Introduction

C'est pendant une période très troublée (1758) que Voltaire écrit Candide : guerre de sept ans contre la Prusse ( de 1756 à 1763), tremblements de terre de Lisbonne, famine… évènements et déceptions qui peuvent contribuer à la rédaction de ce conte. (FIN DE LA PARTIE VALABLE POUR TOUS LES TEXTES).  Dans cette œuvre, nous étudierons le chapitre 6, dans lequel se déroule un autodafé à Lisbonne, pour éviter qu'un nouveau tremblement de terre ne se produise. Comment peut se caractériser cet autodafé et quelle est la dénonciation ? Dans un premier temps, nous verrons qu'il s'agit d'un événement absurde et, dans un deuxième temps, quelle est la dénonciation.

 I C'est un événement absurde

 A.    Une narration

1)     Le point de vue

_ mis à distance des personnages : « Docteur Pangloss », « son disciple Candide » (l. 11)

I le lecteur est invité à un regard critique.

2)    Le centrage sur les moments essentiels

_ ellipse sur la prison et ralentissement de la cérémonie

_ utilisation de « on » (l. 8-16) qui englobe le lecteur pour observer la scène comme un témoin de l'Inquisition.

 B.     L'absurdité

_ champ lexical de l'esthétique : « bel » (l. 4), « belle »( (l. 22), « chantait » (l. 24) « spectacle » (l. 5).

_ oxymore x 2 : « bel autodafé » (titre+l. 4)

I ironie, absurdité de l'événement

_ absences de liens logiques entre l'autodafé et le tremblement de terre. Preuve de son inefficacité : nouveau tremblement de terre (l. 27).

II La dénonciation

 A.    La dénonciation de la superstition

_ antiphrases : « sage » l. 2, « efficace » l. 3, « infaillible » l. 7

I dénonce les croyances irrationnelles et les préjugés qui ne s'appuient sur aucune logique.

_ lien logique « en conséquence » l. 8

I renversement cause et effet => recherche des victimes après avoir décidé de leur condamnation.

_ absence de liens logiques dans tout le chapitre.

I pas de logique, ni dans le jugement, ni dans la condamnation.

 B.     La dénonciation de l'intolérance

_ ellipse : l. 5

I absence de procès verbal.

_ gradation dans l'absurdité des accusations : l. 8 à 13

I ironie : n'importe quel prétexte est bon pour condamner.

_ absence de sentiments chez les spectateurs.

I dénonce la cruauté de l' Inquisition et des religions qui ne prêtent pas attention aux hommes.

_ « donner au peuple un bel auto-da-fé » (l. 4) rappelle l'expression des romains « donner au peuple du pain et des jeux ».

I l'autodafé n'a plus rien à voir avec la foi mais s'appuie sur l'intolérance et le besoin de spectacle.

 C. La dénonciation de l'optimisme

_ hyperbole dans le discours de Candide :

-         « le plus grand des philosophes » (l. 33) => « pendre » (l. 34)

-         « le meilleur des hommes » (l. 35) => « noyé » (l. 36)

-         « la perle des filles » (l. 36) => « fendu » (l. 36)

I l'optimisme n'est pas viable face à la réalité du monde.

_ question rhétorique (=question qui ne demande pas de réponse) l. 30-31

I doute philosophique sur le bien-fondé de l'optimisme. Remettent en doute l'optimisme de Pangloss.

 Conclusion

Dans ce chapitre, comme dans tout le reste du conte, Voltaire réussit à lier narration et réflexions philosophiques. Ici, il réussit à dénoncer plusieurs aspects, notamment l'optimisme qu'il ne cessera de condamner, tout en prouvant que l'événement est absurde. Il s'appuie ici sur un fait réel puisque le tremblement de terre de Lisbonne eut lieu en novembre 1755 et fit plus de 20000 morts.

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Mathieu

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