Le livre

Le livre est défini par Littré comme une réunion de plusieurs feuilles servant de support à un texte manuscrit ou imprimé. Et dans son Nouveau Dictionnaire universel (édition de 1870), Maurice La Châtre le définit comme un assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin, de parchemin, imprimées ou écrites à la main cousues ensemble et formant un volume recouvert d'une feuille de papier, de carton, de parchemin, de basane, de veau, de maroquin, etc.

latin) consiste à lier, à rassembler «la» ou «les» feuilles d'un livre, pliées ou non en cahier, de manière à en prévenir la dégradation, à en permettre l'usage durable et souvent à lui donner une esthétique avenante.

Moyen Âge, les reliures furent quelquefois splendides, mais le plus souvent sobres et peu ornées. Après la découverte de l'imprimerie et à l'époque de la Renaissance, cet art prit un grand essor : dès la fin du XVe siècle, on vit les reliures en maroquin et en veau succéder aux reliures en bois couverts d'étoffes ou de peaux mégissées. L'Italie, puis Lyon et Paris fournirent alors les plus habiles relieurs : on cite, en France, Pierre Roffet, dit le Faucheux, sous François Ier et Henri II ; Nicolas et Clovis Ève, sous Charles IX, Henri III et Henri IV.

Les formats

technologies permettant de reproduire des écrits et des illustrations en grande quantité sur des supports plans, généralement du papier, et pouvoir ainsi les distribuer à grande échelle. Les techniques vont de la composition des textes au façonnage (reliure, pliure…) en passant par l'impression et la relecture.

Histoire de l'Imprimerie

xylographie. Puis l'on utilisa la pierre gravée à l'envers sur laquelle on appliquait l'encre qui allait à son tour être posée sur le papier : la lithographie. Les balbutiements de la typographie se heurtaient à un problème de taille : en cas d'erreur, il fallait tout refaire.

Gutenberg, eut l'idée, vers 1440, d'utiliser un procédé analogue : l'usage des caractères mobiles en plomb. On attribue à Gutenberg la naissance de la typographie moderne, mais cette dernière existait déjà en Corée. De cette évolution, on retiendra donc deux types de livres. Les incunables, livres de l'ère pré-gutenberg édités entre 1450 et 1500, et les livres dits modernes, issus de la typographie et des techniques plus modernes telles que l'impression offset ou l'héliogravure.

Imprimeur reste longtemps au stade du petit artisanat : les salaires sont faibles mais le travail est prestigieux. Le livre est encore un objet rare et le typographe vit en permanence au contact des lettrés, ce qui le distingue. Privilège important : il a droit au port de l'épée. Un atelier emploie en moyenne, en plus du maître qui s'occupe des corrections, quelques compositeurs qui assemblent les types et quelques pressiers. L'apprenti est l'homme à tout faire : il doit savoir lire et écrire le latin et le grec, et va faire son apprentissage durant deux à cinq ans au service du maître. Après son apprentissage, devenu compagnon, il fera son « tour de France », pour parfaire son métier avant de s'établir, comme c'est le cas dans tous les compagnonnages depuis le Moyen Âge.

Les imprimeurs signent leurs œuvres et l'on retrouve leur nom sur les livres qu'ils ont imprimés. La marque d'un maître peut être « blasonnée » et constituer ainsi une sorte d'héraldique de métier, comme ce fut le cas pour les compagnons passant tailleurs de pierre. Les marques d'imprimeur comportent des lettres : la lettre X (qui évoque le chrisme), V, S, ainsi que l'alpha et l'omega. Elle peut faire figurer des symboles comme le globe et la croix. Elle utilise aussi massivement le fameux « Quatre de Chiffre », marque mystérieuse et profondément christique, qui n'a pas encore livré tous ses secrets.

