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Qu’entend-on par cours de Français Langue Etrangère ?

De Alexia, publié le 04/10/2017 Blog > Langues > FLE > Quelles sont les Spécificités du FLE ?

Si les deux tiers de notre population ne maîtrise aucune langue étrangère, qu’en est-il des étrangers venus s’installer en France ?

Enseigner le français à des étrangers, en Alliance Française ou au sein d’une école de langue, est totalement différent que de l’enseigner à des collégiens et lycéens dont c’est la langue maternelle. C’est pourquoi les enseignants doivent connaître la didactique des langues et plus particulièrement la didactique du FLE.

Superprof répond aux interrogations sur les spécificités de l’enseignement du FLE et de la culture française.

Comment se déroule un cours de FLE ?

Comment construire un cours de Français Langue Etrangère ? Laisser les élèves s’entraider est un bon moyen de les faire progresser.

Avant d’intervenir devant toute la classe, le professeur de Français Langue Étrangère doit préparer ses cours. L’enseignant doit prendre en compte le niveau (niveau débutant, faux-débutant, intermédiaire, etc.) et l’âge du groupe qu’il va avoir, son origine et ses buts.

Il pourra ainsi mieux évaluer les séquences à donner, quoi étudier et en combien de temps. Il doit également connaître la durée du cours pour le préparer, les conditions matérielles (rétroprojecteur, tableau blanc, jeux…) et les conditions humaines (le nombre d’apprenants).

Lors de la première heure de cours FLE, il y a deux écoles :

  • Soit on se contente d’une approche superficielle du français avec la présentation de l’alphabet et un premier pas dans la culture,
  • Soit on entre directement dans le vif du sujet avec une approche très communicative. On apprend directement aux élèves à se présenter, à acquérir des compétences linguistiques et donc à parler français dès le premier cours.

Avec l’approche communicative, les élèves peuvent interagir directement avec le professeur mais également entre eux pour s’entraider et ainsi créer une cohésion de groupe, importante pour la suite.

La compréhension écrite, la compréhension orale, l’expression écrite et l’expression orale peuvent être abordées dès le premier cours simplement avec l’action de se présenter. L’enseignant dit « je m’appelle Damien », « j’ai 35 ans ». Il écrit sur des morceaux de papier les deux morceaux de la phrase et le but est de faire comprendre aux élèves comment associer les deux. Les élèves copient ensuite les phrases puis les répètent en modifiant avec leur âge et leur prénom.

Cela permet de travailler directement sur deux verbes importants de la langue française : avoir et être. Les élèves voient également des règles de phonétique pour apprendre à prononcer. Puis on enchaîne sur un premier apprentissage des chiffres et des nombres.

Vous avez dit dense ?

Mais apprendre une langue ne se fait pas en un jour. L’important est de revenir régulièrement sur ce qui a été appris en faisant des révisions à chaque cours de la leçon précédente pour bien ancrer l’apprentissage dans la mémoire à long terme.

Certains professeurs utilisent le jeu pour rendre le cours plus ludique. Pendu, dobble, memory cards… La seule limite est l’imagination du professeur pour faire travailler la lecture, l’orthographe ou encore l’association image/mot.

Le professeur de FLE doit tenir compte du cadre CECRL et opérer un savant équilibre entre les cinq activités langagières que sont la production de l’oral en continu, la production de l’oral en interaction, la réception de l’oral, la production écrite et la réception de l’écrit.

Comment progresse-t-on en cours de FLE ?

Où trouver des cours de Français Langue Etrangère ? Le matériel pédagogique utilisé joue également sur l’apprentissage d’une langue.

Les niveaux au sein d’un même groupe et entre les groupes de Français Langue Etrangère sont parfois très variables.

C’est pourquoi, beaucoup de professeurs évaluent le niveau des élèves à l’aide d’un test de connaissance dès la rentrée au premier cours. Plusieurs raisons à cela :

  • Le professeur ne connaît pas les élèves,
  • Les élèves proviennent de différentes classes,
  • Pour savoir quelles sont les compétences réelles des apprenants.

C’est grâce à cette évaluation de rentrée que l’enseignant pourra construire ses cours et leur évolution pour que les élèves puissent progresser tout au long de l’année.

Pour beaucoup d’élèves, faire des progrès dans l’apprentissage du français est un processus long et difficile. Les progrès s’inscrivent vraiment dans la durée et il est parfois décourageant de voir qu’on ne progresse pas comme on voudrait, voire qu’on régresse. L’enseignant est là pour soutenir chaque élève car la progression est individuelle et indépendante du groupe :

  • Les moments d’acquisition peuvent être très variables d’un individu à l’autre,
  • Les acquisitions sont hétérogènes,
  • Le principe d’une progression collective n’est pas efficace (surtout pour un travail phonétique).

Chaque élève fait donc l’objet d’un suivi personnalisé et individualisé.

La progression n’est pas linéaire et elle passe par des phases de régression tout à fait normales. Ainsi, on a tendance à beaucoup progresser au début, puis à stagner, voire à régresser et la phase de progression reprend mais plus lentement.

