Histoire et synthèse du Grand Meaulnes

Informations sur Le Grand Meaulnes

L’auteur

Le Grand Meaulnes est un roman écrit par Alain Fournier. D’abord publié sous la forme de feuilletons dans la NRF en 1913, il a ensuite été publié en volume, la même année. Alain-Fournier est en fait le nom d’auteur d’Henri-Alban Fournier, né en 1886 dans le Cher et mort au combat en 1914, donc au début de la seconde guerre mondiale, à 27 ans seulement. Chroniqueur littéraire notamment pour Paris-Journal, il se destina très jeune à l’écriture. En plus de son roman Le Grand Meaulnes, de lui furent publiés :

  • De son vivant, plusieurs poèmes en vers libres ainsi que des nouvelles (dans diverses revues).
  • De manière posthume, des écrits que son ami et beau-frère Jacques Rivière rassembla sous le titre Miracles, en 1924.
  • Sans oublier ses très nombreuses correspondances ; une source d’informations très riche sur la vie culturelle de l’époque. Des correspondances avec sa famille, surtout avec son beau-frère (plus de 370 lettres), mais aussi avec le peintre André Lhote, l’écrivain Charles Péguy, ou encore avec Madame Simone.

Or de toutes ces publications, c’est bien celle du Grand Meaulnes qui a forgé la célébrité d’Alain Fournier. Le succès de ce roman fut tel qu’il imprégna pour toujours le paysage du paysage littéraire français. Le quotidien Le Monde, dans un classement officiel datant de 1999 et établi en partenariat avec La Fnac, le classe à la neuvième place des cents meilleurs livres du XXè siècle. Et comme Alain-Fournier est mort pour la France en 1914, ses héritiers ont pu bénéficier d’une prolongation d’échéance concernant les droits relatifs à ce roman : il n'est entré dans le domaine public qu'en septembre 2009.

Qui a écrit Le Grand Meaulnes ? Portrait du jeune Alain Fournier (1886 - 1914). Sources : deslettres.fr

L’intrigue

L’action du Grand Meaulnes se situe en Sologne, la région natale d’Alain Fournier, à la fin du XIXè siècle. L’intrigue relate les aventures d’un jeune garçon de 15 ans : François Seurel. Il attend la venue d’Augustin, un adolescent que la mère du garçon a décidé de mettre en pension chez la famille Seurel, pour qu’il suive le cours supérieur. Une arrivée qui va bouleverser l’existence de François… Se situant parfois à la frontière du merveilleux, ce roman est donc avant toute chose une formidable histoire d’amitié.

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Personnages principaux

François SeurelIl a 15 ans, est le narrateur du roman, et ses parents sont instituteurs à Sainte-Agathe. C’est le meilleur ami de Meaulnes. Moins courageux que son ami, il tient néanmoins à l’accompagner dans sa quête du domaine mystérieux. À la fin, il deviendra aussi le confident d’Yvonne.
Augustin MeaulnesSurnommé Le Grand Meaulnes, il a 17 ans, est grand, mystérieux et surtout aventurier. Il est admiré par ses camarades de classe mais conserve un côté très solitaire. D’abord amoureux d’Yvonne, il restera surtout un ami fidèle, n’hésitant pas à se lancer à la recherche de la fiancée de Frantz.
Frantz de GalaisC’est le fils de M. de Galais, propriétaire du « domaine mystérieux » qui est en fait le domaine des Sablonnières. Ce sont ces noces qui y sont célébrées, lorsque Meaulnes découvre le lieu par hasard. Frantz est à l’époque fiancé à Valentine, qui annule leur mariage. Ils réussiront néanmoins plus tard, grâce à Meaulnes.
Yvonne de GalaisC’est la sœur de Frantz. Meaulnes tombe amoureux d’elle et la demande en mariage lorsqu’ils se retrouvent. Mais il part le jour de leur mariage, pour aider Frantz à retrouver Valentine. Yvonne reste alors seule avec François, et meurt après avoir accouché d’une petite fille.
Valentine BlondeauFiancée à Frantz, elle aura aussi une relation avec Meaulnes lorsque celui-ci sera sur Paris.

