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De la construction à la chute du mur de la honte

De Mathieu, publié le 18/04/2019 Blog > Langues > Allemand > Découvrez l’Histoire du Mur de Berlin !

La chute du mur de Berlin est un évènement qui, en 1989, fait passer le monde d’un conflit impérialiste à une relative paix mondiale. Cet élément clé de la guerre froide est l’un des facteurs majeurs qui nous permet de comprendre la bataille entre les États-Unis et l’URSS.

Vu en cours d’histoire au lycée, le mur de Berlin et plus généralement le thème de la guerre froide est passionnant car très proche et parlant. Toutefois, tout n’est pas nécessairement simple à comprendre : entre RFA, RDA, Rideau de Fer, pacte de Varsovie, Plan Marshall, blocus, communisme et doctrine capitaliste, il y a tout un tas de notions à retenir et à comprendre !

Superprof vous propose de survoler ce sujet de l’histoire contemporaine dans un résumé complet de la construction du mur de Berlin à la réunification de la ville de Berlin et plus généralement la fin de l’Allemagne de l’Est et de l’Allemagne de l’Ouest.

Un contexte géopolitique divisé après la guerre

Quelle est l'histoire du mur de Berlin pendant la Guerre Froide ? Sur la photo, deux grands dirigeants communistes se rencontrent : Mao et Khrouchtchev.

Le régime nazi s’éteignit le 8 Mai 1945 après une capitulation qui mit fin à la tyrannie du nazisme en Europe et promit une aire de paix dans le monde. Du moins, c’était ce qui aurait dû se passer sans l’émergence de deux superpuissances rivales : les États-Unis et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, les vainqueurs de la seconde guerre mondiale.

Épurée du fascisme, la ville de Berlin fut scindée en 4 zones d’occupation occupées par les USA, la Grande-Bretagne, la France et l’URSS. Les trois premiers pays occupèrent la partie ouest de la ville tandis que l’URSS occupait la partie est.

En 1946, Churchill déclara qu’un « rideau de fer » s’était abattu sur l’Europe, divisant tout le continent entre deux puissances qui prenaient leurs parts allègrement :

« La situation européenne m’inquiète énormément. Un rideau de fer est tombé sur le front soviétique. Nous ignorons tout de ce qui se passe derrière » – Winston Churchill

Ainsi fut lancée la Guerre Froide entre les deux blocs ! Cet affrontement relevait surtout du capitalisme contre le communisme, amplifié par la mise en place du Plan Marshall par les USA en Europe en 1947, une aide économique.

Le bloc occidental, dont le leader était les États-Unis, se constituait d’une multitude de pays dont :

  • La France,
  • L’Angleterre,
  • Le Benelux,
  • Le Canada,
  • L’Italie,
  • Le Portugal,
  • Le Danemark,
  • La Norvège,
  • L’Islande.

Cet antagonisme des deux blocs alla jusqu’à une rupture claire en 1949 avec la création à l’Ouest de la République Fédérale d’Allemagne et à l’Est de la République Démocratique d’Allemagne (pas si démocratique que ça…).

A l’intérieur de cette Allemagne divisée, Berlin le fut elle aussi, créant une enclave à l’intérieur de la RDA. Allant de paire avec la dégradation des relations entre l’occident et les soviétiques, cette séparation entraîna la mise en place de politiques différentes qui ne plaisaient pas aux adversaires.

En 1948, l’URSS décida de faire blocus sur Berlin (le fameux blocus de Berlin) pour bloquer les accès terrestres des trois puissances occidentales vers la capitale allemande. En réaction, les occidentaux envoyèrent un pont aérien qui approvisionna les berlinois, mettant fin à cette crise.

De 1949 à 1961 se posa un énorme problème pour l’URSS : la fuite massive des berlinois de l’Est vers la RFA. Ainsi, 3 millions d’allemands fuirent vers la partie occidentale de l’Allemagne !

Du rideau de fer au mur de la honte

Quand et comment a été construit le mur de séparation de Berlin la capitale allemande ? « Berlin, c’est le testicule de l’Occident. Chaque fois que je veux faire hurler l’Occident, j’appuie sur Berlin » – Nikita Khrouchtchev (une très gentille personne).

C’est par le pacte de Varsovie en 1955 que le bloc de l’Est se concrétisa sous la forme d’une alliance militaire. Les pays (majoritairement de l’Europe de l’Est) faisant partie du bloc soviétique étaient :

  • L’URSS,
  • La Bulgarie,
  • La Roumanie,
  • La Hongrie,
  • La RDA,
  • La Pologne,
  • L’Albanie,
  • La Tchécoslovaquie,
  • La Yougoslavie.

Le bloc de l’est, en opposition avec le bloc occidental, adopta le régime communiste et prit le parti de l’URSS dans toutes les décisions politiques et militaires, par choix ou par crainte.

En Novembre 1958 fut lancé un ultimatum soviétique relatif au règlement de la question allemande. On l’appelle l’ultimatum de Khrouchtchev. Ainsi débuta une seconde crise de Berlin qui aura le mérite de faire se rencontrer les présidents des deux superpuissances : Khrouchtchev et Eisenhower, puis Kennedy.

Malheureusement, aucun accord n’est trouvé. C’est à ce moment, en 1961, que l’URSS décida de construire le Mur de Berlin afin de séparer physiquement le territoire de la capitale allemande entre l’est et l’ouest. Comme chacun le sait, ce mur dura très longtemps : 28 ans exactement, 28 ans d’interdiction de migrer vers l’ouest et de séparation familiale.

La construction de ce mur répondait directement à une logique anti-migratoire, mais aussi à une logique idéologique : en séparant l’est de l’ouest, on séparait les doctrines majeures de l’époque, le capitalisme et le communisme. Le symbole de la démarcation fut désigné comme étant la Porte de Brandebourg.

On dit souvent que le mur fut érigé « en une nuit ». Ceci est partiellement vrai : des barbelés et quelques murs de briques furent montés très rapidement, mais la construction du mur se fit dans la durée. Toutefois, dès l’année suivante, le mur fut long de 15 km, des barricades furent construites sur 130 km et les miradors et blockhaus furent au rendez-vous !

Si la construction du mur ne fit pas énormément réagir les berlinois de l’Ouest, le mur devint rapidement un symbole d’injustice et de totalitarisme pour les berlinois de l’Est.

La vie en prison de chaque côté du mur

Découvrez la chronologie de la construction à la chute du mur de la honte de Berlin ! Faux costumes d’officiers, personnes cachées dans des valises, dans des coffres de voitures, etc, tous les moyens étaient bons pour passer la frontière !

Le président américain Kennedy fit rapidement le rapprochement entre la crise des missiles du Cuba d’Octobre 1962 et la tyrannie de l’URSS en Allemagne de l’Est. Il décida donc de faire un déplacement à Berlin le 27 Juin 1963. Il se rendit devant le Mur de Berlin en compagnie de Willy Brandt et y prononca un discours mémorable.

Voici un extrait du discours mémorable de John F. Kennedy, Ich Bin Ein Berliner (« Je suis un Berlinois ») :

« Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste.
Qu’ils viennent à Berlin !

Il y en a qui disent qu’en Europe et ailleurs, nous pouvons travailler avec les communistes. Qu’ils viennent à Berlin ! Lass sie nach Berlin kommen !

Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant, nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur […] pour empêcher notre peuple de s’enfuir. […] Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n’éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l’histoire mais encore une offense à l’humanité. […]

Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont des citoyens de Berlin. Par conséquent, en tant qu’homme libre, je suis fier de prononcer ces mots : Ich bin ein Berliner ! »

Ainsi, les États-Unis annonçaient ne pas renoncer à l’Allemagne divisée. Toutefois, cela ne résolvait nullement la question. Le mur de Berlin devint rapidement un mur de la haine, un cadeau empoisonné des deux blocs dans la vie des berlinois. Ce mur apparut comme une prison pour les allemands qui payaient ainsi les années de Reich d’Hitler.

Les habitants de la RDA avaient évidemment interdiction formelle de tenter de passer le mur. Pour s’en assurer, des soldats tournaient nuit et jour aux abords de la ligne de démarcation et tiraient à vue. Ainsi, les désirs de liberté firent de nombreuses victimes dont la majorité étaient passées sous silence en RDA. Ceux qui n’étaient pas tués étaient condamnés à des peines de prison pour désertion.

On estime à environ 5000 les passages réussis de l’Est à l’Ouest tandis qu’environ 80 (que l’on a pu recenser) sont morts tués par les gardes frontières et 115 blessés par balles.

Néanmoins, le mur devint également un symbole d’espoir et de liberté. En espérant que ce mur tomberait un jour, les berlinois avaient la certitude d’effacer totalement la séparation entre les deux Allemagne !

La chute du Mur de Berlin et la fin de la Guerre Froide

Retrouvez toutes les grandes dates concernant le mur de Berlin en Allemagne ! Nombreuses sont les photos montrant la joie des berlinois et berlinoises se retrouvant enfin ! (source : Newsrnd.com)

A partir des années 1970, une Ostopolitik se mit en place et cela permit une certaine détente des relations entre le le bloc occidental et le bloc soviétique. C’est en 1987 que se produisit le véritable déclic, lors de la visite de Mikhaïl Gorbatchev en République Démocratique d’Allemagne. Ce dernier se positionna en faveur d’une nouvelle politique d’ouverture.

En 1989, le conseil des ministres de la RDA, des suites de cette politique et des nombreuses protestations de la population allemande de l’Est, décida d’ouvrir les frontières et de faire disparaître le Mur de Berlin. C’est le 9 Novembre qu’eut lieu la démolition du Mur, au grand plaisir des berlinois des deux côtés.

On remarque vite un détail important : le côté du mur Est était globalement immaculé tandis que le côté du mur Ouest était bariolé de tags, de dessins et d’inscriptions. Cela montre bien que le côté Est n’était pas approchable.

L’Allemagne eut droit à son unification en 1990. Cette histoire peut nous sembler si éloignée dans le temps, surtout pour un pays occidental et pourtant, ce n’est pas si ancien !

La volonté unificatrice allemande est une des leçons à tirer de cet épisode douloureux de l’histoire allemande. Cela nous enseigne aussi que les vainqueurs n’ont pas toujours raison et que les populations paient souvent pour les décisions de leur régime sans nécessairement y prendre part. Retenons également ceci :

« L’histoire du mur de Berlin devrait nous rappeler à quel point la perte de la liberté et de l’autonomie peut être lourde de conséquence » – Pirmin Schwander

Aujourd’hui, le mur est majoritairement déconstruit, mais quelques pans de cet édifice terrible subsistent encore, afin de permettre d’effectuer le travail de mémoire. Des morceaux ont été offerts à plusieurs villes du monde dont Paris. Ce mur est aujourd’hui devenu un symbole de liberté et de soulèvement populaire face à l’oppression dans le monde entier !

Vous avez désormais sans doute tout compris à ce sujet concernant les enjeux de la capitale de l’Allemagne durant cette période délicate qui opposait l’Union Soviétique aux USA. Superprof peut vous aider à approfondir vos connaissances en prenant des cours d’histoire avec un professeur particulier !

Et où se loger à Berlin ?

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