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C'est parti

Une victoire récente

La IIIe

République proclamée en 1870 ( après la défaite du Second Empire face aux Prussiens ) est organisée par les lois constitutionnelles de 1875 qui vont la doter d'institutions solides. Pourtant, votée à une voix de majorité seulement ( en 1875 ), la République est fragile en ses débuts et connaît une première décennie d'existence difficile car elle est menacée par une restauration monarchiste. Mais le sentiment républicain progresse dans le pays et les républicains conquièrent progressivement tous les rouages de l'État : la majorité à la chambre des députés, au Sénat et à la présidence de la République.

La

républicains au pouvoir vont consolider le régime à partir de 1880 : le 14 Juillet devient fête nationale, la Marseillaise hymne national. Ils votent les libertés publiques : de réunion, de presses ( 1881 ), le droit au divorce, l'autorisation des syndicats ( 1884 ) ; ils instaurent l'instruction primaire gratuite, laïque et obligatoire ( lois Ferry de 1881 – 1882 ).

Le

nouveau régime affronte dès le début des crises sévères : en particulier l'affaire Dreyfus ( 1894 – 1899 ) qui provoque une crise profonde. La condamnation du capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé d'espionnage au profit de l'Allemagne, avant tout parce qu'il est juif, divise violemment la France en 2 camps : les « Dreyfusards » ( qui se recrutent plutôt à gauche et veulent la révision du procès ) et les « anti-Dreyfusards » ( qui mêlent nationalistes d'extrême droite, monarchistes, catholiques... et qui sont pour la plupart antisémites ). Dreyfus est gracié en 1899 mais il faut attendre 1906 pour qu'il soit réhabilité et réintégré dans l'armée.

Cette

crise va contribuer à la formation en 1899 d'un gouvernement de « défense républicain » dirigé par Pierre Waldeck-Rousseau, alliant républicains modérés et radicaux. L'entrée des radicaux au gouvernement est essentielle et ils vont occuper une place centrale sur l'échiquier politique de la IIIe République.

La République radicale

A partir

de 1901, les groupes politiques s'organisent en partis politiques ( à gauche comme à droite ) grâce à la loi sur la liberté des associations. Le parti radical est le 1er parti politique fondé en France dès 1901. Il s'impose comme le pivot de toutes les majorités parlementaires. Aux législatives de 1902, il devient la force principale du « bloc des gauches » ( radicaux + socialistes ) qui prend en main la politique de la France.

Les

radicaux défendent les valeurs républicaines issues de la Révolution, sont hostiles à l'Église catholique et militent donc pour une République laïque. Ils prônent un réformisme social qui rejette à la fois la lutte des classes et le libéralisme. Ils sont attachés au principe de la propriété privée.

Le parti

radical s'implante durablement dans les campagnes et parmi les classes moyennes dont il apparaît rapidement comme le porte-parole. Le pari s'appuie sur un réseau d'élus, de comités et de journaux très influents dans toute la France.

A gauche

du parti radical, on trouve la SFIO créée en 1905 et qui regroupe, autour de Jean Jaurès, les socialistes jusqu'ici très divisés.

A droite

du parti radical, on trouve : des républicains modérés ; des partis de droite ( comme « la Fédération républicaine » ). A l'extrême droite, on trouve les « ligues », ce sont des groupes divers, violemment nationalistes, cléricaux, parfois monarchistes, antisémites ; ex : « Action française ».

Grands débats et grandes crises

Les

gouvernements radicaux entendent réduire l'influence de l'Église qu'ils jugent néfaste à l'enracinement de l'esprit républicain.

Le

gouvernement du très anticlérical Emile Combes ( 1902-1905 ) fait fermer environ 2 500 écoles privées dirigées par des religieux, puis interdit aux congrégations d'enseigner, rompt les relations diplomatiques avec le Vatican.

