« La poésie d’un peuple est l’élément de son progrès. » V. Hugo, Les Misérables (1862)

L’emploi de figures de style est un outil majeur de l’écrivain et/ou du poète : les figures de la ressemblance, de l’opposition, de répétition, d’analogie, d’exagération ou d’atténuation permettent d’enluminer une image et de sublimer un texte.

Grâce à ces procédés stylistiques et esthétiques, l’écrivain et le poète peuvent faire émerger la beauté des choses dans tout type de sujet.

Voyons dans cet article comment jongler avec les figures de la ressemblance.

Les différentes figures de la ressemblance

Il existe un total de cinq figures de style pour évoquer une ou plusieurs choses semblables entre elles.

Utiliser les figures de style pour sublimer ses écrits. L’allégorie de la paix : la colombe, très répandue dans les textes littéraires.

Tout d’abord, rappelons que les figures de rhétorique sont des procédés stylistiques permettant à l’auteur d’accroître l’expression d’un énoncé donné, qu’il s’agisse de rendre la beauté ou la laideur, le bonheur ou la tristesse, la mort ou la vie, etc.

Les figures de style, que les élèves abordent dès le collège dans les programmes officiels de français, se retrouvent dans tous les genres littéraires (poésie, nouvelle, roman, théâtre, essai, discours) et dans toutes les formes littéraires (narration, description, argumentation).

Elles sont donc un élément fondateur de l’analyse littéraire.

Voici pour rappel ou pour apprendre, quelles sont les figures de ressemblance :

  • L’allégorie,
  • La comparaison,
  • La métaphore,
  • La personnification,
  • La métonymie.

L’allégorie

L’allégorie représente une idée abstraite par un élément concret. Elle consiste à exprimer une idée en utilisant une histoire ou une représentation servant de comparatif.

Autrement dit, c’est une autre façon de dire telle ou telle chose.

Le poète va par exemple illustrer une idée ou un concept – la mort, par exemple – par un être vivant ou une chose, la faux par exemple.

Ainsi, un squelette muni d’une faux est l’allégorie de la mort.

Voici quelques allégories célèbres dans la littérature :

  • L’allégorie de la caverne, de Platon,
  • L’allégorie de la justice, représentant Thémis avec un glaive à la main, une balance dans l’autre et un bandeau lui couvrant les yeux,
  • L’allégorie de la mort, armée d’une faucheuse pour ôter la vie,
  • L’allégorie de la grenouille : mettre en lumière une accoutumance visant à ne pas réagir à une situation grave,
  • L’allégorie du roi : Louis XIV représenté par un lion et ses sujets par le renard, le Tiers-état par un mouton dans les fables de La Fontaine.

L’allégorie remonte à la Grèce antique, au 6ème siècle avant J-C !

La comparaison

La comparaison consiste à mettre en relation deux réalités appartenant à deux champs sémantiques différents, mais partageant des similitudes.

C’est l’une des plus célèbres – et des plus faciles – figures de style.

Elle se repère avec l’emploi du comparatif « comme » et est très courante en littérature, en poésie ou au théâtre.

La comparaison exprime l’ironie ou la dérision, fait progresser l’argumentation et illustre des réalités difficiles au moyen d’un langage figuré.

La comparaison comporte trois éléments :

  • Un comparant, ou phore : la réalité, en tant qu’objet de comparaison,
  • Un comparé, ou thème : c’est ce qui est comparé,
  • Le mot de comparaison : mot-outil, comparatif : « comme », « tel », « relatif à ».

Par exemple : « ton teint est pareil à l’éclat de la rose. »

« Cette terre était proche, et elle lui apparaissait comme un bouclier sur la mer sombre » (Homère dans l’Iliade et l’Odyssée).

La métonymie

La métonymie, dites-vous ? Qu’est-ce que c’est ?

La métonymie utilise un mot pour évoquer une idée distincte lui étant associée, avec une association d’idées sous-entendue quasiment naturelle : par exemple l’artiste pour l’oeuvre, la ville pour les habitants.

Elle est basée sur un lien logique entre le terme exprimé et le terme qu’il remplace.

C’est un procédé stylistique créatif qui permet à une situation d’être imagée pour la rendre encore plus marquante.

Ainsi, dit-on souvent « boire un verre » plutôt que « boire un liquide », « la salle a applaudi » pour évoquer « les gens on applaudi », « on mange un tajine » (le tajine étant l’ustensile servant à préparer le plat),  »

Par exemple : « Ce Balzac est très dense ! J’ai mis une éternité à le lire ! »

Le célèbre vers « Paris a froid, Paris a faim », tiré du poème « Courage », de Paul Éluard, illustre par métonymie la pauvreté de la capitale française : les quartiers pauvres souffrent de la faim et du froid, mais le vers ne désigne pas la ville de Paris en tant que telle.

La métaphore

La métaphore est fondée sur une ressemblance entre au moins deux éléments.

De nombreuses expressions françaises proviennent de procédés stylistiques littéraires. Il fait un froid de canard ! : métaphore ou comparaison ?

Elle est différente de la comparaison car elle établit une relation de ressemblance sans mot-outil ou comparatif grammatical.

Par exemple : « le soleil, cette fleur aux splendeurs infinies, se penchait sur la Terre à l’heure du couchant. » Victor Hugo, Granville (50) en 1836.

On utilise la métaphore pour donner davantage d’allure à ce que l’on souhaite exprimer.