Dioclétien en 304. Pendant les périodes agitées des invasions, ce sont les monastères qui vont conserver pour l'Occident les textes religieux et certaines œuvres de l'Antiquité. Mais il y aura aussi à Byzance d'importants centres de copie. Le rôle des monastères dans la conservation des livres n'est pas sans ambiguïté :

  • la lecture était une activité importante dans la vie des religieux, qui se divisait en prière, travail intellectuel et travail manuel (dans l'ordre des bénédictins par exemple). Il était donc nécessaire de faire des copies de certaines œuvres. Il y avait ainsi des scriptoria (pluriel de scriptorium) dans beaucoup de monastères, où l'on copiait et décorait les manuscrits qu'étaient conservés dans des armoires.
  • mais, contrairement à une idée reçue, la conservation des livres n'avait pas toujours pour finalité de conserver la culture ancienne : il s'agissait surtout de comprendre les textes religieux, avec l'aide du savoir antique. Certaines œuvres ne furent donc pas recopiées, jugées trop dangereuses pour les moines. En outre, par besoin de support, les moines grattaient les manuscrits, détruisant ainsi des œuvres anciennes. La transmission du savoir était donc surtout centrée sur les textes sacrés.

Malgré cette ambiguïté, il reste que les monastères en Occident et l'empire d'Orient ont permis la conservation d'un certain nombre d'œuvres profanes, puisque des bibliothèques furent créées : par Cassiodore (Vivarium en Calabre, vers 550) ; ou par l'empereur Constantin Ier à Constantinople. Il y avait donc de nombreuses bibliothèques, mais la survie des livres dépendait souvent de luttes politiques et idéologiques, qui entraînèrent parfois des destructions massives ou des troubles graves dans l'édition (dispersion des livres, par exemple, pendant la querelle des iconoclastes entre 730 et 840).

Roger Bacon, est la traduction de la Bible en latin réalisée en grande partie par Jérôme de Stridon au début du Ve siècle, et reconnue comme « authentique » par l'Église catholique lors du concile de Trente.

Gutenberg, l'inventeur des caractères mobiles, réserva à la Bible latine de Jérôme l'honneur d'être le premier livre imprimé (1456). C'est avec la bible que commence la révolution du savoir. Les humanistes vont comparer des bibles identiques qui sont rédigées en langues différentes. Par la suite on crée des bibles polyglottes (Bible polyglotte. Bible comportant le texte original de l'Écriture accompagné de deux versions, au moins, en langues différentes. La Polyglotte de Londres est la plus complète et la meilleure qui ait été publiée). Ce sont les humanistes qui vont traduire la bible dans des langues vulgaires telles que l'allemand, l'anglais et le français.

Vulgate. Par la suite les Elzevier, une famille d'imprimeurs de Leyde, utilisèrent le texte grec d'Érasme en écrivant au-dessous du titre Textus receptus. Par cette publication Érasme posait les fondements de la réforme de Luther, ce qui lui fut reproché par l'Église catholique. À ce reproche d'avoir pondu l'œuf de l'hérésie, il répondait que ce n'était pas son intention et que ce n'était pas lui le responsable du morcellement de l'Église.

Académie de musique et de poésie, était un fervent défenseur de la traduction biblique en langue vulgaire. Il se heurta rapidement à un courant traditionaliste qui est l'église dont le fief est la Sorbonne. Cette dernière avait déjà tenté de produire une bible iconique pour les illétrés, créant ainsi une grande querelle: la querelle des icones, opposant les iconoclastes et les iconodules (cf dossier).

XVe siècle, parce qu'elles ont été réalisées à l'époque où l'imprimerie était au berceau (incunabula en latin). C'est un livre imprimé dans la période comprise entre le début de l'imprimerie occidentale (Gutenberg) vers 1440- 50 jusqu'à la fin du premier siècle de la typographie en 1500, soit une période d'environ 60 ans pour la France. Le vocable « incunable »[1] apparaît dans l'histoire du livre vers le XVIIe siècle, ce terme ne correspond pas à grand chose, il permet seulement de dater les premiers livres imprimés avec le procédé de Gutenberg. La date de fin en 1500 est arbitraire et varie suivant les sources. Les livres imprimés en janvier 1501 ne diffèrent pas de ceux imprimés en décembre 1500, les innovations techniques dans l'imprimerie n'interviendront que beaucoup plus tard. Par contre, la mise en page des livres évolue très rapidement.

