📚 Fiche du livre
Écrite durant l'occupation allemande en
Antigone de Jean Anouilh est une pièce de théâtre reprise de la version du même titre de Sophocle.
Reprenant le célèbre mythe d'Antigone, Anouilh l'adapte à son époque moderne. Comme vous pourrez l'apprendre en cours de soutien scolaire, l'auteur dit ainsi :
L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.
Jean Anouilh
Cette citation de l'auteur lui-même en dit long sur sa volonté de faire de la Résistance1. En cours de soutien scolaire pour les cours de français, il est récurrent d'étudier la figure mythologique d'Antigone.
Antigone est en effet le symbole de la Résistance, refusant de renier ses valeurs et sa liberté face à l'ordre établi et dominant. Antigone souhaite enterrer son frère Polynice qui, considéré comme un traître par le roi, Créon, oncle d'Antigone, ne se voit offrir aucune sépulture. Créon refuse et ordonne que personne ne touche à sa dépouille.
Les thèmes de la liberté et de la rébellion contre l'autorité sont parmi les éléments centraux au sein de toute analyse de Antigone par Jean Anouilh. La scène se déroulant entre Antigone et sa nourrice est la scène d'ouverture, située juste après le prologue.
Quel est l'enjeu de cette scène ? Vous verrez en soutien scolaire en ligne qu'on note de suite l'opposition visible entre Antigone, qui représente la détermination tragique mûrement réfléchie, et la nourrice, qui symbolise la figure protectrice considérant encore sa protégée comme une enfant. Ainsi, nous avons :
Antigone
Le symbole de la résistance, de la liberté et des valeurs morales
La nourrice
Le symbole de la protection, ramenant Antigone à l'enfance et à l'innocence
Malgré toute la tendresse qui découle de cette scène entre Antigone et sa bien-aimée nourrice, nous ressentons immédiatement le conflit dramatique qui va suivre. Cet article, que vous pouvez décortiquer en cours de soutien scolaire, a pour but de vous aider dans vos révisions du bac de français en vous proposant un exemple d'analyse de la scène d'Antigone et de la nourrice.
Pour cela, nous allons tout d'abord nous pencher sur l'analyse du dialogue savamment fondé sur le quiproquo, puis sur la manière dont l'auteur nous livre ici une opposition entre deux visions du monde. Enfin, nous verrons en quoi ce dialogue attendrissant annonce le tragique.
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Antigone est une pièce de théâtre de Jean Anouilh parue en 1944 sous l'Occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Symbole de la résistance, Antigone se révolte contre la justice froide imposée par Créon, son oncle, refusant de faire enterrer Polynice, le frère d'Antigone. Dans le dialogue avec sa nourrice, l'auteur nous livre deux visions du monde diamétralement opposées. Aussi, cette scène attendrissante annonce le tragique de manière inévitable et nous plonge dans de vives émotions.
Pourquoi ne pas lire un commentaire de texte sur le prologue d'Antigone de Jean Anouilh, afin de vous entraîner avant le bac français ?
Introduction de l’analyse de la scène entre Antigone et la nourrice
Antigone de Jean Anouilh est une pièce publiée en 1944, en plein milieu de l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Symbole de résistance2, Antigone refuse l'autorité supérieure de la loi humaine et veut honorer son frère en l'enterrant, ce que Créon lui interdit de faire, la mettant en garde qu'il peut la faire tuer pour cet acte.

Le tête-à-tête d’Antigone et la Nourrice suit immédiatement, dans la pièce, la présentation par le Prologue.
C’est donc la toute première scène, d'autant plus qu'Anouilh a inventé le personnage de la nourrice. Celle-ci est en effet absente des pièces écrites par Sophocle, Euripide ou encore Jean Rotrou3.
D’emblée, la symbolique de cette rencontre se double d’une force émotive qui fait de la pièce d’Anouilh un renouveau de la tragédie. Antigone est décidée à refuser l'ordre établi et les lois humaines inflexibles4.
