"En mathématiques, "évident" est le mot le plus dangereux." Eric Temple Bell (1883-1960)

Vous adorez les maths au point de vouloir en faire un cursus de vos études supérieures ? Vous envisagez d'intégrer une école d'ingénieurs après une licence de maths ? Les sciences et technologies offrent de nombreux débouchés en terme d'insertion professionnelle.

Lors de la rentrée universitaire 2014-2015, il y avait un total de 126 564 étudiants inscrits dans une des trois années du cursus licence en sciences, dont 57 605 en première année, 34 573 en deuxième année et 34 386 en troisième année de licence.

En France, on peut recenser 52 établissements, universités et prépas scientifiques, proposant la licence de maths.

Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette formation en mathématiques.

Présentation de la licence de mathématiques

Si vous avez ce qu'on appelle "l'esprit scientifique", c'est-à-dire un sens aigu des chiffres et du calcul scientifique, un raisonnement logique et des facilités en arithmétique, alors vous êtes fait(e) pour les disciplines scientifiques.

Que fait-on en fac de sciences ?
Pour décrocher ce précieux sésame, il va falloir s'accrocher pendant 3 ans !

Le diplôme de licence sanctionne une formation de niveau bac +3, étalée sur trois ans, soit six semestres.

La licence, premier cycle du cursus LMD (licence, master, doctorat) permet de valider 180 crédits ECTS, pour European Transfer Credit System.

Chaque semestre sanctionne donc 30 crédits ECTS, soit 60 par année.

Certains établissements proposent la formation en alternance, notamment par le biais, en troisième année, d'une licence professionnelle.

La licence mathématiques confère aux étudiants un ensemble de connaissances solides en mathématiques fondamentales et appliquées ainsi que dans des matières pluridisciplinaires, relatives aux sciences dans leur ensemble : sciences de la terre et de la vie et physique-chimie.

L'offre de formation a aussi dû s'adapter pour faire face aux enjeux et aux mutations du numérique.

Ainsi, les cours d'informatique sont devenus fondamentaux, indissociables des études supérieures en maths.

Les langages de programmation et les algorithmes notamment, fonctionnent avec une culture scientifique et mathématique que les étudiants doivent désormais acquérir.

Dès la première année et jusqu'à l'issue du sixième semestre, les étudiants suivent une formation généraliste en mathématiques.

En corollaire, des enseignements en informatique, mécanique, physique ou chimie sont également dispensés : le but est d'apporter aux étudiants une culture générale et scientifique solides.

Les trois années de licence préparent les candidats à faire preuve d'abstraction, de rigueur et d'esprit critique.

Il est attendu qu'ils puissent maîtriser le langage mathématique, l'analyse de données, et qu'ils sachent également communiquer en anglais scientifique.

Après la licence, les étudiants s'orientent dans diverses poursuites d'études dont certaines sont de haut niveau : master métiers de l'enseignement (CAPES et/ou Agrégation), Master informatique, master en sciences mathématiques pures, écoles d'ingénieurs (école Centrale, Polytechnique, ESiLV, etc.).

Ils doivent donc être à la hauteur des exigences relevées par les meilleures universités (Université Paris Panthéon-Sorbonne, Université Paris Descartes, etc.), les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

La première année est dédiée à l'approche post-bac des maths. Les deux dernières années du cycle voient s'approfondir les socles de connaissances, c'est-à-dire une accélération et une intensification du rythme.

Conjointement, la troisième année de licence de maths prépare les différents Masters (Master MEEF, Master-Recherche en mathématiques, Master Mathématiques et Informatique, etc.).

Le programme des trois années de licence en mathématiques

Durant les premières années du cycle licence, les cours de maths consistent souvent en une mise à niveau de façon à ce que tout le monde reçoive un ensemble de fondamentaux.

Quels sont les savoirs fondamentaux en sciences à maîtriser ?
En travaux-dirigés : "C'est de l'art abstrait ?" "Mais non ! C'est des maths !"

Les étudiants peuvent alors s'inscrire dans une ou plusieurs spécialisations en particulier.

Ceux-ci sont incités à faire des stages afin d'approfondir leur projet professionnel au cours de la formation.

En L1 et en L2, la plupart des universités dispensent donc un tronc commun avec les disciplines suivantes :

  • Algèbre,
  • Géométrie,
  • Analyse des données,
  • Traitement des données,
  • Calcul différentiel et calcul intégral,
  • Probabilités et statistiques,
  • Finances,
  • Biologie,
  • Physique,
  • Chimie,
  • Informatique.

Selon les établissements et les spécialités, des cours de communication, d'économie et de langues vivantes sont également dispensés.

Les universités encouragent aussi la mobilité internationale, en invitant ceux qui le peuvent à réaliser des stages à l'étranger en entreprise et/ou à s'inscrire dans des programmes d'échange en Erasmus.

Cela, dans le but d'acquérir un niveau d'anglais suffisant, qui permet aux étudiants d'être autonomes dans les grandes entreprises et les instituts de grande renommée.

Voici par exemple le programme des trois années de licence de maths à l'université de Paris Sorbonne.

La licence 1 MIPI

Le parcours MIPI est pluridisciplinaire et comprend quatre modules :

  • Mathématiques,
  • Informatique,
  • Physique,
  • Ingénierie (électronique, énergie électrique, automatique ou mécanique).

Le premier semestre est appelé semestre d'intégration, et propose une introduction aux disciplines scientifiques, avec une majeure en maths.

Le second semestre offre une pré-orientation avec des approfondissements des disciplines scientifiques et en anglais.

Il comprend aussi des modules d'orientation et d'insertion professionnelle.

La licence 2 et 3 mathématiques

A l'issue des deux premiers semestres, les étudiants choisissent une spécialité parmi cinq options :

  • Electronique, énergie électrique, automatique,
  • Informatique,
  • Mathématiques,
  • Mécanique,
  • Physique.

Deux parcours monodisciplinaire et bidisciplinaire doivent être choisis, de façon à ce que les étudiants suivent un approfondissement (en maths, pour ce qui nous concerne) en majeure.

Le parcours bidisciplinaire concerne un autre enseignement dans une combinaison majeure-mineure, parmi huit spécialités :

  • Chimie,
  • Electronique, énergie électrique, automatique,
  • Informatique,
  • Mathématiques,
  • Mécanique,
  • Physique,
  • Sciences de la Terre,
  • Sciences de la vie.

Grâce à cette large offre de formation, les étudiants peuvent acquérir une double-compétence au sein de leurs études, ou bien carrément de préparer une double licence en sciences (électronique-mathématiques, informatique-mathématiques, mathématiques-mécanique ou mathématiques-physique).

En 2020, des unités d'enseignement (UE) complémentaires ont été ouvertes, orientées vers la préparation du CAPES de maths : de quoi aborder le Master MEEF en maths dans des conditions idoines !

Comment s'inscrire et intégrer une licence de maths ?

La première année de licence de mathématiques est accessible en post-bac, en fonction des affectations décidées à l'issue des candidatures déposées sur la plateforme Parcoursup (au cours de l'année de Terminale).

Quelles sont les conditions d'accès à la fac de sciences ?
Parcoursup, recherche des meilleures écoles... L'admission post-bac rime parfois avec élitisme et inégalités !

Il est également possible d'intégrer une licence de maths via une admission parallèle, après un bac +1 ou un bac +2 dans un domaine scientifique donné (physique, chimie, informatique, etc.).

Les licences de mathématiques sont dispensées dans les universités des grandes villes de France et généralement, les admissions en première année ne sont pas sélectives.

L'admission en deuxième année de licence est conditionnelle à la réussite de 60 crédits ECTS dans une L1 à dominante mathématique.

Les étudiants qui ont choisi de suivre une année de CPGE (prépa) scientifique sont aussi admis en L2 sur passerelle, via une validation des acquis de l'expérience, ou sont réorientés en L1 après examen de leur dossier.

Il arrive que l'on ne valide pas toutes les unités d'enseignement (UE) de la première année, mais que l'on passe quand-même en deuxième année.

C'est l'admission sous le statut AJAC, "Ajourné mais Autorisé à Composer".

C'est une situation arrangeante sur le papier car ce dispositif permet d'éviter de redoubler sa première année étudiante.

Mais il faudra réussir les examens partiels des deux semestres de la L2, et par surcroît repasser les examens de la L1 aux rattrapages pour les modules qui n'ont pas été validés.

Outre la difficulté (passer 3 semestres en une année, bon courage !), cela n'est pas motivant et donne l'impression d'un maléfique retour en arrière !

Pour être admis(e) en L3, il faut avoir validé la deuxième année de mathématiques, c'est-à-dire avoir 120 crédits ECTS à son actif.

Pareillement, les étudiants ayant suivi une prépa scientifique en CPGE sur deux ans peuvent aussi intégrer une licence 3 de mathématiques, après examen de leur dossier de candidature.

Grâce au système des admissions parallèles, les étudiants qui ont validé une L2 ou un L3 de mathématiques peuvent aussi intégrer une école d'ingénieurs.

Ils rejoignent alors, sous réserve de la réussite aux concours d'entrée des grandes écoles, la première année du cycle ingénieur (école des Mines, Centrale, Mines-Télécom, ParisTech, ESiLV, Polytechnique, INP, INSA, etc.).

D'ailleurs, certaines universités proposent dès la première année de licence de maths, un parcours préparatoire à l'entrée dans les écoles d'ingénieurs : il faut, à l'âge de 18 ou 19 ans, avoir déjà acquis une maturité suffisante pour savoir ce que l'on va faire plus tard !

Que faire après une licence mathématiques ?

La professionnalisation des étudiants est large après une licence de mathématiques : ils peuvent accéder à de nombreux métiers, dans différents secteurs.

Où aller après une formation scientifique ?
Après une fac de maths appliquées, voici une belle insertion professionnelle : ingénieur statisticien à l'INSEE !

Après une licence, la poursuite d'études se fait souvent dans un Master 1, puis un Master 2 de maths, de statistiques ou d'informatique.

Après la validation de la licence 3, les années de master voient l'approfondissement des spécialisations choisies au cours des années licence :

  • Probabilités et statistiques : ingénierie statistique, actuariat, ingénierie financière, biostatistiques,
  • Modélisation (ingénierie et modèles mathématiques, mécanique, physique, imagerie médicale, météorologue, etc.,
  • Informatique : cryptologie, sécurité informatique,
  • Recherche en mathématiques : les doctorants préparant une thèse au CNRS par exemple.

Les étudiants ayant suivi un cursus de mathématiques appliquées aux sciences sociales (économie, sociologie, maths) peuvent déboucher sur des métiers liés aux études sociodémographiques (statisticien, ingénieur démographe).

Les industries, banques, institutions financières et les laboratoires de médecine s'arrachent les profils de candidats diplômés en mathématiques.

Besoin d'un professeur de Maths ?

Vous avez aimé l'article ?

5,00/5 - 1 vote(s)
Loading...

Samuel

Passionné d'écriture, de voyages et de musique, j'aime découvrir et apprendre de nouvelles choses. Rédacteur SEO, j'essaie d'écrire pour vous, lectrices et lecteurs, avant de rédiger pour les moteurs de recherche. Littéraire, j'aime aussi jongler avec les mots et boxer avec les phrases.