Comédie en cinq actes et en alexandrins écrite par Molière, créée en 1664.

Tartuffe, escroc issu d'une famille pauvre, a réussi à
obtenir les grâces d'Orgon, riche père de famille à Paris. Les autres membres
de la famille qui ont compris la vérité tentent tout pour lui ouvrir enfin les
yeux.

L'histoire se passe au XVII è siècle dans le salon d'Argon.
Mme Pernelle, la mère d'Orgon, un catholique sincère mais crédule, est en
visite chez son fils. A l'instar de celui-ci, elle admire Tartuffe pour sa
dévotion et elle est scandalisée que les autres membres de la famille voient en
lui un hypocrite. Après avoir dit tout ce qu'elle avait sur le coeur, elle s'en
va. Plus tard, on apprend qu'Orgon revient de son voyage d'affaire à Paris.
Lorsque celui-ci est arrivé, il s'en va quérir des nouvelles de Tartuffe auprès
de Dorine, gouvernante d'Elmire, sa propre femme, qui a été souffrante lors de
son absence. Cependant, l'homme s'inquiète plus de Tartuffe "le pauvre
homme!"(v235), mais en pleine forme, que de sa propre épouse. Après le
départ de Dorine, Cléante intervient auprès d'Orgon et lui reproche son manque
de compassion pour sa femme. Celui-ci réplique la "leçon"(v 273) que
Tartuffe lui a enseignée. Puis il continue en disant qu'il verrait "mourir
frère, enfants, mère et femme"(v278) sans éprouver le moindre chagrin.
Cléante, choqué de cette réponse essaie de raisonner Orgon, mais ce dernier
vante continuellement la sainteté de son protégé, sa dévotion... Enfin, au
moment où Cléante demande si Orgon va donner son accord pour le mariage de
Marianne, sa fille, et Valère, son amant, il ne répond que vaguement, puis s'en
va rapidement.
Durant l'acte II, Marianne apprend de son père qu'elle va devoir se marier avec
Tartuffe, et que sa décision est sans appel. Dorine, gouvernante de Marianne,
qui a surprit la scène, essaie de faire comprendre à Orgon le ridicule de son
entreprise. Elle lui demande d'abord si c'est une mauvaise plaisanterie, puis
l'avertit des dangers de l'union. Mais Orgon ne fléchit pas, puis enervé de
l'insolence de son interlocutrice, il la gifle mais manque son but, et s'en va
en laissant les deux femmes en tête à tête. Durant cette scène, Dorine ne
comprend pas le silence obstiné de sa maîtresse qui n'a pas prononcé un mot
durant toute l'entrevue pour se défendre. Cette dernière lui explique qu'elle
se suicidera si son père maintient sa décision. C'est à ce moment là que
survient Valère qui a apprit la nouvelle. Il commence à parler a sa bien-aimée,
mais un quiproquo s'installe. Les deux jeune gens se disputent mais Dorine
arrive à rétablir la situation. Elle insiste sur le fait que ce n'est pas en se
querellant que les choses vont s'arranger, et elle tente de trouver avec eux
des solutions pour éviter, ou du moins retarder le mariage.
Lors de l'acte III, Damis, qui a apprit le dessein d'Orgon à marier sa soeur à
Tartuffe est entré dans une colère folle. Cependant, Dorine le dissuade de se
charger de l'affaire lui-même. Elle lui apprend que l'homme pourrait bien avoir
une "douceur de coeur"(v 837) pour Elmire, et que celle-ci se
chargera de faire voir à Orgon le vrai visage de Tartuffe. Celui-ci apparait enfin,
il va faire ses devoirs de bon chrétien et le fait savoir en le criant à son
valet. Dorine ne se laisse pas abuser, elle lui reproche d'être hypocrite.
Tartuffe feint de se rendre compte de sa présence et sort immédiatement un
mouchoir pour lui cacher son décolleté. La vision d'un sein, selon lui, choque
la pudeur. Dorine se moque de lui et lui dit qu'il n'a aucune résistance aux
tentations de la chair. Pour toute réponse, il tourne les talons, mais en
apprenant qu'Elmire désire le voir, il tourne les talons et se radoucit. Dorine
s'en va, puis Elmire apparait. Tartuffe l'accueille et lui "serre le bout
des doigts"(v913) et lui met bientot la main sur les genoux. Elmire se
récrie, mais se ressaisit. Adroitement, l'homme lui fait comprendre que ce
n'est pas Marianne qu'il aime, mais bel et bien elle. La femme d'Orgon, mais
elle s'engage à ne pas dévoiler le scandale à condition qu'il ne se marie pas
