RÉSUMÉ

Pièce de théâtre en vers et en alexandrins écrite par Jean
Racine, créée en 1669.

Néron, empereur de Rome, décide un jour de capturer Junie,
amante de son rival Britannicus, mais il en tombe amoureux, et décide de tout
faire pour la conquérir, et va jusqu'à semer le mal autour de lui

L'histoire se déroule en 55 après J-C. Au petit matin,
Agrippine attend devant la chambre de Néron, son fils, mais aussi l'Empereur de
Rome pour qu'il accepte de la recevoir. Elle a apprit que pendant la nuit que
sans l'en avertir, celui-ci a fait enlever Junie, l'amante de son rival
Britannicus. Agrippine, qui a favorisé l'arrivée au pouvoir de Néron au
détriment de Britannicus, prétendant légitime au trône de son père défunt
(l'empereur Claude), s'inquiète de voir son fils échapper à son contrôle et
s'en prendre à son ennemi. Le gouverneur de son fils (Burrhus) vient lui
annoncer que son fils ne la recevra pas, il prétexte le droit de l'Empereur à
gouverner seul, sans sa mère. Alors que Britannicus survient, cherchant sa
bien-aimée, Agrippine le rencontre est lui propose de l'aider. Au début du
deuxième acte, Narcisse, gouverneur de Britannicus mais qui l'espionne pour le
compte de Néron apprend de la bouche de celui-ci qu'il s'est éprit de Junie.
L'Empereur décide de lui déclarer sa flamme, mais celle-ci refusant ses
avances, il menace de tuer son amant si elle ne lui dit pas lors d'un entretien
qu'elle ne l'aime plus. Junie s'exécute, mais elle ment si mal que Néron,
jaloux, décide de supprimer tout de même Britannicus. Pendant ce temps là,
Burrhus s'inquiète des outrances de Néron et le révèle à Agrippine, mais
lorsque celle-ci se dit prête à favoriser la conquête du pouvoir par
Britannicus, il s'effraie et défend Néron. Agrippine sent le pouvoir lui
échapper, mais quand Britannicus lui apprend qu'il a obtenu le soutien de
membres importants du Sénat contre Néron, elle s'alarme. A la fin du troisième
acte, Junie apprend à Britannicus les raisons de sa froideur lors de leur
récente entrevue. Néron, qui a tout entendu, les surprend et après une violente
dispute, fait arrêter Britannicus. Dans l'acte IV, Agrippine obtient enfin un
tête à tête avec Néron : elle lui rappelle tout ce qu'elle a fait pour lui et
se défend de toute alliance avec Britannicus. L'empereur promet alors de se
réconcilier avec ce dernier, et il explique ensuite à Burrhus que cette
modération n'est qu'une feinte et qu'il va assassiner Britannicus. Mais son
conseiller le conjure de revenir sur cette décision néfaste, mettant sa vie
dans la balance. Il parvient à ébranler Néron, mais Narcisse convainc
l'empereur qu'il est trop tard et que l'ordre d'empoisonner son rival a été
donné. Malgré les craintes exprimées par Junie, et encouragé par les assurances
données par Agrippine, Britannicus se rend au festin offert par l'empereur pour
sceller la réconciliation. Durant le cinquième acte, Agrippine s'attarde
quelques instants en compagnie de Junie, Burrhus fait irruption et leur apprend
la mort de Britannicus, empoisonné par les soins de Narcisse. Agrippine prédit
une fin tragique pour elle, mais aussi pour son fils. Junie s'enfuit et fait
vœu de devenir une vestale. Narcisse voulant s'emparer d'elle, se fait tuer par
la foule qui refuse la capture d'une femme devenue sacrée.

Autre résumé et analyse

Autre résumé + Schéma narratif + Découpage de l'auteur

LES PERSONNAGES

- Néron: Néron est l'empereur de Rome à l'époque de la pièce. Il a moins de
vingt ans lorsqu'il succède à Auguste aux dépens de Britannicus. C'est un
homme, qui au début de son règne a de nombreuses qualités "Néron naissant
a toutes les vertus d'Auguste vieillissant". Au fur et à mesure de la
pièce, il se révèle de plus en plus mauvais. De nombreux défauts apparaissent,
et l'empereur apparaît comme un homme cruel: "j'embrasse mon rival, mais
pour mieux l'étouffer", dont les décisions ne sont pas réfléchies, mais
aussi extrêmement influençable comme en témoigne tous ses changements d'avis au
sujet de Britannicus dans l'acte IV. Une passion sans égal l'a frappé à la vue
de Junie: " J'aime, que dis-je aimer, j'idolâtre Junie", et le fait
qu'elle le rejette le rend non seulement dépressif, mais amplifie tous ses
défauts. Pour finir, on peut dire que Néron est dans cette pièce l'image d'un
dictateur naissant: il est doté d'une perfidie ainsi qu'un sadisme très
importants:"j'aimais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler", mais
ses cruautés ne sont pas encore visibles aux yeux de Rome qui voit encore en
lui un empereur bienveillant.