codex. Les cahiers du livre sont formés de feuilles pliées et reliées ensemble par un fil en nerf de bœuf ou en parchemin roulé et cousus à l'arrière. Le format le plus utilisé est in-folio – feuille pliée en 2 -, mais il existe également des incunables aux formats in-quarto – feuille pliée en 4 - ce format plus pratique à manipuler, sera utilisé par les imprimeurs de manuel, livre de droit, romans. Les pages sont imprimées recto-verso (opisthographie) sur du papier ou sur vélin. Le papier utilisé depuis le XIIIe siècle un peu partout en Europe favorisera considérablement le développement de l'imprimerie. La page de titre n'existe pas encore, l'impression du livre débute au recto du premier feuillet d'où une usure prématurée de cette première page. Le texte s'étale sur deux ou trois colonnes de 30 à 70 lignes par colonne. Les lettres sont imprimées en caractères gothiques imitation des manuscrits codex. Plus tard, apparaît le caractère romain issu des inscriptions lapidaires des monuments antiques. Au début, les caractères étaient fondus dans l'atelier de l'imprimeur.

Les enluminures sont très souvent remplacées par des illustrations gravées sur bois et reproduites en xylographie et, pour certaines, coloriées à la main.

Pour les incunables les plus précieux, réservés aux notables les plus fortunés, les illustrations et lettrines seront réalisées par un miniaturiste, l'imprimeur laisse alors un blanc dans la page. Les tranches peuvent être peintes, dorées, jaspées.

icônes, les images saintes, adorées dans l'Empire romain d'Orient.
Il se manifesta aux VIIIe et IXe siècles par des destructions massives d'iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

Plusieurs chefs religieux protestants (Jean Calvin) ont encouragé la destruction des images religieuses dont l'adoration était considéré comme une hérésie païenne. Les objets concernés sont les portraits de saints et de saintes, les statues, mais aussi les reliques et les retables. Les premières destructions iconoclastes apparaissent dans l'espace germanique à Zürich (1523), Copenhague (1530), Genève (1535), et Augsbourg (1537). La France n'est pas épargnée mais les destructions restent dans la seconde moitié du XVIe siècle des cas isolés. La grande crise iconoclaste française a lieu lors de la première guerre de religion en 1562. Dans les villes prises par les protestants, les édifices religieux ont été systématiquement saccagés. La violence a été telle que des églises entières ont été détruites. Des monuments prestigieux comme Saint Martin de Tours ou la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans sont sérieusement endommagés et détruits. L'abbaye de Jumièges, la cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême, la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay sont pillées et mises à sac. En 1566, c'est la Flandre et les Pays-Bas en général qui connaissent une grave crise iconoclaste. Le mouvement d'inspiration populaire commence à Steenvoorde et se répand dans les alentours. La terrible crise de 1566 marque le début de ce qu'on appelle la révolte des gueux.

L'époque et les faits historiques

Frédéric III de Montefeltro

italien Federico III da Montefeltro ou plus généralement Federico da Montefeltro (Gubbio, 7 juin 1422 - Ferrare, 10 septembre 1482) fut l'un des plus célèbres condottieri de la Renaissance, duc d'Urbin et comte de Montefeltro de 1444 à sa mort. Il fit de l'ancien municipe romain d'Urvinum Mataurense (Urbino, en français Urbin) le centre d'une cour raffinée où il entretint de nombreux artistes. Il y fit construire une grande bibliothèque, peut-être la plus grande d'Italie après celle du Vatican, dans laquelle il avait, dans son scriptorium, sa propre équipe de copistes, et réunit autour de lui les plus grands humanistes de son temps dans l'un des grands joyaux architecturaux de la Première Renaissance, le palais ducal d'Urbin, conçu par l'architecte Luciano Laurana que Cosimo Rosselli, Roberto Valturio, Frederico Barocci et Francesco di Giorgio Martini décorèrent. Montefeltro conçut l'idée d'une « cité idéale et rationnelle, bien protégée, riche, tournée vers les arts et le bonheur. » C'est ainsi qu'est né le palais ducal d'Urbin, qui fut plus un lieu de rencontres qu'un château fortifié. Il savait que seule la littérature pouvait lui donner l'immortalité qu'il désirait. Chose étrange, il a toujours rejeté le livre imprimé.