La souffrance est au cœur de l’intrigue, de même que le pathétique, à travers l’évocation de la mort à venir, inéluctable, de la jeune femme…
Annonce de la problématique
Comment cette scène met-elle en place une opposition dramatique annonçant le tragique ?
Annonce du plan
Pour le comprendre, nous étudierons, dans un premier temps, le dialogue fondé sur le quiproquo. Puis, dans un second temps, nous analyserons l'opposition entre deux visions du monde. Enfin, nous verrons en quoi ce dialogue annonce inévitablement le tragique.
Développement de l’analyse sur Antigone et la nourrice
Un dialogue fondé sur le quiproquo
Le quiproquo est l'un des rouages majeurs de cette scène. Il reprend le thème de l’interdit énoncé par Créon : le corps de Polynice, qui a fomenté un coup d’État, ne doit pas être enterré. Sur quoi porte ce quiproquo, en réalité ?
Sur le terme « amoureux » : Antigone sort en secret dans la nuit pour aller jeter de la terre sur son frère. De quoi la Nourrice accuse-t-elle Antigone ? Naïve et innocente, elle pense qu’elle va retrouver un amant. Seul le spectateur, témoin et complice, sait que ce n’est pas une histoire d’amour, mais bien une histoire de mort… Cet « amant » est en réalité le frère décédé d’Antigone.
Antigone joue d'ailleurs, sans réellement vouloir faire croire à sa nourrice qu'elle a raison, sur la possibilité d'un "amoureux" : « Oui. J’avais un rendez-vous », « Oui, nourrice, oui, le pauvre. J’ai un amoureux », sombrant soudain dans un élan d'amour fraternel envers Polynice.
Si elle répond « oui » lorsque la nourrice lui demande maintes et maintes fois de confirmer qu'elle a un nouvel amoureux, c’est parce qu’elle aime son frère et qu’elle va en effet le retrouver alors qu’elle n’en a pas le droit.

La confrontation entre la jeune fille et la Nourrice fait ressortir les éléments qui invitent le lecteur à avoir de l’empathie pour Antigone : elle n’a pas de mère, son frère est condamné à ne pas avoir de sépulture, elle va mourir et elle le sait. Ce sont là donc tous les ingrédients du pathétique, ce qui vient renouveler la force tragique de la pièce.
Contrairement à Antigone qui est ici très énigmatique et rêveuse, la Nourrice utilise un langage simple et concret. Elle ne réfléchit pas au-delà de l'idée qu'Antigone serait allée voir un amant. Elle emploie d'ailleurs un lexique assez enfantin, basé sur des adjectifs simples ("menteuse", "Fais la folle", "D’où viens-tu, mauvaise ?", "hypocrite", "fanfaronne !", "ma petite").
Finalement, c'est parce que la Nourrice renvoie systématiquement Antigone a son enfance ("Tu étais ma préférée", "Te battre comme lorsque tu étais petite", "Je l’ai eue toute gamine", "Tu n’étais pourtant pas comme les autres") que le pathos s'installe.
| Procédé stylistique | Exemples | Effet produit |
|---|---|---|
| Le quiproquo tragique | Antigone : « Oui. J’avais un rendez-vous », « J’ai un amoureux » | Crée une ironie tragique qui attise les émotions : le spectateur/lecteur comprend qu'Antigone a, au contraire de ce que pense la Nourrice en l'accusant, effectué une bonne action |
| Le langage simple et concret de la Nourrice | La Nourrice : « menteuse », « Fais la folle », « mauvaise », « hypocrite », « fanfaronne ! » | La sensation que la Nourrice appartient à la réalité, au quotidien, et ne peut s'en détacher, contrairement à Antigone qui, elle, s'en éloigne progressivement |
| Le lexique de l'enfance | La Nourrice : « ma petite », « Te battre comme lorsque tu étais petite », « toute gamine » | Profonde nostalgie, surtout lorsqu'on sait qu'Antigone a, finalement, peu vécu et qu'elle n'est pas si loin de ses années de petite enfance. Nourrit le pathos |
Transition
C'est véritablement l'établissement de ce quiproquo tragique qui implique le pathos, car nous imaginons Antigone enfant et nous ressentons de la nostalgie envers cette période, en sachant qu'Antigone vole vers son destin tragique. Le pathos s'installe d'autant plus que le discours entre les deux personnages est teinté d'une réelle opposition entre deux visions du monde.
