Résumé

Roman écrit par Antoine
de Saint-Exupéry, paru en 1938, qui reçu le Grand prix du roman de l’Académie
française.

Ce roman est un foisonnement d’images, de souvenirs,
d’aventures,...qui sont tirés de la propre expérience de l’auteur :
celui-ci veut nous faire partager des moments forts de sa carrière de pilote et
de sa vie qui l’ont éclairé sur l’Homme, thème central de son œuvre. Ainsi, le
roman ne tire pas son unité de la trame narrative. Celle-ci est en effet
fortement décousue – même si Saint-Exupéry soigne évidemment les transitions –
puisqu’elle consiste en une accumulation de multiples tableaux : narration
d’aventures, portrait de « camarades », description de paysages,...
C’est au contraire les réflexions de l’auteur et la morale humaniste qu’il
développe et illustre qui confèrent son unité au roman.

Terre des Hommes commence
et finit par la remémoration des premiers pas de l’auteur en tant que pilote de
ligne de la société Latécoère. Dans le corps du texte, l’auteur nous fait
partager une multitude de souvenirs (ceux-ci étant tellement nombreux que nous
n’en sélectionnerons que quelques-uns) : - Le second chapitre, portant le
titre « Les camarades », est une description de la grande famille
qu’était l’aviation à ses débuts. Saint-Exupéry nous parle ainsi de Mermoz et
de ses exploits, de Guillaumet et de sa survie héroïque après son crash dans
les Andes, de Riguelle et de Bourgeat avec lesquels il passa une nuit de veille
en dissidence,... - Suit un chapitre sur l’avion et les formidables
possibilités qu’il offre à l’Homme. - Puis la narration d’une rencontre
inattendue de Saint-Exupéry au Paraguay dans le chapitre « Oasis ». -
Ensuite, l’auteur nous relate plusieurs aventures vécues dans le désert,
notamment celle où il faillit mourir de soif avec son camarde Prévost à la
suite d’un crash en Lybie. Le roman s’achève sur un ultime chapitre intitulé
« Les Hommes », où l’auteur reprend et conclut la réflexion
développée dans l’ensemble de l’ouvrage.

Analyse thématique

L’avion

« L’avion n’est pas un but : c’est un outil. Un
outil comme la charrue. » À travers l’ensemble du roman, l’avion apparaît
comme un formidable outil, qui a permis à l’Homme de faire de remarquables
découvertes, d’en apprendre beaucoup sur lui-même et le monde :
« (...) un autre miracle de l’avion est qu’il vous plonge directement au
cœur du mystère. » L’avion met en contact l’Homme (ici le pilote) avec
« tous les vieux problèmes » : il lui permet de se découvrir
dans cette lutte céleste, dans cette bataille acharnée pour la survie qu’était
parfois l’aviation des premiers temps. L’Homme s’exprime dans les risques que
comporte l’aviation et desquels il triomphe. En outre, l’avion est un outil de
civilisation : en prenant de la hauteur, les Maures insoumis ont tendance
à relativiser leur puissance et leur foi inébranlable. Profondément humaniste,
Saint-Exupéry voit enfin dans l’avion un trait d’union entre les êtres
humains : « Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer
de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans
la campagne. »

Le désert : endroit magique, silencieux, fait
d’étendues lisses et vides qui enseignent la solitude ; endroit, riche
uniquement de ce que les Hommes y amènent (leurs passions, leurs
folies,...) ; endroit où l’on part à la découverte de soi-même et de la
vérité : « Le désert pour nous ? C’était ce qui naissait en
nous. Ce que nous apprenions sur nous-mêmes. » Saint-Exupéry nous décrit
aussi les luttes entre la France coloniale et les tribus maures encore
insoumises : « Et je ne sais plus ce que de tels départs contiennent
de haine ou d’amour. »

Tout revient toujours, dans l’ensemble du roman, à une
réflexion sur l’Homme : qu’il s’agisse de l’avion ou du désert, de la
fraternité entre camarades ... on sent que chaque nouvelle anecdote est une
nouvelle illustration d’une morale profondément humaniste et fondamentalement
humaine. Pour Saint-Exupéry, l’Homme est avant tout un être responsable. La
responsabilité, c’est d’abord la compassion pour le faible, la honte devant la
misère humaine. La morale du héros de Saint-Exupéry s’oppose ici à celle,
cornélienne, méprisant celui qui n’a pas la force de s’élever moralement. C’est
ensuite l’esprit d’équipe, la camaraderie, la conscience de la nécessaire
solidarité entre les Hommes, la conscience d’appartenir à une grande
communauté, à une seule et même famille, qui s’opposent à l’individualisme, à
une morale centrée sur le Moi, à l’égocentrisme : « (...) il n’est
qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines. » C’est enfin
le respect pour l’individu qui construit quelque chose et, dans un ordre
d’idées semblable, la volonté d’apporter soi-même sa pierre à la construction
d’un édifice qui nous dépasse par son universalité. Cette responsabilité, qui
fait la grandeur de l’Homme, peut s’exprimer de plusieurs manières : dans
la lutte de Guillaumet pour survivre en plein hiver dans les Andes, dans
l’inquiétude du jardinier mourant pour les arbres qu’il ne pourra plus tailler,
dans la création artistique, dans le mépris du suicidé, ... L’Homme peut ou non
exprimer sa grandeur : cela ne dépend pas seulement de lui mais aussi du
milieu dans lequel il grandit, de son métier, ... lorsque l’Homme reste muet,
lorsque les talents qu’il a en lui ne parviennent pas à s’extérioriser, c’est
une misère pour toute l’humanité : « C’est un peu, dans chacun de ces
hommes, Mozart assassiné. »

Analyse formelle

Sortes de textes – fonctions du langage

La première fonction du langage que l’on peut identifier
dans « Terre des Hommes » est la fonction référentielle :
narrations d’aventures, portraits de camarades, peintures de paysages
fascinants que lui fait découvrir l’avion, description de l’avion lui-même, ...
Cependant, Saint-Exupéry utilise surtout la fonction émotive, qui lui permet de
transmettre au lecteur ses réflexions sur l’humanité, l’interprétation
philosophique qu’il tire de son expérience de pilote, de ses aventures aux quatre
coins de la planète, de la rencontre des Maures insoumis dans le désert, de son
crash en Lybie, ... Le roman est ainsi parsemé de multiples réflexions
psychologiques et philosophiques. Le dialogue est très peu présent dans un
ouvrage avant tout fondé sur des souvenirs. Les temps du passé sont ainsi les
plus usités.

Saint-Exupéry utilise un vocabulaire à la portée de
tous : pas de termes techniques concernant l’aviation, pas de vocables
appartenant à la philosophie existentielle la plus complexe, ... « (...)
il faut que l’on nous parle un simple langage pour se faire entendre de
nous. » Le registre de langue est soutenu. On identifie certes un certain
nombre de figures de style (anaphore, métaphore,...), mais d’une manière
générale, la simplicité de l’expression est privilégiée. L’auteur soigne
toutefois suffisamment sa langue pour ne pas tomber dans le trivial.

La tonalité générale de « Terre des Hommes » est
une tonalité épique. Dans le roman, Saint-Exupéry confère aux personnages une
dimension qui les dépasse : leurs actions sont toutes tournées vers
quelque chose qu’ils ne comprennent pas nécessairement – si ce n’est
instinctivement – mais qui fait leur grandeur.

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