Sujet

A la lecture du chœur d’Antigone de Jean Anouilh, vous tenterez de proposer une définition de la tragédie en illustrant vos idées avec d’autres références livresques du genre théâtral tragique.

Introduction

Nous allons étudier le « chœur « d’Antigone de Jean Anouilh. Cette tragédie est inspirée de la tragédie de Sophocle en 442 avant Jésus Christ, tragédie dans laquelle l’héroïne défend les lois non écrites du devoir moral. Dans le but d’étudier le chœur d’Antigone d’Anouilh, nous verrons en quoi après lecture du passage, nous pouvons proposer une définition de tragédie en élargissant notre réflexion à d’autres pièces théâtrales tragiques en insérant l’idée essentielle de la réécriture des mythes.

Développement

Au-delà de la fonction didactique du chœur, nous avons une leçon philosophique qui nous rappelle que nous ne devons pas essayer de nous élever de l’humaine condition, la mortelle condition du genre humain de laquelle nous ne pouvons fuir et qui incarne notre mortel destin ou encore notre fatalité. Nous pouvons reprendre les mots d’Aristote, qui attribuait à la tragédie une fonction cathartique dont le but est la purification et la libération grâce  à la terreur et à la pitié que la tragédie suscite chez le lecteur ou le spectateur qui s’identifie aux personnages de la pièce.

Le chœur expose au nom de l’auteur sa conception de la tragédie. C’est au milieu de la pièce, lorsque les gardes viennent arrêter Antigone que le chœur vient nous dire dans un style familier et en jouant sur les mots ce qu’il pense de la tragédie, « c’est propre la tragédie ». Dans son langage où abondent les adjectifs à double sens, le chœur nous explique la simplicité et la nécessité du mécanisme tragique. A l’aide d’images empruntées au domaine de la machine, « le ressort est bandé… cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul…C’est minutieux, bien huilé », il nous laisse entendre qu’un rien suffit à son déclenchement. Tous les ressorts sont prêts à fonctionner et rien ne peut les enrayer. C’est la machine infernale où tout a été décidé d’avance et où le dénouement est irrémédiable. Et c’est là, le vrai caractère de la tragédie. Elle est pure parce qu’elle est fatale. Les personnages n’ont plus qu’à découvrir leur vérité et à l’affirmer par des paroles et des actes qui les entraînent  infailliblement à leur perte. De là, l’espèce de délivrance qu’éprouve Antigone quand elle est sûre qu’elle va mourir. Comme le chœur, elle dénonce le sale espoir. Voilà pourquoi le chœur lors du dénouement soulignera non pas la violence de l’histoire, mais le repos qui sera le lot de tous les personnages, « tous ceux qui avaient à mourir sont morts ». Sur bien des points Anouilh semble donc reprendre les idées antiques et classiques. Seulement chez Anouilh, les actes ne sont plus rattachés à un idéal. Antigone ne se réfère plus à des interdits religieux. Elle et Créon ne représentent plus qu’eux-mêmes. Le chœur l’avoue, pourquoi les personnages agissent ils? Pourquoi les personnages parlent-ils? Pour rien.

Conclusion

Parce que ce monde était en cirse de désespérance, nous comprenons le pessimisme de J. Anouilh à travers l’ironie aigre douce qui définit la tragédie comme un genre paradoxal où les souffrances et les misères, les maux d’une humanité responsable d’elle-même depuis le crépuscule des dieux s’unissent à la poétique des mots sur le mode oxymoronique du « sale espoir ». Ce jeu de contrastes invite à la réflexion quasi philosophique intellectualisant ainsi le mythe sans que  pour autant soit exclue l’émotion poétique, le plaisir tant recherché au XVIIème siècle.

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Mathieu

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