Chapitres
En littérature, les oeuvres ne sont rien sans la grâce.
Théophile Gautier
Particulièrement polyvalent, Théophile Gautier est cependant le maître inconditionnel du genre fantastique à la française, les livres de Théophile Gautier se rapprochant du style de l'auteur allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann.
Né en 1811, Théophile Gautier s'inscrivit dans le mouvement du romantisme, soutenant notamment Victor Hugo lors de la célèbre "bataille d'Hernani"1, événement durant lequel la représentation de Hernani de Hugo semblait gêner les défendeurs du théâtre classique.
Gautier s'inscrit alors ce soir-là dans le mouvement du romantisme, le monde basculant dans une nouvelle ère ! Cependant, Gautier se distingue des autres Romantiques de son époque en considérant que ce mouvement est trop politisé.
Surnommé "le fantastiqueur"2, Hoffmann devient alors la véritable source d'inspiration de Gautier, qui rédige dans son article Les Contes d’Hoffmann publié dans le mensuel littéraire Chronique de Paris le 14 août 1836 :
Hoffmann est populaire en France, plus populaire qu’en Allemagne. Ses contes ont été lus par tout le monde ; la portière et la grande dame, l’artiste et l’épicier en ont été contents.
Théophile Gautier
Obsédé par la beauté de l'art, Théophile Gautier procède, dans ses oeuvres, au culte de la beauté et de la forme (plutôt que du contenu). Le fantastique et l'étrange sont bien entendu des thèmes très présents au sein de son oeuvre, de même que les thèmes du voyage, de l'exotisme. Il faut dire que Gautier a voyagé très jeune, toujours avide de nouvelles découvertes !
Durant un total de
mois, Gautier voyage en Espagne, d'où son admiration pour le pays.
Les origines du fantastique chez Théophile Gautier
Influences littéraires et culturelles
Ses nouvelles découvertes au sein de voyages l'amènent à s'intéresser à l'occulte ainsi qu'aux civilisations anciennes. Gautier n'aime pas que tout semble s'expliquer, il rêve d'obscurantisme, d'irréel, de surnaturel transgressant les lois de la vie. Ses lectures de Hoffmann le mènent à considérer l'auteur allemand comme « un génie complexe et inépuisable »3.

Il devient alors le véritable importateur et perfectionneur de l'irréel en France et est fasciné par le rêve et l'occulte. Ainsi, dans ses oeuvres les plus célèbres, on retrouve notamment :
- Un pied de momie qui recherche le reste de son corps
- Une cafetière qui danse
- Une tapisserie vivante
- Une femme-vampire
- Un inventeur fou qui crée une machine pour voler dans le ciel
N'oublions pas que le contexte littéraire de l'époque, autrement dit le XIXe siècle, était propice à l'émergence du genre fantastique en France ainsi qu'aux livres de Théophile Gautier. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons majeures :
- Suite à la Révolution, les "enfants" des révolutionnaires s'ennuient dans ce monde si calme, en France tout du moins...
- Le théâtre classique est toujours perçu comme la norme, aussi les Romantiques cherchent à faire basculer ces règles trop rigides
- Suite au siècle des Lumières (XVIIIe siècle), le siècle "de la raison", pourrait-on dire, les Romantiques en ont assez de trop de science et de raison4 : ils cherchent de l'amour, de l'irréel, un brin de mystère !
- Enfin, c'est en traduisant enfin, en France, des auteurs étrangers tels que Hoffmann que l'on s'ouvre à d'autres cultures et visions. Hoffmann fut réellement l'inspiration de Gautier !
Esthétique du merveilleux entre rêve et “l’art pour l’art”
Bientôt, Théophile Gautier s'éloigne du mouvement littéraire et de la pensée de Victor Hugo, dont il reste malgré tout proche. Alors que Hugo considère que l'art doit être politique et donc avoir une visée, un but, être utile, en somme, Gautier ne veut aucun but politique pour l'art.
Alors que pour Hugo, des ouvrages comme Les Les Misérables doivent permettre d'élever socialement l'humain et de dénoncer la misère, entre entre autres, Gautier refuse d'apporter à ses ouvrages un aspect politique.

