Résumé d'Eugénie Grandet

À quoi ressemblait Honoré de Balzac ? Portrait d'Honoré de Balzac. (Source : BibliObs)

Eugénie Grandet, un roman réaliste

Eugénie Grandet est un roman écrit par l’écrivain Honoré de Balzac, auteur d’une œuvre majeure : La Comédie Humaine, une œuvre qui regroupe plus de 90 de ses romans, dont certains sont restés célèbres, comme Le père Goriot (1842), Illusions perdues (1837) ou La duchesse de Langeais (1834). Balzac est aussi célèbre pour avoir été le chef de file du mouvement réaliste. Un mouvement littéraire datant de la seconde moitié du XIXème siècle et qui a les caractéristiques suivantes :

  • Peindre le réel, sans l’idéaliser (les intrigues doivent donc être contemporaines),
  • L’identité, les sentiments et les actions des personnages doivent être vraisemblables,
  • La description a autant de valeur que l’action – elle apporte beaucoup d’informations, notamment sur le statut social des personnages ainsi que sur leur psychologie.

Paru en 1833, ce roman est alors typique de ce mouvement au sens où il nous délivre une étude de mœurs, et s’attache à décrire des scènes de la vie de province. Nous avons notamment une description de la ville de Saumur (située dans le Maine et Loire) avec sa vie commerciale, et le quotidien de ses habitants.

Où se situe l'intrigue dans Eugénie Grandet ? Panorama de la ville de Saumur, située dans le Maine-et-Loire.

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Résumé

Le quotidien d’une famille gouvernée par un avare

Le roman débute par une biographie de Monsieur Grandet, qui a acquis une grande richesse grâce à de bonnes affaires, et qui a donc une grande influence politique et commerciale sur les habitants de Saumur. Il leur inspire du respect mais aussi de la terreur, à cause de la facilité avec laquelle il réussit toutes les spéculations qu'il entreprend. Le roman se poursuit avec une description de la maison de Monsieur Grandet, où il n'y a que le strict nécessaire et dont l'aspect est misérable. Cela illustre clairement le despotisme de l'avare envers sa femme, sa fille (Eugénie) et la servante (la grande Nanon), pour qu'on ne dépense que ce qui est indispensable. L’action débute une soirée du mois de novembre 1819 pour le vingt-troisième anniversaire d'Eugénie, le personnage principal. Deux familles rivales sont présentes : les Cruchot et les Des Grassins. Toutes deux rêvent qu’un de leurs fils épouse Eugénie, pour mettre la main sur la fortune de son père. Seules Eugénie et sa mère (une femme très pieuse et totalement dépendante de son mari) ne s'intéressent pas à l'argent (d'ailleurs elles ne savent rien de la richesse du père Grandet).

