Imagine une conversation qui dure des heures, qui mobilise un philosophe célèbre et un jeune mathématicien surdoué, et qui se termine sans réponse. C’est exactement ce que Platon a écrit dans le Théétète ! Il s'agit de l’un des dialogues les plus exigeants et les plus stimulants de toute son œuvre.

Une seule question y est posée, encore et encore : qu’est-ce que la connaissance ? En grec, le mot en jeu est épistémè, la science au sens fort, celle qui sait pourquoi elle a raison.

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Tu vas voir que cette absence de conclusion n’est pas un raté. Elle est le cœur même du texte, et elle explique pourquoi ce dialogue reste, plus de vingt-trois siècles plus tard, une porte d’entrée idéale dans la théorie de la connaissance !

Voici de quoi il est question, comment il est construit, et ce qu’il t’apprend vraiment. Que ton sujet vienne d’un cours de philosophie, d’une explication en classe ou d’une étude d’histoire de la pensée antique, cette page te sert de fiche de lecture. 🏛️

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C'est parti

Qu’est-ce que le Théétète de Platon ? 📜

idées ampoules

Le Théétète est un dialogue de Platon entièrement consacré à une seule question : qu’est-ce que la connaissance ?

Socrate y interroge un jeune mathématicien athénien, Théétète, sans jamais lui livrer la réponse.

Le premier objet de l’enquête n’est donc ni la politique, ni la nature, mais la science elle-même.

Platon consacre d’autres dialogues à la justice et à l’organisation politique de la cité ; celui-ci ne travaille qu’une seule idée, celle de savoir.

Le dialogue s’achève sur un échec apparent, et c’est précisément là que réside son intérêt philosophique.

La scène met face à face

2

figures très différentes :

D’un côté, Socrate, qui répète qu’il ne sait rien

De l’autre, Théétète, un élève doué en géométrie, capable de raisonner rigoureusement, et donc parfaitement outillé pour proposer des définitions

adjust
Le message du texte

Le texte est rattaché à la période de maturité de Platon, sans qu’une date de composition précise puisse être établie avec certitude. C’est ce qui en fait, dans l’enseignement secondaire comme à l’université, un classique de l’étude de la théorie de la connaissance.

Chaque page du dialogue tourne autour du même objet : l’idée de science, examinée sous des angles successifs.

La méthode employée porte un nom que tu connais peut-être : la maïeutique, littéralement l’art d’accoucher les esprits.

Socrate se compare à sa mère Phénarète, sage-femme de son état, et occupe cette métaphore sur toute la séquence 148e-151e du dialogue.

Son rôle n’est donc pas de transmettre un savoir tout fait, mais d’aider son interlocuteur à mettre au monde une pensée qui est déjà en lui et qui est arrivée à maturité.

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collections_bookmark
Le bon réflexe : lire les nombres Stephanus

Les références du type 152a ou 201c-210b sont la pagination Stephanus, commune à toutes les éditions de Platon.

Cite toujours tes passages avec ce repère plutôt qu’avec un numéro de page : ton correcteur retrouvera l’extrait quelle que soit l’édition qu’il a sous la main !

Cette image de l’accouchement donne au dialogue son mouvement : Théétète propose, Socrate examine, et la définition proposée résiste ou s’effondre.

Chloé Titli, dans une étude publiée en

2009

par le Bulletin de l’Association Guillaume Budé (p. 81-97), souligne ceci :

C’est que tu éprouves les douleurs de l’enfantement, mon cher Théétète, parce que tu n’es pas vide mais plein.

Socrate à Théétète, cité par Chloé Titli, Bulletin de l’Association Guillaume Budé, 2009

C'est ainsi que Socrate se placeen accoucheur d’un discours déjà présent chez son interlocuteur, jamais en transmetteur d’un contenu.

Qui sont les personnages du dialogue ? 👥

Nous avons

3

interlocuteurs qui portent la conversation :

Socrate

Le géomètre Théodore de Cyrène

Le jeune Théétète, son disciple

La scène se situe à Athènes, dans le cadre familier des lieux d’enseignement de la cité grecque, là où l’on discute de mathématiques autant que de philosophie. Situer le dialogue dans cette Athènes antique n’est pas un détail de décor : la culture grecque de l’époque fait de la discussion publique le lieu où se règlent aussi bien les questions de sciences que les affaires politiques de la cité.

main idée

Théodore est un mathématicien reconnu, et c’est lui qui présente son élève à Socrate en vantant ses dons.