Une opposition entre deux visions du monde
Personnage naïf, ayant un rôle protecteur envers Antigone, la Nourrice est avant tout le symbole de la bienveillance. Elle a un rôle de substitution pour Antigone, car elle remplace la mère - Jocaste : « Je me lève quand il fait encore noir, je vais à ta chambre, pour voir si tu ne t’es pas découverte en dormant et je ne te trouve plus dans ton lit ! », ou encore « Il va falloir te laver les pieds avant de te remettre au lit. ».

Elle a éduqué la jeune fille, mais sa vieillesse résignée s’oppose à la jeunesse énergique (et désespérée) d’Antigone.
Nous avons en effet ici une opposition assez vive entre deux mondes, entre deux perceptions.
La Nourrice utilise un registre courant voire familier et trivial (« ma vieille pomme toute ridée », « te laver les pieds ») tandis qu'Antigone est rêveuse et emploie le langage soutenu et poétique (« Tout était gris [...] tout est déjà rose », « Il ne faut pas que je sois petite ce matin »).
Le personnage d’Antigone apparaît complexe, et même contradictoire, à la fois enfantin et déterminé. Enfantin dès le début, dans l’évocation naïve des couleurs du paysage (« C’était beau. Tout était gris Maintenant, tu ne peux pas savoir, tout est déjà rose, jaune, vert. C’est devenu une carte postale. »), ce ton atteint son paroxysme dans son rapport à la nourrice, qu’elle appelle « nounou », ou « ma vieille pomme toute ridée » ; à qui elle dit : « quand tu pleures, je redeviens petite ».
Elle nous apparaît alors fragile et innocente. Cependant, son ton se fait parfois plus dur ("Je ne me recoucherai pas ce matin", "Non. Pas mauvaise.", "Laisse-moi, maintenant", "Et il ne faut pas que je sois petite ce matin". Antigone est totalement déterminée et le spectateur comprend jusqu’où elle est prête à aller : « garde tes larmes, tu en auras peut-être besoin encore ».
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Alors que la Nourrice s'affole à l'idée que sa petite protégée soit en proie au sentiment amoureux envers un autre homme que son fiancé, Hémon, elle ne comprend pas jusqu'où Antigone est prête à aller.
En un sens, elle semble la considérer encore comme une petite fille, incapable de prendre des décisions graves et sérieuses ("Tu sais ce que je devrais faire ? Te battre comme lorsque tu étais petite"), tandis qu'Antigone s'éloigne déjà de cette période d'enfance et d'innocence pures.

| Procédé stylistique | Exemples | Effet produit |
|---|---|---|
| Contraste des registres de langage | La Nourrice (familier/trivial) : « ma vieille pomme toute ridée », « te laver les pieds » Antigone (lyrique et soutenu) : « Tout était gris [...] tout est déjà rose », « Il ne faut pas que je sois petite ce matin » | La Nourrice demeure axée dans son quotidien et dans les tâches habituelles, tandis qu'Antigone s'élève déjà en tant que figure d'héroïne tragique affrontant son destin |
| Rupture du rythme du dialogue | Ton froid et déterminé d'Antigone : « Non. Pas mauvaise. », « Laisse-moi, maintenant » Moments de faiblesse et paroles enfantines d'Antigone : « ma vieille pomme toute ridée », « quand tu pleures, je redeviens petite » | Antigone est encore jeune et, bien que déterminée à certains moments, perd parfois son courage et nous ramène à sa fragilité |
| Le lexique enfantin de la Nourrice | La Nourrice : « Je me lève quand il fait encore noir, je vais à ta chambre, pour voir si tu ne t’es pas découverte en dormant et je ne te trouve plus dans ton lit ! », « Il va falloir te laver les pieds avant de te remettre au lit. » | Une forte tristesse étant donné qu'on comprend que la Nourrice se fait du souci pour quelque chose de futile sans se rendre compte qu'elle vit ses derniers moments avec sa protégée |
Transition
Si les deux visions opposées d'Antigone et de la Nourrice indiquent un problème de communication et de compréhension, elles énoncent également la chute dramatique inévitable d'Antigone, qui ne peut dès lors plus compter que sur elle-même pour faire ce qu'elle entreprend de faire.
