I°/  Les éléments de biographique : les circonstances de la rédaction.

A partir de 1761, Rousseau est de plus en plus obsédé par la hantise d'un complot contre lui. Si auparavant, certaines de ses oeures ont connu un succès, Rousseau semble désormais victime de paranoïa. En effet, ses textes sont de plus en plus contestés : - Emile ou l'Education : révolutionne la manière d'éduquer. - La profession de foi du vicaire Savoyard

Ces livres sont censurés. Menacé d'arrestation, il s'exile en Suisse, il décide donc dans ce contexte, d'établir une ébauche de sa propre vie, de son propre portrait. En 1764, il est mis en cause par Voltaire dans un pamphlet (Le sentiment des citoyens). Voltaire lui reproche l'abandon de ses 5 enfants à l'orphelinat. Rousseau, quant à lui, sera pris par de vifs remords jusqu'à la mort. La rédaction des Confessions est suggérée par l'impression intime que Rousseau a : il va bientôt mourir. Son état d'esprit se retrouve dans son oeuvre. En effet, dans la composition des Confessions, il existe un écart : des livres 1 à 7, on y voit un Rousseau heureux et optimiste; des livres 7 à 12, il y a un ton sombre, pessimiste et chaque évènement heureux et suivit d'un évènement malheureux. En 1771, Rousseau termine la rédaction des Confessions. Réduit au silence, l'écrivain se résigne à une totale retraite, ce qui ne l'empêche pas de composer des textes consacrés à la défense de sa mémoire face à la postérité. Les Confessions seront publiées de manière posthume entre 1781 et 1788. Cette oeuvre autobiogaphique lui permet de répondre à certaines accusations tout en ayant des accents très modernes par rapport à l'importance accordée à la psychologie.

II°/ Le titre de l'œuvre

Trois définitions de "confession" son acceptables : - la référence religieuse : il s'agit de l'absolution des péchés. - avouer une action blâmable - s'ouvrir à l'autre, le mettre dans la confidence. Rousseau empreinte à St Augustin le titre de l'oeuvre. Celui ci, n'utilise que le premier sens du mot. Dans la démarche de Rousseau, le philosophe choisit d'associer les trois définitions. En effet, il se livre avec franchise en exposant sa naissance et sa jeunesse, mais également ses hontes, ses actions blâmables. On peut alors penser que le lecteur partage la confiance de Rousseau : il est dans la confidence. La scène du jugement dernier, et les références religieuses abondent dans ce texte autobiographique, Rousseau s'adresse même "au souverain juge" (Dieu). Rousseau annonce donc un examen de conscience ( = introspection : faire une analyse de ses propres comportements ).

III°/ Confession ou Confidence

Même si Dieu est évoqué dans le préambule, Rousseau s'adresse aux hommes. L'aveux de ses fautes n'obéit pas à la religion. En effet, Rousseau est obsédé par la justification : l'action effectué est tout de suite suivie par une justification. En effet, quand Rousseau avoue une faute grave, il excuse ses torts, mais ne semble pas sentir de regrets. Rousseau joue à la fois le rôle de pénitent et en même temps le prêtre qui pardonne les péchés. Il est le confesseur et le confessé. Ce double rôle attribue à son écriture la dimension de catharsis ( = purification de soi, introspection ). La mise en scène du jour du Jugement Dernier permet à Rousseau de demander à Dieu la reconnaissance de sa sincérité et non le pardon qui devrait être demandé (ce qui est le but d'une confession). Rousseau souhaite captiver son lecteur et l'intéresser à sa vie, attribuer un rôle à son lecture et veut que le lecteur s'attache au personnage principal. C'est pourquoi Rousseau s'adresse à son lecteur comme à un ami : utilisation de l'impératif et de l'apostrophe. Enfin, quand il comment à écrire Les Confessions, Rousseau veut produire un plaidoyer, il veut se justifier mais plus encore, il existe une dimensions plus universelle : rétablir la vérité sur l'Homme. En montrant que la société condamne à tort sur des apparences et sans jugement, Rousseau oeuvre pour l'humanité toute entière et se pose en témoins de l'humanité dans l'Homme.

