« Le paysage Français est aussi pur qu’un vers de Racine. » Paul Cézanne

L’épreuve de français est pour la majorité des élèves du secondaire l’une des premières parties des examens du baccalauréat général (S, ES, L, STG). C’est une épreuve anticipée cruciale permettant de gagner des points d’avance sur les épreuves de l’année de Terminale.

Celle-ci se compose d’une question sur corpus – basée sur trois ou quatre textes, parfois une image ou un tableau) et d’un travail d’écriture au choix (dissertation, commentaire de texte ou écriture d’invention).

Voici la méthode à suivre pour réussir cette partie redoutée de la question sur corpus en Première.

Le programme du bac de français en Première

Se mettre en condition d'examen pour être serein en juin ! Les programmes officiels : à quoi s’attendre ? Travailler sur des anales peut être un bon entraînement !

Obtenir une bonne note à l’épreuve écrite de français à la fin de l’année de Première conditionne la réussite au baccalauréat, dans la mesure où tous les points engrangés au-dessus de 10/20 sont des points bonus à créditer à la moyenne des épreuves terminales.

A l’inverse, une note inférieure à 10/20 risque de pénaliser le candidat, car il lui faudra redoubler d’efforts en Terminale pour réussir le bac.

Le bac 2019 de français

Ne poussez pas des cris d’orfraie à cela : si la question sur corpus est redoutée – et l’on comprend bien qu’il est difficile de produire une belle analyse littéraire à l’âge de 16 ou 17 ans -, elle n’est pas impossible !

Car elle suit les programmes officiels ainsi que les textes et œuvres littéraires étudiées en classe avec le professeur de français tout au long de l’année scolaire.

Jusqu’à la rentrée 2019, les programmes officiels datant du bulletin officiel du 30 septembre 2010 induisent quatre objets d’étude communs à toutes les séries générales du lycée (L, ES, S) et deux objets d’étude spécifiques à l’enseignement de la littérature en filière littéraire.

Voici donc les programmes pour l’année 2018-2019 et pour la session de juin 2019 :

  • Le personnage de roman du 17ème siècle à nos jours,
  • Le texte théâtral et sa représentation du 17ème siècle à nos jours,
  • L’écriture poétique et quête du sens du Moyen-Âge à nos jours,
  • La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du 16ème siècle à nos jours.

Et pour les élèves inscrits en Première L :

  • Vers un espace culturel européen : Renaissance et humanisme,
  • Les réécritures du 17ème siècle à nos jours.

Chacun des thèmes porte un corpus de textes à étudier durant l’année.

Le personnage de roman nécessite l’étude d’un roman paru depuis le 17ème siècle à nos jours, au choix de l’enseignant, ainsi que des groupements de textes publiés à d’autres époques : par exemple, Les Misérables de Victor Hugo et Germinal, d’Émile Zola.

Le thème du texte théâtral requiert l’analyse d’une pièce de théâtre du 17ème siècle à aujourd’hui, au choix du professeur, et d’un ensemble de pièces visant à élargir la culture littéraire des élèves : Bérénice, de Jean Racine et Antigone de Jean Anouilh.

Le thème de la poésie impose d’étudier un recueil de poèmes en vers ou en prose du Moyen-Âge à aujourd’hui et un ensemble de textes datant d’une autre époque que celle du recueil de poèmes.

Le dernier sujet d’étude demande d’analyser un texte long – essai, pamphlet, plaidoyer, discours, fables ou satires, etc. – et un ou deux groupements de textes permettant d’élargir la culture littéraire des élèves.

Enfin, pour les candidats au baccalauréat littéraire, les deux enseignements de spécialité sont les suivants :

  • Renaissance et humanisme : une oeuvre intégrale ou de larges extraits d’une oeuvre française, depuis le 16ème siècle, relative à l’humanisme, et un ensemble de textes plus courts de littérature européenne,
  • Les réécritures : deux œuvres de genres éventuellement différents, en complément à une série de textes d’une autre époque.

A noter qu’une refonte des programmes officiels est prévue à l’horizon de l’été 2019 pour l’année scolaire 2019-2020.

Le bac après la rentrée 2019

Ces nouveaux programmes – parus au bulletin officiel du 22 janvier 2019 – changent les thèmes à étudier, qui deviennent :

  • La poésie du 19ème siècle au 21ème siècle,
  • La littérature d’idées du 16ème siècle et 18ème siècle,
  • Le roman et le récit du Moyen-Âge au 21ème siècle,
  • Le théâtre du 17ème siècle au 21ème siècle.

