Un seul o sépare proposition et préposition, mais l'écart grammatical est total. La première organise des phrases entières autour d'un verbe conjugué ; la seconde n'est qu'un mot-outil court (à, de, pour, sans, vers) qui relie deux éléments. Beaucoup d'élèves de 5ème s'y perdent au premier contrôle d'analyse de phrase.
La proposition subordonnée est le cœur de la phrase complexe au collège, et en saisir le fonctionnement ouvre la lecture de tout texte un peu long, du conte de Maupassant au sujet de brevet. Avant d'aborder les types de subordonnées et leurs fonctions, le terrain doit être nettoyé : qu'est-ce qu'une proposition, et pourquoi ne faut-il jamais la confondre avec une préposition.
Proposition ou préposition : la confusion à éliminer 📚
Les deux mots se ressemblent à l'oreille, mais ils ne désignent pas du tout la même chose. Une proposition est une unité syntaxique : elle contient un verbe conjugué et fonctionne comme une mini-phrase à l'intérieur d'une phrase plus longue. Une préposition est un simple mot-outil, invariable, qui relie deux éléments à l'intérieur d'un groupe.
🔍 Comment reconnaître une préposition
Les prépositions françaises forment une liste courte et fermée. Les plus fréquentes se mémorisent avec la phrase mnémotechnique : Adam part pour Anvers avec deux cents sous, sur son dos, dans sa malle, contre cinquante euros. On y retrouve à, par, pour, avec, sous, sur, dans, contre, complétées par de, en, vers, chez, entre, parmi, derrière, devant, sans, malgré, selon. Dans Le chat dort sur le canapé, le mot sur est une préposition qui introduit le complément le canapé : la phrase entière compte un seul verbe conjugué (dort), donc une seule proposition.
✨ Comment reconnaître une proposition
Le test est simple : cherche le verbe conjugué. Chaque verbe conjugué délimite une proposition. Dans Quand Léa rentre du collège, elle goûte sur la terrasse, il y a deux verbes conjugués (rentre, goûte), donc deux propositions. La phrase est dite complexe.
- Un seul verbe conjugué dans la phrase, donc une seule proposition : la phrase est simple,
- Deux verbes conjugués ou plus dans la phrase, donc plusieurs propositions : la phrase est complexe,
- Le verbe à l'infinitif ou au participe ne compte pas comme un verbe conjugué, donc ne forme pas une proposition au sens strict du programme de 5ème.
Devant un mot, pose la question : est-ce un verbe conjugué ou autour d'un verbe conjugué ? Si oui, c'est une proposition. Si c'est un mot court invariable qui introduit un complément, c'est une préposition. Une proposition contient un sujet et un verbe ; une préposition n'est qu'un mot-outil.
| Critère | Proposition | Préposition |
|---|---|---|
| Nature | Unité syntaxique (mini-phrase) | Mot-outil invariable |
| Contient un verbe conjugué | Oui (toujours) | Non |
| Longueur | Plusieurs mots organisés autour d'un verbe | Un seul mot court |
| Exemples | quand Léa arrive, que je lis | à, de, pour, sans, par, vers, sur, avec |
| Rôle | Structure une phrase complexe | Introduit un complément dans un groupe |
Les trois grandes catégories de propositions 🎯
Le programme de 5ème distingue trois types de propositions selon leur rôle dans la phrase : la proposition indépendante, la proposition principale et la proposition subordonnée. Cette classification repose sur un critère unique : la nature du lien entre les propositions de la phrase complexe.
📝 La proposition indépendante
Une proposition indépendante se suffit à elle-même : elle a son propre verbe conjugué et ne dépend d'aucune autre proposition pour avoir du sens. Dans Léa lit un roman, la phrase contient une seule proposition indépendante.
Quand plusieurs indépendantes coexistent dans la même phrase, elles se relient par juxtaposition (virgule, point-virgule ou deux-points) : Léa lit un roman, son frère regarde un film ; ou par coordination avec mais, ou, et, donc, or, ni, car : Léa lit un roman et son frère regarde un film.
🎯 La proposition principale
Une proposition principale ressemble à une indépendante, mais avec une nuance : elle est accompagnée d'une ou plusieurs subordonnées qui en dépendent. Sans ses subordonnées, elle pourrait fonctionner seule, mais dans la phrase telle qu'elle est écrite, elle joue le rôle de proposition d'appui.
