Le XVII ème siècle est globalement marqué par l'évolution d'un foisonnant désordre vers un ordre rigoureux, dans tous les domaines. En politique, on passe de l'autorité royale, encore contestée par la Fronde, à la monarchie de Louis XIV. En religion, les guerres et les troubles cèdent la place à la toute-puissance de l'Église catholique. En art, l'esthétique baroque conduit à la réaction de classicisme.

Les arts et le pouvoir

Le mécénat royal se manifeste sous la forme de pensions attribuées aux artistes. Louis XIV encourage les talents. Il sait que le développement des arts contribue à sa gloire. Au début de son règne, il accorde même sa protection à certains novateurs (Molière).

Les excès de l'absolutisme et la progression de la misère provoquent, à la fin du siècle, des réactions d'opposition : critique sociale de La Bruyère dans Les Caractères, mises en garde de Fénelon.

La religion

Par réaction contre les abus que les guerres ont contribué à étaler au grand jour, la mise en cause de la religion est une des tendances du siècle. Elle s'exprime surtout dans le mouvement du libertinage. Le libertin est un homme qui refuse d'accepter les dogmes, il veut penser par lui-même, loin de toute superstition. Cela peut faire de lui un athée, qui doit alors se protéger soigneusement des foudres de l'Église. Beaucoup d'écrivains ont fréquenté ces cercles libertins (La Fontaine, Molière).

Cependant le siècle connaît aussi une certaine ardeur religieuse. Elle peut-être très conformiste et rigide : c'est ainsi que la compagnie du Saint-Sacrement orchestre des cabales contre ceux qui lui semblent ne pas respecter les dogmes et les mœurs chrétiennes (Molière). Elle peut être d'une authentique exigence spirituelle qui pousse le croyant à renoncer au monde pour vivre en accord avec les exigences chrétiennes : c'est le jansénisme (Pascal, Racine).

L'art baroque

Ce terme a été donné par la critique à la période qui va environ de 1560 à 1760, qui englobe donc la fin du XVI ème siècle. Le terme de «baroque» désigne à l'origine, en joaillerie, une perle irrégulière. Le baroque, c'est le goût pour le changement et la métamorphose, parce que le mouvement et l'instabilité sont l'essence même de l'être. Il faut donc savoir saisir le monde des apparences et des illusions, parfois plus vraies que la réalité elle-même.

Le baroque aime des déguisements, les jeux de miroir. L'imagination n'est pas bridée, d'où les débordements d'action, de passion.

Le classicisme

Le terme de classicisme a été crée par la critique, au XIX ème siècle. Il se fonde en réaction à l'esthétique baroque. En effet, le classicisme est d'abord un art de la maîtrise : maîtrise des passions, maîtrise de l'imagination et également de l'écriture. Car le style classique est très sobre. On cherche le mot juste, la phrase claire et bien rythmée : «ce qui se conçoit bien s'énonce clairement», dit Boileau. Cette maîtrise est soutenue par la présence de règles (par exemple, les règles du théâtre classique) et l'imitation des grands écrivains de la culture antique. On ne cultive pas le fuyant et l'éphémère, tout au contraire : on pense qu'il existe un être humain universel présent à travers toutes les époques, et l'art est chargé d'exprimer ce caractère universel de l'être et de la pensée.

L'idéal de l'honnête homme

C'est un idéal de l'âge classique. L'honnête homme est d'abord un homme de la bonne société. La qualité première est la mesure : s'il est cultivé, il ne le montre pas trop ; s'il est passionné, il doit se maîtriser ; son goût doit s'écarter des extrêmes et cultiver la nuance. Dans les comédies de Molière, les hommes de bon sens qui s'opposent aux esclaves de leurs vices et de leurs obsessions représentent bien cet idéal ; c'est par exemple Chrysalde quand il s'efforce de raisonner Arnolphe dans l'École des femmes.

La préciosité

La préciosité est d'abord un phénomène de société. Le mouvement à été impulsé par des femmes de la haute société qui tenaient salon et qui avaient pour double objectif de favoriser un raffinement distingué et d'aider à la diffusion des sciences et des arts, surtout de la littérature. Même si Molière se moque de leurs travers dans Les femmes savantes, il n'en reste pas moins vrai que les précieuses ont contribué à l'émergence d'une esthétique qui n'est pas toujours dénuée d'intérêt.

La querelle des anciens et des modernes

Le culte classique de l'Antiquité provoque dans le dernier tiers du siècle une polémique très vive entre les partisans résolus de l'Antiquité, et les modernes, pour lesquels l'évolution du monde, des mentalités et de la pensée exige la création de chefs-d'œuvre nouveaux qui se libèrent de l'admiration inconditionnelle des modèles anciens.

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Clément M

Freelancer et pilote, j'espère atteindre la sagesse en partageant le savoir que j'ai acquis lors de mes voyages au volant de ma berline. Curieux scientifique, ma soif de découverte n'a d'égale que la durée de demie-vie du bismuth 209.

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