Par ailleurs, les programmes imposeront une oeuvre par thème, soit 4 obligatoires dans l’année scolaire et choisies par le ministère via les programmes officiels, ainsi que la lecture cursive d’une seconde oeuvre datant d’une autre époque.

Un(e) élève de Première devra donc lire et étudier 8 œuvres au total : c’est un « projet » on ne peut plus ambitieux, qui a fait s’élever beaucoup de voix de la part des enseignants de lettres modernes, pour l’invectiver.

Et les 4 ouvrages obligatoires au programme seront sélectionnés parmi une banque de 12 œuvres, renouvelés par moitié tous les ans. Les programmes changeront donc à chaque nouvelle session du bac…

En supprimant le libre choix par l’enseignant des œuvres à lire, il est en effet reproché au ministère de l’Éducation Nationale de porter un coup sévère à la liberté pédagogique des enseignants et de leur imposer un processus de contrôle accru de leurs compétences.

Conseils pour réussir la question de corpus

Connaître la littérature, c'est enrichir son esprit critique ! Le français en Première, sert à découvrir les merveilles de la poésie plus que préparer un examen…

Les épreuves anticipées du bac de français durent 4 heures, un temps imparti qu’il convient de gérer dans des conditions idoines.

Il est recommandé de bien soigner son brouillon, mais de ne pas s’y attarder trop longtemps : on ne devrait pas passer plus d’une heure sur l’exercice.

Celui-ci n’est en effet noté que sur 4 points et les 16 points restants nécessitent un examen approfondi et un soin particulier porté à l’écriture (dissertation, commentaire de texte ou écriture d’invention).

Si deux questions du corpus sont à traiter, il ne faut surtout pas y répondre ensemble, mais rédiger deux réponses distinctes, avec chacune leur méthodologie (introduction, développement court et conclusion).

Le candidat n’a pas beaucoup de temps pour réaliser l’exercice – 1 heure tout au plus -, aussi faut-il être concis et synthétique et se focaliser sur les éléments de comparaison entre les textes plutôt que de tenter de faire une analyse littéraire approfondie.

Ne jamais rédiger intégralement le devoir au brouillon, car vous risqueriez de manquer de temps pour tout recopier au propre sur la copie.

Le brouillon sert au travail préparatoire, non à la rédaction !

De plus, il est recommandé de ne pas dépasser une page et demie, afin bien sûr de consacrer le plus de temps sur le travail d’écriture (noté sur 16 points).

Habituez-vous à cet exercice pour ne pas être pris(e) au dépourvu ce jour de juin où vous composerez.

Pour cela, il est essentiel de lire un maximum et de bien réviser les analyses faites en classe.

Aussi faut-il faire tout au long de l’année de Première, plusieurs questions de corpus, en se mettant en situation d’examen.

Notre conseil est de faire systématiquement une fiche de lecture par ouvrage lu, de manière à mémoriser les grandes lignes (biographie, date, contexte socio-historique, intrigue et personnages, critique philosophique ou morale) du livre sans avoir à tout relire à l’échéance de l’examen.

Vous êtes prêt(e) ? Vous connaissez les œuvres de Montaigne, Rabelais, Racine, Corneille, Molière, Voltaire, Rousseau, Flaubert, G. de Maupassant, V. Hugo, E. Zola, A. Camus ou de  J. Giono ?

Allons-y pour la question de corpus !

Présentation de la question de corpus

Aborder le roman et les mouvements littéraires permet de comprendre le monde actuel. Thérèse Raquin, troisième roman d’E. Zola : un monument du naturalisme.

La question de corpus se présente sous la forme d’une question notée sur 4 points, qui aide notamment à préparer le travail d’écriture qui suit l’épreuve du bac.

La réflexion induite par cette question et par les extraits de textes aide en effet à identifier les grandes idées que le candidat devra dégager dans le sujet.

A l’ouverture du sujet, le candidat reçoit un corpus de textes dont il faut faire l’étude comparative en rapport avec l’énoncé, une ou plusieurs questions.

Il convient donc de repérer les points communs et les différences entre les textes, images ou tableaux.

La question centrale porte généralement sur de grandes thématiques de littérature (la guerre, la liberté, la mort, l’utopie), les différents registres de littérature (texte lyrique, polémique, pamphlétaire ou pathétique) et visent un but particulier (argumentaire, plaidoyer, compassion du lecteur).

A noter que le corpus peut se constituer d’une oeuvre intégrale brève ou d’un extrait long n’excédant pas trois pages.

