Une brève histoire du genre

La comédie n’est pas née avec Molière, loin de là.

Dans l’Antiquité déjà des auteurs se sont illustrés dans ce registre, bien que ce ne fût pas le plus noble[2]. Citons le dramaturge grec Aristophane qui, dans les Nuées, ridiculise Socrate : un paysan confie au philosophe l’éducation de son fils lequel ruine son père et finit par le battre en lui démontrant qu’il a raison. La comédie latine est illustrée par Plaute qui campe des figures dont Molière se souviendra. C’est le cas de la pièce Amphitryon, histoire d’un mari berné, adaptée par Molière en 1668.

Au Moyen-âge, les comédies utilisent comme ressort principal la farce avant d’être influencées par la commedia dell’arte arrivée en France au milieu du 16ème siècle, qui privilégie la gestuelle et le jeu. Pur divertissement, elle repose essentiellement sur la virtuosité des acteurs professionnels.

Au début du 17ème, le genre est délaissé pour plusieurs raisons : les gens en ont assez et privilégient la tragédie ou la tragi-comédie ; ils craignent aussi de se rendre au théâtre tant le lieu est peu sûr ; enfin,  les acteurs comiques manquent cruellement. Il faut attendre quelques comédies du jeune Corneille et l’avènement de Molière pour voir se développer la comédie classique. La comédie-ballet connaît alors un succès retentissant.

Au 18ème, deux auteurs illustrent un tournant dans le genre comique : Marivaux et Beaumarchais. Le comique de langage témoigne d’une tension psychologique des personnages. Les obstacles à l’amour ne sont plus extérieurs aux personnages mais liés à leurs propres hésitations ou tergiversations.

Au 20ème siècle, le théâtre de boulevard ou les vaudevilles de Courteline, Feydeau ou encore Labiche du siècle passé évoluent vers un théâtre d’auteurs qui imposent leur vision du monde. Il faut dire que les événements de ce siècle et en particulier les deux guerres mondiales vont assombrir considérablement le genre. Le vaudeville est un théâtre léger, pour ne pas dire grivois dans lequel les enjeux sont essentiellement matrimoniaux[3].Citons toutefois Guitry ou encore Pagnol et sa trilogie marseillaise[4], qui, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, laissent place à un peu de légèreté. La période d’après-guerre voir naître un sous-genre nouveau : la farce tragique, incarnée par Eugène Ionesco ou le théâtre de l’absurde sous la plume de Samuel Beckett. Difficile de rire après avoir vécu le pire. Pour preuve cette association faite par Ionesco : « Le comique est tragique et le tragique de l’homme, dérisoire.[5] »

Quelle place reste-t-il alors au comique ? On ne peut d’ailleurs pas dire que ces pièces fassent rire. C’est noir, sombre parfois anxiogène mais la dénonciation y est féroce et l’absurde peut parfois faire sourire ; mais c’est un sourire qui dit beaucoup de notre propre condition humaine, désespérée.

Il faudra attendre la fin des années 70 pour voir renaître des comédies farcesques sans autre but que le divertissement.

Les différentes sortes de comiques

On distingue traditionnellement plusieurs  niveaux de comique : le comique de gestes, de situation, de caractère et de langage (aussi appelé comique de mots)

-         Le comique de gestes : est la forme la plus élémentaire. Issu de la farce, ce comique est accessible et s’exerce toujours dans certains numéros de clowns : gifles, coups de bâtons et autres cabrioles ou chutes. Bergson dira du comique du mouvement : Les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l’exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique.  (p.23) L’automatisme installé dans la vie et imitant la vie, voilà la source de ce type de comique.

-         Le comique de situation : une homme caché dans un placard ou un malentendu (quiproquo), telles sont les deux formes les plus répandues du comique de situation. Il implique la prise en compte d’un contexte pour être compréhensible et drôle. Il faut y ajouter les déguisements ou les substitutions et les renversements de rôles : ces derniers ne sont finalement qu’une manière plus raffinée de se déguiser. C’est le comique qui en jeu au Carnaval ou plus anciennement dans les Saturnales, ces fêtes romaines pendant lesquelles les esclaves prenaient la place de leurs maîtres. L’île des esclaves de Marivaux, au 18ème, fonctionne sur ce modèle. Ce comique est plus à même de véhiculer une critique sociale que ne le ferait le comique de gestes, moins polémique.