En

décembre 1905 est votée la loi de séparation des Églises et de l'État, qui abolit la religion d'État reconnaît la liberté de culte. Les biens de l'Église, après inventaire, doivent être confiés à des associations culturelles. La loi met fin à une tradition qui assurait aux catholiques une situation privilégiée en France, fait du pays un État laïc. Cette politique recueille une large adhésion de l'opinion publique, en dépit d'une flambée de violence dans certaines régions à l'occasion des inventaires des biens ecclésiastiques en 1906.

A partir

de 1905,les problèmes sociaux se font plus vifs. Le gouvernement radical de Georges Clemenceau ( 1906-1909 ) doit y faire face. Il affronte le mécontentement des viticulteurs du midi ( chute des prix en raison de la surproduction ) et envoie l'armée. Il réprime avec la même fermeté les grèves violentes qui secouent le monde ouvrier luttant pour l'obtention de meilleurs salaires et la journée de 8 heures. L'agitation était entretenue par le mouvement syndical révolutionnaire ( CGT en particulier ). Il révoque aussi plusieurs centaines de fonctionnaires grévistes. Clemenceau y gagne les surnoms de « premier flic de France » et de « briseur de grève ». Le fossé se creuse entre radicaux et socialistes, ce qui entraîne la chute du gouvernement Clemenceau en 1909 et la rupture du bloc des gauches.

De 1909

à la veille de la guerre, une dizaine de gouvernements se succèdent mais c'est désormais la menace des périls extérieurs qui domine. Le problème essentiel était celui de la défense nationale avec l'adoption de la loi qui portait le service militaire de 2 à 3 ans, dans un contexte de montée du nationalisme. Le leader du parti socialiste, Jean Jaurès, en fut la victime. Son pacifisme lui vaut en effet d'être assassiné le 31 juillet 1914 par un nationaliste exalté, Raoul Villain, au plus fort de la crise des Balkans. Le lendemain, par la mobilisation générale la France entrait dans la Première Guerre Mondiale.

La constitution d'une identité nationale

C'est à

la Belle Epoque que l'identité nationale se renforce et que l'idée républicaine s'enracine définitivement. Ce renforcement d'un État-nation républicain s'explique par l'école, le service militaire et les progrès des transports.

L'école

laïque et obligatoire est un des piliers de l'ordre républicain. Elle alphabétise, permet la diffusion de la langue française, l'élévation du niveau culturel des Français et à ce titre favorise l'essor de la presse écrite et du livre dans toutes les couches de la société. Elle permet la promotion sociale d'une partie des Français. Elle contribue à l'élaboration d'une culture nationale, inculque l'idéal républicain, c'est-à-dire les valeurs et les règles communes qui contribuent à souder la société française.

Le

service militaire ( 2 puis 3 ans en 1913 ) est un élément essentiel du brassage social, un véritable rite de passage à l'âge adulte ; il entretient lui aussi le sentiment d'appartenir à une même communauté : la nation française.

Les

progrès des transports rapprochent les régions et les hommes et jouent ainsi un rôle unificateur.

De plus,

au quotidien, la diffusion d'une culture de masse a contribué aussi à l'unification des comportements et des modes de pensée : développement de la presse écrite, des loisirs ( Cinéma, radio, diffusion de la photographie, Tour de France... ).

La

République est partout au quotidien : outre l'école, des symboles ( buste de Marianne, drapeau tricolore ), des cérémonies ( fête nationale ), des élections régulières et à tous niveaux ( du niveau municipal au niveau national ) permettent de renforcer le sentiment national et républicain.

En dépit

des écarts sociaux et malgré l'existence de forces hostiles à la République, l'immense majorité des Français se reconnaît dans ce modèle républicain. Son enracinement et le large consensus à son propos expliquent la très large unité des citoyens français en août 1914 lorsque début la Première Guerre Mondiale : c'est « l'Union sacrée ».

L'âge

d'or d'une « Belle Epoque » est à relativiser. Ce mythe rétrospectif tend à gommer les difficultés rencontrées par la France en ce début du XXe siècle.

Pourtant,

même si la formule enjolive la réalité, cette période reste un moment privilégié dans l'Histoire des Français ; il s'agit bien d'une époque de consolidation et d'enracinement du sentiment républicain, de rayonnement culturel, dans un contexte de croissance économique.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !