Ce qui est confus et palpable

Usages courants, exemples

Dans la longue courante, on qualifie volontiers d’abstrait (et souvent de façon péjorative) un propos vague, peu compréhensible et surtout très éloigné de la réalité. Sont au contraire considérés comme concrets des propos, des gestes, dont le lien avec la réalité est immédiatement perceptible.

Une théorie économique complexe sur les nouvelles formes de pauvreté produites par les transformations du marché de l’emploi est facilement jugée abstraite par les non-spécialistes ; donner de l’argent à un pauvre est un geste concret : on considère sa générosité.

Cette opposition un peu rapide ne rend exactement compte ni du sens de chacun de ces termes ni de la relation entre les deux notions, mais elle met en évidence un point commun entre l’usage ordinaire et celui retenu par le dictionnaire : c’est autour du rapport à la réalité que se jouent les définitions et l’opposition de l’abstrait et du concret.

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Définitions

Etymologiquement, concret vient d’un mot latin qui renvoie à l’idée de solidité matérielle (concretus, « qui s’est solidifié »). L’action d’abstraire consiste à tirer, enlever quelque chose d’autre chose (du latin abstrahere).

Le bon usage (conforme à l’étymologie) de ces deux termes n’est pas spécifique à la philosophie. Le concret est ce qui existe réellement, matériellement. L’abstrait est ce qui existe dans la pensée, notamment ce que la pensée tire de la réalité, c'est-à-dire du concret : les qualités des choses (la couleur, la grandeur), les propriétés des personnes ou des situations (la liberté, la justice), abstraction faite des cas particuliers.

Usages philosophiques

Les textes philosophiques évoquent moins souvent le concret que l’abstrait. Ce n’est pas surprenant. La philosophie vise en effet ma « transformation » de la réalité par la connaissance plus souvent que par l’action directe : elle traite des idées des choses plus que des choses elles-mêmes. Or les idées constituent la forme à la fois la plus courante et la plus évidente de l’abstraction.

Indissociables des mots qui les font exister en même temps qu’ils en sont le véhicule, les idées, par nature abstraites, permettent à l’esprit de se représenter le concret (la réalité), de l’organiser, de le connaître. La blancheur n’est abstraite que parce qu’elle est le caractère commun à toutes les choses blanches ; l’idée de liberté réunit toutes les propriétés communes à toutes les situations concrètes dans lesquelles des individus sont libres.

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Olivier

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