Une scène qui annonce le tragique
Dès le début, l'auteur nous fait ressentir de la tristesse envers Antigone. Lorsque la Nourrice la gronde et lui fait des reproches ("D’où viens-tu ?", "Tu es sortie", "Je trouve son lit froid et personne dedans", "Tu avais un rendez-vous, hein ? Dis non, peut-être"), nous comprenons de suite qu'elle a effectué une bonne action et qu'elle est en fait allée enterrer son frère, geste noble moral par excellence.

Le fait que la Nourrice ne lui laisse pas, pendant quelques temps, la possibilité de s'expliquer et de demeurer tranquille ("C’est ça, hein, c’est ça ?", "Et ça vous répond qu’on la laisse, ça voudrait qu’on ne dise rien"...) nous rapproche automatiquement d'Antigone.
Nous avons de la pitié pour elle et nous n'avons aucun mal à nous mettre à sa place.
Avec le contexte, nous comprenons quasiment de suite qu'elle est sortie enterrer son frère, tandis que la Nourrice reste focalisée sur le monde quotidien habituel.
Elle ne cherche pas réellement à comprendre les remarques énigmatiques d'Antigone ("Alors j’ai enlevé mes sandales et je me suis glissée dans la campagne sans qu’elle s’en aperçoive…", "Elle sait pourquoi je suis sorti ce matin", "Garde tes larmes, garde tes larmes ; tu en auras peut-être besoin encore, nounou").
Le rapport privilégié entre Antigone et la Nourrice sert à susciter de l’empathie chez le spectateur : il faut qu’il se projette dans Antigone, qu’il souffre avec elle. C’est le principe de la catharsis. Dans cette scène, Antigone dit adieu à la Nourrice, comme elle le fera avec tous ses proches, Hémon et Ismène. Rien n’est formulé, mais le spectateur le sait, contrairement à la Nourrice.
Le mensonge au sujet de « l’amoureux » n’est pas un vrai mensonge ; c’est en réalité une manière de préserver la Nourrice. L’évocation des morts est également l'un des processus dramaturgiques les plus émouvants.
C’est Jocaste qui apparaît ici, à travers les paroles même de sa propre fille : « Elle te dira : « Bonjour, nounou, merci pour la petite Antigone. Tu as bien pris soin d’elle ».

Ce procédé, qui consiste à faire parler les morts, ou bien les éléments normalement dépourvus de parole, se nomme prosopopée. La prosopopée permet de faire apparaître ce qui est invisible, ce qui n’est pas vu par le spectateur. C’est un procédé qui convoque l’imagination.
Polynice mort est également présent dans cette scène, car on sait qu’Antigone est partie l’enterrer, bien que son nom n'apparaisse pas ("Oui, nourrice, oui, le pauvre. J’ai un amoureux"). Le mort banni n’a pas le droit à un nom, ici. En effet, à aucun moment le prénom de Polynice n'est invoqué, en raison notamment du quiproquo. Le terme « amoureux » apparaît donc comme un subterfuge langagier qui reprend aussi le rapport traditionnel de l’amour et de la mort.

Enfin, le pathétique est sensible à travers la mort annoncée d’Antigone (« Garde tes larmes ; tu en auras peut-être besoin encore »).
Antigone prévient métaphoriquement sa nourrice car elle sait qu’elle va mourir. De même, bien que la Nourrice ne soit pas consciente de ce qui va se produire encore, sa tristesse et ses pleurs annoncent la tragédie finale.
