Sujet

Les écrivains proposent souvent des descriptions de lieux très précises dans leurs romans. Certains lecteurs ont le sentiment que ces descriptions sont inutiles ; d’autres en revanche, considèrent qu’elles jouent un rôle essentiel.

En vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles, explicitez et justifiez ces deux points de vue.

Correction

Introduction

Dans le cadre de notre objet d’étude le roman et ses personnages, la vision de l’homme et du monde nous nous poseront la question de savoir si les descriptions dans les romans sont utiles ou non, en effet, Les écrivains proposent souvent des descriptions de lieux très précises dans leurs romans. Certains lecteurs ont le sentiment que ces descriptions sont inutiles ; d’autres en revanche, considèrent qu’elles jouent un rôle essentiel. Nous tenterons d’appliquer un plan dialectique à notre question afin de justifier les deux points de vue.

Développement :

I -  Les descriptions considérées comme inutiles

1 – les descriptions ennuyeuses pour le lecteur

Quelle est l’attitude du lecteur face à la description dans un roman ? Joue-t-elle un rôle plus vaste que le simple fait de décrire ou est-elle superflue, voire inutile ? Nous pourrions avancer comme premier argument pour justifier de l’inutilité du descriptif que celui-ci pourrait devenir ennuyeux du seul fait que trop de descriptions pourraient hacher l’intrigue, ralentir l’action et donc l’implication du lecteur. Dans les romans réalistes par exemple pour ne citer qu’eux, ceux du XXème en particulier présentent le plus souvent de très longues descriptions parfois étendues sur plusieurs pages. Nous pourrions à cet égard citer Balzac et les détails relatifs à sa pension Vauquer dans le Père Goriot qui précède celle de Madame Vauquer et l’action qui suit. L’action est de ce fait interrompue laissant le lecteur à l’abandon avec cette impression que rien ne se passe.

2 – Des descriptions considérées comme purement esthétiques

Il ne faudrait pas assimiler la poésie au roman, ce dernier en effet n’est pas limité à évoquer de belles choses de la manière la plus poétique possible. La prose propre au roman doit s’accoupler au niveau du fond d’une histoire basée sur une intrigue que le narrateur doit savoir mettre en forme et rendre vivante. Ainsi, la beauté d’une ville ne doit pas se réduire à un aspect purement descriptif, nous retrouvons dans la description la vieille ville de notre texte de baccalauréat de Clézio le reflet d’un état d’esprit du personnage. Il est ainsi question ici du savoir-faire de l’écrivain qui selon les moyens utilisés pour mettre en évidence telle idée donne à son contenu fond et forme, idée, intrigue et musicalité, cette dernière pouvant être rendue par l’usage des allitérations, des assonances, des figures de style dans un but purement et simplement esthétique comme on le voit en poésie.

Transition :

Mais pouvons-nous réduire cette question de l’utilité ou de l’inutilité de la poésie à ces deux aspects ? Inutile ? Esthétique ? Pourquoi autant d’auteurs utiliseraient des descriptions si abondantes si elles avaient la réputation d’ennuyer le lecteur ? Ne pourrions-nous pas envisager des vertus insoupçonnées et d’autres fonctions que celles-là ? Ne faudrait-il pas dépasser le cadre purement esthétique de la description dans le roman pour l’envisager comme indissociable de l’histoire ?

II – Une description plus vaste que le simple fait de décrire

1 – Les descriptions inhérentes à l’action

La description pourrait être envisagée comme indissociable de l’histoire dépassant ainsi le simple fait de décrire. Dans ce cas de figure, il ne nous faut pas distinguer ou dissocier la description et la narration puisque les enjeux se recoupent. Si l’on affirme que les descriptions sont nécessaires à la mise en place de l’action, on reconnait que par exemple le rôle de l’incipit est de présenter les lieux et les personnages. Cela ne peut donc pas être considéré comme inutile. En exemple, nous pouvons citer la mer dans Pierre et Jean de Maupassant qui est beaucoup plus qu’un cadre, ses bruits et ses vagues répondent aux questions de Pierre, c’est en fait sur la mer qu’ont lieu les évènements les plus importants. L’action en dépend ainsi la description de la mer met le cadre en place et annonce l’action de manière imminente.

2)      La description à visée argumentative

La description peut faire réfléchir en plus d’être inhérente à l’action, sa visée peut donc être argumentative. Nous pourrions citer en exemple l’éloge ou le blâme. Ainsi dans Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, nous avons une comparaison ironique de New York avec une église qui reflète et donne une impression de valeur, voire de grandeur, de foi, la description à ce niveau est fonctionnelle, elle dépasse l’aspect esthétique car la personnification grotesque « ils parlent tous à Dollar » nous renvoie au comique de la situation absurde.

Conclusion

Inutiles ou pas, les descriptions dans le roman nécessitent une analyse beaucoup plus nuancée. En effet, on ne peut les condamner à être ennuyeuses pour le lecteur ou purement et simplement esthétiques puisque la  description peut être plus vaste que le simple fait de décrire, elles peuvent refléter l’action, lui être inhérente et suggérer une visée argumentative invitant le lecteur à réfléchir.

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Mathieu

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