Biographie

Paul Éluard, de son vrai nom Eugène Grindel (1895 -1952) est un poète surréaliste, fondateur du mouvement avec André Breton. Il a écrit Capitale de la douleur  en 1926. Sa femme, Gala, fut aussi par la suite la compagne de Salvator Dali.  Il épousera, cinq ans après leur rupture Maria Benz dite « Nusch ». Ce poème,  reprend le thème traditionnel du blason pour célébrer la beauté de la femme aimée et de son regard. Le poème est construit de façon moderne : trois quintils, qui alternent assez librement alexandrins (v.1,3,4),  octosyllabes ( v.2)  et décasyllabes, dominants à partir du vers 5.Le poème énumère toutes les vertus du regard de la femme aimée. Il prend donc la forme d’une litanie, d’une prière. Cette litanie débute par un constat qui unit les deux êtres « la courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur » et se termine au vers 15 par le lien entre la vie du poète et le regard de la femme aimée. On a donc un effet de clôture, de circularité comme peut le symboliser le regard. Le motif du rond est du cercle est décliné dans le poème : « la courbe »,  « le rond, « auréolé », « berceau ». Le regard est évoqué de façon plus discrète dans la seconde strophe au travers des motifs de la feuille et du bateau : « feuilles de jour », « bateaux chargés du ciel et de la terre ». On retrouve la circularité de façon allusive dans la troisième strophe avec la métaphore filée de la couvée : « couvée », « éclos », « paille ». La célébration de la femme se retrouve à travers les valeurs positives qui sont conférées à son regard : son charme « un rond de danse et de douceur » (écrire en phonétique=> allitérations en S et D), son caractère protecteur « berceau nocturne et sûr », où se trouve ravivée l’image de la mère maternelle et nourricière et enfin sa candeur « tes yeux purs ».

L’expression de l’amour fou

Le pouvoir du regard de la femme aimée est d’abord un pouvoir ontologique : il est à l’origine… C’est à travers son regard que le poète prend conscience de sa vie. Éluard renouvelle là le motif du miroir amoureux A ce moment, Éluard bascule de l’alexandrin au décasyllabe. Le « sang », métonymie de la vie ou symbole de l’énergie lui est insufflé parle regard amoureux « » Et tout mon sang coule dans leurs regards » C’est par le biais du regard de la femme aimée que le poète accède à la nature et au monde d’où l’excès d’image pour détailler ce regard : les larmes » mousse de rosée », les paupières « ailes couvrant le monde de lumières », les cils « roseaux du vent ». Ces notations sont toujours en rapport avec les éléments de la nature (terre, lumière, ciel)L. La femme est donc la médiatrice qui permet au poète de découvrir le monde et d’en prendre possession. Elle est sa Muse. « Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu, / c’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu » Dans cette profusion de sensations  se distingue la synesthésie du vers 7 « sourires parfumés. La femme est divinisée comme le montrent la profusion d’images de feu et de lumière  associées aux yeux : « lumières, « astres », « ciel », « aurore ». On peut lire les vers 11 et 12 comme une métaphore filée de la naissance du monde grâce au regard de la femme aimée. Les yeux sont comme une matrice qui donne vie à tout. Le rond qui pourrait être considéré comme une image de régression est un symbole de vie( l’œuf). La femme est une créature céleste par qui le monde advient : le poète le dit en des mots simples « Le monde entier dépend de tes yeux pur ». La célébration de la femme aimée dépasse donc celle de sa simple beauté puisqu’on découvre le pouvoir sacré que lui accordent les surréalistes.

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !

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