24 juillet 1557 Edits de Compiègne. Le roi Henri II, ennemi implacable des protestants, renforce les pouvoirs de la juridiction laïque par des édits où il est stipulé que le jugement des hérétiques est réservé aux tribunaux du roi. Il prévoit leur condamnation à mort. 10 août 1557 Bataille de Saint-Quentin. Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, allié de Philippe II d’Espagne, vient de commencer le siège de Saint-Quentin. En ce 10 août, le connétable de Montmorency tente de porter secours à l’amiral Gaspard de Coligny, qui est enfermé dans la ville avec seulement sept cents hommes. Les munitions, que l’on cherche à porter par bateaux jusqu’à la ville, s’enlisent dans la boue des marais de la Somme. Une charge brutale de la cavalerie espagnole écrase devant les murs les troupes du connétable, qui est blessé et fait prisonnier par les impériaux. Malgré ce désastre, Coligny tient encore plus de deux semaines. Le 27 août, la ville est prise. Pillage, viols, massacres. Coligny est fait prisonnier. Si la route de Paris lui est ouverte, le roi d’Espagne Philippe II doute de ses forces et préfère se retirer à Bruxelles. 3 avril 1559 Traité de Cateau-Cambrésis. Signé entre Henri II et Philippe II d’Espagne, il conserve les conquêtes d’Henri II à la France, notamment Calais et les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun. Mais la Savoie, les places fortes du Piémont, le Charolais et la Bresse doivent être évacués. 10 juillet 1559 Mort d’Henri II. Pour célébrer la paix du Cateau-Cambrésis et le mariage de sa fille au roi d’Espagne, le roi a organisé de grandes fêtes. Lui-même, en ce 10 juillet, malgré le rêve prémonitoire de la reine Catherine de Médicis, monte en selle pour le tournoi. Son cheval porte le nom de Malheureux. En face du roi, âgé de quarante ans, trois adversaires : le duc de Savoie, le duc de Guise et le jeune Gabriel de Montmorency. Quoique les trois assauts aient été des victoires du roi, celui-ci invite Montmorency à une dernière joute. Les chevaux se mettent en place. Le roi s’élance sans rabattre sa visière. La lance de Montmorency se brise sur l’armure du roi et la pointe qui glisse sur l’acier entre dans l’œil droit du roi. Le roi est désarçonné et tombe sans connaissance. En dépit des essais qu’Ambroise Paré a été autorisé à faire sur les têtes de quatre condamnés décapités en hâte, le roi agonise pendant dix jours, puis meurt. François II lui succède. L’adversaire du roi, devenu malgré lui son assassin, est emprisonné, puis libéré. Une mort accidentelle au cours d’un tournoi qui oppose des chevaliers ne saurait être considérée comme un meurtre. Gabriel de Montmorency n’est pas régicide. En 1574, alors que, huguenot, il est fait prisonnier, Catherine de Médicis le fait, en dépit des règles, condamner à mort. 17 mars 1560 Echec de la conjuration d’Amboise. Les Bourbons qui se sont alliés aux huguenots ont tramé un complot pour enlever le roi François II et le soustraire ainsi à l’influence des Guise. La conjuration est découverte et La Renaudie qui la conduit est, comme presque tous les conjurés, tué dans la cour du château. 2 juillet 1560 Michel de L’Hospital est nommé chancelier. La place de chancelier du royaume est vacante depuis qu'Olivier est mort de chagrin ; en effet, il avait dû juger les conjurés d’Amboise qui avaient voulu soustraire le roi à l’influence du très catholique Guise. Les partisans de Condé qui ont participé à cette conjuration ont été pendus, décapités, noyés dans la Loire. Catherine de Médicis, parce qu’il est temps d’apaiser les esprits, impose à son fils, François II, Michel de L’Hospital pour cette charge. Il est catholique. Il est modéré. Il est humaniste. Il ne tarde pas à en faire la preuve. Lors des Etats généraux qui se tiennent à Orléans en décembre 1561 il déclare : « Otons ces mots diaboliques, noms de partis, de factions, de séditions, luthériens, huguenots, papistes : ne gardons que le nom de chrétiens. » 21 août 1560 Assemblée de Fontainebleau. Il revient à cette assemblée, à la demande de la reine Catherine de Médicis, de rechercher les possibles conciliations entre catholiques et huguenots. L’assistance approuve, en dépit de la colère du cardinal de Lorraine, la proposition de Gaspard de Coligny, qui a demandé la libre pratique de la religion réformée. Michel de L’Hospital préconise en outre des mesures pacifiques. Propos de tolérance de ce dernier : « Qu’y a-t-il besoin de tant de bûchers et de tortures ? C’est avec les armes de la charité qu’il faut aller à tel combat. Le couteau vaut peu contre l’esprit. » Vous cherchez un professeur d'histoire ? 