La métaphore se fonde sur l’analogie et désigne une chose par une autre qui lui ressemble, ou partage avec elle une qualité essentielle.

Pour bien comprendre la différence entre métaphore et comparaison, voici un petit tableau :

ComparaisonMétaphore   
S'emploi avec un comparatif : tel, comme, semblable à , relatif à, etc.On fait deviner la similitude par une image.
"La mer est comme un miroir""La mer, ce miroir au mille reflets"
La lune ressemble à une faucille"Cette faucille d'or dans le champ des étoiles"
"Rouge comme une pivoine""Rouge écarlate"

La personnification

Cette figure de style consiste à attribuer des propriétés humaines à un animal ou à une chose inanimée, un objet concret ou un concept abstrait, auquel on fait ensuite partager des actes ou des sentiments humains (parler, agir, vouloir).

Elle fait d’un être inanimé ou d’une abstraction un personnage réel.

En somme, la personnification est un cas particulier de la métaphore.

Exemple : « le vent froid qui siffle », « les voitures dorment dehors », « la rade de Toulon qui regarde vers la mer », etc.

On retrouve énormément de personnifications dans le langage courant, dans la poésie, la musique, la littérature et même dans le discours.

Le poète et chanteur-compositeur Français Georges Brassens (1921-1981), par exemple, en usait beaucoup et jonglait avec personnifications et les métaphores filées :

  • « La camarde qui ne m’a jamais pardonné, d’avoir semé des fleurs dans les trous de son nez » (Supplique pour être enterré sur la plage de Sète),
  • « Et le temps est un barbare, du genre d’Attila » (Les lilas),
  • « Le singe en sortant de sa cage, dit c’est aujourd’hui que j’le perds, il parlait de son pucelage, vous aviez deviné j’espère ! » (Le Gorille),
  • « Car enfin, la Camarde, est assez vigilante. Elle n’a pas besoin, qu’on lui tienne la faux » (Mourir pour des idées).

On peut encore en recenser d’innombrables :

  • « Les arbres font le gros dos sous la pluie. » Jules Renard,
  • « Le crépuscule ami s’endort dans la vallée. » A. de Vigny,
  • « Vois, sur ces canaux, dormir ces vaisseaux » C. Baudelaire,
  • « L’habitude venait me prendre dans ses bras et me portait jusque dans mon lit comme un petit enfant » M. Proust.

Pourquoi utiliser les figures de ressemblance ?

Après tout, ne peut-on pas dire les choses telles qu’elle le sont ? Pourquoi chercher à enjoliver les propos ?

Trouver de bonnes figures de ressemblance est un procédé créatif qui vise à convaincre, argumenter ou faire appel aux sens.

Elles peuvent même être sources d’inspiration pour le lecteur et vous pourrez donc les mémoriser par cœur afin de les réutiliser dans une copie de bac ou lors d’un examen oral !

En outre, elles font office d’argument d’autorité pour appuyer un raisonnement.

N’est-il pas en effet plus joli de lire « la vieillesse est le soir de la vie » plutôt qu’une phrase terre-à-terre telle que « la vieillesse signifie la fin de la vie » ?

Au passage, on appréciera également apprendre d’autres figures de style qui ne sont pas directement de la ressemblance, mais qui imagent un nom ou un groupe de personnes :

  • La synecdoque, visant à assigner à un mot un sens plus large que la métonymie (« mon vélo a crevé », « respecter les têtes grises » = les personnes âgées, « un troupeau de quarante têtes (quarante animaux),
  • La périphrase, remplacer un mot par sa définition ou une expression : « la ville rose » (pour Toulouse), les « forces de l’ordre » (la police), « l’île de Beauté » (la Corse), « la langue de Shakespeare » (l’anglais), « le billet vert » (le dollar américain), « le roi soleil » (Louis XIV), « l’empire du milieu » (la Chine), etc,
  • L’antonomase, utiliser un nom propre comme un nom commun ou inversement : « capitale de la France » (pour Paris), un « gavroche » (pour un habitant pauvre de Paris), « un dom juan » (pour un séducteur), etc.

Exercices pour choisir la bonne figure de ressemblance

Identifier les figures de style : la faux, l'une des plus connues. La Camarde, célèbre image de la mort dans le langage courant.

Nous vous avons concocté un petit exercice pour vous entraîner après ce petit cours.

Voici quelques phrases pour discerner quelle figure de ressemblance est utilisée (allégorie, métaphore, comparaison ou personnification) :

  • Des albatros, indolents compagnons de voyage,
  • Les dauphins alentour sautent comme des carpes,
  • La Grande Faucheuse,
  • La Colombe de la paix,
  • L’aurore est un cheval qui, s’ébrouant, chasse au loin les corneilles,
  • La Camarde en courant, fauche tout ce qui bouge,
  • Ses yeux brillent comme des saphirs,
  • Sa chevelure, semblable à des fils de soie,
  • L’ours, géant monstrueux, grogne méchamment,
  • Je suis allé boire un verre.

Il ne reste plus qu’à étudier ensuite les autres types de figures de style : l’opposition, la répétition, l’analogie, l’exagération ou l’atténuation !

Il y en a de nombreuses, mais en apprendre toutes les nuances va permettre de créer ses propres textes et de réussir vos analyses littéraires, au baccalauréat de français ou lors de vos études supérieures !

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