Introduction

« Le Petit Chaperon rouge » est un des contes les plus lus aux enfants. Il a été repris par les frères Grimm.

Mais dans le recueil de Perrault en quoi « Le Petit Chaperon rouge » se distingue-t-il des autres contes ?

Nous montrerons d'abord en quoi ce conte est différent des autres par sa proximité avec la tradition orale, puis par le traitement original des personnages et des lieux, et enfin par sa brièveté et sa signification symbolique très riche.

En quoi ce conte est-il différent des autres ?

·      CE CONTE EST PROCHE DE LA LITTERATURE ORALE

Dans le manuscrit, on donne des indications (CF. p.211 note1)

·      C'EST UN CONTE D'AVERTISSEMENT

Cela explique sa fin tragique, puisque l'héroïne est « mangée ». Grimm qui reprendra « Le Petit Chaperon rouge » modifiera la fin et fera tuer le loup.

Le conte du « Petit Chaperon rouge » aurait été destiné à l'origine à mettre en garde, les enfants à circuler dans les bois, qui durant des millénaires furent hantés par les loups. » Delarue

Ce qui confirme son caractère d'avertissement c'est son réalisme car il n'y a pas ou peu de traces du merveilleux (ni fées ni ogres, mais un loup sauvage).

L'animal est très présent, c'est le seul conte avec Le Chat botté qui le met en valeur.

Les indices de l'oralité dans son écriture :

- l'expression « Petit Chaperon rouge » apparaît à 12 reprises.

On relève d'abord les archaïsmes :

-     « tire la chevillette et la bobinette cherra »

-     les termes vieillis : « mère-grand », « petit chaperon »

-     répétition de « Le Petit Chaperon rouge » qui fait son succès

Parfois l'expression « Le Petit Chaperon rouge » peut désigner le vêtement ou parfois l'enfant. L'ambiguïté est aussi présente dans le titre grâce à la possibilité métonymique.

Il se distingue par ses personnages et par ses lieux

Les personnages se caractérisent par l'exclusivité du féminin (mère, grand-mère, fille) autrement dit la place de l'homme ou du père est manquante. On notera la répétition du mot « folle » : « sa mère en était folle et sa mère-grand plus folle encore »

On note aussi une présence inhabituelle de l'animal qui est, contrairement à Le Chat botté, représenté sous sa forme animal et garde sa sauvagerie. Il est vrai que le loup parle, c'est le seul élément féérique, qui nous ferait plutôt penser à un animal des fables de Jean de La Fontaine.

La forêt n'est pas effrayante comme dans les autres contes (comme « Le Petit Poucet »). Elle a au contraire un rôle accueillant.

Cependant, à l'image du loup, elle masque la sauvagerie et constitue un piège pour l'enfant. Les noisettes, les papillons nous font plus penser à une prairie qu'à un endroit sauvage et dangereux.

Il se distingue par sa brièveté mais aussi par une signification symbolique très riche

Une seule morale mais un conte qui ne se réduit pas à cette seule moralité.

Le chaperon est un vêtement désuet, pour femme et non pour petite fille. Le rouge est une couleur qui attire.

Bruno Bettelheim et Anne-Marie Garrat penchent plutôt pour une interprétation liée à la psychanalyse et au complexe d'Œdipe (les travaux de Freud dans la 1ère moitié du XXème, ont permis de lire autrement les contes de fées, surtout « Le Petit Chaperon rouge »).

Mais Anne-Marie Garrat et Bruno Bettelheim s'intéressent particulièrement à la gravure de Gustave Doré, dans laquelle le Petit Chaperon rouge est dans le lit avec le loup qui a le bonnet de nuit de la mère-grand.

Anne-Marie Garrat fait de cette image une lecture paradoxale par un renversement inattendu : ce serait le Petit Chaperon rouge qui serait le plus prédateur des deux. L'expression qui dominerait dans le visage de Petit Chaperon rouge serait une curiosité intense, et un éveil menaçant. En effet selon elle, Le Petit Chaperon Rouge est plus menaçante encore que le loup.

L'art de la dramatisation :

On constate d'abord que c'est le conte avec « La Barbe bleue » où le suspense est le plus fort. L'économie du récit est très efficace et le lecteur est pris dans le récit.

Par ailleurs ce qui emporte l'adhésion du lecteur est le dialogue qui achève le conte.