Document : Plantu, Wolfgang,  tu feras informatique ! (1988) : l’oral du punk

-         Le comique de caractère : découle de l’ambition de la comédie de « peindre le ridicule ». Il caricature des faiblesses humaines en exemplifiant certains traits de caractère à travers des personnages types. Molière s’appuie beaucoup sur ce type de comique mais il n’est pas le seul ; La Bruyère, nous l’avons vu, fait de même.

Cf. La Bruyère, Les Caractères ou les mœurs de ce siècle, portrait Giton et Phédon, le riche et le pauvre.

L’un des ressorts de ce type de comique repose sur le contraste entre l’image que le personnage se fait de lui et ce qu’il est en réalité.

Exemple : Molière, Le Bourgeois gentilhomme. Monsieur Jourdain aspire à appartenir à une classe sociale élevée et s’imagine qu’il suffit de quelques atours pour le faire croire. Il est rendu ridicule par le contraste entre l’image qu’il veut donner de lui (celle d’un aristocrate cultivé) et ce qu’il est en réalité (un simple bourgeois, inculte)

Un autre ressort du comique de caractère repose sur l’automatisme du langage qui traduit l’idée fixe d’un personnage[6]. C’est par des expressions redondantes que les personnages finissent par dévoiler, malgré eux, la tare qu’ils tentent tant bien que mal de dissimuler

Exemple : Molière, L’avare. Harpagon laisse paraître son avarice à mesure que l’expression « sans dot » revient dans sa bouche face aux arguments de Valère qui veut épouser sa fille.

-         Le comique de langage (ou de mots, ou encore verbal) : est sans doute le plus vaste tant ses réalisations sont nombreuses et de nature variée. On peut distinguer dans cette forme de comique différents types selon les mécanismes sur lesquels il repose.

*La déformation de la langue : le jeu est courant et se pratique encore beaucoup. Le patois dans la scène des paysans de Dom Juan de Molière mais aussi les accents étrangers, les fautes de grammaire, le jargon médical ou juridique, et même les néologismes sont des ressorts comiques importants.[7]

Exemple : Alfred Jarry, Ubu roi : Père Ubu, personnage lâche et cupide devient roi et compte bien le rester. Il s’exprime dans un langage grossier et inventif ; il n’a de cesse de répéter les formules ou mots suivants : « de par ma chandelle verte » ou encore « merdre[8] »

*L’hyperbole : figure d’exagération, elle participe de ce type de comique de langage. La vantardise d’un personnage[9], ou l’intransigeance d’un autre sont autant de sources de comique.

*Les jeux de mots : c’est l’une des formes les plus subtiles de comique de langage. Elle fait appel à la créativité, à l’inventivité et prend parfois un caractère poétique. Moins accessible, elle suppose une bonne connaissance de la langue et un esprit vif. Le maître en la matière réside sans doute dans la personne de Rayond Devos dont les sketchs sont souvent très fins, parfois complètement loufoques.

Document : Dossier sur Raymond Devos[10]

Plusieurs techniques peuvent être distinguées : l’homonymie, la double entente ou syllepse[11], les mots ou traits d’esprit[12], souvent décalés et brillants. Le panel est infini.

Document : Y.Reza, Art. Fiche sur les différentes formes de comique dans la pièce.

 Les mécanismes du rire

Encore une fois, rappelons que l’analyse du comique tue sa spontanéité : décortiquer ce qui fait rire dans un texte ou une situation permet de comprendre les ressorts du comique mais ne fait aucunement rire.

Le comique en général est un art de la mise à distance (Mallet). Son émergences suppose deux grands principes : l’écart par rapport à une norme et la supériorité du rieur sur celui qui rit.

Une ménagère qui fait ses courses, un peintre en bâtiment qui fait son travail, un professeur qui enseigne : ces situations ne se prêtent pas spontanément au rire. Et pourtant, dans le quotidien, il y a matière à rire à partir du moment où un décalage naît dans ce qui est normal. Mettez une armure à votre ménagère, un tutu rose à votre peintre et un bonnet d’âne à votre professeur et le comique peut émerger.

La transgression sociale (un valet qui se fait passer pour un maître ou une servante qui devient médecin) mais aussi une négation de la logique ou de l’évidence (des hommes qui barrissent en se transformant en rhinocéros comme dans la pièce de Ionesco) sont autant de sources du comique qui exemplifient un décalage, un écart, un hiatus. Dans ce dernier exemple, le décalage passe par une déshumanisation du personnage. Nous retrouvons une fois de plus la définition bergsonienne du rire : du mécanique plaqué sur du vivant.