Quels sont les personnages principaux dans Le Grand Meaulnes ? Nicolas Duvauchelle et Jean-Baptiste Maunier dans les rôles respectifs d'Augustin Meaulnes et de François Seurel, dans l'adaptation du Grand Meaulnes par Jean-Daniel Verhaeghe, sortie en 2006.

Le Grand Meaulnes, résumé

Première partie

L’arrivée du Grand Meaulnes François Seurel, quinze ans, est le fils de M. et Mme Seurel, instituteurs de Sainte-Agathe, en Sologne. C’est lui le narrateur du récit. Il fréquente le Cours Supérieur de Sainte-Agathe, qui prépare au brevet d'instituteur. Or un mois après la rentrée, son quotidien va être bouleversé par l’arrivée d’un nouveau compagnon, Augustin Meaulnes, un garçon de dix-sept ans qui vient habiter chez eux en pension, et partager la chambre de François. « L'arrivée d'Augustin Meaulnes fut pour moi le commencement d'une vie nouvelle », écrit François. La personnalité mystérieuse d'Augustin, que les élèves surnomment bientôt « le grand Meaulnes », va troubler le rythme monotone de l'établissement scolaire et fasciner tous les élèves. La disparition d’Augustin « Environ huit jours avant Noël », un élève doit aller chercher les grands-parents de François Seurel à la gare. M. Seurel désigne l'élève Moucheboeuf. Meaulnes se tait. Une conversation, après l'école, dans l'atelier du maréchal-ferrant le laisse songeur. Le lendemain, on s'aperçoit qu'il a disparu. Il a emprunté la voiture et la jument du père Florentin. Le soir, un homme ramène la carriole de Florentin, mais aucune trace de Meaulnes. Il réapparaît trois jours après, l'air étrange et ne veut dire à personne où il était. Mais aussitôt rentré, il établit un mystérieux petit plan pour retrouver le chemin qu'il a emprunté lors de son escapade. Durant les semaines qui suivent, François est intrigué par l'attitude de Meaulnes qui, la nuit, « arpentait la chambre de long en large », comme s'il voulait repartir. Il remarque aussi le « gilet de marquis » que porte son ami sous ses vêtements d'écolier. Le récit des noces au château Meaulnes raconte enfin son étrange aventure à François. Parti chercher les grands-parents de François à Vierzon, il s’était perdu en chemin, et avait d’abord trouvé asile chez des paysans qui lui proposèrent de mettre sa jument à l'abri. Mais la jument s'était enfuie. Il partit donc à sa recherche, mais en vain. Fourbu et blessé au genou, il passa la nuit dans une bergerie abandonnée. Au matin, il s’était remis en marche et approcha d'un « domaine mystérieux », où l'on préparait une fête. Une sorte de château presque en ruines. Il aperçut des enfants en costumes anciens. Pour ne pas les effrayer, il se réfugia dans une chambre abandonnée et ne tarda pas à s'endormir. À son réveil, il surprit la conversation d'étranges comédiens qui l'invitèrent à la fête costumée. Meaulnes se déguisa ainsi en marquis, et se mêla aux convives. Des enfants le conduisirent dans une grande salle, où un repas de fête avait été organisé pour les fiançailles de Frantz de Galais, le fils du châtelain. Il apprit que Frantz était parti à Bourges pour y chercher sa fiancée, mais qu'ils n’étaient pas encore arrivés. Meaulnes participa ensuite à une farandole conduite par un grand Pierrot « à travers les couloirs du Domaine ». Il découvrit une pièce paisible, où une jeune femme jouait du piano pour des enfants. Alors ce fut comme un rêve, comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu'il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, était sa femme… Au petit matin, eu lieu la merveilleuse rencontre : près de l'étang, Meaulnes aperçut deux femmes, « l'une très vieille et courbée ; l'autre, une jeune fille blonde, élancée ». Il les suivit jusque dans une promenade en bateau. En débarquant, il échangea avec la jeune fille quelques mots. Elle lui apprit ainsi son nom : « je suis mademoiselle Yvonne de Galais ». C’est donc la sœur de Franz. Mais elle lui demanda de ne plus les suivre. Au retour de la promenade, la fête s'arrêta prématurément. Frantz était arrivé seul et annonça à Meaulnes que sa fiancée ne viendrait pas. Il s'enfuit, laissant ces quelques mots « Ma fiancée a disparu, me faisant dire qu'elle ne pouvait pas être ma femme... Je n'ai plus envie de vivre ». Tandis qu'une voiture ramenait alors Augustin à Sainte-Agathe, il entendit un coup de feu et aperçut le « grand Pierrot de la fête » qui portait dans ses bras un corps humain.