Gautier, lui, considère au contraire que l'art ne doit avoir pour but... qu'une seule chose : être beau ! Il invente alors le concept de "l'art pour l'art".
C'est à cette période qu'il déclare de manière célèbre aujourd'hui5 :
Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid ; car c’est l’expression de quelque besoin ; et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines.
Théophile Gautier
Ainsi, au sein de sa préface de Mademoiselle de Maupin, Théophile Gautier développe le concept de "l'art pour l'art"6. C'est ainsi qu'en écrivant des ouvrages et nouvelles fantastiques, Gautier cherche à utiliser l'irréel pour se débarrasser de tout message politique.
Étant donné qu'il considère que sa "mission", si mission il y a pour lui, est d'écrire et d'imaginer le beau, d'utiliser l'art pour toujours plus de beauté, alors il se sert justement de l'irréel pour transmettre une sorte d'excès de beauté : puisqu'il ne s'agit pas du réel, il peut inventer tout ce qu'il souhaite !
Une oeuvre fantastique narre une histoire ou des événements surnaturels au sein d'un univers et d'un contexte quant à eux purement réalistes.

Gautier refuse, en un sens, le réalisme et veut penser que tout ne s'explique pas, qu'il existe encore de nombreux mystères, d'où son intérêt croissant pour les sciences occultes ainsi que pour l'imaginaire et le merveilleux.
Dans ses histoires, au moins, il peut se réfugier et écrire des éléments sortant du naturel, du réel, tel que des tapisseries qui vivent la nuit, des momies...
Bien souvent, au sein de ces oeuvres, le personnage principal, qui est le narrateur, rêve !
Contes et récits fantastiques majeurs de Théophile Gautier
Analysons son travail en profondeur, à présent, via quelques-unes de ses oeuvres majeures.
| Oeuvre | Histoire résumée | Thèmes centraux |
|---|---|---|
| La Cafetière (1831) | Le narrateur voit la nuit le mobilier d'une grande demeure s'animer, et tombe éperdument amoureux d'une cafetière changée en femme. | - L'amour inacessible - Iréel / réel ? - Rêve - Illusion et perception des corps - Temps suspendu |
| La Morte amoureuse (1836) | Un jeune homme sur le point de prêter serment et de devenir prêtre rencontre une jeune femme qui change toute sa vie : il est prêtre le jour et amant la nuit. La femme est une vampire. | - Ambigüité féminine - La tentation charnelle féminine dépasse la foi - L'inaccessibilité de la femme |
| Le Pied de momie (1840) | Le narrateur entre chez un antiquaire et achète un pied de momie, qui appartiendrait à une princesse égyptienne. Celle-ci lui apparaît la nuit, il lui rend son pied et et demande à son père, en récompense, la main de la princesse, puis se réveille. | - Iréel / réel ? - Suprématie de l'art de conservation des Egyptiens comparé à l'époque moderne - Exaltation des paysages exotiques - La beauté est toujours conservée |
| Le Chevalier double (1840) | Une comtesse norvégienne tombe amoureuse d'un bohémien maléfique : elle accouche d'un enfant disposant à la fois du côté bon et mauvais, Oluf. Il va devoir se battre avec son deuxième lui. | - Identité double en chacun de nous - Méfiance vis-à-vis des hommes maléfiques - L'humain se bat contre lui-même intérieurement |
| Le Nid de rossignols (1833) | Deux cousines chantent divinement, mieux que les oiseaux. Un rossignol souhaite un défi : il perd et meurt en essayant de les vaincre vocalement. Les deux cousins finissent par mourir à force de chanter et de pousser leur art à la perfection. | - Les personnalités féminines irréelles, proches des anges - L'art pousse à la perfection - Le sacrifice pour la beauté parfaite de l'art - L'exaltation de la nature - L'appréciation de la solitude |
| La Mille et deuxième nuit (1842) | La princesse Shéhérazade a besoin de l'aide du narrateur pour l'aider à inventer un 1002e conte afin d'échapper à la mort. Le narrateur invente une romance. | - L'époque moderne n'apprécie plus la magie et ne rêve plus - L'imaginaire de l'ailleurs comme seule remède contre l'ennui - La beauté des paysages orientaux |
| Une Visite nocturne (1843) | L'ami savant fou du narrateur invente des créations tous les jours, jusqu'à réussir à voler dans le ciel. Mais après cette nuit, le narrateur ne le voit plus et se demande s'il était encore en vie. | - La tentative humaine de rivaliser avec le divin ou la nature - Le futur éventuel - L'irréel peut même s'inviter au sein d'un cadre urbain moderne simple et non exotique. |
La Cafetière (1831)
Il ne s'agit ici pas de n'importe laquelle des nouvelles fantastiques de Gautier : cette oeuvre fantastique de Théophile Gautier est la toute première ! Elle a été publiée pour la première fois dans Le Cabinet de lecture du 4 mai 18317. Découvrez la fiche de lecture de La Cafetière pour aller encore plus loin !