La réification comme la personnification provoquent le rire.

La supériorité du rieur (du spectateur) a été à l’origine de nombreuses conceptions négatives du rire. L’écart ne suffit pas au comique ; il faut également que le rieur se juge exempt (à tort ou à raison) du défaut dont il rit ou de la situation risible (à moins qu’il ne fasse preuve d’autodérision, donc de sagesse !)

Exemple : c’est l’exemple que donne Baudelaire lorsqu’il dit que l’orgueil du rieur s’exerce dans le rire. Quand un homme chute, le spectateur rit parce que lui est resté debout, qu’il n’a pas eu la faiblesse de tomber, qu’il se sent donc supérieur à celui qui a chuté[13].

Il faut également, nous l’avions vu, une absence de compassion pour le rieur. L’insensibilité, l’indifférence constituent des conditions nécessaires pour que le rire s’exprime. J’ajouterai que, outre l’indifférence, il faut aussi que la chute reste dans le domaine de l’incident (vs accident)

Exemple : Comparons deux situations ; la première : un homme chute et se relève. Le rieur peut se moquer parce qu’il n’a que faire de la personne mais aussi parce qu’il sait que l’homme ne s’est pas fait mal (on parlera d’ailleurs d’une blessure d’orgueil montrant ainsi qu’il faut la distinguer d’une blessure physique). La seconde : un homme chute et sa cervelle se répand sur le bitume. Difficile d’envisager le rire du passant dans ces conditions même s’il est insensible et indifférent.

Dans les émission de gags à la télévision, seules les images de chutes sans gravité sont montrées. On peut l’interpréter de deux manières : soit parce que les autres chutes ne sont pas drôles…ce qui va dans le sens de notre interprétation, soit parce que l’on craint un rire sadique qui jouit du malheur, de la douleur de l’autre sous prétexte que cet autre est un étranger….mais avouez quand même qu’il faudrait sacrément pervers pour s’en amuser !

Il arrive toutefois que l’on se réjouisse de la fin d’un personnage, en général le méchant de l’histoire. La dernière scène de Dom Juan de Molière me pose en ce sens problème. Molière écrit une comédie qu’il revendique telle (voir la première page de l’œuvre). La scène finale, pour le moins fantastique voit le personnage principal, odieux mais attachant dans une certaine mesure (voir la scène avec Monsieur Dimanche, le créancier, qui met, à mon sens, le spectateur du côté de DJ et non du côté du prêteur),  englouti par les Enfers représentés par la statue du Commandeur, vengeance de ce dernier après que DJ l’eut tué en duel. Le personnage meurt dans des conditions affreuses mais les spectateurs semblent s’en réjouir, être soulagés par la mort de celui-ci, comme s’il n’avait eu que ce qu’il mérite. La logique de la loi du talion appliquée dans une comédie me semble problématique.

 Notons enfin pour clore ce sujet que la mort par pendaison de Saddam Hussein s’est déroulée devant les caméras du monde entier. La diffusion de cette exécution (et il ne m’appartient pas ici de dire quoi que ce soit sur la pertinence de cet acte) a été refusée par certaines grandes chaînes françaises de télévision[14]. Cette exécution, on le sait a déclenché une scène de liesse sur place. La France étant depuis 1981 un pays abolitionniste, elle ne voulait pas occasionner un sentiment de satisfaction voire une scène comique face à la mort en direct d’un homme politique, fût-il un monstre.[15]

Le rire passe aussi par la provocation, nous aurons l’occasion d’y revenir.

Enfin, le cas de l’histoire drôle est plus complexe qu’il n’y paraît et engage de nombreux mécanismes.

            Document : Luc de Brabandère, Petite philosophie des histoires drôles (2007-2010)

Les registres de la comédie

L’ironie, l’humour (et l’humour noir), le trait d’esprit ou encore le burlesque sont autant de registres par lesquels passe la comédie.

L’ironie est incisive, mordante, férocement drôle mais elle ne fait pas rire. C’est un procédé intellectuel qui repose sur une figure de style nommée antiphrase dont le principe est de dire le contraire de ce que l’on pense. La difficulté réside dans le fait qu’il s’agit d’un procédé macrostructural qui exige la prise en compte d’un contexte précis pour être compris (situation mais aussi personnalité du locuteur). Le ton du locuteur permet toutefois de percevoir l’ironie.