- Britannicus: Bien que son nom soit également le titre de
la pièce, Britannicus n'en est pas pour autant le héros. En effet, il apparaît
beaucoup moins régulièrement que Néron, ou bien sa mère. Ce personnage est en
fait plus jeune que Néron, et étant le fils naturel de l'ancien empereur
Claude, il aurait pu être son successeur, mais on lui a préféré Néron qui est
devenu son rival. Amant de Junie, ce jeune homme est sensible mais aussi très
naïf, ce qui l'empêche de faire de la politique. Il est en position de
faiblesse, non seulement à cause de son isolement dans la cour, mais aussi à
cause du fait que la seule personne dans laquelle il se confie est un traître
aux soldes de Néron. On peut également dénoter une certaine faiblesse de
caractère chez ce personnage. En effet, quand il parle de la capture de sa
bien-aimée, il se plaint presque autant du chagrin qu'elle lui cause que de son
propre malheur "Songiez vous aux douleurs que vous m'alliez causer?".
Britannicus incarne en fait le personnage juste, sincère, et fidèle, mais dont
toutes les qualités empêchent le succès.

- Agrippine: est la mère de Néron, et la deuxième femme de
Claude, ancien empereur. C'est un personnage très important dans la pièce, car
c'est en fait elle qui s'oppose à Néron à travers Britannicus. Agrippine est
une mère possessive et abusive qui pense que Néron est toujours sous sa tutelle,
et qu'elle peut comme dans le passé contrôler Rome comme elle le contrôlait
lui. Mais elle se rend compte que les conseillers de son fils ont réussi à en
faire un homme capable de gouverner: "ce n'est plus votre fils, c'est le
maître du monde". C'est également une manipulatrice qui possède un grand
talent dans la politique: alors qu'elle fait croire à Britannicus qu'elle va
l'aider, elle prétend a Néron qu'elle n'en a jamais eu l'intention "Moi,
le faire empereur ? Ingrat ! L'avez-vous cru ?". Durant la pièce, on voit
la déchéance d'Agrippine qui perd progressivement la confiance de ses alliés,
et qui n'a plus aucun contrôle sur son propre fils.

- Junie : est le personnage dont tout le monde se dispute
l'amour. D'une part, Britannicus qu'elle aime vraiment, et d'autre part Néron
qu'elle n'aime pas, mais qu'elle ne veut pas vexer, sous peine de déchaîner la
colère. Dans la pièce, Junie reprend le caractère de Britannicus, mais en
chasse les défauts. Ainsi, elle n'est pas aussi naïve que lui, et lorsqu'il est
invité par Néron, elle est la seule à se douter de la trahison de l'empereur
"S'il préparait ses coups pendant que je vous vois".

- Burrus : est le gouverneur et le conseiller de Néron,
contrairement à Narcisse, il est totalement honnête envers son maître. Cet homme
incarne la loyauté et la fidélité, bien qu'il travaille pour Néron qui lui est
maléfique.

- Narcisse : est complètement a l'opposé de Burrhus. Alors
que ce dernier est fidèle, Narcisse est un traître qui espionne Britannicus
pour le compte de Néron. Et tandis que son maître Britannicus est bon, celui de
Burrhus est malfaisant.

LES THÈMES

1) La malhonnêteté
Dans Britannicus, la malhonnêteté est représentée par de nombreux personnages,
et elle se présente sous de nombreuses formes. La plus importante d'entre elles
est sans doute le mensonge. En effet, presque tous les personnages en usent à
outrance: Néron et Narcisse utilisent le mensonge comme un moyen de se sortir
de situations délicates. Agrippine l'utilise en prétendant à Néron qu'elle n'a
fait qu'agir que pour son bien (IV 2) alors qu'elle a toujours voulu avoir le
pouvoir pour elle seule. Cependant, le mensonge est tout de même rejeté par
certains personnages comme Burrhus:" Burrhus pour le mensonge eut toujours
trop d'horreur". L'hypocrisie est également très présente, notamment du
côté de Narcisse, qui sans aucun remord, trahit son maître pour le compte de
Néron. Dans cette pièce de théâtre, le thème de la malhonnêteté est le plus présent
à partir de l'acte IV. A ce moment on voit Agrippine mentir sur ses ambitions,
Néron promettre de ne pas tuer Britannicus à Burrhus, puis rompre sa parole, en
utilisant du poison, symbole du mensonge et de la traîtrise absolue.