Théodore venait d’une cité grecque d’Afrique du Nord, et son enseignement des mathématiques à Athènes illustre la circulation des savants dans le monde antique.

Théétète a lui-même laissé une trace dans l’histoire des sciences grecques : la tradition antique lui rattache des travaux sur les grandeurs irrationnelles et sur les solides réguliers, questions que reprendront les Éléments d’Euclide.

Le jeune homme n’est donc pas un faire-valoir, mais un esprit habitué aux nombres, aux grandeurs et aux définitions rigoureuses.

Ce choix de personnages n’est pas décoratif. En confiant la question de la science à un mathématicien, Platon place d’emblée le débat au niveau le plus exigeant : si quelqu’un doit savoir ce qu’est une définition et une démonstration, c’est bien celui qui en produit tous les jours !

Les mathématiques fournissent le modèle d’un objet parfaitement défini, où l’on démontre au lieu de croire, car rappelons qu'une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable. C'est donc sur ce terrain que la conversation s’engage, à partir d’un problème de grandeurs et de nombres traité par le jeune homme. L’échec final n’en a que plus de poids.

Garde aussi en tête le moment où la scène est censée se dérouler. Socrate y est présenté comme un homme âgé, à la veille du procès qui lui coûtera la vie, et cette ombre politique donne à la conversation une gravité particulière. La philosophie antique se pratique ici dans une cité bien réelle, avec ses tribunaux, ses ambitions et ses procès, et non dans un espace abstrait.

assistant
Une scène mémorable

L’image du vieux maître qui interroge un adolescent brillant est devenue, dans la culture occidentale, l’une des scènes les plus reprises de toute la pensée grecque.

Quelles sont les trois définitions de la connaissance ? 🔎

Théétète propose successivement trois définitions du savoir, et Socrate les réfute l’une après l’autre :

La science est sensation

La science est opinion vraie

La science est opinion vraie accompagnée de raison

Cette architecture en trois temps constitue la colonne vertébrale du dialogue et te donne un plan de lecture immédiat.

Le dialogue examine

3

définitions successives de la connaissance, toutes réfutées avant la fin du texte.

Voici le récapitulatif qui te servira de fiche de révision : chaque définition, ce qu’elle affirme, et la raison pour laquelle elle ne tient pas.

Définition (bornes Stephanus)Ce qu’elle affirmePourquoi elle est réfutée
La science est sensation (151d-186e)Connaître, c’est percevoir : ce que je sens est vrai pour moiElle rend le savoir trop mobile, trop particulier et trop relatif, et engage la thèse de Protagoras, qui se retourne contre elle-même
La science est opinion vraie (187a-201c)Connaître, c’est se représenter les choses telles qu’elles sontUne opinion vraie obtenue par hasard ou par persuasion reste sans justification : elle tombe juste sans savoir pourquoi
La science est opinion vraie accompagnée de raison (201c-210b)Il faut ajouter un logos, un discours qui rend compte de l’opinion vraieLe modèle des éléments et des syllabes fait apparaître qu’aucun sens du mot logos ne permet de passer de l’opinion vraie au savoir

👁️ La connaissance est la sensation

La première définition occupe de loin la plus grande part du dialogue, de 151d à 186e. Théétète commence par le plus intuitif : je sais ce que je perçois.

Socrate ne rejette pas cette réponse d’emblée : il la prend au sérieux et l’amplifie jusqu’à en montrer les conséquences.

Car si connaître se réduit à sentir, alors le vent qui te semble froid est froid, et le même vent qui semble tiède à ton voisin est tiède. Chacun devient juge de sa propre vérité.

Cette conséquence porte un nom, le relativisme, et elle mène directement à la thèse du sophiste Protagoras, que Socrate va examiner de près !

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Socrate y associe le mouvement universel prêté à Héraclite : si tout coule sans arrêt, aucun objet stable ne reste à connaître, et la science perd sa prise.

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L'image

L’image est celle d’un fleuve où rien ne se laisse saisir deux fois de suite : impossible d’y fixer une idée, ni même de nommer une chose avant qu’elle ait changé.

💭 La connaissance est l’opinion vraie

Deuxième tentative, de 187a à 201c : Théétète corrige le tir et propose que la connaissance soit l’opinion vraie. L’idée est plus fine, puisqu’elle réintroduit la vérité comme critère et ne laisse plus chacun décider seul de ce qui est.