Le jeune Théophile n'a alors que
ans !
Très influencé par les contes d'Hoffmann à l'époque, Gautier narre l'histoire d'un jeune homme du nom de Théodore (tiens, tiens !) se rendant dans la demeure de deux amis, demeure au sein de laquelle à minuit, le mobilier prend vie. Il s'éprend d'une cafetière ne dansant pas, seule et magnifique. Mais lorsque l'aube pointe le bout de son nez, elle se transforme de nouveau en cafetière et se brise au sol, au grand désespoir de Théodore.
Se réveillant, apparemment endormi, Théodore est très troublé et l'est encore plus lorsque son ami lui explique que le dessin qu'il réalise, représentant la cafetière-femme, ressemble étonnement à sa soeur décédée. Théodore réalise que c'était donc elle et qu'il ne connaîtra jamais l'amour...
Et je sentis que, si jamais il m’arrivait d’aimer quelqu’un, ce serait elle. Je me précipitai hors du lit, d’où jusque-là je n’avais pu bouger, et je me dirigeai vers elle, conduit par quelque chose qui agissait en moi sans que je pusse m’en rendre compte ; et je me trouvai à ses genoux, une de ses mains dans les miennes, causant avec elle comme si je l’eusse connue depuis vingt ans.
La Cafetière, Théophile Gauthier
Encore une fois, le réel et l'iréel dansent ensemble : on ne distingue pas réellement la limite. Angéla la cafetière représente ici le premier des idéaux féminins (non-vivants) dont traite Gautier au sein de ses nouvelles fantastiques ; il y en aura bien d'autres !
L'auteur joue sur la perception et les corps : est-ce la lumière qui donne l'impression que les éléments bougent, ou bien le narrateur trop endormi ? Ou encore, serait-ce l'irréel prenant part un temps soit peu au réel ?
Le temps suspendu est également l'un des thèmes de prédilection de Gautier. Le désir ne semble pouvoir prendre vie qu'auprès des non-vivants.

Théophile Gautier souhaite-il révéler à quel point son idéal féminin est fantômatique, énigmatique et surtout... inaccessible ?
On pourrait penser que le choix du prénom du narrateur se rapporte à Théophile lui-même, Théodore étant relativement proche. Or il n'en est rien : l'auteur a choisi ce prénom afin de rendre hommage à son inspiration de toujours, à savoir Ernst Theodor Amadeus Hoffmann.
La Morte amoureuse (1836)
A cette époque, il faut se rendre compte que l'Eglise est encore extrêmement influente et Gautier s'intéresse de plus en plus fortement aux discordances entre le corps et l'esprit. Il est difficile, en son temps, de critiquer l'Eglise ou encore de parler de tensions entre désir et foi ! Cependant, ce sont les thèmes que l'on retrouve bel et bien dans La Morte amoureuse, que l'on peut considérer comme un récit romantique gothique.
Le narrateur narre son histoire lorsqu'il était sur le point de devenir prêtre et de prêter serment et qu'il croisa le regard d'une femme, qui depuis, le hanta. Alors qu'il n'avait jamais songé aux femmes, la vue de celle-ci le perturba tellement qu'il dut faire face aux tensions propres aux hommes de foi, à savoir le désir et l'illusion.
