La philosophie des "essais" de
Michel Eyquem de Montaigne

Introduction

Michel Eyquem de Montaigne est né en 1533 au château
de Montaigne, près de
Bordeaux. Il est le fils de Pierre Eyquem, un riche négociant ; il fait partie
d’une noblesse récente.

Son propre père était un adepte des idées de la
Renaissance et lui a donc donné une formation d’humaniste. Dans le but d’étudier
la philosophie des essais de Montaigne nous verrons respectivement les
différents paragraphes de son ouvrage.

étude des essais

Le premier paragraphe. Son propre père est un humaniste : nous savons que le
penseur fut élevé par un précepteur humaniste, ses professeurs étaient de
grands maîtres humanistes. Sa langue maternelle est le latin et ses auteurs préférés
sont nombreux, mais sa préférence va à Sénèque. Sa philosophie de la vie le
pousse à surmonter ses nombreuses douleurs, il refuse de se laisser dominer par
sa maladie et apprend à vivre avec l’idée de la mort, il peut en ce sens être
qualifié de stoicien. Ce sentiment de domination de soi est encore renforcé
avec la mort de son ami, La Boétie. Tous ces évènements influencent ses travaux
en particulier les « essai ».

Le mot « essai » signifie expérience mais aussi
tentative. Montaigne a inventé le genre des essais. Ses textes sont des expériences
de tous ordres concernant l’âme, le corps, la raison et les sens ; ils
impliquent un libre jugement de l’individu sur son cas personnel. Montaigne
commence par noter des réflexions sur ses lectures, puis ses idées personnelles
prennent la première place. Ces textes sont ouverts, instables. A mesure que sa
pensée évolue, l’auteur complète ce qu’il a déjà rédigé, mais il ajoute
beaucoup plus de choses qu’il n’en corrige et prend le risque de s’y
contredire. Il n’a pas peur de changer d’avis, de varier son jugement, au
contraire, il fait une autocritique permanente. Dans son premier paragraphe il
affirme préférer un élève avec la tête bien faite plutôt que la tête bien
pleine, cela n’est pas sans nous rappeler Socrate et ses nombreux préceptes. Le
précepteur doit toujours inciter l’élève à se développer l’esprit, il faut
avant tout apprendre à réfléchir car l’esprit n’est pas un contenant. Les
qualités dominantes de l’élève sont la curiosité, l’étonnement aurait dit
Platon.

Deuxième paragraphe : le précepteur doit dialoguer avec son élève. Nous avons une métaphore
celle de l’image de l’oie gavée qu’il compare à l’élève gavé de savoir. Il
critique l’apprentissage par coeur, il faut d’abord comprendre. On retrouve la
critique socratique en la matière, l’esprit n’est pas un contenant, ce n’est
pas l’aspect quantitatif des connaissances qui importe. Cela est encore renforcé
par l’image de l’entonnoir : on gave beaucoup mais l’élève n’en retient pas
grand-chose. Il faut d’abord s’adapter à son élève : connaître ses goûts…

Troisième paragraphe : nous avons une continuation de la métaphore équestre.
Le professeur doit s’adapter à ses élèves, et mettre ses connaissances à leur
niveau, leur disposition. C’est un travail difficile : il est plus facile de
parler à des gens de son niveau que de s’adapter aux connaissances d’autrui.

Quatrième paragraphe : Montaigne critique l’enseignement collectif, car le
professeur ne peut pas se mettre au niveau de tous ses élèves. Celui-ci ne
correspond à l’attente que de deux ou trois élèves qui arrivent à suivre le
rythme du professeur.

Cinquième paragraphe : nous avons un rapport analogique avec la viande et
la matière, il est indispensable que l’élève comprenne ce qu’il apprend, il
doit pouvoir mettre l’enseignement au service de sa propre vie de façon à appliquer
directement son savoir comme on met en pratique une philosophie. C’est
pourquoi, le penseur insiste sur les analogies suivantes, estomac, cerveau,
digestion et assimilation de la matière.

Sixième paragraphe : le reproche suivant que Montaigne dresse contre l’enseignement en général,
est le manque d’autonomie de l’élève, il est trop guidé, cela nous renvoie à la
métaphore filée du cheval dirigé par des rênes, des cordes.

Septième paragraphe : « passer par l’étamine » = l’élève doit garder l’essentiel de la matière.
Le professeur doit proposer différentes idées à l’élève, lui montrer le chemin à
suivre de façon à ce qu’il puisse en choisir une lui-même. Le but est d’autonomiser
l’enseigné.
Huitième paragraphe : l’élève doit être capable de s’approprier les préceptes qu’on lui
enseigne et avec lesquels il est d’accord ; Montaigne lutte ici contre les
imitateurs, il faut savoir se faire sa propre opinion et non pas s’inspirer de
celles des autres.

Neuvième paragraphe : conclusion qui reprend les différents points importants : l’élève ne
doit pas montrer ce qu’il a reçu d’autrui mais ce qu’il en a fait. Il définit
ainsi le sens et le but de l’éducation, l’orientation est très socratique, il s’agit
de se perfectionner, il faut devenir meilleur, s’autonomiser et se développer l’esprit
de façon à être plus sage.

 

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