Document : Pierre Desproges, texte sur les juifs. Ce texte ne peut s’entendre que dans la mesure où l’on sait que l’humoriste condamne évidemment l’antisémitisme.

L’ironie est utilisée pour critiquer indirectement des institutions, un mode de penser…

L’humour est moins railleur que l’ironie mais tout aussi intellectuel. Il ne cherche pas à blesser mais conduit à prendre du recul par rapport à une réalité. Il désarme son interlocuteur et constitue en ce sens un bon moyen de désamorcer une situation tendue.

L’humour noir a ceci de singulier qu’il prend appui sur des réalités lugubres : la souffrance, la mort[16]. Son but est le même mais il est souvent pris pour indécent dans la mesure où rien ne semble arrêter l’humoriste.

            Document : Humour noir et hommes en blancs  de Serre (2001), dessin.

Document : « L’humour noir, une révolte de l’esprit » de Bernard Fauconnier[17]

Exemple : comparez les situations suivantes : un condamné à mort le jour de son exécution affirme : « voilà une journée qui commence bien » / un condamné à mort le jour de son exécution entend son geôlier dire : « voilà une journée qui commence bien ». Dans le premier cas, vous avez une forme d’humour (noir, mâtiné d’autodérision), dans le second, de l’ironie.

Le trait d’esprit, nous l’avons vu, repose sur une formule brève, souvent brillante attestant la finesse d’esprit du locuteur. On y joue sur les mots comme sur les idées.

Aux 17ème et 18ème siècles, ces piques étaient très appréciées dans les Salons et l’on organisait de véritables concours, opposant les fins limiers du genre. Une véritable joute oratoire s’amorçait alors entre les protagonistes et la maîtresse de maison comptait en quelque sorte les points. On n’y gagnait rien sinon l’estime et l’admiration de l’assistance.

            Cf. Ridicule, film de Patrice Leconte (1996)

Le burlesque constitue une moquerie reposant sur une discordance entre le fond et la forme, entre ce qui est dit et la manière de le dire. On peut y raconter une histoire ordinaire dans un style exagérément pompeux ou, à l’inverse, traiter d’un sujet grave, et noble dans un vocabulaire pour le moins « fleuri » ; on classe ce procédé dans le genre héroï-comique.

Document : Quiz sur les différentes formes de comique : de l’humour anglais en passant par la parodie, le jeu de mots ou encore le nonsense…

Les autres formes d’humour

Le comique ne se manifeste pas seulement dans les comédies. Tous les genres littéraires peuvent jouer sur les tonalités humoristiques.

C’est le cas de la satire qui dénonce les excès ou les ridicules. Ses thèmes et cibles sont infinis. Elle n’est toutefois pas injurieuse et ne suscite pas la polémique. Elle peut en revanche être féroce en raison de la clairvoyance du propos et l’absence de complaisance à l’égard de la victime (individuelle ou collective)[18]

            Document : Les bigotes de Jacques Brel.

La parodie est une imitation ou un détournement. Elle exige la complicité du lecteur dans la mesure où ce dernier doit connaître le texte ou la scène originelle afin de tirer profit de la parodie qui en est faite.

            Cf. Les Guignols de l’info qui singent Jean-Marie Le Pen en officier nazi.

La contrepèterie[19] est un véritable art : cet exercice langagier consiste à intervertir deux lettres ou syllabes d’une expression afin de la transformer. Si le principe est littéraire, l’effet est le plus souvent grivois.

On dit Rabelais l’inventeur du genre et l’on comprend mieux l’esprit de grivoiserie. Jouez plutôt avec celui-ci : A Beaumont-le-viconte…[20]

Exemple : une femme folle de la messe (pour rester sur les bigotes de Brel !), La berge du ravin,  En pull Lacoste, C’est à l’ami que j’offre mon vin, Goûtez-moi cette farce, Jean-Paul le pape hautain, La Chine s'est soulevée à l'approche des Nippons…

On trouve cette technique réjouissante dans les autres langues comme en anglais : a soul full of hope ou encore Daffy Duck…mais bien sûr, il faut avoir du vocabulaire !

Notons toutefois que, pour bien faire, il faut être trois pour profiter pleinement de ce type de bons mots : le locuteur, l’initié, qui comprend que le locuteur a glissé nonchalamment une contrepèterie dans la conversation, et l’incrédule qui ne comprend pourquoi, alors que l’on parle de la messe ou du pape, les autres rient.