La rencontre de Charles

Cette soirée est surtout marquée par l’arrivée de Charles (22 ans), neveu du père Grandet. Tout de suite, le narrateur souligne le contraste entre son habillement, ses manières de dandy, et a contrario ceux des provinciaux de la fête. Eugénie sent naître pour son cousin de l'intérêt qui devient bien vite de l'amour. Dans une lettre apportée par Charles, Guillaume Grandet apprend à son frère qu'il a fait faillite et le charge de prêter de l'argent à Charles pour qu'il puisse partir pour les Indes. Le jour suivant, le père Grandet lit dans un journal un article qui annonce le suicide de son frère. Eugénie et sa mère s'arrangent pour offrir plus de commodités à Charles (repas plus riches ; bougie). Quand le père Grandet s'en aperçoit, il les réprimande. Insensibilité de celui-ci qui révèle la vérité à Charles de façon directe et qui déclare, lorsqu'il voit son neveu se plaindre pour la mort de son père : « Ce jeune homme n'est bon à rien, il s'occupe plus des morts que de l'argent. » Pourtant la douleur de Charles est sincère. Mme Grandet et sa fille font donc de leur mieux pour le consoler. Balzac en profite pour livrer ses propres considérations sur l'argent, véritable dieu (ou diable), qui domine les lois, la politique et les mœurs. La vie de l'avare n’est alors basée que sur l'amour-propre et l'intérêt, deux parties d'un même tout : l'égoïsme. Monsieur Grandet a même déjà envisagé un stratagème pour se moquer des créanciers de son défunt frère. D’ailleurs, l'adresse qu'il a acquise dans le commerce des hommes lui avait valu le surnom de "vieux chien" : « Néanmoins, peut-être aussi serait-il également probable que, sorti de Saumur, le bonhomme n'aurait fait qu'une pauvre figure. Peut-être en est-il des esprits comme de certains animaux, qui n'engendrent plus, transplantés hors des climats où ils naissent. » Au cours d’une réunion avec les Cruchot et les Des Grassin, il obtient des conseils de la part du président Cruchot pour résoudre le problème de la faillite de son frère, et le banquier des Grassin réussit, pour plaire à Grandet, à arracher l'autorisation d’aller à Paris pour intervenir dans cette affaire. Une nuit, Eugénie entend des lamentations qui viennent de la chambre de son cousin ; elle y va et, durant le sommeil de Charles, elle lit les deux lettres qu'il était en train d'écrire avant de s'endormir. Dans la première, il écrit à une certaine Annette à laquelle il annonce son prochain départ pour les Indes et sa décision de la quitter définitivement ; sa lettre laisse alors deviner qu'il entend épouser sa cousine. Dans la deuxième, il demande à son ami Alphonse de vendre ce qui lui reste pour payer ses dettes. Eugénie est émue par la bonté de son cousin et décide de lui donner son or, représenté par des pièces d'or que son père lui a données à l'occasion des fêtes et qu'elle tient dans une bourse : « Ce matin, j'ignorais ce qu'était l'argent, vous me l'avez appris, ce n'est qu'un moyen, voilà tout. » Charles est touché par la bonté de sa cousine et finit par accepter son or ; et lui donne le nécessaire de toilette (dont une boîte en or) et deux portraits entourés de perles qui ont appartenu à sa mère. L'amour entre Eugénie et Charles semble authentique : quand Charles part pour les Indes, ils se promettent d'être l'un à l'autre à jamais.

Comment résumer Eugénie Grandet ? Différentes couvertures du roman d'Honoré de Balzac.

Après le départ de Charles

Deux mois plus tard, le premier janvier 1820, M. Grandet est heureux parce qu'il a réussi une spéculation. Il offre alors un napoléon à sa fille en lui disant : « Il faut de l'argent pour être heureux. » et demande à sa fille de lui montrer son or… Elle lui avoue, sans pour autant dire le nom de Charles, que cet or, elle ne l’a plus, et tente de se justifier : « Mon père, si vous me faites des présents dont je ne sois entièrement maîtresse, reprenez-les ... je suis majeure... j'ai fait de mon argent ce qu'il m'a plu d'en faire. » Devinant qu'elle a donné son or à Charles, il la maudit et la punit en la retenant enfermée dans sa chambre, au pain et à l'eau (pendant plusieurs mois). Mme Grandet essaie en vain de la défendre et commence à se sentir mal : elle tombe malade très rapidement. La même année, Mme Grandet, qui désormais est gravement malade, demande au notaire Cruchot d'intervenir. C'est alors que M. Grandet, machiavélique, accepte de se réconcilier avec sa fille, car elle risquerait, pense-t-il, de conserver sa part d'héritage, à la mort de sa mère : il fera en sorte qu'elle y renonce. Au mois d'octobre 1822, Mme Grandet meurt en chrétienne : « Elle tremblait de laisser cette brebis, blanche comme elle, seule au milieu d'un monde égoïste qui voulait lui arracher ses trésors. » Après la mort de sa femme, le père Grandet fait signer un document à Eugénie par lequel elle renonce à sa part d'héritage : « Voilà comment doivent se faire les affaires. » « La vie est une affaire : Je te bénis! Tu es une vertueuse fille, qui aime bien son papa.» Le père Grandet, sentant le poids des ans, révèle à sa fille les secrets du ménage et lui enseigne ses « façons d'avarice ». Cinq ans après, en 1827, il l'initie aux secrets de sa fortune. Eugénie soigne son père « dont les facultés commençaient à baisser, mais dont l'avarice se soutenait instinctivement.» Quand les jours de l'agonie arrivent, il demande souvent à sa fille de lui apporter de l'or et le contemple pendant des heures. Après la mort de son père, Eugénie, âgée de 30 ans (amour et Evangile), devient l'objet des attentions de la famille Cruchot. Entretemps, Charles a mené une vie très dissipée et s'est enrichi grâce à la traite des nègres et à l'usure : « Au contact perpétuel des intérêts, son cœur se refroidit, se contracta, se dessécha.» Sur le bateau du retour, en 1827, il rencontre un gentilhomme ordinaire de la Chambre de Charles X, M. d'Aubrian, dont la fille est laide et sans dot. Charles, qui voit la possibilité de s'ennoblir, décide de se marier avec cette jeune fille. Il envoie une lettre à Eugénie en lui révélant ses intentions et lui demandant de lui rendre ses cadeaux. Eugénie, désespérée, parle avec le curé, qui lui conseille de se marier avec quelqu'un d'autre. Elle propose un mariage blanc au président Cruchot, qui accepte par intérêt et qui meurt après avoir été nommé député. Ainsi, Eugénie devient veuve à 33 ans. Même si elle est riche, elle vit en économisant et en donnant beaucoup d'argent aux pauvres. Depuis quelques jours, on parle d'un nouveau mariage pour elle.

