigé…

L’apprentissage du latin et de la langue grecque – autrement dit « les humanités » – demeurait crucial, ne serait-ce que pour éviter de « consommer la rupture avec nos origines culturelles ».

Une éventuelle suppression des classes de latinistes et d’hellénistes, selon un rapport de l’IGEN (Inspection Générale de l’Éducation Nationale), était inconcevable car elle porterait de graves conséquences culturelles, politiques et sociales.

En cela, l’école ne pourrait pas transmettre des valeurs humanistes si conjointement celle-ci se refusait à enseigner toutes les autres matières qui ont forgé l’humanisme en Europe.

Pourtant, la réforme du Collège implémentée par le gouvernement Valls en 2015 semble aller dans un tout autre sens…

L’enseignement de la langue latine en LCA

On le sait désormais, se former à la lecture de textes latins, voire apprendre à parler la langue de Jules César fournit de solides clés de compréhension de notre propre langue, tant au niveau grammatical (pour l’infinitif, par exemple) que syntaxique ou au niveau de l’analyse lexicale.

Or on le sait aussi – vu les remous que la réforme a provoqués dans les médias -, un premier pas vers la suppression du cours de latin a été franchi.

Comment apprendre les nombreuses langues européennes, langues officielles d’organisations internationales, si l’on méconnaît l’origine latine de notre propre langue maternelle ?

La réforme du Collège, en bref

Quoi qu’il en soit, la réforme revendique une portée universaliste en souhaitant incorporer des éléments de langue et culture de l’Antiquité dans un croisement d’enseignements transversaux, ce qui permettrait officiellement à tous les élèves de découvrir le monde antique par le truchement des matières générales obligatoires.

Ce, pour supprimer le cliché et l’étiquette d’élitisme dont souffre le cours de latin.

La réforme implique que l’EPI (enseignement pratique interdisciplinaire) soit prélevé sur le volume horaire des matières obligatoires.

Le latin est donc désormais envisagé comme un enseignement complémentaire à d’autres matières, en rognant sur le volume horaire initialement destiné à ces matières (histoire-géographie, français, langues vivantes).

En outre, les opposants à la réforme – majoritairement les professeurs de lettres classiques – craignent que ce cours (de langue latine) ne devienne un « vernis culturel » ne se cantonnant qu’à l’étude de la mythologie romaine ou à l’étymologie, au mieux à certaines locutions latines.

En somme, une politique de divertissement plutôt que d’apprentissage.

Mais cela ne serait pas à proprement parler une matière où l’on apprend à parler latin, à traduire un texte selon son genre littéraire.

Le contenu de cet EPI « LCA »

Les nouveaux programmes, publiés au bulletin officiel du 1er mars 2016 affichent l’ambition de rendre « possible la confrontation entre le monde antique et certaines des questions posées par le monde contemporain. »

S'adapter à la réforme du collège : un calvaire ? Confronter le passé et le présent : les vestiges romains de la ville de Nîmes (Nemausus) en sont un bel exemple.

Le programme suit une progression chronologique, de l’époque royale à l’empire romain.

En cinquième et en quatrième, trois thèmes sont abordés, avec plusieurs sous-chapitres :

  • De la légende à l’histoire,
    • Les origines de Rome et ses figures héroïques (la fondation d’une cité, les rois de Rome, l’urbanisation de Rome),
    • La République romaine, histoire et institutions (les premiers siècles de la République, patriciens et plébéiens, le vote dans le monde antique),
  • Vie privée et vie publique,
    • La famille, la place des femmes,
    • L’habitat et la vie quotidienne des romains,
    • Les classes sociales dans l’Antiquité,
    • La religion : les divinités romaines,
    • Théâtre, jeux et loisirs romains.
  • Le monde méditerranéen antique,
    • Carthage et les guerres puniques,
    • Les conflits dans le monde antique
    • Les puissances terrestres et maritimes de l’Antiquité.