2) Rome
Outre les personnages de Britannicus, il existe une entité supérieure aux
individus, et même à Néron : c'est Rome. Ce nom représente à la fois la ville,
mais aussi tous les habitants qui la peuple, et aussi leur opinion publique. La
force de Rome est redoutable, elle peut faire tomber tout le monde, y compris
l'empereur, pour peu que les habitants soient acharnés contre lui. Avant chaque
décision, Néron ne doit pas oublier de prendre en considération son peuple pour
ne pas commettre d'erreurs regrettables par la suite. Par exemple, lorsqu'il
décide de tuer Britannicus, Burrhus lui conseille vivement d'éviter cet acte
pour ne pas déchaîner les ferveurs populaires. Cependant, on remarque que les
Romains se laissent manipuler par n'importe qui capable de belles paroles et
d'argent. Ainsi on a une multitude d'exemples lors de la scène 2 de l'acte IV,
celle où Agrippine raconte ses nombreux stratagèmes pour faire parvenir son
fils au pouvoir, de la manière dont les Romains sont si puissants et si dupes à
la fois "les spectacles, les dons, invincibles appas, Vous attiraient les
coeurs du peuple et des soldats".

3) La puissance
Dès le commencement de la pièce, le désir de puissance prend dans Britannicus
une place très importante. Ce sentiment s'applique surtout aux deux plus importants
personnages:Agrippine et Néron. Au début de la tragédie, Agrippine est une
femme puissante, qui contrôle son fils autant qu'elle gouverne Rome. Mais cette
situation est déjà complétement bouleversée dès la deuxième scène de l'acte I.
A ce moment, Burrhus annonce à Agrippine que l'empereur n'a plus besoin d'elle
" Mais, madame, Néron suffit pour se conduire ". Cette phrase annonce
le début de la perte de pouvoir de cette mère, perte qui ne va d'ailleurs
qu'empirer tout au long de l'intrigue. Ainsi, à la fin de la pièce, les rôles
sont totalement inversés : Agrippine a été arrêté par Néron et sent qu'après
Britannicus son tour de mourir va venir pour elle aussi. De son côté, Néron est
devenu un empereur autonome, extrêmement puissant, et contre qui personne ne
peut plus s'opposer " C'en est fait, le cruel n'a plus rien qui
l'arrête".Du côté des personnages mineurs, un autre inversement se
produit. Burrhus, honorable conseiller de l'empereur au début de l'histoire
sait à la fin qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. De l'autre côté,
Narcisse soi-disant gouverneur de Britannicus, et personnage le plus fourbe et
le plus avide de pouvoir est le seul à avoir profité de la montée fulgurante du
dictateur. Cependant, de même que son maître, celui-ci voulant trop bien faire
se fera tuer par la foule.

4) L'amour
L'amour est un thème important car c'est à cause de lui que les nombreuses
péripéties sont déclenchées. Tout d'abord, il y a l'amour réciproque entre
Britannicus et Junie. Celui-ci est d'ailleurs le seul de toute la pièce qui ne
soit pas malsain, car les deux protagonistes éprouvent le même sentiment l'un
envers l'autre, et ont un esprit pur. La seconde forme d'amour est celui entre
Néron et Junie. Cette fois ci, seul l'empereur est ressent quelque chose, et il
n'attend pas que ce sentiment soit réciproque, mais lui oblige en la menaçant
de tuer Britannicus. Cette passion unilatérale et forcée n'est pas authentique,
et ne peut donc devenir que dangereuse. Cette affirmation est d'ailleurs
confirmée à partir de l'acte IV où Néron, se rendant compte que sa cour est
vaine met ses menaces à exécution. Durant toute l'intrigue, c'est l'amour qui
est la cause de tous les problèmes: "BRITANNICUS : vous m'aimez ? JUNIE :
Hélas, si je vous aime?" résume parfaitement la situation dans la
tragédie. Enfin, il est possible de considérer un dernier amour: celui du
peuple Romain envers son empereur Néron. Rome ne se doute pas du dictateur que
Néron va devenir, et l'admire pour des vertus qu'il ne possède pas. Lors de
l'acte II, scène 3 et 4, on a une bonne idée de l'attachement du peuple envers
son soi-disant bienveillant empereur "Partout, en ce moment, on me bénit,
on m'aime". Mais là encore, le sentiment n'est pas partagé car Néron
n'attache que peu d'importance au bien-être de son peuple, et ne craint pas le
désordre que lui annonce Burrhus s'il commence un cycle infernal de meurtres (
vers 1343 à 1354 et vers 1056)

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Mathieu

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