Cette nouvelle "doit beaucoup à la littérature noire de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle"8 ainsi qu'au conte fantastique d'Hoffmann, La Femme vampire. Clarimonde est effectivement une vampire qui boit le sang de son amant pour continuer à vivre, et Romuald, désespéré et ne se sentant pas digne de prêcher avec "des mains aussi impures et un esprit souillé par de pareilles débauches réelles ou rêvées"9.
Afin de l'aider dans son malheur, l'abbé Sérapion décide de l'emmener déterrer le cadavre de son amante. Une fois ceci fait, Romuald est meurtri car Clarimonde, furieuse, revient le voir la nuit et lui déclare que désormais, plus aucune communication entre leurs âmes et coprs n'est possible.
Hélas ! elle a dit vrai : je l’ai regrettée plus d’une fois et je la regrette encore. La paix de mon âme a été bien chèrement achetée ; l’amour de Dieu n’était pas de trop pour remplacer le sien. Voilà, frère, l’histoire de ma jeunesse. Ne regardez jamais une femme, et marchez toujours les yeux fixés en terre, car, si chaste et si calme que vous soyez, il suffit d’une minute pour vous faire perdre l’éternité.
La Morte amoureuse, Théophile Gautier
Nous avons une nouvelle fois l'idée de l'image féminine inaccessible. Ce que Gautier a principalement tenu à montrer au sein de cette nouvelle est le contraste entre la vie chaste et la vie romantique.

Il dépeint la vie chaste comme monotone, simple et ennuyeuse, froide même, tandis que la vie amoureuse, passionnelle, est synonyme de fureur, de jalousie, de rage et de pulsions...
Finalement, ce que montre Gautier ici est la chose suivante : un seul regard vers une femme qui attire un homme peut remettre l'intégralité de sa vie et de son avenir en doute.
L'amour est plus puissant de la foi, en somme... L'auteur éprouve un malin plaisir à confronter l'abstinence et la foi religieuse avec la tentation charnelle.
Le Pied de momie (1840)
Fasciné par l'Egypte ancienne, Gautier rédige donc cette nouvelle mêlant fantastique et surnaturel exotique, au sein de laquelle le narrateur entre dans un "bric-à-brac" et achète un pied de momie, alias le pied de la princesse Hermonthis, selon le vendeur.
Le soir (encore !), la princesse lui apparaît et dit rechercher son pied, qui par ailleurs s'agite devant lui. Il le lui rend, ce à quoi la princesse se réjouit et le présente au pharaon son père. Le narrateur demande au pharaon la main de sa fille, ce que celui-ci a du mal à accepter car le narrateur est mortel tandis qu'eux sont éternels, conservés depuis des millénaires...
« Le vieux Pharaon ne sera pas content ; il aimait beaucoup sa fille, ce cher homme. ». Particularité étrange et qui ne me rassura guère, l’apparition n’avait qu’un seul pied, l’autre jambe était rompue à la cheville.
Le Pied de momie, Théophile Gautier
Au matin, le narrateur se réveille mais à la place du pied de momie qu'il avait pourtant acheté la veille, il retrouve... un objet offert par la princesse. Gautier se moque une nouvelle fois de la limite entre réel et irréel, et de plus, il se moque du temps car son personnage parvient à rencontrer des personnages ayant vécu durant l'Egypte antique.
En
Théophile Gautier entreprend un voyage en Egypte.
Il est alors fasciné par les paysages et la beauté du pays, qu'il décrit avec un vocabulaire purement pictural, en bon peintre qu'il était (il faut rappeler que Gautier commença en effet une activité de peintre, avant de se trouver mauvais et d'arrêter !). Gautier fait le parallèle entre l'Egypte contemporaine et l'Egypte ancienne, mythique et "éternelle"10.
En somme, dans ses écrits concernant l'Egypte et même l'Orient plus globalement, Théophile Gautier "conduit à réévaluer l’Orient, non en fonction de sa capacité à s’adapter à la modernité occidentale, mais au contraire à lui résister pour offrir au monde une beauté première."11.