Mais toute la tragédie réside encore dans un non-dit, que symbolise l’aube « grise », cet entre-deux.
En effet, le jour n’est pas encore venu et, de même, la nuit n’est pas encore finie mais le sera bientôt ("Il faut te lever plus tôt, nourrice, si tu veux voir un monde sans couleurs", "Le jardin dormait encore"). Il s'agit en quelque sorte du moment situé entre la vie et la mort.
Antigone a conscience qu'elle a tout de même envie de se rattacher à ce moment car elle sait qu'une fois celui-ci passé, elle avance vers la mort ("Il faut te lever plus tôt, nourrice, si tu veux voir un monde sans couleurs. Elle va passer.", "C’est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.").
Les termes sont mélioratifs lorsqu'il s'agit du moment précédant le lever du soleil ("beau", "tous les matins aussi beau", "C’est merveilleux, nourrice"). Les adjectifs mélioratifs témoignent de la tristesse et de l'horreur qui vont suivre une fois ce moment passé.
| Procédé stylistique | Exemples | Effet produit |
|---|---|---|
| Ironie dramatique | La Nourrice s'emporte contre Antigone : « Tu avais un rendez-vous, hein ? » Antigone révèle des éléments conduisant à la conclusion logique qu'elle a fait une bonne action, mais la Nourrice n'y voit que du feu : « Elle sait pourquoi je suis sortie ce matin » | Les spectateurs ressentent aussitôt un attachement envers Antigone et le procédé engendre un lien de complicité entre Antigone et les spectateurs. Nous prenons conscience de ce qu'elle va faire |
| Le décalage entre paroles et sens réel | Le terme « amoureux » utilisé par la Nourrice désigne, pour Antigone, l'amour purement fraternel envers son frère Polynice mort (« Oui, nourrice, oui, le pauvre. J’ai un amoureux ») | Nous ressentons de la pitié envers la Nourrice qui ne comprend pas la réalité. Aussi, nous nous rendons compte de l'amour véritable entre Antigone et son frère mort, ce qui renforce notre attendrissement et notre pitié |
| La figure de style du symbole et la métaphore | Antigone décrit par métaphore et symbolisme l'aube : un « monde sans couleurs » où « le jardin dormait encore » | En réalité, il s'agit d'une métaphore du passage entre la vie et la mort. Antigone décrit ce passage comme plaisant et agréable, révélant qu'une fois ce moment terminé, c'est la fin |
Conclusion
La force de cette scène réside donc dans l’évocation des morts, car Jean Anouilh met en place une scène pathétique en utilisant le rapport intime entre Antigone et la Nourrice, figure de substitution de la mère, à travers l’évocation des morts (Jocaste, Polynice) et le destin inéluctable d’Antigone.
Mais nous constatons aussi que le décor renvoie à un moment symbolique de la tristesse. Cet aspect symbolique de la pièce est fondamental. Du pathétique, nous glissons lentement vers le tragique, et de la même manière, de l’aube au soir, c’est-à-dire, selon la règle classique d’unité de temps de la tragédie, du début du jour vers sa fin…
Le quiproquo est le réel moteur de la scène, permettant à Antigone de se confier à moitié par le biais de symboles et de métaphores, tandis qu'elle fait son adieu voilà à sa nourrice bien-aimée.
L'opposition de leurs visions, la Nourrice étant axée sur le quotidien et Antigone sur son destin tragique déjà, renforce le pathos de la scène.
À la problématique énoncée, à savoir "Comment cette scène met-elle en place une opposition dramatique annonçant le tragique ?", nous répondons qu'elle met en scène un pathos par le biais d'un quiproquo tragique, de métaphores liées à la mort et à la jeunesse d'Antigone, ainsi que par le biais de la vision du monde opposée d'Antigone et de sa nourrice.