6 décembre 1560 Mort de François II. C’est un roi âgé de seize ans, amoureux de son épouse et cousine Marie Stuart, qui meurt en ce jour à Orléans d’une infection à l’oreille. Charles IX lui succède. Commentaire de Calvin qui apprend la mort du roi de France : « Dieu, qui avait frappé le père à l’œil, a frappé le fils à l’oreille. » 15 mai 1561 Charles IX est sacré à Reims. Le roi n’a que onze ans le jour de son sacre. Sa mère, Catherine de Médicis, s’arroge le sceau royal et se déclare non régente mais « reine de France et mère du roi ». 1er mars 1562 Massacre de protestants à Wassy. Ce premier dimanche de mars, le très catholique duc de Guise, qui compte assister à une messe à Wassy, découvre sur sa route qu’un office protestant a lieu dans une grange devant laquelle il passe. Ordre est donné. Les huguenots qui sont venus prier sans armes sont massacrés. 24 février 1563 Assassinat de François de Guise. Un fanatique protestant, Poltrot de Méré, frappe à plusieurs reprises François de Guise pendant le siège d’Orléans. Le duc meure des coups de couteau qui lui ont été portés. Son assassin est écartelé. 19 mars 1563 Paix d’Amboise. L’Edit de paix d’Amboise que publie Catherine de Médicis reconnaît aux protestants la liberté de conscience et une liberté de culte limitée à leurs demeures et à une seule ville par territoire, à l’exception de Paris. 23 mars 1568 Paix de Longumeau. Cette paix est signée après la victoire que le duc de Guise a remporté à Calais sur les Anglais. 27 septembre 1568 Suppression des libertés du Traité de Longjumeau. C’est le 23 mars que le traité de Longjumeau a été signé. Les libertés qu’il garantissait aux huguenots sont remises en cause par Catherine de Médicis en ce jour. 13 mars 1569 Victoire de Jarnac. Catholiques et protestants s’affrontent. A la tête des premiers, le duc d’Anjou, futur Henri III. En face de lui, Louis Ier de Condé, premier prince du nom. Les protestants sont défaits. Contre toutes les lois de l’honneur et de la chevalerie, le prince de Condé, blessé et prisonnier, est achevé d’un coup de pistolet tiré par le baron de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d’Anjou. 3 octobre 1569 Combats de Montcontour. Le duc d’Anjou, qui a déjà battu les protestants à Jarnac le 13 mars, remporte à Montcontour une nouvelle victoire. L’amiral de Coligny, à la tête des huguenots, redoutant que les mercenaires qui n’ont pas été payés se révoltent ou désertent, engage le combat. Parce que ses lansquenets allemands tardent, parce que, lorsqu’il est blessé, sa cavalerie prend la fuite, et qu’au centre du champ de bataille son infanterie est prise en tenaille par les Suisses de l’armée royale qui la massacre, la défaite est sans appel. Agé de dix-huit ans, celui qui sera bientôt le roi Henri III déclare au soir de la bataille à l’attention de Coligny : « Qu’il se souvienne qu’il est périlleux de heurter contre la fureur française ! » 8 août 1570 Paix de Saint-Germain. Cette « paix » est un édit qui ramène la paix civile. Pour la première fois, il autorise sans restriction le culte réformé en France. Cognac, La Rochelle, Montauban, et La Charité-sur-Loire sont consenties comme places de sûreté aux huguenots. 24 août 1572 Massacre de la Saint-Barthélemy. Charles IX ordonne après avoir été convaincu par sa mère, Catherine de Médicis, qu’un complot huguenot le menace : « Tuez-les tous ! Mais tuez-les tous, pour qu’il n’en reste pas un pour me le reprocher. » La liste de ceux qui doivent mourir est dressée. Henri de Navarre, qui vient quelques jours plus tôt, le 18 août, d’épouser Marguerite de Valois, doit être, comme Condé, épargné. Ils peuvent revenir au catholicisme. Les portes de Paris sont fermées. Des bateaux enchaînés barrent la Seine. Aux premières heures du 24 août, les cloches de Saint-Germain-l’Auxerrois sonnent. C’est le signal. La tuerie commence. Il y a au soir dans les rues de Paris 3 000 morts peut-être, peut-être 7 000… Dans les jours qui suivent, 10 000 huguenots encore sont tués en province. 