avec Marianne. La conversation est brutalement interrompue par Damis, qui était
caché non loin de là. Il veut profiter des aveux de Tartuffe, et va
immédiatement prévenir Orgon. Lors de leur conversation, l'hypocrite au lieu de
se justifier avoue tout, et la réaction attendue par Damis est contraire: Orgon
ne croit pas un mot de l'accusation de son fils, il s'énerve, le chasse de la
maison, puis le déshérite. Alors, Tartuffe et Orgon sont seuls. Pour lui
prouver son affection, Orgon lui donne sur le champs tous ses biens. Le faux
dévot Tartuffe accepte ce présent en arguant que "la volonté du seigneur
soit faite" (v1182)
Au début de l'acte IV, Cléante presse le nouveau possesseur de la maison de
réconcilier le père et le fils. Tartuffe refuse grâce à de faux prétextes et
mentionne le Ciel. Cléante lui demande alors si le Ciel l'a obligé à accepter
toute la fortune d'Orgon, mais Tartuffe réplique que celle ci ne servira
"que pour la gloire du Ciel et le bien du prochain"(v1248). Puis il
s'en va car il est l'heure de sa prière. Plus tard, Marianne supplie son père a
genoux de ne pas épouser Tartuffe, et qu'elle ira même jusqu'à s'engager dans
un couvent. Le père, voyant sa fille si désespérée faiblit, mais se rappelant
des leçons de Tartuffe (v278) se reprend. Elmire lui propose alors de lui
montrer la vraie personnalité de Tartuffe. Elle le cache sous la table, et
appelle le faux dévot. Dès le début de leur conversation, Elmire lui fait
comprendre qu'elle n'a pas été insensible à son charme, Tartuffe s'étonne du
changement d'avis de la femme:"vous parliez tantôt d'un autre
style"(v1410). Elle se justifie en lui disant qu'elle n'aurait pas étouffé
l'affaire, ni empêché le départ de Damis si elle n'avait pas voulu que son
bien. Mais Tartuffe doute, il veut des preuves, et va même jusqu'à exiger
quelques "faveurs"(v1449) d'Elmire. Elle demande alors à Tartuffe de
sortir pour vérifier qu'ils ne sont pas espionnés. Pendant ce temps, Orgon
révolté sort de sa cachette, mais y retourne aussitôt car l'autre revient.
Tartuffe s'apprête à continuer sa cour, mais Orgon n'en pouvant plus apparaît,
et ordonne à Tartuffe de quitter sa maison. Cependant, cette maison n'est
désormais plus la sienne car il a donné tous ses biens a l'imposteur plus tôt
dans la journée: c'est donc à lui et sa famille de s'en aller. Tartuffe s'en va
alors victorieux. L'homme et sa femme discutent alors ensemble, mais outre la
perte de ses biens, une mystérieuse cassette l'inquiète bien plus encore.
Le dernier acte débute alors qu'Orgon explique à Cléante que la cassette
contient des documents de son ami Pargas qui avait soutenu la Fronde mais qui
avait du s'enfuir après celle-ci. Malheureusement cette cassette se trouve dans
les mains de Tartuffe, qui sait ce qu'il compte en faire. Toute la famille
accourt à la maison: Damis qui veut lui "couper les deux
oreilles"(v1234) mais qui se fait raisonner, et Mme Pernelle qui ne croit
toujours pas à la bassesse du faux dévot. C'est alors que survient Mr Loyal,
huissier de justice, qui est chargé de leur dire qu'ils doivent quitter la
demeure pour le lendemain, sinon quoi ils seront expulsés de force. Mme
Pernelle en tombe "des nues"(v1814) et Cléante cherche un moyen de
contrecarrer Tartuffe. Valère arrive alors en prévenant Orgon qu'il doit s'en
aller de toute urgence: Tartuffe a donné la cassette à la police qui le voit
désormais comme un "criminel d'Etat"(v1838). Il lui offre son carrosse
et mille louis pour s'enfuir au plus vite. Mais il est trop tard, Tartuffe
revient et il est accompagné d'un commissaire de police. Il savoure sa victoire
quand, coup de théâtre, c'est lui qui se fait arrêter par le commissaire.
Celui-ci explique que le roi a compris la manoeuvre de Tartuffe qui avait déjà
été connu pour d'anciennes affaires d'escroquerie. Pour remercier Orgon d'être
resté fidèle au roi pendant la Fronde, celui-ci lui rend tous ses biens, et lui
pardonne d'avoir aidé un ennemi de l'Etat par amitié. La pièce touche à sa fin
et plus rien ne peut désormais empêcher le mariage de Marianne et Valère.