Le loup s'adresse au Petit Chaperon rouge par la formule « c'est pour mieux te + infinitif » en l'appelant trois fois « mon enfant » et une fois « ma fille ». Dans la dernière réplique : « c'est pour te manger » on constate la disparition du « mieux » et la réapparition du tutoiement.

« Ma mère-grand, que vous avez de grands bras !

- C'est pour mieux t'embrasser, ma fille.

- Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes !

- C'est pour mieux courir, mon enfant.

- Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles !

- C'est pour mieux écouter, mon enfant.

- Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !

- C'est pour mieux voir, mon enfant.

- Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents !

- C'est pour te manger'. »

Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le petit chaperon rouge, et la mangea »

C'est sur ce dialogue final, que s'achève « Le Petit Chaperon rouge ». Il est un des éléments qui font que ce conte a été si célèbres. C'est grâce aux formules dépassées, comme « mère-grand » ou « tire la bobinette et la chevillette cherra » que Perrault attire l'attention du lecteur, et lui permet de se souvenir de ce conte. En effet, le lecteur est charmé par ces formules surannées.

Conclusion

On peut rapprocher ce conte de « La Chèvre de Monsieur Seguin » d'Alphonse Daudet (extrait de Les Lettres de Mon Moulin), et de « Le Loup et l'Agneau » (des Fables) de Jean de La Fontaine, grâce à leur violence, à leur dénouement tragique : dans les trois récits, le loup dévore sa proie.

Rôle important des moralités

Caractéristiques des moralités

COMPOSITION CONTE POPULAIRE/Perrault

On constate que les contes populaires n'avaient pas de moralités. or Perrault va se démarquer des contes populaires en donnant à ses contes une finalité éducative. On sait qu'il est question à leurs propos de « bagatelles » « sornettes ». Les moralités permettent de donner aux contes une certaines légitimité.

ABSENCES, PRÉSENCES

On peut s'apercevoir que les moralités sont totalement absentes (« Grisélidis »).

Elles sont aussi parfois intégrées au reste du conte, c'est le cas pour « Peau d'Ane », ou « Les Souhaits Ridicules ».

COMMENT RECONNAIT-ON LES MORALITES DANS LES 8 CONTES EN PROSE ?

Les moralités sont en vers, elles ont donc une disposition versifiée. Elles sont situées à la fin des contes. Le texte est en italique, et il est précédé d'un titre annonçant la moralité. Elle est toujours au présent (de vérité générale).

Le langage est souvent plus recherché dans les moralités que dans les contes.

LES MORALITES PERMETTENT UNE SORTIE DU MERVEILLEUX

Cette sortie du merveilleux nous est indiquée par le présent. La raison reprend ses droits.

LES CONTES ET LEURS MORALITES ONT-ILS UNE FINALITE MORALE ?

UN CONTENU MORALE, NORMATIF, ET PRESQUE ABSTRAIT

Cette morale, est celle des fées. Cette morale mise en avant, pourrait se résumer à « l'honnêteté est toujours récompensée. »

Enfin ces morales sont apparentées à celles des fables de Jean de La Fontaine.

PARFOIS CES MORALES NE NOUS RENVOIENT QUE PARTIELLEMENT AU RECIT

C'est vrai pour « Peau d'Ane » et « La Barbe bleue »

LES MORALITES SONT SOUVENT PLURIELLES

Sauf dans « Le Petit Chaperon rouge », et « Le Petit Poucet ».

Dans « Riquet à la houppe », les deux moralités font double emploi avec quelques nuances.

La 1ère est plus liée au conte et on fait référence au corps et à l'esprit. D'autres sont contradictoires comme dans « Le Chat Botté », ou « Cendrillon ».

CERTAINES MORALITES INDIQUENT ELLE-MEME LEURS CARACTERES DEPASSE

Dans « Peau d'Ane », « La Barbe bleue », ou encore « La Belle au bois dormant ».

