DOM
JUAN : Acte 1 scène 2

Nous
allons étudier l’acte 1 scène 2 de DOM
JUAN, écrit par Molière 1622-1699) et publié après sa mort en 1748.
Cette œuvre reprise du Burlador de
Sevilla de Turso de Molina est contre toutes les règles du classicisme
telles que la vraisemblance, la bienséance ou l’unité de lieu, d’unité, de
registre ou d’action. Elle met au contraire en scène un personnage principal
(un être de papier), Dom Juan est représentatif de l’art baroque. Cette œuvre a
constitué en partie la réputation de Molière qui était metteur en scène et
acteur de sa troupe de théâtre jouant pour le peuple mais aussi pour le roi
Louis XIV.

La
problématique que nous allons suivre durant cette étude est la suivante :

Quelle est l’interprétation de l’amour pour Dom Juan ?

Dans le
but de répondre à cette problématique, nous allons étudier, dans un premier
temps, la relation entre ces deux hommes. Nous constaterons un duo inhabituel.
En second lieu, nous aborderons la vision inhabituelle du mariage de Dom Juan.

Un duo
inhabituel.

Dans
cette première partie de l’étude, nous constatons que Sganarelle peut disputer
avec son maître mais n’a pas le droit aux remontrances. Ainsi Don Juan affirme
« je te donne la liberté de parler et de me dire tes sentiments »,
traditionnellement les valets dans les comédies de l’époque sont considérés
comme des bouffons mais là nous remarquons une relation privilégiée. Cette
relation repose sur la complicité de Don Juan, il se sert de son valet comme un
auditoire, il lui montre son vrai visage (comme dans la tirade) et s’en sert
comme reflet de la société. Sganarelle, miroir de la société, se voit alors
être la victime de l’éloquence de son maître, puisque n’étant pas allé à
l’école il ne peut qu’admirer l’argumentation de son maître « vous parlez
tout comme un livre », «  je ne sais que dire….J’avais les plus
belles pensées du monde, et vos discours m’ont brouillé ». Sganarelle,
fasciné, essaye de raisonner son « complice », mais son argumentation
n’est pas assez ouverte, développée, il ne se sert que de la punition divine,
qu’il n’est pas bon de « se jouer d’un mystère sacrée » pour faire
prendre conscience du danger à Don Juan. De plus il va jusqu’à annoncer la
punition finale pour le prévenir « les libertins ne font jamais une bonne
fin ». Tous ces arguments ne sont pas concrets pour un homme de principe
comme Don Juan, en effet il affirme « c’est une affaire en le ciel et
moi ». Avec seulement 2 scènes au total où ils ne sont pas réunis, c’est
l’élément fondamental de l’histoire, c’est le noyau dramaturgique de la pièce.

Version
inhabituelle du mariage.

En
second lieu, nous constatons la dévalorisation de la fidélité et du mariage de
Dom Juan qui représente, pour lui, l’enfermement, il utilise, en ce sens, les
termes « se lier » et « s’ensevelir pour toujours ». Pour
lui, le mariage, « c’est se piquer d’un faux honneur d’être fidèle »,
la première rencontre ne donne pas l’exclusivité, ainsi il manie très bien le
paradoxe et pousse même le raisonnement. D’autre part, il énonce ses théories
comme des vérités, il englobe le « je » et le « nous »
comme dans la phrase « lorsqu’on est maître une fois, il n’y a plus rien à
dire, ni rien à souhaiter ». Il donne ainsi de la solennité, de l’emphase
à ses dires, il emploi le rythme ternaire. Il se sert en partie du rythme
ternaire mais aussi des exclamations pour désigner des sentiments comme
« quoi ! », « comment ! » pour amener Sganarelle
à donner les réponses qu’il souhaite. Avec ses questions rhétoriques, on
constate une nouvelle fois l’éloquence de Don Juan. De plus, ses pensées sont
totalement opposées à l’opinion commune, pour lui, être infidèle, c’est rendre
hommage à la fidélité, il prône ainsi une sorte d’infidélité esthétique. Nous
le constatons avec des paroles comme « je rends à chacune les hommages et
les tributs où la nature nous oblige » ou dans « la beauté me ravit
partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence ».
Nous remarquons l’antithèse « douce violence »  caractéristique
de l’infidélité de Dom Juan. En dernier lieu, nous remarquons que son éloquence
est marquée par une longue tirade propice au développement d’une métaphore
filée sur la beauté et la conquête.

Conclusion

Pour
conclure cette étude nous dirons que Don Juan interprète l’amour différemment
par rapport à l’opinion commune; en effet il préfère la quête permanente à
l’immobilité du mariage. Cette attitude nous prouve le coté baroque du héros
avec pourtant une époque tournée vers le calme, la sérénité, vers le
classicisme. Sganarelle pourtant fasciné par l’éloquence de Dom Juan, et
manquant d’argumentation essaye tout de même de raisonner le libertin. Ainsi
nous pouvons nous questionner sur la chute de l’histoire et quel point de vue
finira gagnant à la fin de la pièce, l’opinion commune ou la façon de penser du
libertin.

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