Autre résumé et analyse

Les personnages

Tartuffe
Tartuffe est le personnage principal de cette pièce et son titre est son propre
prénom. Malgré son apparition tardive (III-2) voulue par Molière pour permettre
au lecteur de se faire sa propre idée sur cet homme, il n'en demeure pas moins
le moteur de l'action. Tartuffe est un malfaiteur professionnel, avant de
tromper Orgon, il a réalisé de nombreuses escroqueries dont la liste emplirait
plusieurs " volumes " (v1926). Il est également très intelligent, et
parvient à attirer Orgon vers lui en profitant de sa faiblesse envers les
hommes dévots. Ainsi, sachant que celui-ci est un homme dévot, il a feint d'en
être également un. Cependant, l'image de jouisseur qu'Orgon lui donne est
totalement fausse. Tartuffe est en fait un homme cupide et jouisseur. Son but
est de s'enrichir un maximum et par tous les moyens. Le confort lui est
extrêmement important, et malgré le fait qu'il clame vivre avec fort peu de
moyens, il est " gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille
"(v2340). Aussi, malgré le fait qu'il s'offusque du décolleté de Dorine
(v860), on remarque que les femmes l'attirent beaucoup et en particulier
Elmire. C'est d'ailleurs ce qui va le perdre, car quand il est avec la femme d'Orgon,
il perd toute prudence et ne se méfie même pas du guet-apens dans lequel il est
entraîné.

Orgon
Orgon est le père de famille de la maison. Il est à la fois le dupe et le
disciple et le disciple de Tartuffe. C'est un homme qui habite Paris et qui est
suffisamment riche pour permettre à sa femme d'être vêtue "ainsi qu'une
princesse "(v30). Orgon est extrêmement influençable et fragile qui s'est
réfugié dans la religion parce que, vieillissant, il n'a pas réussi à s'adapter
à un monde complètement différent de celui dans lequel il a été éduqué. C'est
donc à un homme affaibli que Tartuffe a affaire, et il va en profiter. Ainsi
Orgon, par aveuglement, devient complètement fou de son " héros
"(v195) et l'aime même plus que sa propre famille (v185/186). Cet amour
lui fait tyranniser les siens, s'énerver contre ceux qui osent s'opposer contre
lui (Dorine, Damis), et abuse de son autorité paternelle pour faire ce qu'il
pense que Tartuffe approuvera, et en l'occurrence, s'opposer au mariage de
Valère et Marianne. Seulement, son éblouissement pour Tartuffe ne disparaître
que lors de la scène 7 de l'acte V, lorsque, caché sous la table, il se rendra
enfin compte de sa nature. Alors d'un extrême, il va passer à l'autre en
haïssant tous les gens de bien (v 1604-1606). Il est le caractère même d'un
maniaque qui a bien failli faire le malheur de tous.

Elmire
Seconde épouse d'Orgon, Elmire est une jeune femme d'une trentaine d'années
aimable et sociable. Elle fréquente en effet la société mondaine et participe à
de nombreux bals. Elle aime également être bien habillée ce qui énerve sa
belle-mère Mme Pernelle (v29-30). C'est une jolie femme qui connaît son charme
et en use pour duper Tartuffe, mais elle est tout de même une épouse fidèle à
son mari : quand Tartuffe lui fait la cour, elle refuse fermement ses avances
et se moque même gentiment de lui. Enfin, on peut dire qu'Elmire est une femme
intelligente, si elle ne dévoile pas la scène à son mari, c'est qu'elle espère
que Tartuffe favorisera le mariage de Valère et Marianne ou parce qu'elle pense
qu'elle pourra utiliser cette situation plus tard, ce qu'elle fera d'ailleurs
quelques scènes plus tard (IV-5).

