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Connaître les règles d’écriture de la langue romaine

De Alexia, publié le 26/02/2018 Blog > Soutien scolaire > Latin > Tips pour Apprendre à Ecrire Latin

Qui scribit bis legit. 
Celui qui écrit lit deux fois. 
Proverbe latin

Le latin est souvent vu comme une matière rebutante par les élèves. Généralement, on les a poussé à faire du latin que ce soit pour être dans la classe « élitiste », pour améliorer leur orthographe en français ou pour récupérer quelques points au brevet ou au baccalauréat.

Les parents ou les professeurs incitent les élèves à prendre l’option latin mais ce sont rarement les étudiants à l’origine de la démarche.

De fait, les professeurs font souvent face à des élèves peu motivés, qui ne comprennent pas à quoi sert le latin si on ne le parle plus et qui sont assez passifs vis-à-vis de cette langue ancienne.

Rendre le latin vivant comme de nombreuses langues est un excellent moyen d’intéresser les élèves à cette langue ancienne qui a tant à apporter.

Cet enseignement est interdisciplinaire, il permet d’en savoir plus sur la mythologie, le sens des mots et leur origine (sic, nec, sine, hic, hoc, quid qu’on utilise encore en français), de connaître des citations latines et d’acquérir une bonne culture générale notamment sur des auteurs classiques (Sénèque, Tite Live, Plutarque, Homère…) et ce dès la cinquième et la quatrième.

Voici quelques astuces pour mieux appréhender son prochain cours de latin et progresser en latin 😉

Apprendre à écrire latin : intéresser son esprit à la langue

Pourquoi les études de lettres classiques devraient être dénigrées ? Comment apprendre le latin ? Comme les sciences !

L’enseignement du latin ne se fait plus aujourd’hui uniquement à base de « par coeur » et de répétition « bête et méchante ». L’excuse de la mauvaise mémorisation n’est donc pas valable, je suis désolée !

Il est vrai que si vous souhaitez apprendre une langue vivante, la plupart des professeurs vous diront qu’il faut connaître les règles de grammaire de la langue, pas mal de vocabulaire et le tour est joué ! Donc, si on a une mauvaise mémoire, on aura toutes les peines à parler la langue.

Cette théorie est discutable pour les langues vivantes mais encore plus pour une langue morte comme le latin !

En effet, les professeurs de latin pour enseigner la langue latine donnent encore trop souvent des listes de mots et d’expressions latines à apprendre par coeur. Grâce à cette méthode tayloriste, l’élève est censé emmagasiner 2000 mots dès la première année de pratique.

Bien sûr, le cerveau ne fonctionne pas de cette manière et si des répétitions ne sont pas faites à rythme régulier, une grande partie des mots appris à un instant T sera oubliée rapidement. Apprendre par coeur du lexique latin français n’a pas de sens…

Le Gaffiot est un très bon dictionnaire français latin pour aider à la traduction latine, le dictionnaire de référence en latinité.

Alors pourquoi ne pas enseigner le latin comme on enseigne les sciences ?

Quand on enseigne les sciences, on ne demande pas aux élèves d’apprendre des notions par coeur, on les intéresse au sujet par des expériences. En latin, il est possible de faire la même chose et la mémorisation se fera beaucoup plus naturellement qu’à grands coups de listes de mots !

Comprendre l’évolution des mots latins

Un linguiste étudie le changement dans une langue donnée. Les langues parlées aujourd’hui dans le sud de l’Europe découlent du latin.

Apprendre le latin est d’autant plus facile pour des Français dont la langue est directement dérivée de la langue des Romains. En effet, 90 % des mots utilisés dans la vie courante ne sont que des dérivations du latin.

C’est bien beau de savoir cela mais comprendre l’évolution des mots entre le latin et le français est utile pour mieux comprendre le latin et savoir écrire latin plus rapidement.

Une langue est comme un organisme vivant : elle est différente à sa naissance et à l’âge adulte. Elle évolue sans cesse. On ne parle plus le même français qu’au siècle de Louis XIV. Pour le latin, c’est pareil !

Le latin classique que l’on étudie n’était pas le latin populaire, dit vulgaire, parlé par le peuple et entré en Gaule par les légions romaines. C’est ce qui deviendra la langue romane qui donnera naissance au français.

Dans une langue et notamment dans la langue latine, les mots portent des accents toniques. Pour les mots de deux syllabes, c’est la première qui est accentuée, pour les mots de trois syllabes, c’est l’avant-dernière qui est accentuée.

Lorsqu’on prononce le latin en plaçant correctement l’accent tonique, la syllabe accentuée est celle qu’on entend le plus.

Si le mot n’est pas écrit, le peuple a tendance à supprimer le reste ou à le transformer :

  • Computum a donné compte,
  • Organum a donné orgue,
  • Rosam a donné rose,
  • Portam a donné porte,
  • Famem a donné faim.

Le français est le résultat d’une lutte entre le peuple et les lettrés, c’est pourquoi on trouve souvent des mots ayant la même origine latine et désignant pourtant deux choses différentes :

  • Porticum a donné porche pour le peuple et portique chez les lettrés,
  • Fragilem a donné frêle en formation populaire et fragile en formation savante,
  • Hospitale a donné hôtel en formation populaire et hôpital en formation savante,
  • Liberare a donné livrer en formation populaire et libérer en formation savante.

Le phénomène le plus curieux chez le peuple est l’altération. C’est ainsi que le son [k] dur est souvent devenu « ch » plus facile à prononcer :

  • Cantare : chanter,
  • Canem : chien,
  • Carduum : chardon,
  • Calorem : chaleur.

