La Folle journée ou Le Mariage de Figaro est
une comédie en cinq actes de Beaumarchais écrite en 1778, dont la première
représentation officielle eut lieu le 27 avril 1784 au Théâtre de l'Odéon,
après plusieurs années de censure.

Chef-d'œuvre du théâtre français et international, la pièce
est considérée, par sa dénonciation des privilèges archaïques de la noblesse,
comme l'un des signes avant-coureurs de la Révolution française.

Beaumarchais y met en scène les principaux personnages du Barbier
de Séville (1775), le barbier Figaro, le comte Almaviva et Rosine, appelée
maintenant la comtesse. Bartholo, autre personnage essentiel du Barbier,
joue un rôle beaucoup plus secondaire. Deux ans après sa première
représentation, la pièce a été adaptée en opéra par Mozart sous le titre Les
Noces de Figaro.

Acte I

Jour de noces au château d'Aguas Frescas, près de Séville, chez le comte
Almaviva, « grand corregidor » [juge suprême] d'Andalousie. Tandis que Figaro,
« concierge » du château, mesure la chambre nuptiale, sa fiancée Suzanne,
camériste de la Comtesse, lui apprend que le Comte, tout en ayant
officiellement aboli le « droit du seigneur », veut faire d'elle sa maîtresse,
et a chargé Bazile (voir le Barbier de Séville) de la négociation. Resté seul,
Figaro s'indigne et réfléchit : comment empocher l'argent du Comte sans lui
rien céder en échange ? Surcroît d'embarras : la vieille Marceline, aidée de
Bartholo - autre revenant du Barbier -, entend faire valoir auprès du Comte une
promesse de mariage de Figaro. Elle se querelle avec Suzanne, qui se moque de
ses prétentions. Surgit, fort ému, le page Chérubin que le Comte vient de
chasser après l'avoir surpris chez Fanchette, la fille du jardinier. Mais
Chérubin courtise aussi Suzanne, tout en rêvant à la Comtesse sa marraine, dont
il arrache à Suzanne le ruban de nuit. Ils sont surpris par le Comte venu faire
sa cour à la camériste : terrifié, Chérubin se dissimule d'abord derrière un
fauteuil, puis par un mouvement tournant s'y blottit sous une robe, lorsque le
Comte, entendant entrer quelqu'un, lui prend sa première cachette. Ce n'est que
Bazile, venu jouer les entremetteurs. Mais une allusion aux sentiments de
Chérubin pour la Comtesse provoque la colère du Comte, qui se dresse brusquement
; en mimant sa découverte de Chérubin chez Fanchette, il tire sur la robe et,
stupéfait, voit de nouveau apparaître le page ! Il en est d'autant plus irrité
que Chérubin connaît maintenant tous ses projets... Heureuse diversion : une
foule de paysans et de valets envahit la scène, conduits par la Comtesse et
Figaro. Celui-ci demande au Comte de célébrer sur-le-champ l'abandon du droit
du seigneur ; celle-là sollicite la grâce de son filleul. Verdict embarrassé du
Comte : la cérémonie aura lieu plus tard ; quant à Chérubin, il partira pour
l'armée, à l'autre bout de l'Espagne. Mais Figaro, discrètement, lui souffle le
moyen de rester au château.

Acte II

Chez la Comtesse. Suzanne informe sa maîtresse, rêveuse et amère, des faits et
gestes de Chérubin et du Comte. Arrive Figaro, qui expose son plan : pour lui «
donner le change », il a fait adresser au Comte un billet anonyme l'informant
que son épouse doit rencontrer un galant le soir même. Quant à Suzanne, il faut
qu'elle fixe un rendez-vous au Comte ; mais c'est Chérubin, déguisé, qui s'y
rendra. Figaro va donc chercher le page, qui, en tenue d'officier et son brevet
à la main (non cacheté, remarque la Comtesse), reste avec les deux femmes. Il
chante une romance d'adieu à la Comtesse aussi émue que lui, et plus encore
lorsqu'elle découvre au bras du page le ruban volé, taché de sang par une
blessure. Elle le lui reprend, en feignant l'indifférence ; au même moment, le
Comte frappe à la porte fermée à clé. Chérubin court s'enfermer dans le cabinet
de toilette, mais y fait tomber une chaise. La Comtesse, plus morte que vive,
prétend qu'il s'agit de Suzanne, et le mari jaloux enjoint à celle-ci,
évidemment sa       ns succès, de se montrer ; puis il sort avec
la Comtesse tremblante pour chercher de quoi forcer la serrure, non sans avoir
au préalable fermé à double tour la chambre - où Suzanne, par bonheur, a pu se
cacher. Elle ouvre donc à Chérubin, qui saute par la fenêtre, et elle prend sa
place. Retour du Comte et de la Comtesse, qui finit par tout avouer et par
donner au Comte la clé du cabinet. Stupeur : « C'est Suzanne ! » Le Comte,
penaud, implore le pardon de son épouse, qui, se remettant peu à peu, feint
d'avoir voulu punir sa jalousie. Le Comte passe sa mauvaise humeur sur Figaro.
Catastrophe : le jardinier Antonio arrive avec à la main un pot de giroflées
écrasées et le brevet de Chérubin, que celui-ci a perdu dans sa chute. Mais
Figaro sauve la situation : c'est lui, dit-il, qui a sauté par la fenêtre, et a
gardé le brevet pour y faire apposer le cachet... Rageusement, le Comte vérifie
et doit s'incliner. De nouveau une foule envahit la scène, avec Marceline qui
vient réclamer ses droits sur Figaro. Bazile, rudoyé par le Comte, est dépêché
au bourg pour y chercher les gens de justice. Demeurées seules, la Comtesse et
Suzanne font le point : impossible, désormais, d'envoyer Chérubin au
rendez-vous ! C'est donc la Comtesse qui, sous l'apparence de Suzanne, ira
elle-même. Mais on n'en dira rien à Figaro.

Acte III

La « salle du Trône », servant de salle d'audience au grand corregidor.
Désarroi du Comte, qui se sent joué de tous côtés. Il a convoqué Figaro pour
tenter, du moins, de savoir s'il est au courant de son intrigue avec Suzanne.
Tête-à-tête aigre-doux entre les deux hommes, également sur leurs gardes.
Figaro se moque du Comte (tirade de God-dam, couplet sur la politique), qui
croit néanmoins l'avoir percé à jour : « Je vois qu'on lui a tout dit ; il
épousera la duègne. » Mais Suzanne retourne la situation en promettant au Comte
le rendez-vous tant espéré, en échange de quoi il déboutera Marceline. Hélas !
un mot de trop de Suzanne à Figaro révèle au Comte toute la manœuvre, et il
décide de se venger : « Un bon arrêt, bien juste... » En attendant, Marceline
puis Figaro essaient d'exposer leur cas à Brid'oison, le juge assesseur
d'Almaviva, bègue et formaliste. Le procès commence. Bartholo, promu avocat de
Marceline, et Figaro ergotent longuement sur les termes (et/ou, ou/où...) de la
promesse de mariage ; le Comte tranche enfin, en condamnant Figaro à payer
Marceline ou à l'épouser. En désespoir de cause, Figaro, né de parents
inconnus, se proclame gentilhomme afin d'échapper au verdict. Coup de théâtre :
ses « nobles parents » se révèlent n'être en réalité que Marceline et Bartholo
- lequel refuse obstinément d'épouser la mère de son fils. Marceline profère
alors une violente dénonciation de la cruauté masculine, et tombe dans les bras
de Figaro. Suzanne, qui arrive avec de l'argent donné par la Comtesse, se croit
trahie, mais le malentendu se dissipe, le Comte rage et Bartholo se laisse
fléchir.

Acte IV

Une galerie du château. Badinage philosophique et amoureux entre les deux
fiancés. La Comtesse relance le jeu en dictant à Suzanne, à l'insu de Figaro,
un billet donnant rendez-vous au Comte. Une imprudence de Chérubin, arrivant
déguisé en fille parmi une troupe de villageoises, et bientôt reconnu, tourne à
la confusion du seigneur dont les vues sur Fanchette sont révélées à tous. La
cérémonie décidée à l'acte I se déroule enfin, mais Figaro aperçoit le Comte
avec le billet entre les mains ; une indiscrétion de Fanchette lui en apprend
la provenance, ainsi que le lieu du rendez-vous. Marceline tente d'apaiser son
fils ivre de jalousie, et qui voudrait maintenant tout rompre.

Acte V

Une allée de marronniers avec deux pavillons. Dans la nuit, Fanchette cherche
Chérubin. Apparaît Figaro accompagné de Bartholo, Bazile, etc., et d'un groupe
de « valets et de travailleurs » qu'il poste aux alentours. Resté seul, il
exhale sa rancœur dans un long monologue, et dresse l'amer bilan de sa vie.
Caché, il voit arriver successivement Suzanne et la Comtesse, qui ont échangé
leurs vêtements et qu'il prend l'une pour l'autre, puis Chérubin qui lutine la
Comtesse en la prenant pour Suzanne, enfin le Comte qui redécouvre les appâts de
sa femme en s'imaginant lui aussi qu'il fait la cour à Suzanne. Mais Figaro
furieux trouble leur entretien ; le Comte s'enfonce dans l'obscurité, la
Comtesse se retire de son côté et Suzanne, sous son déguisement, décide de
punir Figaro de ses soupçons. Mais il la reconnaît bientôt... Reste à punir
aussi le Comte : celui-ci, de retour, croit apercevoir sa femme avec Figaro.
Fureur, scandale. Figaro est arrêté, Suzanne s'enfuit dans un des pavillons -
lequel, sous les yeux du Comte, se vide successivement de tous ses occupants :
Chérubin, Fanchette, Marceline... Tandis que la Comtesse, seule, sort de
l'autre pavillon. Le Comte, comprenant sa bévue, implore le pardon de son
épouse, et « tout finit par des chansons ».

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Mathieu

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