Le roman de Balzac a-t-il été adapté au cinéma ? Extrait de l’affiche du téléfilm « Eugénie Grandet », réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe en 1994.

Description précise d’un personnage

Père d’Eugénie Grandet, Monsieur Grandet est un des personnages principaux du roman. Ses caractéristiques :

  • Il se démarque notamment par sa façon de parler. Pour résoudre une difficulté, il a pour habitude de dire : « Je ne sais pas, je ne puis pas, je ne veux pas, nous verrons cela ».
  • Il se démarque aussi par son physique, qui va de pair avec son attitude effrayante. Il est trapu, large d’épaules, son visage est « marqué de petite vérole » et « ses yeux avaient l'expression calme et dévoratrice que le peuple accorde au basilic » (un serpent mythique auquel on attribuait le pouvoir de tuer d’un seul regard). Physiquement, Monsieur Grandet est donc décrit comme quelqu’un d’effrayant, si ce n’est même de dangereux.
  • Ses habits ne sont pas très raffinés (de forts souliers, une culotte courte de gros drap marron…) et il est toujours vêtu de la manière, ce pour conserver ses habits le plus longtemps possible. Sa façon de se vêtir permet ainsi de souligner le trait de caractère majeur du personnage : son avarice.
  • Sa description physique est elle aussi mise en corrélation avec son avarice. « Cette figure annonçait [...] l'égoïsme d'un homme habitué à concentrer ses sentiments dans la jouissance de l'avarice et sur le seul être qui lui fût réellement de quelque chose, sa fille Eugénie, sa seule héritière. » Pour lui, avant les liens du cœur, ce sont donc les liens financiers qui priment.
  • Il est d’ailleurs avare au point de faire en sorte que sa fille renonce à sa part d’héritage, à la mort de sa mère.
  • Il se montre aussi sans cœur vis-à-vis de son neveu Charles, dont il critique le chagrin lorsque celui-ci subit la perte de son père, qui était pourtant le frère de Monsieur Grandet.
  • Sa maison est fréquentée par 6 habitants de Saumur, appartenant à 2 familles : les Cruchot (notaire) et les des Grassins (banquier) qui rivalisent de flatteries pour faire en sorte que le jeune homme de leur famille (le neveu de monsieur Cruchot ou Adolphe des Grassins) puisse obtenir la main d'Eugénie. Il profite ainsi d’une sorte de cour, toujours prompte à la flatterie.

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Alexandra

Ex professeure de français reconvertie en rédactrice web, je crois fondamentalement aux pouvoirs du chocolat, aux vertus de la lecture, et à la magie des envolées d’Edouard Baer !

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