L'imprimé, une véritable révolution

L'apparition de l'imprimé crée une révolution dans l'enseignement. En effet, ceux qui ont des livres sont les professeurs, les princes et les mécènes. A noter que les livres restent la propriété de l'université et non pas des profs. En outre on assiste à une véritable révolution de la lecture. Les mœurs changent vu qu'on commence à lire pour soi et non plus à voix haute. Cela favorise le développement intellectuel et la réflexion, qui n'est donc plus sous le contrôle de l'église.

29 mai 1453, Constantinople est prise par les forces ottomanes conduites par Mehmet II. Le dernier empereur romain Constantin XII Dragasès meurt sur les remparts en défendant sa ville.
La chute de Constantinople met fin à un empire qui avait duré 1000 ans, qui avait vu Rome s'effondrer et, ce qui très rarement arrivé dans l'histoire, qui avait survécu à deux ères (Antiquité et Moyen Âge). Sa chute marquait pour l'Orient la fin de la civilisation que Hyeronymus Wolf surnomma cent ans plus tard byzantine, mais pour l'Occident, qui hérita via l'Italie de cette civilisation, ce fut l'avènement d'une Renaissance. Par conséquent une grande partie des savants byzantins on quitté leur ville, pour se réfugier dans la péninsule italique (d'Italie). L'Italie qui à ce moment compte de nombreuses principautés offrant ainsi de nombreux emplois à ces exilés. Résultat: La culture italienne connait un essort considérable.

1494 - 1547), dit le père et restaurateur des Lettresest considéré comme le monarque emblématique de la période de la Renaissance française[3]. Son règne permet un développement important des arts et des lettres en France. Sur le plan militaire et politique, le règne de François Ier est ponctué de guerres et d'importants faits diplomatiques. Il a un puissant rival en la personne de Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri VIII d'Angleterre toujours désireux de se positionner en allié de l'un ou l'autre camp.

Renaissance italienne se sont diffusées en France et le roi contribue à cette diffusion. Il commande de nombreux travaux à des artistes qu'il fait venir en France. Plusieurs travaillent pour lui, dont les plus grands comme Andrea del Sarto et Léonard de Vinci. François Ier manifeste une véritable affection pour le vieil homme, qu'il appelle « mon père » et qu'il installe au Clos Lucé, à portée du château royal d'Amboise.

  • Les lettres

Les progrès de l'imprimerie favorisent la publication d'un nombre croissant de livres. En 1518, François Ier décide la création d'un grand « cabinet de livres » abrité à Blois et confié au poète de la Cour Mellin de Saint-Gelais. En 1536, interdiction est faite de « vendre ou envoyer en pays étranger, aucuns livres ou cahiers en quelques langues qu'ils soient, sans en avoir remis un exemplaire aux mains des gardes de la Bibliothèque Royale »[8], bibliothèque dont il nomme intendant l'humaniste Guillaume Budé avec mission d'en accroître la collection.

  • L'éducation

A l'instigation de Guillaume Budé, il fonde le corps des « Lecteurs Royaux », qui sera abrité dans le « Collège Royal » (1530) (ou « Collège des trois langues », qui deviendra le « Collège de France »). C'est ainsi qu'il enlève le monopol du latin ce qui permet de s'ouvrir à d'autres langues et à d'autres cultures. François 1er envoi même des missions dans l'empire Ottoman afin d'enrichir la France d'oeuvres, de manuscrits bref de culture. Tout est ramené à Fontainebleau. Ainsi les missionaires peuvent rapporter ce qu'ils ont vu tout en apprenant une nouvelle langue étrangère.donjon du château antérieur est conservé) du château de Fontainebleau, qui devient rapidement son lieu de résidence favori. Les travaux s'étendent sur une quinzaine d'années pour constituer ce que François Ier veut être l'écrin de ses trésors italiens (tapisseries dessinées par Raphaël, bronze d'Hercule réalisé par Michel-Ange, décoration de la galerie François Ier par Rosso Fiorentino, autres décorations de Giovanni Battista Rosso et Le Primatice autour desquels s'est formée la prestigieuse école de Fontainebleau). En outre il faut savoir que le roi a aussi crée la célèbre bibliothèque de Fotainebleau. Sous le croissement considérable des livres, on décide d'y réformer la façon d'organiser les livres en les rangeant verticalement.