Dans Léa lit le roman que son professeur a recommandé, la proposition principale est Léa lit le roman. Elle pourrait exister seule. La subordonnée que son professeur a recommandé vient préciser le roman, elle dépend de la principale.
💡 La proposition subordonnée
Une proposition subordonnée ne peut pas vivre seule : elle dépend d'une principale pour avoir du sens. Elle est toujours introduite par un mot subordonnant : un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel), une conjonction de subordination (que, quand, parce que, si, comme, bien que, afin que) ou un mot interrogatif indirect. Si on isole que son professeur a recommandé, la phrase ne tient plus debout : un mot subordonnant en tête, et une impossibilité d'exister seule, voilà le critère décisif. La proposition subordonnée est l'outil que la langue mobilise pour enrichir et nuancer une phrase principale, et son étude occupe une place centrale au cycle 4 du collège.
La phrase complexe est le lieu où la pensée se déploie, où l'on apprend à articuler une idée principale et ses contours, ses causes, ses conséquences. Maîtriser la subordination, c'est commencer à écrire pour penser.
Roland Eluerd, La grammaire descriptive de la langue française (Armand Colin, 2008)
Une proposition est un ensemble de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Une phrase contient autant de propositions que de verbes conjugués. Une préposition, en revanche, est un mot invariable court (à, de, pour, sans, par, vers, chez, avec, sous, sur) qui introduit un complément.
Les quatre types de propositions subordonnées 💡
Toutes les propositions subordonnées ne se ressemblent pas. Le programme de 5ème en distingue quatre grands types, chacun reconnaissable au mot subordonnant qui l'introduit et à la fonction qu'il occupe dans la phrase.
🔍 La subordonnée relative
La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel (et ses formes laquelle, lesquels, auquel, duquel). Elle se rattache à un nom ou à un pronom de la principale, qu'on appelle son antécédent, et elle joue le rôle d'un complément du nom.
Dans Le livre que Léa a emprunté est passionnant, la relative complète l'antécédent livre ; le pronom que y occupe la fonction de complément d'objet direct (Léa a emprunté quoi ? le livre). Le choix du pronom relatif dépend de la fonction qu'il occupe dans la subordonnée.
- qui remplace un sujet : l'élève qui parle,
- que remplace un complément d'objet direct : le livre que je lis,
- dont remplace un complément introduit par de : le film dont je parle,
- où remplace un complément de lieu ou de temps : la ville où je vis,
- lequel et ses formes s'emploient après une préposition : la chaise sur laquelle je m'assois.
📝 La subordonnée conjonctive complétive
La subordonnée conjonctive complétive est introduite par la conjonction de subordination que. Elle complète le plus souvent un verbe et joue le rôle de complément d'objet direct (COD).
Dans Léa pense que le roman est passionnant, la complétive répond à la question Léa pense quoi ? et occupe la fonction de COD du verbe pense. Elle suit typiquement les verbes d'opinion ou de déclaration (penser, croire, savoir, dire). Attention à ne pas la confondre avec la relative : toutes deux peuvent être introduites par que, mais la relative complète un nom antécédent (le livre que je lis), tandis que la complétive complète un verbe (je pense que tu as raison).
🎯 La subordonnée circonstancielle
La subordonnée circonstancielle exprime une circonstance de l'action exprimée par la principale : le temps, la cause, la conséquence, le but, l'opposition, la condition, la comparaison. Elle est introduite par une conjonction de subordination (autre que que seul) ou une locution conjonctive.
- Temps : quand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que, depuis que,
- Cause : parce que, puisque, comme, étant donné que, vu que,
- Conséquence : si bien que, de sorte que, tellement que, au point que,
- But : afin que, pour que, de peur que,
- Opposition / concession : bien que, alors que, tandis que, quoique, même si,
- Condition : si, à condition que, pourvu que, à moins que,
- Comparaison : comme, ainsi que, de même que, plus que, moins que.
Dans Léa lit chaque soir parce qu'elle prépare un exposé, la circonstancielle de cause explique pourquoi Léa lit. Elle est mobile : on peut la déplacer en tête de phrase sans changer le sens (Parce qu'elle prépare un exposé, Léa lit chaque soir). Cette mobilité est un indice typique des circonstancielles.
✨ La subordonnée interrogative indirecte
La subordonnée interrogative indirecte rapporte une question sans la poser directement. Elle est introduite par si (interrogation totale) ou par un mot interrogatif (qui, ce que, comment, pourquoi, quand, où, combien) pour une interrogation partielle. La question directe Le roman te plaît ? devient en discours indirect Le professeur demande si le roman te plaît. Aucune inversion sujet-verbe, aucun point d'interrogation.
Au moins
types de propositions subordonnées sont au programme officiel du cycle 4 (5ème à 3ème) selon le Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale
| Type | Mot subordonnant | Fonction | Exemple |
|---|---|---|---|
| Subordonnée relative | Pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel) | Complément du nom antécédent | Le livre que Léa a emprunté est passionnant |
| Subordonnée conjonctive complétive | Conjonction que | COD du verbe principal | Léa pense que le roman est passionnant |
| Subordonnée circonstancielle | Conjonction de subordination (quand, parce que, si, bien que, afin que) | Complément circonstanciel (temps, cause, but, etc.) | Léa lit chaque soir parce qu'elle prépare un exposé |
| Subordonnée interrogative indirecte | si ou mot interrogatif (qui, comment, pourquoi, quand) | COD du verbe interrogateur | Le professeur demande si le roman te plaît |
Les fonctions des propositions subordonnées dans la phrase ⚖️
Identifier le type d'une subordonnée ne suffit pas : il faut aussi en donner la fonction, c'est-à-dire le rôle qu'elle joue par rapport à la principale. C'est l'étape attendue dans une analyse grammaticale rigoureuse, et celle qui rapporte des points au brevet.
- La relative est presque toujours complément du nom de son antécédent (L'élève qui lève la main est attentif : relative complément du nom élève),
- La complétive est le plus souvent complément d'objet direct du verbe principal (Je crois que tu as raison : complétive COD de crois),
- La circonstancielle est toujours complément circonstanciel du verbe principal, et porte le nom de la nuance exprimée : de temps, de cause, de conséquence, de but, d'opposition, de condition ou de comparaison,
- L'interrogative indirecte est le plus souvent COD du verbe interrogateur (Je me demande si tu viendras).
Dans Je sortirai si le temps le permet, la subordonnée si le temps le permet est complément circonstanciel de condition du verbe sortirai. C'est cette double étiquette (type + fonction) qu'un correcteur attend dans une analyse complète.
| Nuance exprimée | Conjonctions et locutions | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que, depuis que | Dès que Léa rentre, elle goûte |
| Cause | parce que, puisque, comme, étant donné que, vu que | Léa lit parce qu'elle prépare un exposé |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, tellement que, au point que | Il a tellement plu que la rivière a débordé |
| But | afin que, pour que, de peur que | Je révise pour que tu réussisses |
| Opposition / concession | bien que, alors que, tandis que, quoique, même si | Bien qu'il fasse froid, les élèves jouent dehors |
| Condition | si, à condition que, pourvu que, à moins que | Je sortirai si le temps le permet |
| Comparaison | comme, ainsi que, de même que, plus que, moins que | Il parle comme son père parlait |
Analyser une phrase complexe : méthode appliquée 📖
L'analyse grammaticale d'une phrase complexe suit toujours la même méthode : compter les verbes conjugués, repérer la principale, puis identifier chaque subordonnée par son type et sa fonction. Deux exemples permettent de fixer la procédure.
🔍 Exemple 1 : une relative
Le roman que ma sœur m'a offert raconte une aventure extraordinaire. Deux verbes conjugués (a offert, raconte), donc deux propositions. La principale est Le roman raconte une aventure extraordinaire. La subordonnée que ma sœur m'a offert est une relative introduite par le pronom relatif que, antécédent roman. Fonction : complément du nom roman.
🎯 Exemple 2 : une circonstancielle
Bien qu'il fasse froid, les élèves jouent dans la cour. Deux verbes conjugués (fasse, jouent), donc deux propositions. La principale est les élèves jouent dans la cour. La subordonnée bien qu'il fasse froid est une circonstancielle introduite par la locution conjonctive bien que. Fonction : complément circonstanciel de concession du verbe jouent.