TOUTES LES MORALITES VALORISENT UN MODELE NOBLE ET MASCULIN

LA STIGMATISATION DES DEFAUTS DES FEMMES

-     Elles sont impatientes (« La Belle au bois dormant »)

-     elles sont curieuses (« La Barbe bleue »)

-     elles sont naïves (« Petit Chaperon rouge »)

-     elles sont superficielles (« cendrillon »)

-     elles son manipulatrices (« La Barbe bleue »)

C'est dans la façon dont Perrault parle d'elles que ressort cette stigmatisation des défauts

VALORISATION DE LA NOBLESSE

-     éloge du roi (« Griselidis », « Peau d'Ane »)

-     éloge de la noblesse avec ses mariages, ses fêtes…

Conclusion

En conclusion, Perrault parle de « degrés de pénétration » plus ou moins grande de ceux qui lisent les contes. La moralité ne doit pas être prise à la lettre, elle est parfois problématique. Mais les contes ne se réduisent pas seulement à leurs simples moralités.

Quel est le rôle de la femme dans les Contes de Perrault et les illustrations de Doré ?

INTRODUCTION

Une rapide observation de l'ensemble des Contes de Perrault nous permet de remarquer que beaucoup d'entre eux ont pour héroïne une femme ou une jeune fille comme l'indiquent les titres ou le couple qu'elles forment avec un homme. Seuls « Le petit Poucet » et «  le chat botté » semblent échapper à cette règle . Quel est donc le rôle que la femme joue dans les Contes de Perrault et les illustrations de Doré  pour être ainsi mise à l'honneur ? Nous verrons d'abord le rôle qu'elle joue dans la société et dans la famille , puis son rôle dans le déroulement de l'action et enfin en quoi elle a une influence sur l'écriture des Contes dans la mesure où ils lui sont en partie destinés.

Rôle des femmes dans le cadre social et familial

Des femmes cantonnées à la sphère domestique

Aucune femme n'a du pouvoir, si elles sont reines ou princesses c'est par naissance ou mariage donc grâce à l'homme : Princesse de « La belle au bois dormant » ; de « Riquet à la houppe » etc…

Quand une femme a du pouvoir elle est une ogresse : la mère du prince dans « La Belle au bois dormant ».

Au sein de la famille son rôle : épouse et mère

Le mariage est au centre de la plupart de contes et les qualités d'une bonne épouse sont rappelées dans les moralité : celle de « Barbe bleue » est explicite, la soumission aux volontés du mari semble la qualité primordiale comme les illustrations de Doré et la place des femmes par rapport aux hommes dans les illustrations le suggèrent.

La femme est destinée à être mère, c'est d'ailleurs sa vocation dans la plupart des contes . La mère du petit Poucet a sept enfants. La Belle au bois dormant met au monde deux enfants etc.… Ce n'est peut-être pas un hasard si l'habitude veut que les contes se terminent par « ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ».

La femme de Perrault serait-elle avant tout une « belle ménagère » ??

Quelque soit leur classe sociale les femmes chez Perrault doivent être belles sinon elles ne peuvent se marier comme le montre « Riquet à la houppe », elle doit aussi être douce et serviable dans leur comportement, dans « Les fées » ou « Cendrillon ». Les illustrations de Doré renvoient à cette douceur et à cette beauté quelque peu stéréotypées. Les héroïnes sont toujours jolies. Les femmes laides ne sont pas dépeintes par Doré.

Le cas particulier des fées

Personnage merveilleux par excellence elle est aussi une femme mais éthérée et si elle paraît être de bon conseil elle peut s'avérer malfaisante si elle est vexée , elle ne serait donc qu'une femme ? C'est ce que semble nous dire Doré qui dans « Cendrillon » la représente comme une vielle femme…

Conclusion : la femme chez Perrault n'existe que par l'homme, pour l'homme et sous le regard de l'homme. Pourquoi et comment peut-elle être alors une héroïne ?

Rôle des femmes dans la structure narrative

Le rôle de la femme tel que nous venons le définir entraîne son importance dans le déroulement de l'action

Elle peut être à l'origine de l'action en tant qu'objet de désir ou de convoitise

L'action de « Peau d'Âne » prend sa source dans le désir du roi pour sa fille qui l'amène à s'enfuir.

Un manquement à ses devoirs peut entraîner des rebondissements qui peuvent modifier le récit

La désobéissance de la femme de Barbe bleue entraîne la colère de son mari et sa mort.   C'est parce que la mère du petit chaperon rouge a failli, que sa fille rencontre le loup. Ces moments cruciaux sont représentés par Doré

Sa bêtise et son manque de jugement peuvent avoir des conséquences néfastes

La femme des « souhaits ridicules » par exemple. En revanche Doré préfère ne pas illustrer ces passages et garder une image idéalisée de la femme

Enfin elle n'est pas maîtresse de son propre destin

Le déroulement narratif des contes montre clairement que si la femme est à l'origine de l'action, c'est involontairement : Grisélidis réagit aux ordres de son mari.