Un nom latin commençant par un « sp » s’est vu attribué un « e » devant pour faciliter la prononciation latin : spatium = espace, speciem = espèce, scabellum = escabeau…

Ces explications étymologiques du latin permettent de mieux comprendre quelques bizarreries de notre orthographe français. Par exemple, le mot étang possède un « g » muet à la fin parce qu’il vient de stagnum qui a donné estang puis étang. Les mots français sont avant tout empruntés au latin.

Les labiales « b », « p », « f » et « v » ont connu maintes évolutions et se sont remplacées les unes les autres. Ainsi hibernum a donné hiver et ripam a donné rive.

Les terminaisons en « el » ont souvent donné « eau » en français comme dans castellum qui est devenu castel puis château, bellum qui a donné bel puis beau ou pellis qui a donné peau.

Les voyelles se sont transformées en voyelles doubles, chose appréciée par le peuple comme manum est devenu main, amare a donné aimer, viam a donné voie ou encore solum est devenu seul.

Enfin, pour mieux comprendre l’évolution de certains mots comme muscam en mouche, il faut connaître la prononciation phonétique du latin. Le « u » était prononcé « ou ».

L’étude de l’évolution d’une langue comme la langue romaine est très intéressante et permet de mieux la connaître et l’apprivoiser. Si dans les heures hebdomadaires consacrées au latin, on étudiait l’origine des mots, ce serait plus fun, non ?

Faire du latin une langue vivante

Les cours et exercices de langue latine devraient être plus vivants. Imaginez un dialogue entre ces deux personnages.

Une des méthodes pour permettre à chaque élève d’assimiler le latin est de voir le latin comme une langue vivante. Les programmes scolaires vont dans ce sens. Ils préconisent des exercices d’entraînement écrits et oraux, individuels et collectifs pour faciliter la mémorisation des notions et des formes.

Par exemple, pour aider un étudiant à réutiliser ses connaissances et ainsi à ne pas oublier le lexique latin qu’il a déjà vu et qu’il a pu apprendre, des exercices peuvent être réalisés.

Imaginer un dialogue entre deux personnages est un exercice applicable à une langue vivante. Pourquoi ne pas l’utiliser en classe de latin ?

Le but est de s’habituer à écrire latin petit à petit et à former des phrases latines complètes en réactivant ses connaissances. L’assimilation n’en sera que facilitée et l’échange entre les élèves les impliquent pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Traduire en latin est un bon exercice à condition de rendre cela ludique. Une traduction de texte du latin vers le français est un vrai jeu si tant est qu’on veuille en voir un : il faut remettre les mots dans l’ordre dans le texte final.

Les latinistes passionnés arriveront même à apprendre à parler latin à la manière de Cicéron. Ce n’est pas forcément le but lorsqu’on se met au latin. La traduction latin français ou français latin est généralement l’objectif prisé par les apprenants.

L’apprentissage de la lecture en langue latine peut fortement aider pour savoir lire et écrire le latin. Vous pourrez ensuite dévorer les grands classiques des textes anciens en langue originale.

Et vous savez quoi ? Le latin peut vous aider pour d’autres matières, c’est une matière interdisciplinaire qui mêle histoire romaine, géographie, analyse et orthographe.

Connaître les différences entre la phrase latine et la phrase française

Parler français est instinctif alors qu'écrire latin, non. Inventez un jeu pour apprendre la grammaire romaine !

L’apprentissage du latin à l’écrit passe avant tout par une connaissance de la grammaire latine par l’apprenant mais surtout par la connaissance de la construction de la phrase latine.

Dans notre langue maternelle, on pourra écrire :

« La malheureuse mère demandait à Dieu, par ses prières, la santé de son fils. » 

Cependant, cette phrase si l’on s’en tient aux règles grammaticales sort un peu des clous. Nous devrions dire, en respectant l’ordre sujet, verbe, COD, COI :

« La malheureuse mère demandait la santé de son fils à Dieu par ses prières. »

Les inversions en français sont faites par simple souci d’élégance. En latin, c’est la règle ! Notre phrase ci-dessus sera traduite en fonction de l’importance que l’on souhaite donner à tel ou tel terme :

Misera mater orationibus Deo filii sanitatem rogabat, c’est-à-dire (la) malheureuse mère (par ses) prières (à) Dieu (de son) fils (la) santé demandait.

Il n’y a pas d’articles en latin, c’est pourquoi certains mots sont entre parenthèses.

Prenons un autre exemple pour bien comprendre : Legatus mittit servum qui veut dire le légat envoie le serviteur. Cette même phrase peut être écrite de cinq autres manières différentes et pourtant elle voudra toujours dire la même chose :

  • Servum mittit legatus,
  • Mittit legatus servum,
  • Legatus servum mittit,
  • Servum legatus mittit,
  • Mittit servum legatus.

Mais alors comment peut-on savoir où est le sujet du verbe, le complément d’objet, etc. ?

Vous le savez déjà ! Grâce aux déclinaisons qu’il faut malheureusement apprendre par coeur, on n’y coupe pas !

C’est certainement le seul élément que l’on a besoin d’apprendre par coeur en latin, car lorsqu’on connaît ses déclinaisons, écrire le latin est un jeu d’enfant. Un peu comme une formule mathématique, il suffit d’appliquer la bonne désinence selon la place du mot dans la phrase et le tour est joué.

Il y a cinq déclinaisons à apprendre à chaque cas, toutes provenant de l’histoire du latin : nominatif, vocatif, génitif, accusatif, datif et ablatif.

Se familiariser avec une expression latine passe par la connaissance des déclinaisons. Autant vous pourrez utiliser un dictionnaire latin français lorsque vous traduirez pour trouver du vocabulaire latin, autant l’utiliser pour les déclinaisons est très fastidieux.

Les dictionnaires en ligne vous serviront uniquement à chercher un terme lexical obscur dans un texte d’Ovide par exemple.

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