A cette/ces question(s), des réponses entièrement rédigées dans un français impeccable sont donc attendues par les correcteurs du jury au bac.

Ainsi sont évaluées les capacités à :

  • Analyser les textes et à les comparer rapidement,
  • Comprendre l’énoncé,
  • Répondre de façon pertinente à la question,
  • Interconnecter les connaissances avec le(s) texte(s),
  • Produire une expression écrite cohérente (grammaire, orthographe, syntaxe, vocabulaire).

La session 2018 du bac de français en Première portait sur le quatrième objet d’étude du tronc commun : « la question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du 16èmes siècle à nos jours ».

La question était la suivante : « Quels comportements humains les auteurs du corpus dénoncent-ils ? », à traiter selon quatre extraits suivants :

  • Texte A : Montaigne, Essais, livre II, chapitre 11 « De la cruauté », (1580-1588), adapté en français moderne par André Lanly,
  • Texte B : Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, préface (1754),
  • Texte C : Voltaire, Dictionnaire philosophique, article « Bêtes » (1764),
  • Texte D : Marguerite Yourcenar, Le Temps, ce grand sculpteur, « Qui sait si l’âme des bêtes va en bas ? » (1983).

Rassurez-vous !

Si vous avez travaillé régulièrement pendant l’année, vous ne risquez pas de tomber sur un thème inconnu. Alors même si vous n’avez jamais croisé l’auteur choisi dans le sujet, les thèmes abordés vous seront familiers si vous avez bien travaillé les textes !

La rédaction de la question de corpus

L’important, le jour de l’examen, est de ne pas se laisser envahir par le stress.

La question de corpus suit une méthodologie bien précise qui fait passer l’exercice pour simple si celle-ci est bien acquise.

Voici comment procéder le jour de l’épreuve :

  • Lire d’abord la question avant les textes : pour cerner de quoi il s’agit,
  • Repérer les mots-clés de la question,
  • Écrire au brouillon des axes de recherche en lien avec la question,
  • Lire les textes pour avoir une compréhension globale,
  • Souligner les éléments fondamentaux du texte (genre, registre, thèmes, siècles de parution),
  • Noter les points communs et les différences entre les textes,
  • Faire une ébauche de plan prévoyant deux ou trois paragraphes.

Il est conseillé de faire un plan qui permet de confronter les textes et non d’élaborer un plan texte par texte.

Au brouillon, il est possible de trier et hiérarchiser les points communs et différences entre les textes sous la forme d’un tableau comparatif, par exemple :

 Candide, de VoltaireLa peste d'Albert CamusMisère d'Aggripa d'Aubigné
GenreConte philosophiqueRoman (récit)Poème
Thèse de l'auteurDénonciation de l'injustice et de la guerreLutte contre les fléaux de la condition humaine (guerre, pouvoir, autorité, isolement et solitude).Dénonciation des guerres de religion, guerres fratricides
RegistreIroniqueFantastiquePolémique

Cela servira grandement à confronter les textes et à tirer des grandes lignes.

Or ces grandes lignes vont constituer votre plan.

Ainsi, votre réponse doit comporter cinq ou six étapes :

  • Une phrase d’introduction, citant les textes et le thème de la question,
  • Un développement avec un paragraphe par idée,
  • Paragraphe 1 : textes 1 et 2 (par exemple),
  • Paragraphe 2 : textes 3 et 4 (par exemple,
  • Paragraphe 3 : textes 1, 3 et 4 (par exemple),
  • Une phrase de conclusion.

Lors de la rédaction, il faut présenter l’objet d’étude dans l’introduction (théâtre, argumentation, poésie) et le thème (guerre, liberté, mort, amour, passion, etc.).

Il est conseillé de reformuler dans un style indirect la question de l’énoncé afin de montrer au correcteur que l’on a bien compris ce qui était attendu.

L’introduction est conclue par une annonce rapide du plan.

Les paragraphes du développement doivent suivre le plan annoncé, comme un fil conducteur de l’analyse.

Chaque idée et chaque argument doit être illustré, pour avoir une force probante, par un exemple ou une citation d’un texte.

Rappelez-vous : les citations, sans paraphraser, sont des arguments d’autorité qui étayent bien l’analyse.

Toujours se relire méticuleusement afin de veiller à soigner l’orthographe et la syntaxe : il serait dommage de perdre des points malgré une question de corpus parfaite.

Enfin, la conclusion est une petite phrase qui répond à la question initiale, elle permet de clore l’exercice.

Exemple de question de corpus : le texte théâtral

La question de corpus : comment confronter les textes ? « Ô rage ! Ô désespoir ! » La tragédie, un genre incontournable du théâtre.