Elle subit son destin et ne peut se sauver elle-même la Belle au bois dormant est réveillée par le prince, les frères de la femme de Barbe  bleue viennent la sauver, et c'est ce que montre Doré dans ses illustrations. Seules les fées peuvent changer le déroulement du récit par leurs propres décisions, mais elles sont chastes donc dénuées de la tâche du péché originel et de plus, leur rôle de conseillère ne les rapproche-t-il pas du conteur ?

Les femmes : public privilégié des contes

Elles sont les destinataires principales des moralités.

Les thèmes des moralités concernent essentiellement le mariage et donne une série de conseils aux jeunes filles…

Elles représentent une partie importante du lectorat.

Les dédicataires des contes à l'époque de Perrault sont souvent des femmes : Mademoiselle par exemple. L'illustration liminaire de Doré montre également un public féminin écoutant les contes . La part importante accordée aux enfants comme destinataires des contes impliquent aussi davantage les mères ou les grands-mères d'où les titres : Contes de ma Mère l'Oye.

Les contes sont plus adaptés à ce nouveau public souvent moins lettré que les hommes, et qui trouve plaisir à cette lecture.

Enfin ce public a pu avoir une influence sur l'écriture des contes

En rendant Perrault plus attentif aux bienséances et en l'obligeant à recourir aux sous-entendus et à l'ironie pour ne pas choquer ce nouveau public.

CONCLUSION

Même si les femmes semblent tenir une position subalterne chez Perrault, sans elles il n'y aurait pas de contes, et ce sont elles qui continuent à faire rêver les lecteurs comme nous le rappelle Dickens : « Le petit chaperon rouge a été mon premier amour, je sens que , si j'avais pu l'épouser, j'aurais connu le parfait bonheur. »

LES DOUBLES ET LES JUMEAUX DANS LES CONTES DE PERRAULT

DES INCONGRUITÉS* SIGNIFICATIVES

*Incongruités : caractère de ce qui va contre les règles du savoir-vivre des bienséances

On en trouve dans :

-   les fées

-   « Le Petit Poucet »

-   « Riquet à la houppe »

-   « La Barbe bleue »

►  Dans « Le Petit Poucet » : il y a 7 enfants : « elle n'en faisait pas moins de deux à la fois » ce qui sous-entendrait qu'il y en ait un nombre pair, or ils sont sept => anomalie

►  Dans « Les Fées » : lapsus double ou simple

►  Dans « Riquet à la houppe » : 1er couple, les 2 sœurs, 2ème couple Riquet la belle princesse.

►  Dans « La Barbe bleue » :

-   la sœur Anne qui se trouve chez Barbe bleue, (est-ce la sœur de Barbe bleue ou celle de sa femme)

-   les frères nommés « mes frères » au leu de « nos frères » s'il s'agissait bien de sa sœur.

Les incongruités portent sur la fratrie.

LA SITUATION DE Charles Perrault

Dans ces Mémoires, Perrault fait référence à sa situation de jumeau et de cadet. Son frère cadet serait mort peu de temps après sa naissance. Mais il en garde le souvenir 70 ans plus tard. il est donc marqué par cette situation de gémellité et par son statut de cadet, qu'il vit comme une indignité. « des quatre frères que j'ai eu et dont je suis le moindre et le dernier en toute chose… »

On ne s'étonnera donc pas de la présence récurrente de jumeaux dans son œuvre et du fait que les cadets soient toujours donnés comme victimes de la préférence des parents (« Cendrillon », « Les Fées », « Le Petit Poucet », « Le Chat botté »

« Mémoires de Perrault »

« Je suis le 12ème janvier 1628 et né jumeau. Celui qui vint au monde quelques heures avant moi fut nommés François et mourut six mois après »

Le cadet ou la cadette parvient malgré tout à rétablir la situation à force de gentillesse, d'esprit ou d'astuces. Il conquiert la dominance et aussi, de façon plus contestée, « l'état viril ».