  • Le dépôt légal

Le dépôt légal est l'obligation légale ou l'incitation faite aux producteurs ou aux diffuseurs de déposer dans la bibliothèque nationale du pays ou dans d'autres institutions désignées, un ou plusieurs exemplaires des documents qu'ils produisent ou diffusent. Il vise à assurer le contrôle bibliographique universel et permet l'élaboration et la diffusion de bibliographies nationales. Le dépôt légal a été conçu en France par l'ordonnance royale du 28 décembre 1537, prise par François Ier. Supprimé sous la Révolution française au nom de la liberté, le 21 juillet 1790, il est rétabli facultativement le 19 juillet 1793 pour protéger la propriété littéraire. Réorganisé en 1810 et rendu à nouveau obligatoire pour surveiller l'imprimerie, il est encore modifié par la loi du 19 mai 1925, qui a institué un double dépôt légal, pour les imprimeurs et les éditeurs. Cela nous permet de retrouver la plupart des livres du XVIe et XVIIe siècles. Cela dit certais tombent sous la censure ou sont propagés par le biais du marché noir, ces livres ne sont donc pas enregistrés.

  • Le privilège royal

Afin de pouvoir imprimer un livre il fallait jouir d'un privilège royal, privilège étant donné par le roi en personne après que l'oeuvre ait été contrôlé. Ainsi la censure morale s'appliquait aux oeuvres pornographiques et aux oeuvres de magie. C'est par ailleurs dès l'affaire des placards que la censure bat son plein (Ce sont les placards qui sont majoritairement responsables de la Réforme. Cette affiche allait contre l'église catholique romaine. François 1er ne pouvait tolérer cela étant donné qu'il est roi selon la grâce de Dieu. Cela constitue donc une menace).

Les grand éditeurs du Xvème et XVIème siècle

Les principaux Imprimeurs à Bâle

Les éditeurs travaillent à cette époque en famille, la majorité est cultivée (humaniste et/ou héléniste).

Teobaldo Manucci

qui changea son nom en Aldo Manuzio puis le latinisa en Aldus Manutius, est connu en France sous le nom d'Alde Manuce. Né à Bassiano dans le Latium en 1450, il a fait de solides études classiques, apprenant le latin à Rome et le grec à Ferrare. Son projet était d'éditer et d'imprimer à grande échelle tous les classiques de la littérature grecque. En 1490, Alde Manuce s'établit à Venise comme imprimeur.

La ville était déjà un centre typographique d'importance et dans ce véritable carrefour culturel, vivaient de nombreux érudits grecs. Par ailleurs dans cette ville fabuleusement riche, existait un marché de marchands aisés, susceptibles d'acquérir des livres classiques pour décorer leurs palais.

L'entreprise éditoriale de Manuce, les presses aldines, s'est révélée fort complexe dans la mesure où les manuscrits grecs étaient rares et pour un même texte présentaient souvent des dissemblances déconcertantes. Profitant de la présence à Venise de nombreux réfugiés byzantins, il réunit des érudits grecs qu'il employa à collecter, relire et éditer les textes classiques.

En 1500, ces érudits fondèrent la Neacademia, également appelée Académie Aldine, qui se consacra à l'érudition et la publication de littérature grecque. Ses membres ne parlaient que grec dans leurs assemblées et modifièrent leur nom pour leur donner des formes grecques. Des hommes distingués y travaillèrent, tels le futur Cardinal Pietro Bembo, Alberto Pio, Linacre d'Angleterre ou encore Erasme de Hollande. Afin de péréniser son académie, Alde demanda vainement un diplôme impérial à Maximilien...

Les éditions de Manuce portaient la fameuse marque au dauphin, symbole d'agileté, enlacé autour d'une ancre, symbolisant la stabilité et qu'entourait le nom « ALDVS » en deux syllabes, symbolisant le «hâte-toi lentement» (Festina lente) de Boileau.

Travailleur acharné, Alde négligea sa famille et ruina sa santé (en 1498, il fut ainsi victime de l'épidémie de peste qui sévissait alors à Venise). Il écrivait dans sa préface à l'Organon d'Aristote: « Ceux qui cultivent les lettres doivent obtenir les livres nécessaires à leur but; et je ne saurais me reposer jusqu'à ce que la fourniture en soit assurée. ».