Le pharaon ironise également lorsqu'il parle de l'avantage des Egyptiens sur les contemporains, considérant ces derniers comme simples, peu robustes : "[Il] faut à nos filles des maris qui durent, vous ne savez plus vous conserver : les derniers qu’on a apportés il y a quinze siècles à peine, ne sont plus qu’une pincée de cendre ; regarde, ma chair est dure comme du basalte, mes os sont des barres d’acier. [...] Alors le vent aura dispersé le dernier grain de ta poussière, et Isis elle-même, qui sut retrouver les morceaux d’Osiris, serait embarrassée de recomposer ton être.".

Par ce personnage, Gautier en profite pour lancer une pique à l'humanité moderne : les Egyptiens ont réussi à braver le temps et à embaumer leurs corps, permettant ainsi une conservation quasiment impensable aujourd'hui.
Enfin, décryptons un peu le thème de la résurrection au sein de cette nouvelle. Que veut réellement nous montrer l'auteur ? Qu'en insufflant de la beauté, en préservant cette beauté, nous pouvons quasiment devenir immortels, tout du moins être conservés.
Gautier loue la faculté égyptienne à momifier les anciens vivants... Il veut montrer que la beauté est toujours là si l'on en prend soin, en somme !
Le Chevalier double (1840)
Non seulement Gautier admire l'Espagne et l'Egypte, mais il encense également les terres nordiques ! Dans cette oeuvre fantastique signée Théophile Gautier, la blonde Edwige, comtesse norvégienne, tombe amoureuse d'un bohémien et accouche d'un enfant détenant à la fois l'étoile verte (le bien, représentant le mari d'Edwige) et l'étoile rouge (le mal, représentant le bohémien). L'enfant, Oluf, est divisé entre deux entités : tantôt charmant, tantôt cruel, il alterne sans cesse entre ses deux étoiles.
Défaites-vous du chevalier à l’étoile rouge, ou je n’écouterai jamais vos propos d’amour ; je ne puis être la femme de deux hommes à la fois. ». Oluf eut beau faire et beau dire, il ne put seulement parvenir à baiser le petit doigt rose de la main de Brenda ; il s’en alla fort mécontent et résolu à combattre le chevalier à l’étoile rouge s’il pouvait le rencontrer.
Le Chevalier double, Théophile Gautier.
Brenda, séduite par Oluf, qui l'aime, lui réplique qu'elle ne peut épouser deux hommes : il doit se séparer de son double, le mal. Oluf ne comprend pas et repart, puis son "double", portant un casque aux plumes rouges, apparaît devant lui et tous deux se battent en duel à mort. Oluf termine vainqueur, et suffoque en voyant que sous le casque de l'ennemi, c'est son visage qu'il aperçoit ! Le spectre de Oluf à l'étoile rouge pousse un cri et disparaît pour toujours.

Brenda, heureuse, peut épouser Oluf à présent : il a vaincu le mal. Gautier, pour une fois, émet une sorte de morale à la toute fin de sa nouvelle :
"Cette histoire montre comme un seul moment d’oubli, un regard même innocent, peuvent avoir d’influence. Jeunes femmes, ne jetez jamais les yeux sur les maîtres chanteurs de Bohême, qui récitent des poésies enivrantes et diaboliques. — Vous, jeunes filles, ne vous fiez qu’à l’étoile verte ; et vous qui avez le malheur d’être double, combattez bravement, quand même vous devriez frapper sur vous et vous blesser de votre propre épée, l’adversaire intérieur, le méchant chevalier.12"
Nous avons tous deux une double nature en nous, selon Gautier : le schéma du Doppelgänger, autrement dit du double, de la double identité balançant tantôt vers le bien, tantôt vers le mal, est caractéristique des nouvelles de Gautier13.
Le Nid de rossignols (1833)
Une petite parenthèse très tendre et à la fois mélancolique avec cette nouvelle !
Théophile Gautier rédige ce conte lyrique en
en y mêlant merveilleux et surnaturel poétique.
Mais par-dessus tout, cette nouvelle est profondément ancrée dans le mouvement romantique. N'oublions pas qu'il s'agit de l'une des premières nouvelles de Gautier dans le genre fantastique.