L'IMPORTANCE DE LA GÉMELLITÉ DANS LES CONTES

D'abord :

-   les jumeaux de « Le Petit Poucet » puisque la mère n'en fait pas moins de deux à la fois

-   les jumeaux dans « Riquet à la houppe » (les deux filles, la belle et la bête). Le couple formé entre les deux sœurs se défait, puisqu'on abandonne la cadette. Mais un autre se forme entre Riquet et la belle qui ont chacun la possibilité d'attribuer un don (beauté et intelligence).

-   Dans « Peau d'Ane » pas de gémellité mais le père veut épouser sa fille qui ressemble en tout point à sa mère. il y a aussi les deux faces de Peau d'Ane.

-   Dans « Le Petit Chaperon rouge » la mère et la grand-mère sont toutes les deux folles du Petit Chaperon rouge

-   Dans « La Belle Au Bois Dormant », Aurore et Jour, les deux enfants de la Belle.

-   Dans « Le Chat botté » le double constitué par les frères aînés, ainsi que celui entre le chat et son maître.

Quel est le rôle de la femme dans les Contes de Perrault et les illustrations de Doré ?

INTRODUCTION

Une rapide observation de l'ensemble des Contes de Perrault nous permet de remarquer que beaucoup d'entre eux ont pour héroïne une femme ou une jeune fille comme l'indiquent les titres ou le couple qu'elles forment avec un homme. Seuls « Le petit Poucet » et « Le chat botté » semblent échapper à cette règle. Quel est donc le rôle que la femme joue dans les Contes de Perrault et les illustrations de Doré pour être ainsi mise à l'honneur ? Nous verrons d'abord le rôle qu'elle joue dans la société et dans la famille, puis son rôle dans le déroulement de l'action et enfin en quoi elle a une influence sur l'écriture des Contes dans la mesure où ils lui sont en partie destinés.

Rôle des femmes dans le cadre social et familial

Des femmes cantonnées à la sphère domestique

Aucune femme n'a du pouvoir, si elles sont reines ou princesses c'est par naissance ou mariage donc grâce à l'homme : Princesse de « La belle au bois dormant » ; de « Riquet à la houppe » etc.…

Quand une femme a du pouvoir elle est une ogresse : la mère du prince dans « La Belle au bois dormant ».

Au sein de la famille son rôle : épouse et mère

Le mariage est au centre de la plupart de contes et les qualités d'une bonne épouse sont rappelées dans les moralités : celle de « Barbe bleue » est explicite, la soumission aux volontés du mari semble la qualité primordiale comme les illustrations de Doré et la place des femmes par rapport aux hommes dans les illustrations le suggèrent.

La femme est destinée à être mère, c'est d'ailleurs sa vocation dans la plupart des contes. La mère du petit Poucet a sept enfants. La Belle au bois dormant met au monde deux enfants etc.… Ce n'est peut-être pas un hasard si l'habitude veut que les contes se terminent par « ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ».

La femme de Perrault serait-elle avant tout une « belle ménagère » ?

Quelque soit leur classe sociale les femmes chez Perrault doivent être belles sinon elles ne peuvent se marier comme le montre « Riquet à la houppe », elle doit aussi être douce et serviable dans leur comportement, dans « Les fées » ou « Cendrillon ». Les illustrations de Doré renvoient à cette douceur et à cette beauté quelque peu stéréotypée. Les héroïnes sont toujours jolies. Les femmes laides ne sont pas dépeintes par Doré.

Le cas particulier des fées

Personnage merveilleux par excellence elle est aussi une femme mais éthérée et si elle paraît être de bon conseil elle peut s'avérer malfaisante si elle est vexée, elle ne serait donc qu'une femme ? C'est ce que semble nous dire Doré qui dans « Cendrillon » la représente comme une vielle femme…

Conclusion : la femme chez Perrault n'existe que par l'homme, pour l'homme et sous le regard de l'homme. Pourquoi et comment peut-elle être alors une héroïne ?

Rôle des femmes dans la structure narrative

Le rôle de la femme tel que nous venons le définir entraîne son importance dans le déroulement de l'action

Elle peut être à l'origine de l'action en tant qu'objet de désir ou de convoitise

L'action de « Peau d'Âne » prend sa source dans le désir du roi pour sa fille qui l'amène à s'enfuir.