En classe de troisième, les cours sont un peu plus denses :

  • De la République au principat,
    • Les crises et la fin de la République oligarchique,
    • Le principat, le règne d’Auguste,
  • L’Empire Romain,
    • L’impérialisme : armée romaine et expansion territoriale de Rome,
    • Pax romana (paix romaine) et romanisation de l’empire,
    • Les empereurs,
  • Vie familiale, sociale et intellectuelle de la Rome antique,
    • La vie urbaine et la vie rurale,
    • Citoyens et non citoyens,
    • Polythéismes et monothéismes,
    • Rome et les provinces (Sicile, Gaule, Hispanie, etc.),
  • Le monde méditerranéen,
    • Rome et la Grèce antique : partenariats, échanges et influences,
    • L’argumentation dans la Rome et la Grèce antique,
    • La transmission culturelle de la Grèce à Rome, de l’Antiquité à la Renaissance.

Les élèves sont initiés à l’analyse des textes littéraires antiques, pour être capables de comprendre et lire un texte latin, situer les textes dans leur contexte historique et socioculturel, d’interpréter et traduire un texte de version latine en langue française.

Bien que sur le papier, les programmes de langue latine affichent une vision d’ensemble sur la civilisation romaine, les modalités d’enseignement dans lesquels ils se rattachent sont loin de faire l’unanimité…

L’option LCA mise en débat : du latin pour tous ?

Ce qui fait débat, c’est le flou qui persiste dans l’application de la Réforme du Collège.

D’une part, l’option d’initiation se trouve amputée d’une heure hebdomadaire. Mais d’autre part, les projets d’EPI sont incorporés aux heures dédiées aux autres matières, ce qui implique, pour le collège, deux choix cornéliens :

  1. Faire 3h30 de français et 1 heure de latin au lieu de 4h30 de français habituels,
  2. Ne pas ouvrir d’option latin.

La réforme de 2016 et les risques de créer des inégalités territoriales. Pour un petit établissement de campagne, comment mettre en place l’EPI LCA avec une seule classe de 4ème ?

La fusion des cours de langues anciennes  (cours de latin en ligne) pose aussi une question fondamentale : qui va enseigner le module LCA ?

Doit-on demander aux professeurs de lettres modernes – donc, couvrant la littérature française de la Renaissance à nos jours – d’enseigner le latin aux collégiens ?

Comment une enseignante ou un enseignant de lettres classiques peut-elle/il donner des cours de latin à une autre classe si elle (s’il) ne bénéficie pas d’une hausse de son volume horaire hebdomadaire en conséquence ?

Aussi, problème se pose au niveau des capacités selon les effectif et les dotations :

  • Un collège d’une petite ville rurale comptant 2 classes de 4ème a une marge d’heures (ce sont 3 heures attribuées en plus par classe pour travailler en groupe) de 6 heures (2 x 3h). L’EPI « LCA » prenant 2 heures par semaine, celui-ci représente 33,3 % de sa marge horaire, ce qui empêche le corps professoral d’assurer correctement les programmes officiels,
  • Un collège d’une grande agglomération compte 7 classes de 4ème : son amplitude sera de 21 heures (7 x 3h). Par conséquent, deux heures de langue latine représenteront seulement 9,5 % de sa marge horaire, ce qui laisse 90,5 % des heures pour assurer les cours habituels.

Un petit établissement présente donc le risque d’être empêché d’enseigner le latin, faute de moyens, contrairement à un collège d’une ville majeure, ce qui fait craindre une inégalité territoriale dans l’accès aux lettres classiques.

De fait, scolariser un enfant hors de son collège de secteur – dans une autre région où est proposée l’option latin – représenterait un surcoût dont les parents ayant de faibles ressources ne pourraient honorer, à l’inverse de ceux dont les revenus sont plus confortables.

Autre argument pesant dans la balance :

Le fait d’inciter à réduire le volume horaire des cours de français au bénéfice du latin, serait un dangereux calcul, risquant d’occasionner de potentielles baisses de niveau en langue française des élèves, alors que de plus en plus d’entre eux présenteraient déjà de sérieuses lacunes en orthographe, grammaire, expression écrite et orale.

Une alternative, pour finir de façon plus optimiste : si votre collège n’est pas doté de cette heure de latin tant réclamée, nos professeurs chez Superprof se feront un plaisir d’enseigner leurs compétences linguistiques aux élèves !

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