30 mai 1574 Mort de Charles IX. Il a vingt-quatre ans et meurt d’une broncho-pneumonie tuberculeuse au château de Vincennes, après s’être livré à des excès de toutes sortes qui ont précipité sa fin. Il avait ordonné la Saint-Barthélemy et s’en souvient au moment de mourir, lorsqu’il dit à sa vieille nourrice huguenote : « Ah ! ma nourrice ! Que de sang ! que de meurtres ! Ah ! que j’ai suivi un mauvais conseil ! » Henri II lui succède. 13 février 1575 Henri III est sacré à Reims. Henri III succède à son frère Charles IX, mort sans descendance mâle. Le sacre a lieu la veille de son mariage avec Louise de Lorraine. 6 mai 1576 La paix de Monsieur. C’est la fin de la cinquième guerre de religion. Henri III se voit contraint d’accorder aux protestants de larges concessions par l’édit de Beaulieu. Parmi celles-ci, outre des places de sûreté et des Chambres mi-parties dans les parlements, la liberté de culte. Ces concessions exaspèrent la colère des catholiques qui fondent une ligue catholique. 8 juin 1576 Formation de la première Ligue catholique. La première Ligue se constitue à la suite du refus de voir s’installer en Picardie un gouverneur protestant, le prince de Condé. La Sainte Ligue choisit pour chef Henri de Guise, dit le Balafré. 30 mars 1585 Déclaration de Péronne. Elle est faite par le cardinal Charles de Bourbon, oncle d’Henri de Navarre, et constitue un manifeste qui dénie au Béarnais tout espoir de succéder à Henri III. 12 mai 1588 Journée des barricades. Le duc de Guise, chef de la Ligue catholique, est entré dans Paris le 8 mai, malgré l’interdiction du roi. Paris reproche à Henri III d’avoir laissé s’enfuir ceux des protestants qui ont réussi à échapper à Guise à Vimory et à Auneau à la fin de l’année précédente, comme elle reproche au roi la cherté du pain, comme le clergé raille les prières et les pénitences du roi. Le roi reçoit Guise avec froideur. Le lendemain, Guise revient avec 400 amis armés. Pour se protéger, le roi fait appel à 4 000 Suisses et à 2 000 gardes français. Paris, dont seule la municipalité a le droit de lever des troupes dans la ville, ne tolère pas cet affront et se couvre de barricades. Seul Guise qui répond à ceux qui le salue d’un « Vive Guise ! » par « Criez aussi vive le roi ! » parvient à ramener le calme. Il passe pour être le maître de Paris. Le lendemain le roi s’enfuit. 23 décembre 1588 Assassinat du duc de Guise. Depuis plusieurs jours, les partisans du duc de Guise redoutent que l’on attente à sa vie. « Il n’oserait » leur répond le balafré âgé de trente-huit ans, certain que le roi Henri III ne fera rien. A 7 heures du matin en ce 23 décembre, le duc se rend au Conseil du roi. Il entre dans la chambre du roi en picorant des raisins de Damas. Des mignons du roi, dont M. de Montsériac, saluent cet homme qui mesure un peu plus de deux mètres, puis le suivent à distance comme par respect. Tout à coup, Montsériac se jette sur lui et lui enfonce son poignard dans la poitrine. Le duc crie : « Mon Dieu, mes péchés sont en cause, ayez pitié de moi. » Puis le sang sort de sa bouche. Il murmure encore : « Miserere mei , deus. » Il s’écroule sur le sol. Henri III s’avance alors. Il contemple le corps du duc et murmure « Dieu qu’il est grand ! Plus grand encore mort que vivant. » 5 janvier 1589 Mort de Catherine de Médicis à Blois. La reine a soixante-dix ans, lorsqu’elle s’éteint tranquillement à Blois. Six mois plus tard, son fils bien-aimé Henri III sera assassiné. 2 août 1589 Assassinat d’Henri III. Le roi est à Saint-Cloud lorsqu’un moine demande à le voir pour lui communiquer d’importantes informations. Alors qu’il est agenouillé devant le roi, qui le reçoit, le moine Jacques Clément le frappe au bas-ventre d’un coup de couteau. « Ah ! le méchant moine, il m’a tué ! », s’écrie le roi, qui retire le couteau de son ventre et réussit à frapper au front son agresseur. Les mignons du roi se précipitent sur le moine et le lardent de coups de dagues. Ils jettent le cadavre par la fenêtre. Quelques heures plus tard, malgré des soins que le roi devine vains, Henri III, qui n’a pas eu d’enfants de Louise de Lorraine, désigne son cousin Henri de Navarre comme son successeur et exige qu’on le reconnaisse