1460 à Hammelburg (de) en Franconie et mort le 27 octobre 1527 à Bâle, fut un imprimeur et un éditeur important de Bâle.Johann Amerbach (vers 1440-1513), il devint en 1490 citoyen de cette ville et y fonda vers 1491 son imprimerie qui fut bientôt connue dans toute l'Europe pour son soin et pour son goût. En 1500 il se maria avec Gertrud Lachner, fille du libraire Wolfgang Lachner qui devint son associé.

Johann Amerbach

fut un imprimeur du XVe siècle, mort à Bâle en 1515. Il donna en 1506 une édition des Œuvres de saint Augustin pour laquelle il employa un caractère qui s'appella saint-augustin.

Les principaux Imprimeurs à Lyon

Étienne Dolet

Orléans, 3 août 1509 – Paris, 3 août 1546) est un écrivain, poète, imprimeur et humaniste français. En 1535, il participe aux listes contre Érasme dans l'affaire de la controverse sur Cicéron et, grâce à l'imprimeur Sébastien Gryphe, publie le Dialogus de imitatione Ciceroniana, suivi des deux volumes du Commentariorum linguae Latinae. Cet ouvrage est dédié à François Ier, qui lui accorde pour dix ans le privilège d'imprimer tout ouvrage en latin, grec, italien ou français, de sa plume ou sous sa supervision. Il obtient aussi une grâce lors de l'homicide accidentel le 31 décembre 1536 du peintre Compaing qui, dit-il, voulait l'assassiner. Il alla s'établir imprimeur à Lyon. François Ier, qui l'avait d'abord protégé, l'ayant abandonné, Dolet fut amené de Lyon à Paris pour y subir le supplice. Le 3 août 1546, il est torturé, étranglé et brûlé avec ses livres sur la Place Maubert. Il aurait composé ce pentamètre sur le chemin du bûcher : Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet (« Ce n'est pas Dolet lui-même qui s'afflige, mais la multitude vertueuse »). Son crime était, selon les uns, d'avoir professé le matérialisme et l'athéisme, selon les autres, de s'être montré favorable aux opinions de Martin Luther.

1492 à Reutlingen, Allemagne - 1556 à Lyon, France) était un libraire-imprimeur et un humaniste français du XVIe siècle. Fils de Michel Greyff (ou Gryff, ou Gryffe, ou encore Gryph), il apprend de lui le métier d'imprimeur d'abord en Allemagne, puis à Venise. C'est autour de 1520 qu'il arrive à Lyon et s'y installe pour le compte d'une compagnie de libraires vénitiens. Au début de sa carrière, Gryphe publie surtout des traités administratifs et juridiques en caractères gothiques. Il se spécialise quelques années plus tard dans l'édition de classiques en latin, langue dans laquelle il traduit aussi les auteurs grecs classiques. Il publie également les grands humanistes de son temps, comme Erasme, Guillaume Budé ou Ange Politien. Sa renommée grandit d'année en année et, en 1536, il s'associe avec le célèbre imprimeur Hugues de la Porte, qui lui apporte une aide financière grâce à laquelle il peut s'établir à son propre compte. Il fonde alors l'Atelier du Griffon, dont la marque d'imprimeur arbore cet animal, rappelant son patronyme (Gryphius en latin). C'est à cette période qu'il introduit pour la première fois en France le format de poche utilisant les caractères italiques, inventés en 1501 par Aldo Manuce, un imprimeur vénitien. Il édite Rabelais, Maraud etc...

Guillaume Le Rouillé

né en 1494 à Montsort et mort en 1555, est un jurisconsulte et poète français. Dès le Moyen-Âge les femmes ont accès aux librairies. Avec sa femme il crée une entreprise familiale qui connaît un grand succès. Il ouvre plutard une seconde succursale à Paris, laquelle sera dirigée par son neveu.

Les principaux Imprimeurs à Paris

Guillaume Budé

(26 janvier 1468, Paris - 22 août 1540), à Paris, humaniste français né à Paris, est également connu sous le nom latin de Budaeus.