Mariane et Damis
Les deux enfants d'Orgon jouent un rôle mineur dans cette pièce de théâtre.
Malgré tout, on peut à travers eux quelques traits du caractère de leur père.
Damis, comme son père, est un jeune homme bouillant. Cependant, s'il est
capable pour protéger sa famille de faire un scandale (III-5), il demeure
respectueux envers son père en toute circonstance, même quand celui-ci le
chasse de la maison en le déshéritant. De son côté, Marianne ressemble quelque
peu à son frère, dans le sens où elle est adepte aux solutions extrêmes.
Lorsqu'elle apprend qu'elle doit se marier à Tartuffe, elle pense se suicider,
plutôt que de vivre avec lui. Elle préfère ne pas vivre que de vivre dans le
malheur. C'est une jeune femme romantique et sensible.

Cléante
Frère d'Elmire, les quelques apparitions qu'il fait sur scène donnent de lui
l'image d'un homme intelligent et clairvoyant, au contraire de l'aveugle et
autoritaire Orgon. Lui aussi a percé la couverture de faux dévot de Tartuffe,
selon lui un vrai religieux est tolérant, discret, et humble (v389-405). Cléante
est un personnage juste et favorable au mariage de Valère et Marianne. C'est le
protagoniste le plus sage de la pièce.

Dorine
Servante de Mariane, Dorine se définit par son caractère franc. Elle a très
vite percé l'hypocrisie de Tartuffe et ne se gène absolument pas pour dire ce
qu'elle en pense. Dorine est certainement dans la maison d'Orgon depuis
longtemps car elle n'hésite pas à critiquer ouvertement ses choix en ce qui
concerne le mariage de Marianne (II-2).

Les thèmes

La naïveté

Dans Tartuffe, la naïveté est principalement caractérisée
par Orgon

L'hypocrisie.

Aujourd'hui, lorsque l'on parle d'un "tartuffe",
on décrit un imposteur, hypocrite et faux, comme celui présent dans la pièce.
De tous les défauts de Tartuffe, l'hypocrisie est sans aucun doute le plus
important. Depuis le départ il a été remarqué par tous sauf Orgon et sa mère
" tout son fait, croyez-moi, n'est qu'hypocrisie" (v70). Celle-ci se
manifeste sous deux principales formes:
- La première est morale. Le dictionnaire définit l'hypocrisie comme un vice
qui consiste à feindre des sentiments ou une vertu que l'on a pas. Or cette
définition colle parfaitement au personnage de Tartuffe car ses discours sont
en totale contradiction avec ses actes. Alors qu'il prétend s'intéresser le
moins du monde à l'argent, il veut s'emparer de la fortune de son bienfaiteur.
Bien qu'il pardonne Damis de l'avoir, selon Orgon, calomnié, il se refuse à
réconcilier le père et le fils. Tandis qu'il se choque du décolleté de Dorine
(v861), il tente de séduire Elmire dans le dos d'Orgon.
- La deuxième forme d'hypocrisie est religieuse. Derrière des apparences d'un
bon catholique qui va "chaque jour à l'église" (v283), fait des actes
de charité (v855-856) ou bien se fait lui même violence pour expier de ses
fautes (v853) se cache en fait un homme qui utilise la dévotion pour ses
propres intérêts. La vraie foi décrite par Cléante est bien différente de celle
que pratique l'imposteur. En effet, comment expliquer le fait qu'il soit
"gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille" (v234) alors
qu'il se mortifie et prétend renoncer aux plaisirs de la vie? De même, ses
actes de charité ne sont que paroles, les prisonniers qu'il devait aller voir à
l'acte II scène 3 ont été préféré à Elmire. De plus, ses régulières apparitions
à l'église sont bien trop bruyantes et démonstratives pour être vraies: il
cherche en fait plus à attirer l'attention d'Orgon, qu'à glorifier Dieu.
L'hypocrisie se manifeste également dans les enseignements que Tartuffe prodigue
à Orgon. Quand celui-ci raconte à Cléante que son maître lui a conseillé de
"n'avoir affection pour rien"(v276) ou bien qu'il pourrait voir
"mourir frère, enfants, mère et femme" sans s'en soucier (v278), cela
va totalement a l'encontre du plus important dogme des chrétiens
"aimez-vous les uns les autres". Dans ce cas, Tartuffe modifie le
sens des préceptes de la religion chrétienne en sa faveur et pense qu'en
détournant Orgon de sa famille, il lui sera plus facile de séduire Elmire et de
s'attirer encore plus l'approbation de son mari.

