Séquence BAC POESIE
L'invitation au voyage,
Fleurs du mal
Charles Baudelaire

Introduction

Nous
allons étudier une poésie de Charles Baudelaire intitulée « L’invitation
au voyage » tirée de « Spleen et idéal » des Fleurs du mal. Le
poète est héritier du romantisme et fidèle à la poésie traditionnelle du XIXème
siècle. Il exprime à la fois le tragique de la destinée humaine et une vision
de l’univers. Il est l’auteur de plusieurs œuvres telles que Les fleurs du mal
qui lui valurent une condamnation pour immoralité et les Paradis artificiels.
Les poèmes précédents du recueil des fleurs du mal sont tous des hymnes à l’une
des trois femmes de sa vie, Jeanne Duval, Marie Daubrun et Mme de Sabatier. Il
fait ici référence à Marie Daubrun dans le poème « l’invitation au
voyage » qui appartient à la section du « Spleen et l’idéal. Il nous
écrit une vision idéale de l’amour inspirée par la femme. Dans le but de
répondre aux problématiques suivantes, comment le thème du regard est associé à
l’expression d’un sentiment amoureux, comment le pouvoir de la femme s’exprime
sur le poète, nous verrons dans un premier temps, la correspondance de la vue
et de l’odorat, puis en second lieu, le pouvoir de la femme et l’évasion vers
l’idéal qu’elle suscite.

Une invitation au rêve

Le poème
nous emporte par l’imagination vers un ailleurs. Les deux impératifs,
« songe » et « vois », connotent le rêve. Le poème nous
permet déjà de voyager. Les sujets sont toujours à la troisième personne. Il y
a une absence totale des repères temporels. Les infinitifs de la première
strophe ont une valeur impersonnelle et éternelle qui marque beaucoup plus un
voyage de l’esprit qu’un voyage réel. Le conditionnel de la deuxième strophe
marque une temporalité vague qui reflète la projection immédiate dans un hors
temps, dans un rêve. Nous avons quelques repères spatiaux qui suggèrent
l’ailleurs, sans qu’aucun lieu précis ne soit précisé, ainsi que le suggère
l’adverbe « là-bas » et le terme assez vague de « pays ».
La référence à l’Orient est explicite dans la strophe 2. Nous avons également
une référence à la Hollande, aux vers 7 et 8 avec l’évocation de l’intérieur
des maisons hollandaises par les peintres. Les plans généraux de l’intérieur de
la maison donnent une vision globale, panoramique qui contribue aussi à la
création d’un rêve et d’un univers imaginaire. L’usage des pluriels aux
strophes 2 et 3 donne au monde évoqué un charme particulier et laisse au
lecteur la place à son imagination

Une invitation à l’amour

Cette
invitation au voyage est indissociable du discours amoureux et le poème se
présente aussi comme une invitation à aimer.

Nous
constatons la présence d’une correspondance à dominante urbaine, il s’agit du
miroir où se reflète la beauté qui invite au voyage. Elle se situe dans le
deuxième sizain des vers 7 à 12. « Dans les ciels brouillés », comme
les yeux de Marie Daubrun, nous retrouvons les éléments authentiques comme le
feu, l’eau, dans l’oxymore, « les soleils mouillés ». « Les yeux
brillants » des vers 11 et 12 connotent l’éclat, le feu à travers les
larmes suggérées par « les soleils mouillés » d’une contrée
mystérieuse. La correspondance de la femme et du paysage est à dominante
urbaine, c’est un miroir où se reflètent la beauté, la chambre, qui invite au
voyage. Elle est établie dès les vers 1 à 4 et est explicitée dans le deuxième
sizain des vers 7 à 12. Dans « les ciels mouillés » comme dans les
yeux de Marie D’Aubrun, on retrouve les éléments authentiques, le feu, l’eau,
dans l’oxymore, « les soleils mouillés ». « Les yeux
brillants », l’éclat, le feu à travers les larmes évoquent les
« soleils mouillés » d’une contrée mystérieuse. La correspondance du
feu et de l’eau dans la dernière strophe avec « soleil couchant »
renforce la lumière que projette le soleil sur le paysage aquatique. Regards et
paysages exercent la même fascination sur le poète ainsi que le suggèrent les
adverbes d’intensité, l’effet expressif est créé par la diérèse,
« mystérieuse ». L’amour se rattache à un idéal de vie dont le
programme est inscrit dans le refrain avec le procédé de l’enjambement qui met
en avant chacun des termes. Parmi ces cinq termes, il y en a plusieurs qui sont
dans les autres poèmes du recueil, le lexique est typiquement baudelairien. Les
strophes font écho à chacun des termes. Chaque chose semble à sa place, strophe
2, nous notons l’ordre du poème qui suit une progression logique, puis, nous
avons l’amorce du songe, la description du lieu de voyage, l’intérieur de la
chambre, et la description de la vue donnée par la chambre sur l’extérieur, le
paysage vu de la pièce.

Conclusion

Bien que l’invitation au voyage soit extrait de la section spleen et
idéal, on peut à la lecture ressentir une impression de plénitude qui s’oppose
à l’état de perpétuelle insatisfaction du spleen. La sensualité, l’exotisme et
les correspondances entre l’amour, le voyage et la rêverie plongent le lecteur
dans un univers poétique singulier.

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