pour tel. Devant l’hésitation de ceux qui l’entourent, le roi se redresse sur son lit et leur dit : « Je vous l’ordonne. » 21 septembre 1589 Victoire d’Henri IV au château d’Arques. Henri IV, qui, avant de remonter vers Paris, a décidé de s’assurer de la Normandie que la Ligue catholique contestant sa légitimité tient, après avoir été refoulé de Rouen, a été accueilli à Dieppe. A quelques lieues de la ville, apprenant l’arrivée du duc de Mayenne à la tête de 35 000 hommes, parce que ses troupes sont moins nombreuses, il installe un camp retranché à l’entour du château d’Arques. Les troupes du duc s’acharnent en vain pendant deux semaines à prendre la place pour ramener à Paris le Béarnais « bien ligoté ». Enfin les troupes anglaises qu’attend Henri IV arrivent. Un certain Maximilien de Béthune, bientôt duc de Sully, se distingue par sa vaillance pendant la bataille qui contraint le duc de Mayenne à la retraite. 14 mars 1590 Bataille d’Ivry. Face à Charles de Lorraine, duc de Mayenne, qui conduit les troupes de la Ligue des catholiques, Henri de Navarre, bientôt Henri IV. Tourné vers ses chevaliers, il lance : « Mes compagnons, Dieu est pour nous ! Voici ses ennemis et les nôtres ! Voici votre roi ! Si vous perdez vos cornettes, ralliez-vous à mon panache blanc. Vous le trouverez au chemin de la victoire et de l’honneur ! » (Les « cornettes » citées par Henri IV sont les officiers portant les étendards.) 15 novembre 1591 Exécution de Barnabé Brisson. Le premier président Barnabé Brisson a rendu quelques jours plus tôt un jugement intolérable. Il a osé absoudre et acquitter un nommé Brigard, procureur du roi à l’Hôtel de Ville, qui était accusé de correspondre avec les troupes royalistes qui assiègent Paris affamé. On y voit sur les murs ou les portes les lettres P, D ou C tracées. P signifie Pendu, D, Dagué et C, Chassé. Il est inacceptable aux yeux des ligueurs catholiques que la ville soit livrée au huguenot Henri de Navarre, quand bien même il se veut Henri IV. On suscite les délations et dénonciations. L’indulgence dont a fait preuve Brisson est confondue avec une trahison. En ce jour, un conseil des Dix fait arrêter Brisson avec deux de ses conseillers. Ils sont conduits au Petit Châtelet. Là un simulacre de jugement les condamne à mort. Séance tenante ils sont pendus à une poutre de la prison. La Ligue fait exposer les corps des suppliciés sur la place de Grève. Les Parisiens n’admettent pas la rigueur dont la Ligue vient de faire preuve. L’exemple que celle-ci a cru donner se retourne contre elle. 17 mai 1593 Henri IV fait annoncer sa conversion. Henri IV est réaliste. « Paris vaut bien une messe », lui a dit son fidèle ministre Sully, lors des Etats généraux qui ont posé au roi la condition de sa conversion pour sa légitimation au trône de France. Deux mois plus tard, dans la basilique de Saint-Denis, Henri abjure la religion réformée. 25 juillet 1593 Henri IV abjure le protestantisme. Devant une foule enthousiaste, Henri IV abjure solennellement le protestantisme à Saint-Denis. Quelques jours plus tôt, le roi a écrit à sa maîtresse Gabrielle d’Estrées : « Ce sera dimanche que je ferai le saut périlleux. » Colère des protestants : « Tu fais le catholique/ Mais c’est pour nous piper/ Et comme un hypocrite/ Tâche à nous attraper/ Puis, sous bonne mine / Nous mettre en ruine. » 27 février 1594 Henri IV est sacré à Chartres. Le roi est sacré à Chartres parce que la ligue catholique tient Reims. Le 22 mars, il entre à Paris qui non seulement vaut une messe, mais dont il lui faut encore acheter le gouverneur. 13 avril 1598 Signature de l’Edit de Nantes. Après la soumission du duc de Mercœur, le roi Henri IV, présent à Nantes, y signe un édit de pacification pour rassurer ses anciens alliés protestants qui s’inquiètent depuis son abjuration. 2 mai 1598 Traité de Vervins. Pour ce traité, le pape, par l’intermédiaire de son légat Alexandre de Médicis, tient lieu d’arbitre entre Henri IV et Philippe II d’Espagne. La France revient au statu quo du traité de Cateau-Cambrésis, signé le 3 avril 1559 et qui conservait Calais à la France mais mettait fin à toutes ses prétentions en Italie.
Résumer avec l'IA :











Si vous désirez une aide personnalisée, contactez dès maintenant l’un de nos professeurs !