Un manquement à ses devoirs peut entraîner des rebondissements qui peuvent modifier le récit

La désobéissance de la femme de Barbe bleue entraîne la colère de son mari et sa mort.   C'est parce que la mère du petit chaperon rouge a failli, que sa fille rencontre le loup. Ces moments cruciaux sont représentés par Doré

Sa bêtise et son manque de jugement peuvent avoir des conséquences néfastes

La femme des « souhaits ridicules » par exemple. En revanche Doré préfère ne pas illustrer ces passages et garder une image idéalisée de la femme

Enfin elle n'est pas maîtresse de son propre destin

Le déroulement narratif des contes montre clairement que si la femme est à l'origine de l'action, c'est involontairement : Grisélidis réagit aux ordres de son mari.

Elle subit son destin et ne peut se sauver elle-même la Belle au bois dormant est réveillée par le prince, les frères de la femme de Barbe bleue viennent la sauver, et c'est ce que montre Doré dans ses illustrations. Seules les fées peuvent changer le déroulement du récit par leurs propres décisions, mais elles sont chastes donc dénuées de la tâche du péché originel et de plus, leur rôle de conseillère ne les rapproche-t-il pas du conteur ?

Les femmes : public privilégié des contes

Elles sont les destinataires principales des moralités.

Les thèmes des moralités concernent essentiellement le mariage et donne une série de conseils aux jeunes filles…

Elles représentent une partie importante du lectorat.

Les dédicataires des contes à l'époque de Perrault sont souvent des femmes : Mademoiselle par exemple. L'illustration liminaire de Doré montre également un public féminin écoutant les contes. La part importante accordée aux enfants comme destinataires des contes impliquent aussi davantage les mères ou les grands-mères d'où les titres : Contes de ma Mère l'Oye.

Les contes sont plus adaptés à ce nouveau public souvent moins lettré que les hommes, et qui trouve plaisir à cette lecture.

Enfin ce public a pu avoir une influence sur l'écriture des contes

En rendant Perrault plus attentif aux bienséances et en l'obligeant à recourir aux sous-entendus et à l'ironie pour ne pas choquer ce nouveau public.

CONCLUSION

Même si les femmes semblent tenir une position subalterne chez Perrault, sans elles il n'y aurait pas de contes, et ce sont elles qui continuent à faire rêver les lecteurs comme nous le rappelle Dickens : « Le petit chaperon rouge a été mon premier amour, je sens que, si j'avais pu l'épouser, j'aurais connu le parfait bonheur. »

Quelle place occupent les relations familiales dans les contes de Perrault et les illustrations de Gustave Doré ?

La famille est présente sous diverses formes dans la plupart des contes

Un conte peut bien sur mettre enjeu plusieurs relations à la fois :

Les relations de couple (BarbeBleue, Les souhaits, Griselidis)

Les relations parents/enfants (Poucet, Chaperon, Peau D'âne ; La Belle etc) Les enfants peuvent être uniques (PCR , Peau D', la belle) en duo (les Fées) en trio (Cendrillon même si elles ne sont pas vraiment soeurs) ou des familles nombreuses (Poucet)

Les relations dans la fratrie (Les fées, Cendrillon, Poucet, Riquet Le Chat, BBleue doublement)

Elle peut apparaître aussi dans l'univers merveilleux : les marraines, la famille de l'ogre dans Poucet, la belle mère ogresse dans la Belle

Donc grande variété et présence récurrente expliquée en partie par la réception des contes. Ces derniers s'adressent aux enfants et aux femmes qui doivent pouvoir s'identifier.

La famille correspond à un déclencheur narratif

Et le plus souvent parce que les parents jouent le rôle d'opposants (volontairement ou objectivement par leur défaillance)

Notons que les familles sont souvent placées sous le signe du manque. L'un des deux parents fait défaut sans qu'on donne d'explication (PCR, Le Chat, Les fées, Grisélidis) L'un des deux parents meurt (la mère dans P D'âne) ou l'un des deux personnages est objectivement absent (le père de Cendrillon est dominé par l'épouse qu'il a épousée en secondes noces. La mère, elle, a disparu)

Autre défaillance celle de la mère du PCR qui ne met pas en garde sa fille contre les dangers des loups, de la mère de la jeune femme de BB qui la pousse (dans la gueule du loup) à épouser un mari monstrueux parce qu'il est riche.