Les thèmes romantiques sont extrêmement nombreux ici :
- des sujets intimes
- l'exaltation de la nature
- le désir de solitude (les deux cousines ne voient pratiquement personne et aiment vivre isolées)
- la fascination devant la beauté, et notamment devant la beauté de la nature
Les deux cousines, Fleurette et Isabeau, ont un don : elles chantent mieux que les oiseaux réunis. Un jour, un rossignol du parc leur demande de faire un concours, à celui ou celles qui chantera/ront le mieux.
Les deux cousines parviennent à surpasser les trilles du rossignol. En s'efforçant de faire mieux, le rossignol finit par s'épuiser et meurt. Avant cela, il demande aux cousines de s'occuper de ses petits, dans leur nid.
Les deux cousines élèvent les oisillons, cependant à mesure que le temps passe, elles deviennent plus pâles et s'usent à force de chanter. Finalement, elles finissent par mourir dans un champ du cygne...
Qu'est-ce que Gautier souhaite révéler ici ? Que l'art pour l'art est la perfection, que l'on doit accepter de se sacrifier pour l'art.

Finalement, avec l'art, on met tant d'énergie et de passion que l'on en meurt, ou tout du moins on n'en sort pas indemne, et c'est cela la beauté de l'art. Mais chez Gautier, également, il faut savoir que la recherche de la perfection absolue est dangereuse : selon lui, atteindre cette perfection extrême signifie que l'on ne peut plus appartenir au vivant, au réel.
Ainsi, Gautier n'eut de cesse de rechercher la perfection lyrique, et de constater que, selon lui, un travail méticuleux, presque un travail d'orfèvre, est nécessaire pour atteindre l'art véritable, ce qui demande un dévouement inébranlable.
Les deux cousines, sans se laisser effrayer par ce tour de force, tournèrent le feuillet de leur livre de musique, et répliquèrent au rossignol de telle sorte que sainte Cécile, qui les écoutait du haut du ciel, en devint pâle de jalousie et laissa tomber sa contrebasse sur la terre.
Le Nid de Rossignols, Théophile Gautier
La Mille et deuxième nuit (1842)
Témoignant de son admiration pour l'Orient, cette nouvelle réinvente Les Mille et une nuits, en un sens ! Dans cette nouvelle, la princesse Shéhérazade en personne rend visite au narrateur et lui demande de lui conter une histoire, car... elle est à court d'idées ! Il s'agit donc d'une histoire dans une histoire. Comme à son habitude, Gautier décrit le personnage féminin telle une idole, une statue, un être iréel.
Dans cette nouvelle, Gautier utilise l'imaginaire de l'ailleurs, ici de l'Orient, afin de démontrer que selon lui, l'Occident a "tué" l'imaginaire. Il se voit contraint d'inventer des histoires et de laisser aller, enfin, son imagination grâce au contexte, dans sa nouvelle, de l'Orient. L'ailleurs serait alors le seul remède à l'ennui !
Shéhérazade explique qu'elle a "épuisé le monde de la féerie ; les goules, les djinns, les magiciens et les magiciennes m’ont été d’un grand secours, mais tout s’use, même l’impossible"14. Ici, Gautier montre la perte de magie dans la société du XIXe siècle !

Sans même nous rendre là-bas, Gautier parvient à nous faire ressentir un réel et total dépaysement : c'est le vocabulaire qu'il utilise, très raffiné, précis et délicat, parfumé presque, qui nous permet de voyager virtuellement en le lisant... Ainsi, nous avons par exemple :
- "Un jour, Mahmoud-Ben-Ahmed se rendait au bazar pour acheter quelques flacons d’atargul et autres drogueries de Constantinople, dont il avait besoin. Il rencontra, dans une rue fort étroite, une litière fermée par des rideaux de velours incarnadin, portée par deux mules blanches et précédée de zebecs et de chiaoux richement costumés."15
- "Combien il se félicita alors de ne pas avoir cédé aux suggestions de ses amis qui l’engageaient à prendre femme, et aux portraits séduisants que lui faisaient les vieilles des jeunes filles à marier qui ont toujours, comme chacun le sait, des yeux de gazelle, une figure de pleine lune, des cheveux plus longs que la queue d’Al-Borac, la jument du Prophète, une bouche de jaspe rouge avec une haleine d’ambre gris, et mille autres perfections qui tombent avec le haik et le voile nuptial : comme il fut heureux de se sentir dégagé de tout lien vulgaire, et libre de s’abandonner tout entier à sa nouvelle passion !"16
- "L’air frais de la nuit, la beauté du ciel plus pailleté d’or qu’une robe de péri et dans lequel la lune faisait voir ses joues d’argent, comme une sultane pâle d’amour qui se penche aux treillis de son kiosque, firent du bien à Mahmoud-Ben-Ahmed, car il était poète, et ne pouvait rester insensible au magnifique spectacle qui s’offrait à sa vue."17
La précision millimétrée de Gautier nous emporte en Orient !
