Introduction

Les écrivains et artistes ont joué un rôle très important dans la renaissance des nations et des peuples et l’introduction de leurs dynamismes, en effet, le mérite revient aux écrivains, philosophes, poètes et peintres qui ont, par leurs écrits, fondés la civilisation tel qu’on la connaît aujourd’hui. De tout temps, les écrivains et artistes se sont engagés dans les événements que connait leurs sociétés, cependant, une question se pose, peut-on dire qu’un artiste peut rester en dehors des événements qui marquent son temps ?

Nous allons dans un premier temps montrer que l’artiste doit s’engager dans son temps en expliquant les conséquences de son indifférence mais aussi le rôle de l’artiste en tant que « justicier » , puis dans un deuxième temps, nous allons étudier son rôle et les conséquences que peut avoir son indifférence sur son art.

Développement

A mon avis, un artiste ne peut rester indifférent aux problèmes de sa société, il ne peut se passer de la communauté à laquelle il appartient et au sein de laquelle il vit et ceci même s’il reste indifférent à un événement donné, en effet, cette indifférence dont va faire part l’auteur va provoquer dans n’importe quels circonstances une réaction du public qui interprétera ce silence selon les événements vécus comme un message implicite venant de la part de l’auteur, d’ailleurs, le célèbre philosophe et écrivain Jean Paul Sartre a dit : « Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher ». Ainsi, ces deux écrivains ne s’étant pas exprimés ont été accusés d’avoir été indifférents sur un événement qui a marqué leurs sociétés ce qui a suscité les répressions, ainsi, le silence peut aussi avoir un sens important, au moins autant que le fait d’écrire pour s’exprimer.

Un vrai artiste est chargé de dévoiler la réalité et de dénoncer l’hypocrisie et la vanité d’un monde ou l’ambition et l’avidité poussent l’homme à être un « loup » pour ses semblables. D’une part, l’artiste doit être le dénonciateur de toutes les injustices, de tous les abus, de tous les vices du pouvoir. D’autre part l’artiste doit s’impliquer dans les affaires de son temps, défendre les innocents incapable d’assurer leurs propre défense. En plus, il est avant tout un citoyen, il partage le malheur et l’espérance que partagent les hommes et vit la joie et la souffrance comme chaque être humain, et son art se nourrit de ce contact avec autrui. Il se forge au sein de la communauté. C’est pourquoi l’artiste doit être lié étroitement à sa société, il doit être conscient qu’il est au service de la vérité et de la liberté, ces deux valeurs humaines qu’il doit maintenir et protéger. Ainsi comme a dit Marguerite Yourcenar : « il doit être outillé pour traduire une vérité humaine ». Par conséquent, L’engagement de l’auteur dans la société dans laquelle il vit est donc un des rôles principaux de l’artiste, d’ailleurs, on en retrouve  plusieurs qui s’engagent pour critiquer des événements passés ou défendre une cause, parmi ceux là, on retrouve le peintre Goya dans « El tres de Mayo » qui dénonce l’exécution des prisonniers espagnols, mais aussi Picasso dans « Guernica » exprimant la révolte du peintre espagnol et dénonçant les horreurs de la guerre, sans oublier l’affaire Calas de Voltaire ou l’affaire Dreyfus de Zola, tous ces exemples prouvent qu’un artiste peut importe le domaine de son métier ne peut se défaire des événements que vit sa société, et comme a dit Albert Camus dans son « discours de Suède » :  « L’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peu, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et de la liberté »

L’artiste doit comprendre l’action humaine sans la juger ou la condamner. En effet, il est l’interprète des malheureux, l’ambassadeur de toute l’humanité souffrante. Il interpelle l’homme, lui parle d’égal à égal, reconnaît un frère en tout individu. Il doit croire en l’universalité de la destinée humaine. Il doit affirmer que ses œuvres sont un « miroir » ou chacun doit pouvoir se regarder. Il est l’observateur qui cherche à comprendre l’homme, à comprendre son comportement, à comprendre ses relations sociales… Tout doit susciter en lui un grand intérêt, mais sans jamais être moralisateur comme a dit la Bruyère : «  Ne nous emportons point avec les hommes, ils sont fait ainsi, c’est leurs nature ». Un artiste, pour répondre à ses besoins en tant qu’artiste, devra donc toujours être en contact avec le milieu extérieur et donc la société qui l’entoure, il doit même aller jusqu’à connaître parfaitement le milieu dans lequel il vit et être à jour avec les événements qui le marquent, il pourra ainsi peindre une société qui donnera l’opportunité à chacun de se regarder en face, son œuvre deviendra un « miroir » qui reflète le bien et le mal, le bon et le mauvais, et comme a dit Jean Paul Sartre : «  Il faut peu d’années pour qu’un livre devienne un fait social qu’on interroge comme une institution ou qu’on fait entrer comme une chose dans les statistiques ».

L’artiste qui se préoccupe seulement de la perfection et de la beauté de ses œuvres et ne s’intéresse pas à corriger les mœurs ou la conduite des hommes passera sans laisser aucune trace, sa passivité et son indifférence risquent de tuer l’artiste en lui. Par conséquent son art n’aura aucune influence et ne pourra survivre. Ce dit « artiste » ne sera donc qu’un « fantôme » ne pouvant jamais devenir connu vu que l’intérêt des hommes de lettres ne porte que sur la société dans laquelle il vivent, ainsi, ce n’est pas le fait qu’un individu est capable d’écrire, de peindre ou de sculpter qui fait de ce dernier un artiste, en effet, comme la dit R. Caillois : «il est inévitable qu’il y ait des rapports entre la morale et la littérature. Il est également impossible qu’il n’en existe pas  entre la littérature et la société », ceci appuie donc mes arguments, un artiste ne décrivant pas sa société ou n’en défendant aucune cause n’est pas un artiste.

Conclusion

Pour conclure, un art dont le contenu est si éloigné des circonstances de la vie ne peut remplir sa mission et ne peut être au service de l’humanité, c’est un art dépourvu de sa grandeur et de sa noblesse ! Le vécu influence l'artiste, son caractère lui donne un ressentit qui influencera son écriture ou ses œuvres. L’artiste, va donc, sans le vouloir, obligatoirement participer à la vie de la société de son temps et jouer un rôle grâce à ses écrits.

Nous pouvons approfondir nos recherches en discutant des différentes manières possibles grâce aux quelles l’artiste participe implicitement ou explicitement dans la vie politique, esthétique… de son époque.

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Clément M

Freelancer et pilote, j'espère atteindre la sagesse en partageant le savoir que j'ai acquis lors de mes voyages au volant de ma berline. Curieux scientifique, ma soif de découverte n'a d'égale que la durée de demie-vie du bismuth 209.

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