Comment résumer Le Grand Meaulnes ? Extrait de l'adaptation de Jean-Daniel Verhaeghe (2006). Nicolas Duvauchelle et Emilie Dequenne dans les rôles d'Augustin et de Valentine. Crédits : Etienne George

Deuxième partie

François et Augustin essayent de localiser le château, mais n'y parviennent pas. Un soir du mois de février, intrigués par des cris et des coups de sifflet, ils sortent dans la rue mais tombent dans une embuscade. Un jeune bohémien au front bandé et des garçons du village leur dérobent alors la carte qu'ils ont commencé à reconstituer. Le bohémien Le lendemain, ce bohémien devient élève de l'école et s'impose bientôt comme un nouveau chef de bande. Le bohémien restitue à Meaulnes le précieux plan, complété par ses soins. François, Meaulnes et le « jeune homme au front bandé » se jurent amitié. « Soyez mes amis pour le jour où je serais encore à deux doigts de l'enfer comme une fois déjà… Jurez-moi que vous répondrez quand je vous appellerai …Vous Meaulnes, jurez d'abord ». Et les trois amis jurèrent. Le jeune bohémien donna alors à Meaulnes l'adresse d'Yvonne à Paris. Le départ vers Paris  Le bourg de Sainte-Agathe est troublé par une série de vols, commis probablement par le bohémien Ganache, le compagnon du « jeune homme au front bandé ». Aux premiers jours du printemps, les deux saltimbanques donnent une représentation sur la place du village. À la fin de celle-ci, le jeune bohémien révèle à François et à Augustin sa véritable identité, en retirant son bandeau. Il s'agit de Frantz, « le fiancé du Domaine inconnu ». Mais le lendemain matin, Frantz et Ganache disparaissent avant l'arrivée des gendarmes. Meaulnes perd ainsi le seul espoir qu'il avait de retrouver le sentier perdu. Meaulnes part alors pour Paris, où il espère revoir Yvonne de Galais. François Seurel, resté à Sainte-Agathe, livre à ses camarades le secret de Meaulnes. Il reçoit trois lettres de son ami, dont l'une lui apprend qu'Yvonne s'est mariée.

Comment se termine Le Grand Meaulnes ? Clémence Poésy et Jean-Pierre Marielle dans les rôles d'Yvonne et M. de Galais. Adaptation de Jean-Daniel Verhaeghe (2006). Source : legrandmeaulnes.com