La version d'Antigone d'Anouilh est réellement moderne en ce qu'elle est moins tournée vers le religieux que vers la recherche de la liberté5. Antigone n'agit pas seulement pour faire respecter les lois divines, elle agit par respect de la famille et, avant tout, par principe. Quel principe ? Le principe de la liberté et de la résistance. Elle assume de mourir "pour rien", car bien que sa mort ne change rien réellement, elle est morte pour la liberté.
Au sein de cette analyse d'Antigone de Jean Anouilh, que vous pourrez décortiquer à loisir au sein de vos cours de soutien scolaire ce2, le thème du pathos est fondamental. Aussi, apprenez à bien le définir pour vous assurer une excellente note et épater votre examinateur ou examinatrice !
❓De quoi s'agit-il ? D'un exemple d'analyse de la scène entre Antigone et la nourrice, au sein de la pièce de théâtre Antigone de Jean Anouilh en 1944.
📓 Quel était le contexte d'écriture de cette pièce ? Anouilh écrit cette pièce en pleine période de l'occupation allemande en 1944.
🔰 Que rédiger dans l'introduction ? Il vous faut rédiger une amorce (contexte, énoncé, période, auteur), trouver une problématique claire et concise, puis annoncer le plan.
💔 Pourquoi ce passage est-il déterminant pour la pièce ? Ici, Antigone énonce déjà sa détermination d'aller jusqu'au bout s'il le faut. Elle ne le dit pas clairement mais utilise des sous-entendus et métaphores. Ce passage instaure dès le début la nostalgie, la tristesse et la pitié.
Si vous avez des difficultés à vous entraîner à l'écrit du bac de français sans l'aide de quelqu'un malgré l'analyse du dialogue entre Antigone et Créon fournie ici, optez pour des cours particuliers Superprof avec un professeur à domicile résidant près de chez vous pour du soutien scolaire, par exemple ! Aussi, Anouilh nous livre, via ses personnages, une certaine vision du bonheur, qu'il convient d'analyser via ce commentaire de texte sur la vision du bonheur dans Antigone de Jean Anouilh.
Sources
- Editions La Table Ronde [www.editionslatableronde.fr], "Jean Anouilh - Antigone - Nouvelle édition en 2016", https://www.editionslatableronde.fr/antigone/9782710381419. Consulté le 21 mai 2026.
- BERTHON, Chrystelle, Odysseum Eduscol, "Antigone, héroïne tragique devenue symbole de résistance", 29 mars 2021, https://odysseum.eduscol.education.fr/antigone-heroine-tragique-devenue-symbole-de-resistance. Consulté le 22 mai 2026.
- Site du Collège de Ouangani, "Séance 2 : Analyser l’invention d’un nouveau personnage : la nourrice", https://clg-ouangani.ac-mayotte.fr/IMG/pdf/antigone_s2.pdf. Consulté le 21 mai 2026.
- FAERBER, Johan, « 4 Février 1944. Anouilh résiste avec Antigone ». Ma dose quotidienne de littérature française 365 notions de littérature, Armand Colin, 2022, p.39. CAIRN.INFO, https://shs.cairn.info/ma-dose-quotidienne-de-litterature-francaise--9782200633677-page-39. Consulté le 21 mai 2026.
- GUERIN, Jean-Yves, "Pour une lecture politique de l’Antigone de Jean Anouilh", 5 octobre 2010, revue Etudes Littéraires, Volume 41, numéro 1, printemps 2010, pp. 93–104, "Anouilh aujourd’hui", https://www.erudit.org/fr/revues/etudlitt/2010-v41-n1-etudlitt3937/044572ar/. Consulté le 21 mai 2026.
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Parce qu’elle s’est levé pendant la nuit. La nourrice veut qu’elle dorme
car elle est sortie la nuit
Car elle pense qu’Antigone est sortie voir un amoureux ou un voyou ce qui a indigné la nourrice.
Quelqu’un me répond au question
Situez ce passage dans l’œuvre ?
Tu dois former un paragraphe présentant le qui?, quand? , où? Et le quoi de n’importe quelle scène
il se situe apret la presentation du prologue c’est la premiere scéne