Pour vous aider voici un exemple de rédaction d’une question de corpus, mis en ligne par un élève en classe de Seconde.

« La perte d’un bien, de l’honneur, d’un privilège et d’un être ont été décrits dans ces pièces de théâtre : l’Avare écrit en 1668 par Molière, Le Cid en 1637 par Corneille, On ne badine pas avec l’amour en 1834 par Musset et L’Inattendu en 2001 par Melquiot. Ces auteurs sont tous de célèbres dramaturges Français. Nous expliquerons de quelles manières les auteurs nous font ressentir les sentiments, les caractères des protagonistes à travers les procédés stylistiques employés.

Nous pouvons constater que ses textes sont des extraits de pièces de théâtre : nous pouvons le confirmer grâce aux didascalies nous précisant quel personnage prend la parole : « Don diègue » (L.1) dans Le Cid, « Harpagon » (L.1) dans l’Avare, « Maître Bridaine » (L.2) dans On ne badine pas avec l’amour. Elles nous indiquent également ce qu’ils font « Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau » (L.2) avec Molière ou où il se trouve: « La salle à manger, On met le couvert » (L.1) dans le texte de Musset.

Ces extraits de pièces de théâtre sont tous des monologues. Ils permettent à l’auteur de traduire la souffrance des protagonistes et leurs sentiments causés par cette perte. Ces personnages ne ressentent pas la même chose et les auteurs varient les procédés stylistiques pour accentuer ces différences :

Ces 4 auteurs utilisent des Anaphores. « Où est-il, où se cache-t-il, où courir, où ne pas courir » dans l’Avare (L.4). L’usage de verbes et de phrases très courtes montre bien l’état d’excitation dans lequel se trouve Harpagon. On retrouve cette longueur de phrase dans le Cid mais sans verbe : « O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie ! »(L. 1). On n’y retrouve donc pas la perte de contrôle d’Harpagon. A l’inverse les tirades des deux autres textes : « Adieu vénérable fauteuil où je me suis renversé tant de fois gorgé de mets succulents. Adieu […]. Adieu […]. » (L.9-12) dans On ne badine pas avec l’amour et ou « Je t’ai cherché les mains grandes ouvertes […], je t’ai cherché […], je t’ai cherché […] (L.14-16) dans L’Inattendu sont construites sur des phrases longues. Elles nous révèlent une réflexion plus importante des protagonistes. Le terme Adieu et l’utilisation du passé composé dans « Je t’ai cherché » nous signale le renoncement de Maître Bridaine et de Liane.

Plus généralement, les phrases sont très courtes dans l’Avare ou très ponctuées : « Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent »(L.1-2) nous faisant entrevoir la perte de moyen qu’il subit qui s’ajoute à son énervement exprimé avec des points d’exclamation « Au voleur! À l’assassin! Au meurtrier! » (L.1). On retrouve ces exclamations dans Le Cid : « O rage ! O désespoir! O vieillesse ennemie »(L. 1) et dans le texte de Melquiot : « O malheureux que je suis ! » (L. 3). Elles dévoilent l’incompréhension et le sentiment d’injustice des protagonistes.

Le niveau de langue utilisé dans le texte de Corneille « infamie »(L.2), « flétrir »(L.4) et « affermi » (L.7) est soutenu. Il est constitué de rimes « ennemie[…] infamie » (L.1-2), « guerrier[…] lauriers » (L.4-5) et d’Alexandrins. Il l’est également dans On ne badine pas avec l’amour. Ceci accentue l’impression de réflexion de Don Diègue et de Maître Bridaine au contraire d’Harpagon. Par contre Melquiot utilise des termes familiers voire vulgaires : « fichu » (L.16), « mon salaud »(L.18) et «  vas te faire foutre »(L.19). Ceci accentue le sentiment de colère de personnage.

Molière utilise donc différents moyens stylistiques pour nous faire ressentir la perte de contrôle de soi d’Harpagon qui accompagne celle de sa cassette. Corneille au contraire nous présente un personnage plus réfléchi mais tout autant désespéré de la perte de son honneur. Musset nous décrit un Maître Bridaine réfléchi et qui renonce à son privilège. Enfin Melquiot nous montre Liane triste et en colère. »

Cet exercice vous effraie encore et vous ne vous sentez pas avoir le niveau ?

Rassurez-vous : avoir son bac de signifie pas postuler à l’Académie Française ! Entraînez-vous régulièrement et vous aurez mis toutes les chances de votre côté pour réussir au mieux l’examen.

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