Troisième partie

Le domaine retrouvé  Plus d'un an après le départ de Meaulnes, François découvre, par hasard, l'adresse du « Domaine sans nom » : il s'agit du domaine des Sablonnières, un dédale de bâtiments ruinés, tout près du village du Vieux-Nançay, où François passe chaque année la fin de ses vacances chez son oncle Florentin. Celui-ci lui apprend qu'Yvonne de Galais n'est pas mariée. François rencontre Yvonne et il comprend que la jeune fille n'a pas oublié Meaulnes. L'oncle Florentin décide alors d'organiser une « partie de plaisir » à laquelle sont conviés Augustin, François et la jeune fille. François rend visite à la tante Moinel avant d'annoncer la grande nouvelle à Augustin. Cette tante lui raconte une étrange histoire. Un soir d'hiver, revenant d'une fête, elle a secouru puis hébergé une jeune fille. Puis celle-ci est partie à Paris. Trop préoccupé de réunir Meaulnes et Yvonne de Galais, François prête peu attention à ce récit. À la « partie de plaisir » au bord du Cher, Augustin retrouve Yvonne. Mais malgré le bonheur de ces retrouvailles, il réalise que « le passé ne peut renaître ». Durant cette journée de fête, il presse de questions Yvonne de Galais et apprend que l'ancien château a été abattu. Pour payer les dettes de Frantz, la famille a dû vendre les bateaux et les poneys de la fête. Meaulnes semble s'enfermer dans une nostalgie destructrice. À la fin de la journée, il reproche même à M. de Galais d'utiliser leur vieux cheval fatigué. Mais le soir venu, « c'est avec des sanglots qu'il demande en mariage Mlle de Galais ». Fuir le bonheur… C'est « au commencement de février de l'année suivante » qu'est célébré le mariage d'Augustin Meaulnes et d'Yvonne de Galais dans l'ancienne chapelle des Sablonnières. Mais subitement, le jour même des noces, aux abords de la maison des jeunes mariés, un appel « déjà entendu jadis » retentit dans la grande sapinière. Il s'agit de Frantz, malheureux, de n'être pas parvenu à retrouver sa fiancée Valentine. Il vient rappeler à Meaulnes sa promesse, lorsqu’ils s’étaient juré amitié. François essaye d'éloigner Frantz, mais Augustin Meaulnes a entendu l'appel de son ami et malgré son amour pour Yvonne, il décide de partir en quête de la fiancée disparue. Yvonne reste alors seule à la maison. François, nommé instituteur dans une école voisine, vient la voir régulièrement et devient son confident, tentant de la réconforter. Au mois d'octobre, Yvonne met au monde une petite fille. Mais elle meurt le lendemain d'une embolie sans avoir revu Augustin. François s'installe alors aux Sablonnières. Il découvre quelques mois plus tard le journal intime de Meaulnes. Celui-ci lui fournit des renseignements sur sa vie passée à Paris : en cherchant Yvonne, son ami avait rencontré et séduit Valentine Blondeau, sans savoir qu’il s’agissait de l’ancienne fiancée de Frantz. Lorsqu'il le découvrit, il éprouva le sentiment d'avoir trahi son ami en lui prenant celle qu'il aimait. Meaulnes avait alors rompu avec Valentine sans ménagement. Pris de remords, il a ensuite désiré la revoir, mais la belle s'était enfuie. Meaulnes, pour expier ce qu'il considérait comme sa faute, a donc laissé Yvonne le jour de leurs noces et répondu à « l'appel de Frantz ». C'est pourquoi il est parti dès le lendemain de ces noces en laissant dans son journal ces derniers mots « je ne reviendrai près d'Yvonne que si je puis ramener… Frantz et Valentine mariés ».

Épilogue

Un an plus tard, Meaulnes revient au domaine des Sablonnières. Il a retrouvé Valentine et permet ainsi son mariage avec Frantz. Il apprend alors la mort d’Yvonne, ainsi que la naissance de sa fille. Il disparaît avec elle laissant François seul, qui termine ainsi son récit et le livre : « Et déjà je l'imaginais, la nuit, enveloppant sa fille dans un manteau, et partant avec elle pour de nouvelles aventures ».

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Alexandra

Ex professeure de français reconvertie en rédactrice web, je crois fondamentalement aux pouvoirs du chocolat, aux vertus de la lecture, et à la magie des envolées d’Edouard Baer !

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