L'amour et le mariage

Dans le Tartuffe, de nombreuses amours se nouent au fur et à
mesure de l'intrigue, et y jouent d'ailleurs un rôle très important. A l'instar
de l'hypocrisie, il en existe deux types complètement différents. Pour
commencer, il y a l'amour entre Valère et Mariane. C'est une passion dont on
apprend, dès les premières scènes de la pièce, qu'elle existe depuis longtemps,
mais à laquelle Tartuffe n'est pas favorable (v217-218). Lors de l'acte II scène
4, on voit d'ailleurs à quel point la passion est forte lors de leur
réconciliation après leur dispute (v781-791). Dans cette même scène, après que
Marianne ait apprit pour qui elle était destinée, on voit bien son désarroi, et
à quel point elle déteste l'autre (notamment quand elle songe à se suicider).
Le thème du mariage forcé revenant dans de nombreuses pièces de Molière est là
encore exploité. Dorine le caricature d'ailleurs très bien en disant "
Non, il faut qu'une fille obéisse à son père Voulût-il lui donner un singe pour
époux" (v654-655). Mais Tartuffe n'a pas l'intention d'accepter cette
union, car il aime lui aussi une autre personne, en l'occurrence Elmire. Cette
fois-ci, la passion est légèrement différente. D'une part parce qu'il est unilatéral
: Elmire aime toujours son mari malgré que Tartuffe lui soit préféré. D'autre
part parce-que Tartuffe désire peut-être plus avoir du "plaisir"
(v1000) avec Elmire que la vénérer. En effet, les gestes qu'il fait en lui
tenant les doigts, puis en lui mettant la main sur les genoux (III-3) ou les
paroles qu'il prononce "contentez mon désir" (v1495) trahissent plus
une envie d'amour physique que platonique.

La comédie

Lorsqu'on parle d'hypocrisie religieuse, un sujet grave, on
pourrait imaginer une pièce de théâtre d'avantage susceptible à entraîner la
colère que le rire. Cependant, Tartuffe reste une comédie, qui avant de faire
réfléchir le spectateur le fera s'amuser. Pour ce faire, de nombreux éléments
permettront de le divertir. D'abord, le comique de geste: presque toutes les
didascalies insérées par Molière aident les acteurs à jouer dans ce sens,
ainsi, on verra des gifles (v169-171 et 579), une sympathique scène de dépit
amoureux où Dorine courre de Valère à Marianne pour les réconcilier, ou encore
la première entrevue entre Tartuffe et Elmire où tandis que l'une s'écarte,
l'autre se rapproche. Ensuite vient le personnage de Dorine. Par son caractère
sympathique, intelligent, et franc, cette servante est le personnage comique
par excellence. Tout d'abord par son langage familier, elle emploie des mots ou
expressions qui font rire, comme "forte en gueule" (v14) ou bien
" quel caquet est le vôtre"(v821). Elle est également amusante par
son ironie et sa clairvoyance. Sans pitié, elle se moque d'Orgon, quand par
exemple elle répète "le pauvre homme" (v1657), mots qu'avait prononcé
Orgon à l'acte I, scène 4. Bien qu'elles soient toujours comiques, ses
répliques sont cependant pleines de bon sens. Pour conclure, on peut citer le
comique de caractère: malgré le fait qu'il entraîne sa famille à sa perte,
Orgon, par son attitude reste un personnage comique. Celui-ci est qualifié
unanimement de "fou" (v311). Cette folie se manifeste par des
réponses aux questions automatiques, et donc amusantes. La plus flagrante est
sans doute lors de la répétition de "le pauvre homme" quatre fois
(I-4), alors qu'Orgon s'inquiète moins de sa femme malade que Tartuffe en
pleine forme. Dans l'acte II scène 1 on voit aussi un père de famille
complètement grotesque et risible qui se laisse prendre au piège de l'insolence
de Dorine.

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