Votre sultan Schahriar, ma pauvre Scheherazade, ressemble terriblement à notre public ; si nous cessons un jour de l’amuser, il ne nous coupe pas la tête, il nous oublie, ce qui n’est guère moins féroce. Votre sort me touche, mais qu’y puis-je faire ?
La Mille et deuxième Nuit, Théophile Gautier
Une Visite nocturne (1843)
Dans cette nouvelle fantastique et scientifique, l'ami du narrateur est un inventeur savant fou, comme on a coutume de les appeler ! Il crée sans relâche, et parvient même à inventer un outil pour voler dans les airs. Le narrateur ne sait s'il rêve et essaye de se pincer, mais il n'entend plus parler de son ami les mois suivants son vol...
Ici, Gautier interroge sur les limites de la raison, et le contraste est particulièrement saisissant étant donné que le cadre de l'intrigue se situe dans un espace urbain moderne, ce qui contraste énormément avec l'invention de son ami.
Gautier traite également des inventions et de l'avenir éventuel : "L’architecture est renversée de fond en comble ; les fenêtres deviennent des portes, les cheminées des corridors, les toits des places publiques. Il faudra griller les cours et les jardins comme des volières. Plus de guerre ; la stratégie est inutile, l’artillerie ne peut plus servir ; pointez donc les bombes contre les hommes qui passent au-dessus des nuages et essuient leurs bottes sur la tête des condors. Dans quelque temps d’ici, comme on rira des chemins de fer, de ces marmites qui courent sur des tringles en fer et font à peine dix lieues à l’heure !"18.
Il se moque des chemins de fer et imagine l'avenir, en utilisant, comme à son habitude, des descriptions picturales extrêmement fortes. Mais aussi, il émet un doute quant à la capacité humaine à égaler la nature ou le divin : l'être humain ne peut naturellement voler sans machine, alors doit-il essayer ?
Son ami semble sûr de lui ("Mon cher, me dit-il après une pause, j’ai réussi tout à fait ; l’aigle n’est qu’un dindon à côté de moi. Je monte, je descends, je tourne, je fais ce que je veux, c’est moi qui suis Raimond le roi des airs."19), cependant il ne revient pas...

La grande nouveauté de ce texte concerne le cadre : on quitte les parcs enchanteurs, les paysages orientaux exotiques et paradisiaques, les voyages en Égypte ancienne ou encore les châteaux nordiques. Nous sommes tout simplement à Paris, dans la vie de bohème, et pourtant Gautier parvient, encore une fois, à créer un cadre fantastique au sein d'une ruelle toute simple, par le biais de ses métaphores et comparaisons.
J’ai un ami, je pourrais en avoir deux ; son nom, je l’ignore, sa demeure, je ne la soupçonne pas. Perche-t-il sur un arbre ? se terre-t-il dans une carrière abandonnée ? [...] Suivant l’usage des romanciers à la mode, je devrais vous donner le signalement de cet ami inconnu ; je présume que son passe-port doit être rédigé ainsi « Visage ovale, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, yeux bruns, cheveux châtains ; signes distinctifs : aucun. »
Une Visite nocturne, Théophile Gautier
Thématiques et symboles récurrents dans les oeuvres de Gautier
Le flou entre rêve et réalité
Chez Théophile Gautier, il y a une réelle réelle ambiguïté entre la rationalité et le surnaturel au sein des récits de Gautier, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Ainsi, l'irréel fait en quelque sorte "partie" du réel, si bien que systématiquement ou presque, la fin de ses nouvelles et autres ouvrages fantastiques montre qu'un élément n'est pas censé s'être déroulé, mais a apparemment eu lieu...