IV°/ L'autobiographie (Philippe Lejeune, Le pacte autobiographique)

Selon Philippe Lejeune, une autobiographie est un récit rétrospectif en prose que quelqu'un fait sur sa propre existence quand il met l'accent principal sur une vie individuelle, en particulier sur l'histoire de sa personnalité".

V°/ Le pacte autobiographique

a) Similitudes avec le roman picaresque. Né en Espagne au XVIè siècle, le roman picaresque est un récit à la première eprsonne qu'un héros malchanceux et sympathique, le picaro, qui change sans cesse de milieu, de ville, d'amour, malgré lui. Rousseau répond à cette définition puisque comme le picaro, il passe d'un univers à l'autre sans l'avoir vraiment choisi. Il fait des rencontres inattendues, connaît des revers de forune. Il est parfois tenté de suivre des vauriens (mauvais garçons), n'a pas d'attache familiales, ne se lie pas vraiment. Le "moi" sert toujours de toile de fond et madame de Warens incarne la stabilité et l'équilibre. b) Rapports avec le roman de formation : similitudes ... et limites. Le roman d'apprentissage ou de formation est une genre littéraire qui s'épanouit au XVIè siècle et met en scène un héros jeune, beau et pauvre, partant de sa ville natale pour aller tenter sa chance dans la société. Les Confessions obéissent à ce modèle d'autant que le voyage joue un rôle assez important, de même que les amours. Toutefois, Rousseau n'est pas un arriviste, un ambitieux, pas plus qu'un être volontaire : il subit les évènements plus qu'il ne les maîtrise. Il ne comprend pas les lois de la vie en société et plus il vieillit, plus il ressent le besoin de fuir les hommes.

VI°/ Les idées de Rousseau

a) Le mythe de l'état de nature Pour Rousseau, l'inégalité entre les rapports humains est le produit de la société. L'Homme naît naturellement bon mais la société le corrompt et son roman autobiographique illustre cette théorie. Rousseau exprime, en quelque sorte, une certaine rancoeur contre la société en général. Le fameux passage du peigne brisé relate une prise de conscience de l'injustice : c'est le premier apprentissage d'âge de l'homme, e l'imperfection du monde des adultes et la fin de l'âge d'or de l'innocence. Deux mon distincts : celui de l'enfance, largement idéalisé par Rousseau, et celui des adultes, dont il dresse le plus noir des tableaux. Rousseau s'incarne sous les traits d'une être à l'innocence déchue. b) Rousseau, le premier psychologue moderne Rousseau peut être considéré comme le premier psychologue moderne. Les Confessions sont moins le récit objectif d'une vie qu'une tentative d'introspection dont le but est de comprendre l'évolution d'un individu. La psychanalyse est en quelque sorte annoncée par l'auteur par l'importance accordée à l'enfance, phase cruciale dans l'évolution de l'individu. D'un autre côté, les psychanalystes ont démontré que le sentiment de culpabilité (perte de sa mère) est si fort chez Rousseau qu'il a orienté sa volonté d'être châtie. D'ailleurs le père a sans doute renforcé ce sentiment de culpabilité. c) Vers la sincérité et la vérité Les Confessions propulsent la naissance d'un genre littéraire déjà connu mais qui va s'imposer avec le texte de Rousseau. Le fait le plus marquant est sans contexte la volonté de tout dire notamment dans le domaine de la sexulité. Deux voix en alternance peuvent s'entendre ; la voix du passé et celle du présent. Le travail de la mémoire consiste à expliquer ce que Rousseau est devenu par ce qu'il a  été. Son éducation, ses années d'enfance et d'adolescence aident à comprendre sa personnalité. d) Les limités de la sincérité Il est impossible de tout raconter. Les milliers de pages à consacrer et les imprécisions de la mémoire vont dans ce sens. De plus, l'oeuvre est écrite tardivement par rapport aux évènements retracés ; la trace de ce décalage se lit à travers la co-existence du jeun Jean-Jacques et du Rousseau vieillissant. L'auteur va s'attarder volontairement ou pas sur certains éléments et faire subir à la vérité des distorsions : il s'attarde sur des moment heureux mais passe rapidement sur certains évènements. Même si on peu s'accorder pour considérer Les Confessions comme un ouvrage de bonne fois, le narrateur oscille entre la volonté d'être sincère et le désir d se justifier en présentant sa vision des choses.

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Agathe

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