Commentaire : Vous commenterez le texte de Fénelon, Les aventures de Télémaque  (texte A)

Introduction

François de Salignac de La Mothe-Fénelon a écrit en 1699 les Aventures de Télémaque. Il s’agit d’un pastiche de L’Odyssée d’Homère, une épopée romanesque qui relate les aventures de Télémaque à la recherche d’Ulysse, son père. Le jeune prince, accompagné de la déesse Minerve travestie sous les traits du sage Mentor, affronte de nombreuses situations. Dans notre extrait tiré du septième livre, Adoam dépeint aux voyageurs, un pays du nom de la Bétique. Nous verrons dans ce texte comment l’auteur parvient à plaire et à instruire, en développant une argumentation didactique. Nous verrons dans un premier temps la notion de paradis antique, puis en second lieu la manière dont il dénonce les vices des contemporains.

I -Un paradis antique

Une terre merveilleuse

Fénelon parvient à plaire et à instruire en mettant en avant la notion de paradis antique d’Homère et de de Virgile. Nous avons également quelques références à l’Andalousie actuelle où plutôt dans son état antique, c’est-à-dire avant les invasions berbères et arables. Cette idée de terre merveilleuse s’alimente des « colonnes d’Hercule » qui sont pour l’antiquité les montagnes qui bordent le détroit de Gibraltar.

Les conditions climatiques

Fénelon décrit ensuite les conditions climatiques. Nous avons une description des hivers très « tièdes » et des étés « tempérés ». La référence aux « aquilons », vents du nord explique l’absence de saisons extrêmes : « toute l’année n’est qu’un heureux hymen du printemps et de l’automne ».

La richesse de la nature

Nous avons de nombreuses allusions à une nature méditerranéenne très riche et essentiellement composée de « lauriers, de grenadiers, de jasmins et d’autres arbres toujours verts et toujours fleuris ». La terre est nourricière et bénie des Dieux, les « troupeaux fournissent des laines fines recherchées de toutes les nations connues » et les sols produisent une « double moisson ». Nous avons de ce faits de précises références géographiques très réalistes mais toujours en référence à un âge d’or et d’éden.

La référence à l’âge d’or et d’Éden

IL va de soi que le texte est suggestif, Fénelon s’applique à mettre en évidence l’idée de l’âge d’or. Cela correspond à l’idée une période mythique ou l’abondance dominait ainsi que la paix, on retrouve toutes les caractéristiques de l’humanité peinte par Hésiode, Ovide et Virgile. Pourtant il semblerait que selon l’auteur cette période ne soit pas révolue, qu’elle pourrait bien renaître, de sorte que la vision offerte devient utopique.

Transition :

Un paradis antique qui nous renvoie malgré les références à l’âge d’or et d’Eden à une véritable dénonciation de la société à plusieurs niveaux.

II -La dénonciation de la société

Un peuple rural aux qualités morales exceptionnelles.

Nous avons l’évocation d’un peuple resté à l’âge du troc donc non corrompu par le pouvoir de l’argent. Viennent ensuite les critiques des populations plus puissantes. Nous voyons les habitants de la Bétique se détourner des arts au sens des techniques et des beaux-arts au nom de leur superfluité. Nous voyons ce peuple en quête d’une vie simple et d’un idéal de bonheur synonyme de santé.

Une dénonciation de la France de Louis XIV

Les vertus honorables du peuple rural s’opposent à la critique des voisins. Dans ce jeu d’oppositions, Fénelon remet en cause les valeurs très superficielles du peuple limitrophe. On comprend que leur inutilité est mise en avant, les arts du luxe comme l’ameublement, la décoration, la parfumerie sont dénoncés. La cible visée est ici Versailles et la cour. L’aspect superficiel et inconséquent dans leur manière de vivre sont dénoncés de façon virulente. A ces critiques s’ajoute celle d’un autre vice, l’orgueil, celui de « l’art de faire des bâtiments superbes ». Nous voyons donc Versailles et sa cour sombrer dans la futilité et la tyrannie de la mode. A cela s’ajoute la mauvaise influence de la cour sur les classes sociales, ainsi nous voyons la petite noblesse et la bourgeoisie envieuses. C’est un véritable procès, nous sommes dans l’illusion du bonheur ainsi que le souligne les rythmes ternaires, « ce superflu amollit, enivre, tourmente ceux qui le possèdent », ou encore, « agités par l’ambition, par la crainte, par l’avarice ». Nous avons donc une peinture d’un peuple en plein désœuvrement et corrompu, « ces peuples sont bien malheureux d’avoir employé tant de travail et d’industrie à se corrompre eux même ! ».

Conclusion

Nous voyons donc la cour royale devenue l’esclave de ses passions toujours en quête d’un idéal de bonheur inaccessible, ainsi dans le but d’instruire et de plaire, Fénelon a choisi de recourir à l’utopie de la Bétique. Un véritable débat autour de cette question s’articule autour de la dialectique de la nature et de la culture. Nous sommes devant le constat bien alarmant selon lequel la France.

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Mathieu

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