Les parents de Poucet abandonnent leurs enfants dans un milieu hostilc(habité par des bêtes sauvages et des ogres) la forêt ce qui va obliger le personnage du PP à agir pour se sauver, sauver ses frères puis sa famille.. Le père de Peau d'âne suivant son propre désir et s'autorisant des souhaits de la mère morte poursuit sa fille de ses assiduités. Elle doit s'enfuir pour échapper à un père devenu monstrueux.

Mais le caractère monstrueux des parents ou des beaux parents est parfois à prendre au sens propre (La belle mère ogresse de la belle)

Parfois ce sont les frères qui obligent le héros à agir parce qu'ils ont été privilégiés par le père ou la mère (Le chat, Cendrillon, Les fées) L'adjuvant merveilleux vient alors compenser les manques familiaux.. Dans le monde merveilleux ce n'est pas mieux de ce point de vue puisque l'ogre égorge involontairement ses filles dans Poucet

Donc à de rares exceptions près les familles sont défaillantes ou dangereuses et obligent les personnages jeunes à devenir des héros, à grandir (quand ils le peuvent le contre exemple étant le PCR trop « couvée » exclusivement par des femmes?) Si souvent la famille joue le rôle d'opposant c'est peut être une façon pour Perrault de dire son mal être familial notamment dans son rapport à sa gémellité (Marc Soriano)

Les contes où la famille joue un rôle positif d'adjuvant sont rares on peut bien sûr penser à sueur Anne et aux frères de la jeune femme de Barbe Bleue qui empêchent in extremis le meurtre de l'épouse par le monstre. L'adjuvant doit le plus souvent venir du monde merveilleux il est donc imaginaire.

Comment se pose la question des relations familiales chez. Doré

Doré joue sur plusieurs tableaux. Il peut alimenter les craintes et la peur du lecteur à propos des dangers que fait courir la famille ainsi dans « Barbe Bleue » quand le personnage éponyme confie la clé à sa femme, il est représenté de manière épouvantable, un monstre aux yeux exorbités qui domine tellement sa femme physiquement qu'elle paraît être sa fille, cela contribue au suspense du Conte. Mais Doré joue aussi la carte du réalisme : l'image de la famille Poucet au coin du feu dans le plus grand des dénuements rend les personnages humains, pathétiques et inciterait peut être à les comprendre.

Parfois à l'inverse c'est l'humour qui domine : la marraine de Cendrillon est très prosaïque avec sa citrouille. Elle est désenchantée. Tout comme le loup déguisé comiquement en grand mère dans le lit du Chaperon. Il y a ici une mise à distance qui empêche de prendre les contes au sérieux et tendrait à montrer ces contes comme des « bagatelles »

CONCLUSION

On constate donc une grande diversité dans l'approche de la famille chez Doré qui s'attache de façon originale à rendre les contes attractifs par ses illustrations.

Quel est le rôle de la femme dans les Contes de Perrault et les illustrations de Doré ?

INTRODUCTION

Une rapide observation de l'ensemble des Contes de Perrault nous permet de remarquer que beaucoup d'entre eux ont pour héroïne une femme ou une jeune fille comme l'indiquent les titres ou le couple qu'elles forment avec un homme . Seuls « Le petit Poucet » et «  le chat botté » semblent échapper à cette règle . Quel est donc le rôle que la femme joue dans les Contes de Perrault et les illustrations de Doré  pour être ainsi mise à l'honneur ? Nous verrons d'abord le rôle qu'elle joue dans la société et dans la famille , puis son rôle dans le déroulement de l'action et enfin en quoi elle a une influence sur l'écriture des Contes dans la mesure où ils lui sont en partie destinés .

Rôle des femmes dans le cadre social et familial

Des femmes cantonnées à la sphère domestique

Aucune femme n'a du pouvoir, si elles sont reines ou princesses c'est par naissance ou mariage donc grâce à l'homme : Princesse de « La belle au bois dormant » ; de « Riquet à la houppe » etc.…

Quand une femme a du pouvoir elle est une ogresse : la mère du prince dans  « La Belle au bois dormant ».

Au sein de la famille son rôle : épouse et mère

Le mariage est au centre de la plupart de contes et les qualités d'une bonne épouse sont rappelées dans les moralité : celle de « Barbe bleue » est explicite, la soumission aux volontés du mari semble la qualité primordiale comme les illustrations de Doré et la place des femmes par rapport aux hommes dans les illustrations le suggèrent.