Comment se perfectionner en FLE ? Obtenir des compétences professionnelles en français dépend aussi du crible psychologique.

Par ailleurs, la progression de chaque élève est fortement liée au crible psychologique :

  • Le crible socio-culturel : c’est le plus ancré. C’est l’attitude ou le comportement de l’apprenant en fonction de ses rites, croyances, coutumes et culture d’origine (interculturalité avec celle de la France). Un exemple : la distance sociale varie beaucoup d’une culture à une autre,
  • Le crible personnel : en lien avec le passé, l’expérience, les connaissances des élèves. Il réfère également à la motivation et les attentes, construisant ainsi le profil psychologique de l’apprenant,
  • Le crible situationnel : le contexte de groupe et de cours collectif peut influer dans l’enseignement des langues comme le français.

Apprendre le français est ainsi plus ou moins aisé pour tel ou tel apprenant et dans tel ou tel contexte.

Les erreurs des élèves font partie intégrante du processus d’apprentissage. J’aime citer l’expression d’André Lamy : « l’erreur comme tremplin vers une expression juste ». Elle schématise parfaitement l’idée que l’important dans l’erreur est de la corriger et d’en tirer le meilleur parti. L’approche méthodologique du professeur doit tenir compte de cela.

A quel point les cours de FLE sont différents de nos cours de français ?

Les cours de français pour des apprenants dont c’est la langue maternelle n’ont pas grand chose à voir avec les cours de Français Langue Étrangère donnés à des étudiants étrangers; étudiants internationaux ou à des réfugiés non francophones.

Le français est étudié au collège et jusqu’en classe de première où il est sanctionné par un examen oral et un examen écrit comptant pour le baccalauréat. Au collège, les cours de français s’intéressent notamment à :

  • La pratique de la langue française à travers la grammaire,
  • La maîtrise de la langue française à travers l’orthographe,
  • L’analyse de la langue française à travers l’apprentissage de vocabulaire,
  • Le déroulement chronologique des époques à travers la lecture.

Au lycée, il est plutôt question d’enrichir sa culture littéraire, de développer une conscience esthétique, d’étudier la langue et de se former un esprit critique.

Le FLE est du français pour les étrangers. La progression de l’élève dépend aussi de son implication et de son envie d’apprendre.

Ainsi, en cours de français pour des natifs, on privilégie la lecture et l’analyse de textes du patrimoine français.

Le FLE se rattache davantage à un apprentissage des langues vivantes. Quand on débute en anglais, on ne connaît normalement pas grand chose. Le contexte est simplement différent : l’élève n’est pas « forcé » d’apprendre la langue pour se débrouiller puisqu’il demeure dans son pays d’origine contrairement aux apprenants en FLE qui sont souvent dans une situation précaire. Le français est un moyen de s’intégrer à leur pays d’accueil.

Ainsi, il ne sera nullement question d’étudier des œuvres littéraires mais plutôt d’apprendre des phrases utiles en français dans la vie quotidienne pour pouvoir se débrouiller rapidement.

La grammaire et l’orthographe sont bien sûr abordées mais dans un second temps et de manière moins poussée que pour des élèves français de collège et lycée. Le FLE est davantage étudié :

  • En faisant entendre la langue aux apprenants,
  • A travers des chants,
  • Avec des petites interactions verbales.

Le but étant que petit à petit, l’apprenant puisse communiquer simplement avec un interlocuteur parlant clairement.

Le FLE répond aux exigences du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) et s’inscrit ainsi dans un programme européen. Il faut donc répondre à des niveaux communs de référence allant de A1 (utilisateur élémentaire) à C2 (utilisateur expérimenté). La notion de tâche de l’approche actionnelle entre ainsi en ligne de compte. Autrement dit : l’usage de la langue n’est pas dissocié des actions accomplies par l’apprenant, qui est à la fois locuteur et acteur social.

Selon le ministère de l’Education Nationale :

« Communiquer, c’est utiliser un code linguistique (compétence linguistique) rapporté à une action (compétence pragmatique) dans un contexte socio-culturel et linguistique donné (compétence socio-linguistique) ».

En synthèse :

  • Un cours de FLE se déroule comme n’importe quel cours de langue et s’appuie sur 5 compétences à travailler. Il est donné en langue française principalement et laisse la place à une approche communicative dans la majorité des cas.
  • La progression en FLE est lente et parfois difficile. Elle dépend de critères culturels et contextuels mais également de la courbe de progression qui fait que chaque apprenant verra des phases de régression. L’enseignant doit encourager l’élève et corriger ses erreurs intelligemment.
  • L’apprentissage de la langue française pour des apprenants de langue et culture différentes n’a rien à voir avec les cours de française donnés en collège et lycée. Il s’agit réellement d’apprendre une langue pour pouvoir se débrouiller rapidement dans le pays. Ce n’est pas un cours d’alphabétisation, les apprenants parlant déjà une langue et ce n’est pas non plus un cours d’anglais du collège chez nos têtes blondes.

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