Il est issu d'une grande famille de fonctionnaires royaux anoblie par Charles VI de France. Son père, Jean Budé, conseiller du roi, est un lettré et un bibliophile, possesseur d'une riche bibliothèque. Il ne commença que vers l'âge de 24 ans des études sérieuses. Après des études de droit civil, il assume les charges de notaire et secrétaire du roi. Il acquit une si vaste science qu'Erasme l'appelait le Prodige de la France. Dès le début du règne de François Ier, il se rapproche de la cour royale pour y plaider la cause des belles-lettres et de la philologie. Il est le père du Collège de France, en militant pour la création d'un collège où seraient enseignées les langues de l'antiquité, le latin, le grec, l'hébreu, fondé en 1530 par François Ier.

Jean Lascaris1503 à Paris et mort le 7 septembre 1559 à Genève, est un imprimeur français. Après la mort de son père, il travailla, quelques années en société avec Simon de Colines, qui se reposait sur lui du soin de surveiller l'imprimerie. Robert Estienne était gendre de Simon de Colines, imprimeur, et fut d'abord son associé. Ce fut à cette époque qu'il publia une édition du Nouveau Testament, (la bible de Lefere d'Etaples) plus correcte et dans un format plus commode que toutes celles qui avaient paru jusque-là. Le prompt débit de cette édition alarma les docteurs de la Sorbonne, qui voyaient avec peine se multiplier les exemplaires d'un ouvrage dans lequel les partisans des nouvelles opinions puisaient la plupart de leurs arguments ; mais ils ne purent jamais trouver même un prétexte pour en demander la suppression. Les Etiennes ont d'ailleurs ouvert les premières presses à la Sorbonne.

Jean Martin

imprimeur et traducteur. Il a traduit « le songe de Poliphile » en français.

1462, Asse près de Bruxelles - 1535) est un imprimeur. Il professa les belles-lettres à Lyon, puis à Paris, et fonda à Paris, vers l'an 1500, une imprimerie d'où sont sorties un grand nombre d'éditions estimées: grand humaniste, il publia lui-même quelques écrits, entre autres Navicula stultarum mulierum, vers 1500 (traduit en français dès 1501 par J. Droyn). Il eut pour gendres Robert Estienne et Michel Vascosan. Son fils Conrad Bade est aussi imprimeur.Saint-Avertin près de Tours en 1514~1520, fut relieur et imprimeur de renom à Anvers dans les Pays-Bas espagnols (actuellement en Belgique). Il apprit son métier de relieur à Paris et, à Caen, les éléments de l'art typographique. Il travailla pour Gabriel de Zayas, secrétaire de Philippe II, en tant que relieur. Il est célèbre pour la publication de la Biblia polyglotta (1569-1572). Il imprima son premier livre en 1555. Son beau-fils, Jean Moerentorf reprit l'imprimerie. Christophe Plantin mourut à Anvers en 1589.

Le choix des livres

L'impression d'une oeuvre nécessite beaucoup d'attention et beaucoup de travail. Ainsi chaque imprimeur/éditeur avait à son services des protes (Chef d'atelier dans une imprimerie. Tous ces Ouvriers [de l'imprimerie] sont dirigés par le Prote, le représentant du Patron dans l'atelier, qui, dans des maisons très importantes, se spécialise en Prote de la composition et en Prote des machines (RADIGUER, Maîtres-impr., 1903, p. 238). prote « celui qui dirige les travaux dans une imprimerie » Les fonctions du prote incluaient également, jusqu'au début du XIXe s., la lecture et la correction des épreuves.)

Le choix des livres n'est pas anodin, en effet les imprimeurs vivent de la vente des livres. Il est donc normal qu'ils préfèrent publier des livres dits « sûres », des oeuvres bénéficiant d'hors et déjà d'une bonne renomée (p.ex: la bible, des classiques etc.) De nombreux auteurs tel que Erasme n'auraient jamais pu publier et diffuser leurs oeuvres sans l'aide d'éditeurs humanistes. Il faut savoir que le livre devient ainsi le premier facteur de la construction européenne. En effet nombreux sont les voyages des humanistes, de sorte que les livres circulent paralèllement avec eux. Il y a une circulation des idées.

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Agathe

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