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Entre soprano et alto : en plein cœur du chant féminin

De Philippe, publié le 18/07/2017 Blog > Musique > Chant > Comment Chanter Mezzo-Soprano ?

« Certains chanteurs d’opéra sont plus mezzo que soprano. »

Gaëtan Faucer

C’est justement pour vous éviter de mauvaises surprises et un zéro pointé lors de vos productions en public que nous souhaitons consacrer ce billet à la tessiture mezzo-soprano

Nous espérons que ces quelques conseils et considérations vous permettront de combattre la médiocrité et de vous diriger vers le haut du tableau en devenant une mezzo-soprano tout sauf moyenne, mais 100 % alto, pour rebondir sur le jeu de mots de notre auteur belge !

Quoi qu’il en soit, dans l’univers du chant lyrique (l’opéra français aussi bien que de l’opéra italien), pour ne citer que les deux principaux fleurons du lyrisme au monde, les voix mezzo-sopranos étonnent par leur polyvalence.

Elle sont chez la femme ce que le baryton voire certains ténors d’exception sont pour les hommes. C’est une féminité hors norme qui est promise à la diva qui marchera sur les traces de beaux airs romantiques, à mille lieues de la Castafiore de Tintin

Pour ne pas brûler les étapes, voyons ensemble ce qu’est une mezzo-soprano et comme chanter de cette manière.

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Qu’est-ce qu’une mezzo-soprano ?

Messieurs, passez votre chemin : avec l’ambitus mezzo-soprano (expression qui nous vient tout droit d’Italie), nous sommes introduits dans des horizons résolument féminins.

Sachez que même si vous vous piquiez de faire office de castrat, votre timbre n’égalera jamais la douce chaleur de la cantatrice digne de ce nom.

Chez les solistes, le mezzo-soprano est la voix de femme centrale par excellence. Elle occupe le milieu de la scène, entre le soprano pour les aigus et l’alto pour les graves.

Violoncelle, flûte, hautbois, saxophone, clarinette : le mezzo-soprano est aussi une réalité instrumentale. Récital | Plus d’un instrument musical est classifié en fonction de sa tessiture, comme les voix humaines | source : visualhunt.com

C’est donc un ton féminin polyvalent, d’autant plus que chaque organe est unique et peut flirter avec le haut ou le bas de l’ambitus traditionnellement dévolu aux mezzo-sopranos.

Cette catégorisation est typique de la musique classique, mais difficilement applicable au jazz ou à la variété contemporaine.

Si l’opéra-bouffe du XIXe siècle faisait à peine la distinction entre soprano et mezzo-soprano, le siècle dernier ne s’est guère privé de le faire.

Ce qui en ressort, c’est un ambitus global fa2-do5, avec bien entendu autant d’exceptions qu’il y a de divas – ou presque !

Découvrez aussi ce qu’est un ténor

Plusieurs mezzo-sopranos pour le plus grand plaisir des mélomanes

Comme la plupart des grandes tessitures du registre lyrique, il n’est pas étonnant que le mezzo-soprano admette plusieurs déclinaisons.

Les musicologues distinguent généralement trois grandes sous-familles, à savoir :

  • les mezzo-sopranos légers, dont l’archétype est la Française Dugazon, de la fin du siècle des Lumières : clarté, agilité et rondeur d’un larynx dont les prouesses sont somme toute assez proches des sopranos, avec du fa2-do5 (on monte donc assez haut) ;
  • les mezzo-sopranos lyriques, marais central de la tessiture, avec beaucoup de chaleur et une exploration d’un registre plus grave, avec force enveloppe et grande richesse ;
  • les mezzo-sopranos dramatiques, dont le parangon reste la chanteuse Galli-Marié, de la fin du XIXe, avec une parenté certaine vis-à-vis du contralto, sur un ambitus fa2-la#4.

Apprendre le chant lyrique pour devenir une pro

Avant de songer à une carrière de mezzo-soprano, que ce soit en professionnelle ou en amatrice, le préalable est de chanter juste, bien évidemment…

Cela relève du b.a.-ba, au même titre que de savoir placer sa voix.

Si l’oreille absolue – ou, du moins, l’oreille musicale – est d’une aide précieuse en la matière, de même que l’écoute assidue d’opéras célèbres et la pratique d’un ou plusieurs instruments de musique, c’est en forgeant que l’on devient forgeron.

Sous la douche ou en chorale, il est nécessaire de chanter fréquemment, et de s’enregistrer pour pouvoir se critiquer soi-même.

Certaines divas sont à la tête d'une discographie qui n'a rien à envier à la Star Academy : ce sont notamment les Nathalie Dessay et Bartoli. Désir de reconversion ? | La diva mezzo-soprano peut facilement s’orienter vers la variété | source : stocksnap.io

Le must, c’est d’avoir à sa disposition un professeur particulier donnant des cour de chant, ou un coach vocal.

Grâce à cet accompagnement, en conservatoire, en école de musique ou sous le régime des cours particuliers, vous serez en mesure de trouver votre intervalle vocal, de faire des progrès techniques (côté vibrato et autres legati) et d’élargir peu à peu les octaves que vous maîtrisez, en voix de tête d’abord, puis en voix de poitrine.

Il n’y a pas de secret : s’il y a bel et bien une part d’inné quant au timbre, c’est le travail, le sérieux et la persévérance qui feront le reste, ainsi que la différence.