L’objection est pourtant redoutable. Un juré convaincu par un avocat habile peut tenir une opinion parfaitement vraie sur ce qui s’est passé, sans avoir assisté aux faits. Il a raison, mais il ne sait pas. Tomber juste n’est pas savoir : il manque quelque chose entre les deux, et ce quelque chose reste à nommer !

🧩 La connaissance est l’opinion vraie accompagnée de raison

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Troisième et dernière tentative, de 201c à 210b : il faut donc ajouter à l’opinion vraie un logos, une raison, un discours capable de rendre compte de ce que l’on avance.

Cette définition ressemble beaucoup à ce qu’une théorie de la connaissance moderne appellerait une croyance vraie justifiée.

C’est cette proximité qui vaut au dialogue une place de premier plan dans l’enseignement de l’épistémologie à l’université.

Pour l’éprouver, Platon mobilise le modèle des stoicheia, les éléments, et des syllabes qu’ils composent.

Thérèse-Anne Druart, dans une étude parue en

1968

dans la Revue Philosophique de Louvain (p. 420-434), rappelle d’ailleurs que Platon a en quelque sorte créé le mot stoicheïon et lui a donné ses résonances philosophiques.

Le problème est simple à formuler : si les éléments premiers sont inconnaissables parce qu’on ne peut rien en dire, comment ce qu’ils composent serait-il connaissable ? Le troisième candidat tombe à son tour. La démonstration suit une ligne très serrée sur une vingtaine de pages, et c’est l’un des passages où la philosophie de Platon se rapproche le plus d’une analyse logique moderne.

Quelle est la pensée de Protagoras ?

Protagoras soutient que l’homme est la mesure de toutes choses : de celles qui sont, qu’elles sont, et de celles qui ne sont pas, qu’elles ne sont pas. Socrate rapporte cette formule en 152a du Théétète, et le dialogue en est l’une des sources majeures.

Autrement dit, chaque individu est l’étalon de ce qui existe pour lui.

Cette formule est l’une des rares phrases de Protagoras que la culture grecque nous a transmises presque mot pour mot, et le dialogue en est le principal véhicule.

L’enjeu dépasse d’ailleurs la théorie : les sophistes enseignaient l’art de convaincre dans les assemblées, et faire de chacun la mesure du vrai avait des conséquences politiques directes sur la vie de la cité.

Le geste de Platon est ici remarquable, et il distingue Protagoras des autres sophistes.

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Daniel Babut, dans une étude de la Revue des Études Anciennes qui s’étend sur près de quarante pages, montre que Platon ne le réfute pas d’emblée mais lui construit dans le dialogue une véritable Apologie, un discours de défense de la thèse de l’homme-mesure prêté au sophiste. La doctrine adverse est donc renforcée avant d’être discutée : c’est de la bonne dialectique !

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L’argument qui fait mouche : l’auto-réfutation

Si toute opinion est vraie pour celui qui la tient, alors l’opinion de tous ceux qui pensent que Protagoras a tort est vraie elle aussi.

La thèse de l’homme-mesure se détruit donc elle-même : à force de tout rendre vrai, elle rend vraie sa propre réfutation. 🎯 Retiens cet argument, il est le plus efficace de tout le dialogue.

Ce retournement s’appuie sur un constat très concret : personne ne vit réellement comme si toutes les opinions se valaient. Quand tu es malade, tu consultes un médecin plutôt que le premier venu, ce qui revient à reconnaître qu’il existe une compétence, donc un savoir qui n’appartient pas également à tout le monde.

La cible de Platon est finalement moins l’homme que la confusion sur laquelle repose la thèse : celle qui identifie sensation et connaissance.

Babut résume l’enjeu en

3

griefs :

Un savoir rendu trop mobile

Un savoir rendu trop particulier

Un savoir rendu trop relatif

Si tu approfondis ce point avec un professeur, en autonomie ou pendant des cours de philo, tu tiens là un exemple de réfutation dialectique applicable à bien d’autres textes !

Quelle est la thèse de Platon dans le Théétète ?

La réponse va te surprendre : le Théétète ne conclut pas. Il est un dialogue aporétique, c’est-à-dire qu’il s’achève sur une impasse assumée. Sa thèse est négative : elle dit ce que la connaissance n’est pas, sans énoncer ce qu’elle est.

En 210a-210b, Socrate conclut que tous les rejetons enfantés par Théétète ne sont que des œufs de vent, des œufs sans vie. Ni la sensation, ni l’opinion vraie, ni l’opinion vraie accompagnée du logos ne définissent le savoir. La métaphore de l’accouchement, ouverte au début du texte, se referme donc sur une naissance manquée.

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Est-ce un échec ? Pas du tout, et c’est le point que tes correcteurs attendent ! L’aporie dégage les conditions du problème : après ce dialogue, on sait que le savoir suppose plus que la perception, plus que la justesse du contenu, et que la notion de justification ne va pas de soi.

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Le terrain est déblayé, les fausses pistes sont éliminées, et la question est enfin posée correctement.

Toute l’histoire de la philosophie de la connaissance travaillera ensuite dans la ligne ouverte ici, jusqu’aux discussions contemporaines sur la justification.

Une question bien posée vaut mieux qu’une réponse commode.

C’est là une idée que tu peux réemployer dans presque toutes tes dissertations !

Reste un motif qui a beaucoup intrigué les lecteurs : celui de la doctrine secrète. Socrate introduit la maxime de Protagoras comme le point de départ d’une vérité cachée, une doctrine que le sophiste n’aurait pas exposée publiquement...

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Que faut-il en penser ?

Denis O’Brien, dans une étude de la Revue des Études Grecques (p. 397-423), examine ce rapport entre le sensible et la doctrine secrète, et rappelle que la première définition mise à l’épreuve est bien celle qui identifie connaissance et sensation. Le secret est un ressort dramatique du texte, pas une doctrine à reconstituer !

La théorie des Idées est-elle dans le Théétète ?

Non, et il vaut mieux le dire clairement : le Théétètepose la question de la connaissance sans recourir à la théorie des Idées. Beaucoup de fiches de lecture plaquent l’une sur l’autre par réflexe, alors que ce dialogue-ci mène l’enquête avec ses propres moyens, à savoir la maïeutique et la réfutation.

C’est même un point discuté par les spécialistes, et cette discrétion fait partie de ce qui rend le texte singulier dans l’œuvre de Platon. Les Formes intelligibles, ces idées éternelles dont les choses sensibles ne seraient que des copies, sont exposées ailleurs, dans d’autres dialogues qui leur sont consacrés : c’est là qu’il faut aller les chercher, et non ici.

L’image d’une doctrine platonicienne d’un seul bloc, identique d’un dialogue à l’autre, ne résiste pas à la lecture.

Concrètement, si ton sujet porte sur les Idées, appuie-toi sur les dialogues qui les exposent.

Si ton sujet porte sur la connaissance, le Théétète est ton texte, et tu gagneras des points en remarquant justement que Platon y avance sans ce filet.

Attribuer au dialogue ce qu’il ne contient pas est l’erreur la plus fréquente et la plus facilement repérable : ton correcteur ira vérifier la page, et il ne trouvera rien.

personne en train de lire un livre sur un bureau
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Retiens l’essentiel

Athènes, un géomètre et son jeune disciple, trois définitions du savoir, trois réfutations, et une question laissée ouverte. En lisant le Théétète pour ce qu’il est, un exercice de dialectique plutôt qu’un catalogue de doctrines, tu comprends d’un coup la démarche socratique tout entière !

Prends le texte avec les bornes Stephanus sous les yeux, suis les trois définitions dans l’ordre, et tu auras une base solide pour toute dissertation portant sur la connaissance, l’opinion ou la vérité.

Sources 📚

  1. Platon. Theaetetus, in Plato in Twelve Volumes, vol. 12, traduction Harold N. Fowler, Harvard University Press / Perseus Digital Library, Tufts University, 1921, https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0172:text=Theaet.:section=152a.
  2. Titli, Chloé. « Particularités de la maïeutique socratique : la métaphore de Socrate accoucheur dans le Théétète de Platon. » Bulletin de l’Association Guillaume Budé, 2009, n° 1, p. 81-97, https://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_2009_num_1_1_2320.
  3. Babut, Daniel. « Platon et Protagoras : l’Apologie du sophiste dans le Théétète et son rôle dans le dialogue. » Revue des Études Anciennes, 1982, t. 84, n° 1-4, p. 49-86, https://www.persee.fr/doc/rea_0035-2004_1982_num_84_1_4128.
  4. O’Brien, Denis. « Platon, Théétète : le secret de la doctrine secrète. » Revue des Études Grecques, 2012, vol. 125, fasc. 2, p. 397-423, https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_2012_num_125_2_8101.
  5. Druart, Thérèse-Anne. « La notion de stoicheïon (élément) dans le Théétète de Platon. » Revue Philosophique de Louvain, 1968, t. 66, n° 91, p. 420-434, https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1968_num_66_91_5444.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !