I- Question

Ces quatre textes dénoncent la guerre. Vous analyserez les différents procédés littéraires utilisés à cette fin.

Plusieurs procédés littéraires concourent à dénoncer la guerre dans les textes du corpus.

Dans l'Encyclopédie, la guerre est une notion construite à partir de son antithèse, la paix. Toutes deux sont personnifiées : « dépeuple , fait le désordre, rend incertaines… » (B) afin que le lecteur s'en fasse une idée plus nette, comme d'une force agissante. Les énumérations contribuent à accentuer cette dimension active : on prend ainsi conscience des nombreux dégâts occasionnés par la guerre : « se dépouiller, se brûler, se tuer, s'égorger les uns les autres » (A) : les verbes pronominaux insistent sur la réciprocité des horreurs commises. Les apostrophes aux victimes ou aux commanditaires de la guerre montrent qu'il s'agit bien d'une affaire d'hommes : le jeune Soyecour est, malgré ses nombreuses qualités, mort à la guerre. Priam au contraire y envoie les hommes et la supplique d'Andromaque (D) n'y changera rien. Le caractère parfois dérisoire des motifs de la guerre est souligné avec ironie par Voltaire : « concluent sans difficulté » (C) atteste les raccourcis qui peuvent être pris pour justifier la nécessité d'une guerre. L'allusion dans le même texte aux mercenaires souligne que les hommes de guerre ne sont pas toujours investis de motifs louables pour s'engager dans une bataille sanglante. L'hyperbole dénonce avec véhémence les ravages occasionnés : « Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte… » (B)

II- Sujets

 1)     Commentaire du texte de Voltaire :

Voici une suggestion de plan :

A)    Victoire de la déraison :

-       valeur incontestée de la preuve scientifique et aveuglement du prince

-       démonstration du pouvoir absolu

-       Inanité des arguments raisonnables

B)     Horreurs de la guerre :

-       rumeur comme moteur

-       explosion de haine

-       caractère absurde de ces luttes

C)    Ironie comme arme de dénonciation :

-       raccourcis : « concluent sans difficulté », « aussitôt »…

-       comment Voltaire tourne les actions des hommes en ridicule : « tantôt »

-       référence divine comme point culminant du « merveilleux »

Souvent Candide est au programme de bac français. N'hésitez pas si c'est le cas ou que vous connaissez par vous-mêmes l'œuvre à faire référence à certains passages : la dénonciation sous-jacente de la guerre (contre les Bulgares notamment) peut servir à introduire et conclure votre commentaire.

2) Invention :

 Ecrire une scène théâtrale pour exposer les raisons pour lesquelles Hector, fils de Priam condamne la guerre du point de vue des hommes.

Présupposés :

-         présentation de la scène en didascalies

-         trois personnages sur scène

-         prise de parole après le nom des personnages en majuscules

-         arguments pour la condamnation d'Hector du point de vue des hommes

Hector ayant entendu les propos d' Andromaque va tâcher à son tour de défendre l'opinion de celle-ci auprès de son père Priam. Il entre dans la pièce.

HECTOR : Père, je viens de surprendre votre conversation avec mon épouse. Son point de vue est celui d'une femme et il ne t'a visiblement pas convaincu.

PRIAM : En effet, je pense que ses arguments sont ceux d'une femme qui ignore qu'elle doit sa vie et son cadre de vie à ceux qui ont défendu avant qu'elle ne vienne au monde la terre qu'elle habite.

HECTOR: Je suis conscient de ce que l'on doit à nos ancêtres mais j'avoue mon père partager les mêmes idées qu'Andromaque sur la question. La guerre tue plus d'hommes que ne le ferait une épidémie dévastatrice. Plus encore, les hommes au front, perdent toute humanité et sont assoiffés de sang. Ils poursuivent le mal quand cela ne serait pas dans leur nature. L'entreprise est souvent effectuée pour des motifs contestables. Les épouses qui nous attendent perdent tout amour. Leur patience est limitée et, en charge des enfants, elles finissent par souhaiter la mort de celui de leur mari qui de toute façon reviendrait comme un étranger partager leur couche.

PRIAM : Une femme se reconquiert.

HECTOR: A quoi bon faire des enfants si nous ne les voyons pas grandir, si nos enfants ne connaissent pas leur père. Sitôt revenu le soldat se doit de repartir n'ayant tissé aucun lien filial avec ses propres descendants. A quoi sert de défendre un pays auquel mon propre fils n'aura aucun  attachement tant il sera obsédé par l'idée que ce pays lui a pris son père, ses oncles et le bonheur de sa mère et de ses frères et sœurs ?

ANDROMAQUE : Et quel homme rentre de la guerre ?

HECTOR: En effet un soldat ayant passé toutes ses plus belles années à tuer sauvagement des hommes qui comme lui attendaient, espéraient et se résignaient rentre brisé. C'est un homme mort que rien, pas même le retour au foyer, ne pourra consoler.

PRIAM : Est-ce vraiment ce que tu penses, mon fils ?

HECTOR: Comment pourrais-je penser autrement ?

PRIAM: En ce cas, tu me vois contraint de revoir mon jugement et je te sais gré de ta franchise.

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Mathieu

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