1) Compte les verbes conjugués pour connaître le nombre de propositions. 2) Repère la principale (celle qui pourrait exister seule). 3) Pour chaque subordonnée, donne le mot subordonnant, le type (relative, complétive, circonstancielle, interrogative indirecte) et la fonction (complément du nom, COD, complément circonstanciel de…).
Les propositions sont la charpente invisible de toute phrase un peu construite, et la proposition subordonnée en particulier ouvre l'écriture vers la nuance et le raisonnement. Distinguer une proposition d'une préposition, reconnaître les quatre types de subordonnées et donner leur fonction : ces trois réflexes transforment une analyse brouillonne en analyse précise. Pour s'entraîner sur des phrases issues d'œuvres littéraires, un professeur particulier de français peut accompagner cette progression au rythme de chaque élève.
Foire Aux Questions ❓
🤔 Quelle est la différence entre proposition et préposition ?
Une proposition est une unité grammaticale construite autour d'un verbe conjugué (sujet + verbe). Une préposition est un mot-outil court et invariable (à, de, pour, sans, par, vers, sur, sous, avec, chez) qui introduit un complément. Concrètement : sur la table contient une préposition (sur), aucune proposition ; quand Léa arrive est une proposition (verbe conjugué arrive) introduite par la conjonction quand.
💭 Combien de propositions y a-t-il dans une phrase ?
Le nombre de propositions d'une phrase égale le nombre de verbes conjugués. Une phrase avec un seul verbe conjugué est une phrase simple (une seule proposition). Une phrase avec deux verbes conjugués ou plus est une phrase complexe (plusieurs propositions). Les verbes à l'infinitif et les participes ne forment pas de propositions au sens scolaire du programme de 5ème.
❔ Comment reconnaître une proposition subordonnée ?
Une proposition subordonnée a deux caractéristiques : elle contient un verbe conjugué, et elle est introduite par un mot subordonnant (pronom relatif comme qui, que, dont, où ; conjonction de subordination comme que, quand, parce que, si, bien que, afin que ; ou mot interrogatif indirect). Elle ne peut pas exister seule : si on l'isole de la principale, elle perd son sens.
🤔 Quels sont les quatre types de propositions subordonnées ?
Le programme de 5ème distingue quatre types : la subordonnée relative (introduite par un pronom relatif, complète un nom), la subordonnée conjonctive complétive (introduite par que, complète un verbe, souvent COD), la subordonnée circonstancielle (introduite par une conjonction comme quand, parce que, si, bien que, exprime une circonstance) et la subordonnée interrogative indirecte (rapporte une question, introduite par si ou un mot interrogatif).
💬 Principale et indépendante, quelle différence ?
Les deux ont leur propre verbe conjugué et pourraient exister seules. La différence tient à un seul critère : la principale est accompagnée d'une subordonnée qui en dépend, alors que l'indépendante n'a pas de subordonnée. Une indépendante reste seule ou se relie à d'autres indépendantes par juxtaposition ou coordination.
Sources 📚
- Ministère de l'Éducation Nationale. "Programme de français du cycle 4 : Étude de la langue." Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale, n° 31, 30 juillet 2020, https://www.education.gouv.fr/bo/20/Hebdo31/MENE2018714A.htm.
- Riegel, Martin, Jean-Christophe Pellat et René Rioul. Grammaire méthodique du français. Presses Universitaires de France, collection Quadrige, 7e édition, 2018, https://www.puf.com/grammaire-methodique-du-francais-1.
- Grevisse, Maurice et André Goosse. Le Bon usage : grammaire française. De Boeck Supérieur, 16e édition, 2016, https://www.deboecksuperieur.com/ouvrage/9782807300699-le-bon-usage.
- Eluerd, Roland. La grammaire descriptive de la langue française. Armand Colin, collection Cursus, 2008, https://www.armand-colin.com/la-grammaire-descriptive-de-la-langue-francaise-9782200354848.
- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL). "Proposition : définition grammaticale." Trésor de la Langue Française informatisé, CNRS / ATILF, https://www.cnrtl.fr/definition/proposition.
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j’ai une question:
« quelque » est:
un pronom ?? si oui ;
une proposition subordonné relatives ??
ou une proposition subordonné conjonctives
Merci de me répondre rapidement
quelque est un adjectif indéfini