Citons encore l’humour loufoque assez proche du comique de l’absurde. Il est farfelu, sans but précis, sinon de surprendre ou d’intriguer. Il peut avoir une forte valeur poétique.

Document : Pierre Desproges, La minute de Monsieur Cyclopède où le Petit Prince de Saint-Exupéry fait une requête un peu singulière à la Venus de Milo.

Enfin, il faut noter des formes d’humour national. C’est le cas de l’humour anglais (so British !) mais aussi de l’humour juif[21].

            Document : Woody Allen, L’erreur est humaine (2007), « Recalé »

A travers ces différentes formes de comique, il est aisé de constater que les fonctions poursuivies par le rire sont multiples et qu’elles vont dépendre en grande partie du type d’humour ou de la forme comique choisis.

Références

[1] Notre travail reposera sur l’étude de Jean-Daniel Mallet, Tragédie et comédie, Hatier, coll. Profil,  2001.

[2] Cf. Première partie du cours.

[3] On résume souvent le vaudeville au trio mari/femme/amant, caricaturant un peu le genre et oubliant qu’il a une histoire qui remonte à Boileau et au 17ème siècle.

[4] Marcel Pagnol, Marius (1928) , Fanny (1929) , César (1931)

[5] Eugène Ionesco, Notes et contre-notes

[6] Cf. J-D.Mallet, Ibid.

[7] Notons que les comiques d’aujourd’hui jouent beaucoup sur la langue qu’ils malmènent férocement : c’est le cas de comiques comme Jamel Debbouze qui ânonnent leur texte en maltraitant la langue et parviennent ainsi à produire un effet comique, assez populaire mais touchant.

[8] Merdre est ce que l’on nomme une épenthèse : phénomène phonétique et stylistique consistant à ajouter un phonème ou une syllabe à l’intérieur d’un mot afin d’en faciliter l’articulation. La distorsion du mot initial, merde, provoque ici un effet comique. Il faut noter que cela fit scandale lors de la première représentation de la pièce en 1896.

[9] Pensons à Franck Dubosc dont le comique s’est fondé sur le personnage de macho maladroit qu’il s’est créé.

[10] En plus des textes, nous conseillons le visionnage de ses spectacles parce que l’homme est un personnage !

[11] Syllepse : figure de style consistant à utiliser un même mot interprété dans des sens différents par les deux interlocuteurs.

[12] Deux remarques à propos du mot d’esprit : sa subtilité ne fait pas nécessairement rire aux éclats mais entraîne plutôt le sourire de l’esprit ; de plus, il faut noter les interprétations susceptibles d’être faites par Freud de ces mots d’esprit, qui, d’après le psychanalyste, livrent autant notre inconscient que ne le ferait le rêve. Cf ; Freud, Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient.

[13] Baudelaire, Ibid.

[14] France 3, notamment, s’est refusé à la diffusion de ces images, ce qui n’est pas le cas de TF1 ou de France 2.

[15] Mutatis mutantis, le site VDM [vie de merde] repose sur un principe assez proche : les internautes racontent leurs déboires et font ainsi rire les autres.

[16] Je renvoie ici à l’analyse précédente sur Desproges se moquant du cancer de son père.

[17] B. Fauconnier, « L’humour noir, une révolte de l’esprit », in Le Magazine Littéraire, n° 477,  juillet-août 2008, p. 72-73.

[18] Cf. La Bruyère, Les Caractères ou les mœurs de ce siècle.

[19] Louis Perceau (ill. Jacques Touchet), La Redoute des contrepèteries, G. Briffaut, coll. « Le coffret du bibliophile illustré », 1934.

[20] A Beaumont le viconte = « à beau con, le vit monte », autrement dit un beau sexe féminin excite la verge.

[21] G.Rabinovitch, Comment ça va mal ? L’humour juif, un art de l’esprit, (2009).

Vous avez aimé l’article ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (Aucun vote)
Loading...

Clément M

Freelancer et pilote, j'espère atteindre la sagesse en partageant le savoir que j'ai acquis lors de mes voyages au volant de ma berline. Curieux scientifique, ma soif de découverte n'a d'égale que la durée de demie-vie du bismuth 209.

Vous avez aimé
cette ressource ?

Bravo !

Téléchargez-là au format pdf en ajoutant simplement votre e-mail !

{{ downloadEmailSaved }}

Votre email est invalide