En réaction contre des auteurs baroques qui produi­sent des tragédies spectaculaires en multipliant les péripéties et les coups de théâtre, les partisans d'un art ordonné et mesuré codifient dès 1630 la tragé­die que l'on appellera classique.

La tragédie classique

Elle se caractérise par :

  • un sujet noble, puisé dans l'histoire antique, grecque, romaine ou biblique essentiellement ;
  • des personnages historiques ou légendaires de condition élevée (rois, héros mythologiques) ;
  • une action simple et grande. Obéissant aux règles des trois unités, de la vraisemblance et de la bienséance, l'action tragique doit :
    • servir une intrigue centrale unique ;
    • s'achever dans le chagrin ou le deuil ;
  • une structure stricte. Une tragédie doit :
    • se développer en trois phases - l'exposition, le noeud accompagné de péripéties et le dénoue­ment ou catastrophe (concrétisée le plus souvent par la mort d'un personnage) ;
    • se structurer ordinairement en cinq actes ;
    • l'exploitation des thèmes de la passion, de l'amour, de l'héroïsme, du devoir, de la vengeance ou de la fatalité ;
  • des procédés d'expression particuliers :
    • l'alexandrin, mètre unique et noble, est le vers tragique par excellence, traduisant autant la solen­nité des discours et le sublime des pensées élevées que le ton de la conversation quotidienne ;
    • le dialogue tragique est souvent fondé sur une logique de plaidoyer judiciaire – chaque person­nage étant tenu de justifier ses actes – ; il est le lieu des débats et de l'argumentation ;
    • les monologues et les stances sont réservés à la délibération personnelle ;
    • le récit tragique a pour fonction de faire l'éloge d'un héros ou de rapporter une péripétie impos­sible à représenter sur scène ;
    • un registre tragique ;
    • des fonctions morales et pédagogiques.

La tragédie vise à :

  • plaire et émouvoir
  • inspirer la terreur et la pitié afin de purger les passions des spectateurs (ce qu'Aristote appelle la catharsis), c'est-à-dire de donner aux spectateurs la possibilité d'évacuer leurs passions néfastes en s'identifiant aux personnages;
  • instruire par la peinture d'actions exemplaires ou condamnables, l'évocation du destin collectif des nations, l'énoncé de principes et de pensées graves.

La tragi-comédie

La tragédie ne doit pas être confondue avec la tragi-comédie, genre voisin qui s'est développé à l'âge baroque (de la Renaissance à l'époque classique : XVIe - XVIIe siècle) et dont le nom signifie « tragédie qui finit bien ». La tragi-comédie diffère de la tragédie par :

  • sa liberté envers les règles des trois unités – une tragi-comédie peut compter plusieurs intrigues, se dérouler sur plusieurs jours, mois ou années, utiliser plusieurs décors – et les règles de la vraisem­blance et de la bienséance ;
  • la multiplication d'événements romanesques (enlèvements, assassinats, retrouvailles spectacu­laires...) ;
  • son goût pour le coup de théâtre.

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Agathe

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