Il est évidant que cette œuvre est déconcertante et déroutante, mais il a voulu la construire comme une démonstration mathématique. Il emploi une autre expression une œuvre construite « comme une cathédrale ». Ce roman n’a pas vraiment d’intrigue, l’auteur en apparence ne mise pas sur des coups de théâtre ou des effets de suspens, on n’a pas l’impression d’une intrigue suivie, continue et linéaire. Il s’agit plutôt d’une suite d’histoire, une sorte de collage d’épisode sans suite chronologique évidente. L’auteur multiplie les retours en arrière ou les anticipations et même des sauts de plusieurs années. C’est un des premiers aspects moderne de cette œuvre. Cette construction n’est pas aléatoire, elle est justifiée. Il a une stratégie d’écriture « il pousse plusieurs pions, offensives à la fois ».

Explication de cette structure qui est à trouvé dans la stratégie de rédaction par fragments simultanés c'est-à-dire que dans la phase préparatoire il rédigé simultanément des épisodes qui était destiné à être mis à des endroits différents dans le livre. Cette œuvre c’est à la base 95 cahiers d’écoliers qui sont les premiers états de la recherches, à ceci s’ajoute des milliers de feuilles souvent collées les unes aux autres souvent de formats variés, il les surnommées « les Paperoles ». Les mises au net dactylographiques → c’est ce qui est sensé être donné à l’imprimeur. Une fois celle-ci faite Proust rajouté de nouveau des phrases, des paraphages à ces mises au net. Il les confié à l’imprimeur pour les épreuves (premier jet d’impression), signature du bon à tirer.  Jusqu’au stade de l’impression, il rajoutait des phrases et des paragraphes. C’est une écriture par prolifération. Néanmoins la recherche présente des caractères structurant très forts et très visibles qui en sauvegarde l’unité. C’est le temps qui est le principal personnage du livre, il nous permet de découvrir l’unité. Les éléments structurant :

  • Le narrateur, celui qui dit « je » tout au long du texte. Toute la recherche est écrite à la première personne sauf à la « Recherche de Swann » où il revient à la technique du narrateur omniscient (il connait tout de l’histoire qu’il raconte). Jean Santeuil était écrite à la troisième personne. Le « je » du narrateur ne doit pas être confondu avec le « je » de l’auteur. Même s’il a réutilisé des détails de son existence (sa vie sentimentale) il les a toujours réinventés, la recherche n’est pas un roman autobiographique, ni d’un journal intime, ni un mémoire. C’est une œuvre de création romanesque.
  • Son thème central c’est celui d’une vocation d’écrivain. La recherche est un roman dans lequel le narrateur se souvient, nous raconte et nous explique comment et pourquoi il en est venu à écrire. C’est le roman de l’écriture d’un roman.

La recherche est une œuvre parfaitement refermée sur elle-même. La structure est cyclique : ce n’est lorsque l’on a achevé une première lecture que l’on dispose de toutes les clefs pour la comprendre dans toutes ses dimensions. Il invite à une deuxième lecture qui est une somme une première lecture véritable. C’est pourquoi malgré l’amplification progressive de l’œuvre et la complexification de sa structure Proust a toujours eu la conviction et le souci d’écrire un seul et même livre. Toutes les additions ne brouillent pas la structure d’ensemble mais elles sont faites pour la renforcer et la souligner. C’est une œuvre « inachevée » mais complète.

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Agathe

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