La femme est destinée à être mère, c'est d'ailleurs sa vocation dans la plupart des contes . La mère du petit Poucet a sept enfants. La Belle au bois dormant met au monde deux enfants etc.… Ce n'est peut-être pas un hasard si l'habitude veut que les contes se terminent par « ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ».

La femme de Perrault serait-elle avant tout une « belle ménagère » ?

Quelque soit leur classe sociale les femmes chez Perrault doivent être belles sinon elles ne peuvent se marier comme le montre « Riquet à la houppe », elle doit aussi être douce et serviable dans leur comportement , dans « Les fées » ou « Cendrillon ». Les illustrations de Doré renvoient à cette douceur et à cette beauté quelque peu stéréotypées. Les héroïnes sont toujours jolies. Les femmes laides ne sont pas dépeintes par Doré.

Le cas particulier des fées

Personnage merveilleux par excellence elle est aussi une femme mais éthérée et si elle paraît être de bon conseil elle peut s'avérer malfaisante si elle est vexée , elle ne serait donc qu'une femme ? C'est ce que semble nous dire Doré qui dans « Cendrillon » la représente comme une vielle femme…

Conclusion

la femme chez Perrault n'existe que par l'homme, pour l'homme et sous le regard de l'homme. Pourquoi et comment peut elle être alors une héroïne ?

Rôle des femmes dans la structure narrative

Le rôle de la femme tel que nous venons le définir entraîne son importance dans le déroulement de l'action

Elle peut être à l'origine de l'action en tant qu'objet de désir ou de convoitise

L'action de « Peau d'Âne » prend sa source dans le désir du roi pour sa fille qui l'amène à s'enfuir.

Un manquement à ses devoirs peut entraîner des rebondissements qui peuvent modifier le récit

La désobéissance de la femme de Barbe bleue entraîne la colère de son mari et sa mort.   C'est parce que la mère du petit chaperon rouge a failli, que sa fille rencontre le loup. Ces moments cruciaux sont représentés par Doré

Sa bêtise et son manque de jugement peuvent avoir des conséquences néfastes

La femme des « souhaits ridicules » par exemple. En revanche Doré préfère ne pas illustrer ces passages et garder une image idéalisée de la femme

Enfin elle n'est pas maîtresse de son propre destin

Le déroulement narratif des contes montre clairement que si la femme est à l'origine de l'action, c'est involontairement : Grisélidis réagit aux ordres de son mari.

Elle subit son destin et ne peut se sauver elle-même la Belle au bois dormant est réveillée par le prince, les frères de la femme de Barbe  bleue viennent la sauver, et c'est ce que montre Doré dans ses illustrations. Seules les fées peuvent changer le déroulement du récit par leurs propres décisions, mais elles sont chastes donc dénuées de la tâche du péché originel et de plus, leur rôle de conseillère ne les rapproche-t-il pas du conteur ?

Les femmes : public privilégié des contes

Elles sont les destinataires principales des moralités.

Les thèmes des moralités concernent essentiellement le mariage et donne une série de conseils aux jeunes filles…

Elles représentent une partie importante du lectorat.

Les dédicataires des contes à l'époque de Perrault sont souvent des femmes : Mademoiselle par exemple. L'illustration liminaire de Doré montre également un public féminin écoutant les contes . La part importante accordée aux enfants comme destinataires des contes impliquent aussi davantage les mères ou les grands-mères d'où les titres : Contes de ma Mère l'Oye.

Les contes sont plus adaptés à ce nouveau public souvent moins lettré que les hommes, et qui trouve plaisir à cette lecture.

Enfin ce public a pu avoir une influence sur l'écriture des contes

en rendant Perrault plus attentif aux bienséances et en l'obligeant à recourir aux sous-entendus et à l'ironie pour ne pas choquer ce nouveau public.

CONCLUSION

Même si les femmes semblent tenir une position subalterne chez Perrault, sans elles il n'y aurait pas de contes, et ce sont elles qui continuent à faire rêver les lecteurs comme nous le rappelle Dickens : « Le petit chaperon rouge a été mon premier amour, je sens que , si j'avais pu l'épouser, j'aurais connu le parfait bonheur. »

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