Les plus grands morceaux en mezzo-soprano

Il nous faudrait peut-être disposer de tous les serveurs du géant Apple pour pouvoir énumérer toutes les pièces musicales qui mettent à contribution une soliste ou un chœur en mezzo-soprano…

L’histoire de la musique classique est riche de plusieurs siècles de génie, d’où une multitude de partitions différentes, en sachant qu’une infinité de tablatures – traditionnelles ou non – ont malheureusement dû se perdre au fil des générations et des heurts de l’Histoire.

Certaines mélodies sortent cependant du lot et font à travers les époques la gloire et le renom du registre mezzo-soprano.

En la matière, comment ne pas commencer par citer l’extraordinaire Ave Maria de Schubert ? Avec un bel accompagnement au piano et une cantatrice de renom, c’est un pur régal.

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que les rôles-titres ne manquent pas pour les mezzo-sopranos, quel que soit leur âge d’ailleurs.

Le personnage de Chérubin dans Les Noces de Figaro, ce grand succès intemporel, a été particulièrement travaillé par Wolfgang Amadeus Mozart.

En restant dans le prodigieux univers de ce génie des arts musicaux, nous pourrions encore citer la partie de Dorabella dans Così fan tutte, là aussi l’une des œuvres les plus prisées par les connaisseurs.

Les Français ont particulièrement mis en lumière la beauté du mezzo-soprano, notamment grâce au Carmen de Georges Bizet : c’est l’opéra le plus joué de la planète, où la protagoniste principale enchante nos oreilles par sa candeur.

L’air « L’amour est enfant de bohème » est peut-être l’un des plus connus du globe !

Par souci de justice, il nous faudrait encore mentionner le livret de Siébel dans le Faust de Charles Gounod ou bien, moins connu, le Mignon d’Ambroise Thomas (1866 : un opéra-comique créé à l’Opéra national de Paris).

Ces œuvres particulièrement belles réjouiront toutes celles qui se plaisent à chanter en mezzo-soprano et parviennent à obtenir des résultats probants.

Quelques cantatrices célèbres à imiter

Outre les divas de référence mais anciennes que nous avons citées, la famille des mezzo-sopranos connaît plus d’une célébrité.

Actuellement, Anne Sofie von Otter est peut-être l’une des plus connues et réputées. Cette Suédoise a la particularité de s’épanouir dans des rôles très classiques et conventionnels aussi bien que plus légers, façon Offenbach.

Nous pouvons encore mettre en avant Cecilia Bartoli, Lucia Valentini-Terrani, Janet Baker, Taylor Momsen, Christa Ludwig, Teresa Berganza, Frederica von Strade et… Céline Dion si l’on veut donner cours à l’insolite.

Bien sûr, il y a aussi le cas à part qu’est la Callas, car sa tessiture réelle fait l’objet d’interminables débats. Son répertoire est tellement large que l’on pourrait aussi la considérer comme une mezzo-soprano à certaines heures.

Notez bien que nous n’avons donné tous ces noms qu’à titre indicatif, car il n’y a rien de plus périlleux et de plus dommageable, dans la sphère de la chanson, que d’essayer d’imiter une personnalité déjà établie…

Non, il faut d’abord être à l’aise et aller au bout de son potentiel propre, en fonction de ses qualités personnelles et de son tempérament : pour cela, il est nécessaire de rester soi-même !

Des techniques vocales spécifiques pour la mezzo-soprano ?

La première chose à savoir est que la voix humaine est un élément physique en grande partie inné.

Tout le monde ne peut s’enorgueillir d’avoir une belle voix d’opéra : sa vaillance et son timbre peuvent faire la différence et, nonobstant la Déclaration des droits de l’homme, il n’y a point d’égalité en la matière… !

Quiconque aurait une voix fort nasillarde gagnerait à passer son chemin plutôt qu’à s’empêtrer dans ce qui ne se soldera que par une énorme perte de temps.

À l’inverse, le caractère physiologique des cordes vocales fait qu’une voix évolue au cours du temps : la chanteuse de 20 ans ne jouera peut-être plus les mêmes rôles à 45 ans. C’est-à-dire qu’elle grappillera quelques notes vers les aigus, ou alors que son ambitus se déplacera tout entier vers les basses – ce qui, statistiquement parlant, est plus courant. La détérioration est monnaie courante (cf. la Callas)…

Que seraient les grandes cantatrices mezzo-sopranes sans des chefs d'orchestre de l'envergure d'un Herbert von Karajan, par exemple ? Carmen | Le rôle féminin par excellence, fleuron de la musique française méridionale | source : visualhunt.com

Cette mue au cours d’une même carrière est le petit grain de sel de la profession, mais cela s’accompagne d’une certaine crainte : ne plus pouvoir interpréter des personnages d’opérette pour lesquels on a pourtant pris jadis grand plaisir… C’est ainsi : la roue de la vie et de la fortune tourne !

Pour une mezzo-soprano, l’essentiel des répétitions ne se différencie pas du chant en général : la maîtrise de la respiration, abdominale notamment, doit être au cœur des exercices quotidiens.

Savoir donner du souffle et de l’allant à sa voix est l’enjeu majeur du registre mezzo-soprano, qui gagne ainsi en chaleur et se démarque avantageusement de la rugosité courante des voix masculines : c’est ici que les femmes peuvent en chant lyrique facilement tirer leur épingle du jeu et montrer leur supériorité.

De même, il ne faut pas lésiner sur la qualité du jeu scénique, car c’est ce qui fait depuis plusieurs décennies la différence, avec des mises en scène toujours plus théâtrales et vivantes.

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