a)       Introduction

Le titre de cet ouvrage est assez explicite et ne suscite probablement aucune confusion. Comme le souligne l'auteur, il s'agit ici de présenter le classicisme sous différents angles, sans pour autant s'engouffrer dans des centaines de définitions existantes. Tout étudiant, ou personne cultivée en quête de savoir se heurte un jour à cette « attitude de l'esprit humain » qui se manifeste aussi bien dans la littérature du XVIIe siècle que dans l'histoire de la France. Le but de cet œuvre est donc de répondre de manière nuancée, mais certainement claire à la question : « Qu'est-ce donc au juste que le classicisme français. » Peyre Henri n'est en aucun cas désireux d'établir une nouvelle théorie ou définition, car cela risquerait trop de renforcer la confusion déjà opérante autour de cette question.  

b)       Démarche et présentation

L'auteur regroupe ainsi un certain nombre de traits empruntés à diverses critiques qui ont tenté de caractériser le classicisme. L'analyse de ces caractéristiques se fait par le biais de découvertes et des savoirs contemporains, regroupant ainsi tous les problèmes liés à la définition du terme. Cette identification permet d'établir certaines solutions et réponses nécessaires à une bonne compréhension du substantif « classicisme ». Finalement, les résultats, ni trop simplifiés ni trop méticuleux, sont présentés à des étudiants universitaires étrangers, qui cherchent désespérément une définition précise de ce genre littéraire. Ni Goethe, ni Sainte-Beuve et ni Herbert Grierson n'ont pu donner de réponse satisfaisante à cette question. C'est ainsi que Peyre Henri ne se borne pas à opposer les diverses notions renfermées dans les milliers de définitions existantes, au contraire il tente de trouver un fil rouge et de regrouper certains aspects afin de traiter le sujet sous toutes ses formes. « Le bon sens, qui n'exclut pas toujours les nuances, a plus de prix, dans un petit livre… », tel est la conduite et l'esprit de cette œuvre. Par conséquent l'auteur fait appel à de nombreuses citations d'illustres écrivains en ajoutant des points de vus d'André Gide, de Paul Valéry et d'autres célèbres auteurs.

c)       L'essence de l'œuvre

« Qu'est-ce donc au juste que le classicisme français. » Selon la majorité des professeurs il s'agit d'un état d'esprit reflétant l'ordre, la règle, les disciplines, la sagesse et la raison. Cependant le classicisme est nettement plus que cela, il est important de montrer ce que cette doctrine conserve de vivant, de robuste et de jeune. Heureusement qu'il existe le CID de Corneille ou bien l'Ecole des femmes de Bajazet qui ne respectent pas cette optique rigoureuse des classiques. Ce sont ces œuvres qui rendent cette période vivante étant donné qu'elles suscitent des querelles et de longs débats entre les critiques littéraires.

d)       Le classicisme français à l'étranger

Il n'est pas impossible de faire apprécier le classicisme français à des étrangers, au contraire, avec un peu de patience et une instruction pédagogique autre que celle des lycées français, il est tout à fait possible d'attirer l'attention des jeunes étudiants. En effet en France [*ainsi qu'au Luxembourg], afin de réussir les épreuves du baccalauréat, les étudiants sont souvent forcés de simuler une certaine admiration pour La Fontaine ou bien Boileau. D'après une étude de Peyre Henri, les jeunes américains ont nettement plus d'affection pour La Fontaine, Racine ou bien Pascal, qu'ils n'en ont pour Balzac. Cette réaction s'explique par le fait que le romantisme anglais ou bien allemand est nettement plus développé que ce dernier en France. En effet les étudiants se sentent nettement moins interpellé par celui-ci, souvent qualifié de trop proche du classicisme. Les classiques sont propres à la France et il s'agit ici d'une réussite unique en Europe. C'est d'ailleurs pour cette raison que cette doctrine suscite tant d'intérêt et d'admiration.

e)       Le classicisme et le romantisme

Le but n'est en aucun cas de renier le romantisme ou bien d'autres périodes littéraires françaises. Au contraire, il faut être fier de la diversité littéraire en France, car c'est justement ici que repose la supériorité intellectuelle. L'histoire littéraire française compte plus d'un grand siècle, ce qui fait d'ailleurs tout son prestige. L'étude du classicisme est indispensable pour la culture générale d'un étudiant, car ce genre constitue une partie essentielle des post-genres.

f)       Quelques directives

Cet ouvrage s'adresse au grand public qui n'est pas obligatoirement français ou bien un patriote convaincu. C'est la raison pour laquelle l'auteur tient tout d'abord à souligner diverses notions élémentaires.

1) On constate trop souvent que les vedettes du classicisme français ont vénéré leur doctrine de là à renier d'autres genres littéraires qui le précèdent ou le suivent. Une véritable guerre des siècles s'est jadis déroulée en littérature ou traditionalistes et progressistes se sont affrontés. Trop souvent la politique et la religion sont intervenues dans l'étude de la littérature française, renforçant ainsi les discordes. Heureusement la majorité de nos lettrés réussissent enfin de nos jours à assimiler entièrement la richesse littéraire de France. Les querelles appartiennent désormais au passé et personne ne craint désormais de citer les divers genres existants comme le symbolisme, le mysticisme, le gothisme, le réalisme…

2) L'éternelle antithèse Classicisme vs Romantisme appartient désormais au passé. En effet pourquoi se borner à mettre en concurrence deux genres qui appartiennent à l'histoire littéraire française ? Il est vrai que ces deux termes « servent à désigner deux pôles de l'esprit humain, entre lesquels oscille périodiquement ce pendule imaginaire qui apparaît, à certains historiens, comme le symbole de l'évolution de la littérature. » Cependant nous sommes de nos jours principalement frappés par les analogies profondes qui « unissent le romantisme au classicisme ». Des études récentes sur Chateaubriand, Stendhal, Musset et de nombreux autres auteurs, mettent clairement en évidence les traits classiques à l'intérieur du romantisme. Tous présentent une tendance à la généralité, l'ordre, la clarté et le désir de comprendre, d'expliquer ainsi que de convaincre. Ces deux souffles littéraires jadis ennemis peuvent donc d'associer pour combattre le « moderne » jusqu'à ce que celui-ci soit démodé à son tour.

3) L'histoire littéraire de France rapporte bien l'isolement du classicisme français. En effet on a trop longtemps voulu tenir cette doctrine à l'écart du reste de l'Europe. Ces temps sont heureusement révolus, désormais la coopération intellectuelle et la littérature comparée sont plus prisées que jamais. Cet œuvre a pour but d'analyser le classicisme à l'intérieur et en dehors du territoire français ainsi que de comparer les divers genres qui s'en rapprochent le plus, ou bien même en analyser la cause de son absence. Finalement il est important d'étudier le classicisme dans son contexte, c'est-à-dire en tenant compte l'histoire du « goût pictural ou musical ». Il est impossible de caractériser une époque et un genre en négligeant tout simplement les autres arts.

4) Finalement Peyre Henri souligne son désir d'éviter toute attention excessive aux doctrines et aux règles existantes. En effet le pédantisme des humanistes et des grammairiens faisait rage au XVIIe siècle, ce qui profitait à de nombreux escrocs qui se faisaient passer pour de vrais lettrés. En fait ce sont ces personnes qui occupaient le devant de la scène, faisant ainsi de l'ombre à La Fontaine et voir même à Boileau. Le véritable classicisme s'est formé avec la lutte contre ces imposteurs. Certes Racine et Corneille sont associés à ce grand siècle, mais leurs préfaces sont fort peu critiques car ils craignaient trop les théoriciens comme Chapelain ou bien Aubignac. Selon Daniel Mornet, qui a étudié de près la genèse de la clarté française, le démontre clairement. Les grands écrivains de 1660 à 1680 n'ont aucunement créé ou bien formé la doctrine classique. C'est ainsi que cet ouvrage tente de recherche l'essence du vrai classicisme, car il faut savoir qu'il n'existe guère de livres d'histoire, d'articles ou de critiques qui ne touchent au classicisme.   h)      Conclusion.
Peyre Henri tente donc de traiter le classicisme sous tous les angles en restant aussi neutre que possible. À ces fins il utilise de nombreuses citations, des applications pratiques ainsi que des comparaisons littéraires. Cette œuvre doit être objective, claire et nuancée, sans pour autant refléter une certaine lourdeur ou complexité, car ce livre s'adresse au public instruit, intermédiaire ou bien novice.

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Mathieu

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