A titre d'exemple, à la fin du Pied de la Momie, le personnage se réveille, sorti d'un rêve étrange au cours duquel il a redonné son pied à une momie de princesse égyptienne, qui en échange lui a donné une figurine de pâte verte. Or, au lieu de retrouver le fameux pied de momie acheté la veille, il retrouve cette fameuse figurine de pâte verte... Rêve, ou réalité ?
Je m’avançai effectivement pour la prendre ; mais jugez de mon étonnement lorsqu’à la place du pied de momie que j’avais acheté la veille, je vis la petite figurine de pâte verte mise à sa place par la princesse Hermonthis !
Le Pied de Momie, Théophile Gautier
L’érotisme, le désir et les figures féminines surnaturelles
Tout au long de son parcours, Théophile Gautier représente des figures féminines surnaturelles (vampire, Shéhérazade, princesse égyptienne, cousines ressemblant à des anges et chantant mieux que les oiseaux, cafetière-femme...). Le thème de l'amour impossible ainsi que de l'image féminine inatteignable et fantomatique est omniprésent !
Ainsi, dans La Morte amoureuse, le personnage de Clarimonde est très ambivalent : elle est une vampire et souhaite sucer son sang afin de se maintenir "en vie", et bien qu'elle ne souhaite aucunement le tuer, elle lui suce tout de même ce qui lui permet de rester en vie... Mais ce que Gautier révèle par-dessus tout, c'est l'attrait pour le corps idéalisé ainsi que pour le visage "pur" et parfait.

Gautier dépeint ses personnages féminins principaux non comme des êtres humains, mais comme des statues de cire, des poupées, des anges presque...
Les figures féminines sont extrêmement fantasmées, mais donc inaccessibles et irréelles.
L’esthétique du détail et de l’irréel
Avec son oeil de peintre, Gautier témoigne d'un sens du détail incroyablement riche, que ce soit pour décrire ce qui l'entoure dans le monde réel ou bien ce qu'il invente dans le monde de l'irréel, d'ailleurs !
Le fait qu'il ait énormément voyagé l'a aussi aidé à pouvoir décrire avec une précision monstre les décors de ses intrigues, souvent au sein de cadres exotiques.
Une place prépondérante est en effet accordée à la description des décors et des personnages20 !
Réception critique et héritage littéraire de Gautier
Baudelaire a dédicacé ses Fleurs du Mal à Théophile Gautier21, le considérant comme son "maître" ! Il est le chef de file des auteurs romantiques et fantastiques, au même titre que Victor Hugo, bien que ce dernier soit le maître incontesté du romantisme. On l'admirait et on l'admire encore de nos jours pour la richesse de son vocabulaire, semblant inépuisable en effet !
De plus, son oeil de peintre embellit ses écrits et permet aux lecteurs et lectrices de voyager rien qu'en lisant ses récits exotiques. En 1862, il est élu Président de la Société nationale des Beaux-Arts !
Théophile Gautier, grand romantique et passionné de voyages, d'exotisme et de fantaisie, est le maître de la fantaisie en France. Nombre d'auteurs se réclament de lui ! Les contes et récits fantastiques de Théophile Gautier témoignent de sa passion envers l'art, de la beauté parfaite de la nature et de l'art, ainsi que de sa vision de l'inaccessibilité féminine.
Exercice : questions et réponses
Sources
- RADIOFRANCE [www.radiofrance.fr], "Victor Hugo et la bataille d'Hernani", 10 janvier 2021, https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/autant-en-emporte-l-histoire/victor-hugo-et-la-bataille-d-hernani-3404648. Consulté le 22 janvier 2026.
- GEISLER, Louise, "L'univers fantastique d'E. T. A. Hoffmann", 08 janvier 2025, https://www.operanationaldurhin.eu/fr/le-magazine/lunivers-fantastique-de-t-a-hoffmann. Consulté le 22 janvier 2026.
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